Comment mettre fin à l’indiscipline qui, très souvent, caractérise le gouvernement dans la gestion budgétaire ?

31 juillet 2009

Actualités

Budget 2010: Alain Lubamba mobilise les bailleurs des fonds !
(La Prospérité 31/07/2009) 

Comment renforcer les dispositifs afin qu’il se conforme au standard universel consistant à dépenser en fonction des prévisions ? Dans quelle mesure convaincre les bailleurs des fonds en vue d’engranger des ressources additionnelles nécessaires au Budget 2010, pour la réalisation des chantiers initiés par le Président de la République, M. Joseph Kabila Kabange ?

Quelles sont les chances de réussite du ballet diplomatique organisé, la semaine dernière, dans le cadre de la plate-forme de gestion de l’aide et de l’investissement ? Alain Lubamba wa Lubamba, Vice-Ministre du Budget, répond. Il crève l’abcès. A cœur ouvert, il se livre en rançon, fait un plaidoyer et avance des pistes de sortie. Tout est à prendre au sérieux, dans l’interview exclusive, ci-après. La Prospérité : Monsieur le Vice-Ministre, vous êtes actuellement en pleines discussions avec les partenaires traditionnels de la RDC aux fins d’obtenir leur appui au projet de Budget 2010 en cours d’élaboration. Qu’attendez-vous concrètement de ce ballet diplomatique organisé la semaine dernière au Ministère du Budget ?

Alain Lubamba : Je voudrais rappeler à votre particulière attention que le Ministère du Budget est actuellement dans le processus d’élaboration du projet du Budget de l’Etat pour l’exercice 2010 dont le calendrier a été diffusé à tous les intervenants, en même temps que les instructions y relatives. Comme vous le savez, le budget comprend, d’une part, les voies et moyens et, d’autre part, les affectations en dépenses. Les interventions des partenaires peuvent être classées en appui au budget de l’Etat, sous forme d’aide budgétaire, d’aide projet ou encore sous forme de prêts. Depuis 2006, notre pays n’a plus été éligible aux aides directes au budget de l’Etat, suite à la non conclusion d’un programme formel avec le Fonds Monétaire International.

En effet, les relations financières internationales obéissent à la règle qui fait obligation aux Etats membres des institutions de Bretton Woods de ne faire des appuis budgétaires que dans le cadre des programmes conclus avec le Fonds Monétaire International. Et, notre pays n’a pas dérogé à cette règle. Depuis 2006, la RDC bénéficie des aides projets dont les affectations sont clairement identifiées par les partenaires. C’est dans ce cadre qu’un effort est entrepris pour en assurer un suivi rapproché. En effet, il a été mis sur pied un instrument de suivi connu sous l’appellation de plateforme de gestion de l’aide et de l’investissement, PGAI en sigle, qui fait un inventaire exhaustif des différentes interventions des partenaires. La démarche du Ministère du Budget poursuit un double objectif. Le premier objectif consiste à cerner les ressources attendues en 2010, ainsi que leurs affectations dans les différents projets. Ce qui permet au Ministère du Budget d’avoir une vision stratégique dans l’allocation des ressources budgétaires pendant l’élaboration du budget 2010 et de faire refléter les opérations qui rentrent dans le champs des administrations publiques dans les états de suivi budgétaires. Le deuxième objectif vise la mobilisation des ressources additionnelles pour 2010.

En effet, le Gouvernement est en voie de conclure un programme formel avec le FMI au courant de cette année, ce qui conduira au franchissement du point d’achèvement en 2010 et à l’annulation de près de 90 % du stock de la dette extérieure. C’est dans ce cadre que le Ministère du Budget fait un plaidoyer pour l’aide budgétaire en 2010, en vue de l’obtention des ressources additionnelles pour répondre aux attentes de la population. La Pros : votre plaidoyer ne risque-t-il pas de ne pas aboutir, quand on sait que les institutions de Bretton Woods n’ont pas encore dit leur dernier mot dans les pourparlers avec le Gouvernement par rapport au point d’achèvement ? A.L : Je peux vous assurer que le Gouvernement a l’obligation de résultat, en dépit de la conjoncture internationale très défavorable, suite aux effets de contagion de la crise financière internationale qui impactent le niveau des recettes et aux enjeux sécuritaires qui se reflètent sur le comportement de la dépense. Le Gouvernement a aligné des antécédents positifs durant l’exécution du programme suivi par les services du FMI ; ce qui a permis l’ouverture des discussions pour un programme formel, dont les avancées en termes de réalisation des actions préalables sont notables à ce jour.

Le Ministère du Budget s’inscrit dans une démarche prospective et proactive dont les motivations sont assises sur l’état d’avancement des discussions. En outre, il ne faut pas oublier que beaucoup de partenaires sont durant cette même période dans la phase cruciale d’élaboration de leurs budgets respectifs. Le moment est donc bien choisi pour avoir des assurances financières, en vue d’orienter les prévisions budgétaires de l’exercice 2010. La Pros : Quelles sont les particularités du Budget 2010 ? A.L : Comme je l’ai dit précédemment, le Ministère du Budget se trouve en plein processus d’élaboration du Budget suivant le calendrier budgétaire arrêté à cet effet. A ce stade, il se trouve à l’étape des conférences budgétaires, étape dont les travaux conduiront à l’élaboration d’un avant-projet qui sera discuté en Conseil des Ministres. Ce n’est donc pas le moment de parler des particularités du budget 2010, avant les discussions en Conseil des Ministres.

Toutefois, la stratégie budgétaire du Gouvernement vise, d’une part, à maîtriser la dépense publique et à en accroître l’efficacité, en vue de participer à la réduction de la pauvreté et, d’autre part, à améliorer la mobilisation des ressources intérieures, en luttant contre la fraude et l’évasion fiscale. La Pros : L’on reproche souvent au Gouvernement l’indiscipline budgétaire, qui consiste notamment à dépenser sans tenir compte des prévisions. Quelles sont les dispositions que le Gouvernement compte prendre en vue de se conformer au standard universel en la matière ? A.L : La gestion des finances publiques pose certains problèmes, il faut le reconnaître. Cependant, des efforts ont été faits pour mettre en place un système de gestion automatisé de la dépense publique, à travers ce qui est connu sous l’appellation de la chaîne de la dépense. Ce dispositif a été conçu pour permettre de renforcer la gestion budgétaire.

Le Gouvernement travaille pour le respect des procédures prescrites par les instruments de gestion des finances publiques, en évitant de recourir à des procédures exceptionnelles commandées le plus souvent par certains contextes particuliers, notamment la crise sécuritaire à l’Est du pays. Maintenant que le processus de paix se consolide davantage, l’urgence ne pèse plus comme avant sur les opérations financières de l’Etat.

Le Gouvernement s’inscrit au renforcement des procédures d’exécution de la dépense et à une réforme en profondeur de la gestion des finances publiques, comme il l’a décliné dans le plan d’actions des réformes des finances publiques. Propos recueillis par Marcel Ngoyi

Marcel Ngoyi
 

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À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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