En attendant les travaux de la commission mixte en octobre prochain: la RDC et le Rwanda refusent d’être «otages du passé»

9 août 2009

Au fil des jours

(Le Potentiel 08/08/2009)

Le mini sommet, qui a réuni, pour la première fois jeudi à Goma (Nord-Kivu), les présidents congolais Joseph Kabila et rwandais Paul Kagame, ont le mérite d’avoir évacué les questions qui fâchent (extradition de Nkunda et activités illicites du CNDP) et posé les jalons d’une coopération bilatérale «pas otage du passé».

«La raison de la rencontre d’aujourd’hui, c’est qu’il s’agit de construire le futur et non d’être l’otage du passé. Venir ici, il ne s’agissait pas de regarder en arrière mais, plutôt, de regarder vers l’avenir. Au moment où nous sommes aujourd’hui, un certain nombre d’efforts sont arrivés à construire des relations qui permettent justement de construire l’avenir et de ne pas se focaliser sur le passé. Donc, ces dynamiques, qui sont en train d’être créées, permettront de construire l’avenir», a expliqué le président du Rwanda, Paul Kagame, lors de la conférence de presse qu’il a animée avec son homologue Joseph Kabila dans une double tente plantée dans le no man’s land jouxtant la frontière commune.

LES JOURS DES FDLR EN RDC «COMPTES»

Sur la question des FDLR, toujours au centre d’une vive polémique entre Kinshasa et Kigali, le chef de l’Etat congolais a affirmé que leurs «jours en République démocratique du Congo sont comptés», en relation avec les opérations de traque que mènent contre les rebelles rwandais les Forces armées de la RDC (FARDC), soutenues par les troupes de la Monuc.

«Il est évident, il est clair que depuis le début de cette opération Kimia II et, bien avant Kimia II, l’opération Umoja Wetu, les FDLR aujourd’hui se trouvent dans une position de faiblesse, éparpillés presque partout, que ce soit dans la province du Nord-Kivu, mais aussi au niveau de la province du Sud-Kivu», a souligné Joseph Kabila. Signalant qu’«actuellement, il y a des opérations Kimia II qui sont en cours (et) qui vont se poursuivre».

«L’objectif, en ce qui nous concerne, la République démocratique du Congo, c’est de tout faire pour obliger les FDLR à déposer les armes et à rentrer chez eux, au Rwanda. Depuis le début de cette année, le mois de janvier jusqu’à ce jour, il y a eu certes un retour, je ne dirai pas massif, de plusieurs combattants et leurs dépendants, membres de familles. Et nous pensons que, d’ici la fin de cette année (2009, ndlr), il y aura une évaluation – bien sûr – de l’opération (Kimia II, ndlr) qui est en cours», a rassuré le président Joseph Kabila. Se réjouissant du fait que, «jusqu’à ce jour, les résultats – pour le moment -,sont tout à fait positifs».

«Alors, voyons voir la situation d’ici le mois de novembre, le mois de décembre en ce qui concerne les FDLR», a-t-il promis.

A propos du nombre de jours pendant lesquels la Monuc va encore rester en RDC, le chef de l’Etat congolais a conseillé à la presse rwandaise qui l’interrogeait de «poser la question à la Monuc qui est basée à Goma».

S’agissant de la traque des FDLR, qu’il a qualifiés de «criminels bien connus de tout le monde», Joseph Kabila a indiqué que «la question et l’objectif de leur éradication sont justement en cours, du fait des opérations en cours».

«Jusqu’à preuve du contraire, nous ne pouvons pas en même temps user de la force en vue de leur éradication et, en même temps organiser une sorte de jeu, une sorte d’arrangement pour ne pas mener à bout l’objectif d’éradication», a-t-il déclaré. Insistant sur le fait que «la détermination du gouvernement de la République démocratique du Congo est ferme et sans équivoque quant à ce».

En réponse à la question sur sa visite éventuelle à Kigali, le président Joseph Kabila a fait savoir qu’il entend se «rendre à Kigali à tout moment que cela sera arrangé».

Pour rappel, le président Paul Kagame a «invité à son tour le président Kabila à visiter le Rwanda», affirme le communiqué conjoint ayant sanctionné le sommet de Goma lu par le ministre Raymond Tshibanda en charge de la Coopération internationale et régionale, en présence de ses collègues Alexis Thambwe Mwamba (Affaires étrangères) et Charles Mwando Nsimba (Défense nationale) ainsi que de leurs homologues rwandais.

INTERROGATIONS SUR LE «ROLE DU RWANDA EN RDC»

Pour le président Joseph Kabila, la «réunion» de Goma «est déjà en elle-même une étape très importante qui devrait intervenir il y a déjà plusieurs mois. Mais vaut mieux tard que jamais. Aujourd’hui, Dieu merci, on en est là. C’est quelque chose qu’il faut saluer».

«Mais, d’ores et déjà, étant donné qu’il y a eu la désignation des ambassadeurs en termes de prochaines étapes, nous osons penser que très rapidement, il va être procédé à l’accréditation de ces ambassadeurs. Au chapitre des prochaines étapes, une fois de plus, il y a par ailleurs le domaine économique qui a été sérieusement abordé au cours des discussions de ce jour, et il y a beaucoup de chances que le domaine économique ait tout le succès dans la mesure où le socle essentiel pour le succès de l’économie, à savoir la paix et la stabilité, est là», a-t-il noté.

Quoique ces propos soient porteurs d’espoirs, des interrogations demeurent tout de même quant au rôle du Rwanda dans le plan stratégique de stabilisation de la RDC.

A ce sujet, il «pense que d’ores et déjà, rien que par les opérations conjointes (FARDC-DFR, ndlr), celles-ci ont été une étape importante et substantielle dans cet effort de stabilisation».

«Depuis lors, a fait remarquer le président Joseph Kabila, plusieurs rencontres ont eu lieu tant aux niveaux technique, politique, diplomatique que militaire à Kinshasa, à Goma voire à Rubaru, au Rwanda. Toutes ces réunions avaient pour objectif de voir comment consolider tous ces acquis dans le sens de la paix mais aussi des prochaines étapes sur le terrain, essentiellement économique».

«Dans tous les cas, a-t-il affirmé, le rôle du Rwanda dans cette étape de stabilisation est très cruciale. Mais, celui du Congo l’est tout autant, non seulement dans l’intérêt mutuel des deux peuples, mais également dans l’intérêt de la stabilité dans toute la région».

ANGELO MOBATELI, ENVOYE SPECIAL A GOMA
 

© Copyright Le Potentiel

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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