Prisonnier personnel du «raïs»

19 août 2009

Actualités

 par B. Amba Wetshi


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Arrêté le vendredi 24 juillet avec son vice-président Timothé Mbuya, Golden Misabiko, président de la section katangaise de l’Asadho (Association africaine de défense des droits de l’Homme) est toujours en détention. Il est accusé par l’Agence nationale de renseignements – une police politique au service de Joseph Kabila – d’«atteinte à la sûreté de l’Etat et des propos diffamatoires.» Les kabilistes sont réputés pour leur propension au mensonge et à la dramatisation.

Il est reproché à «Golden» d’avoir déclaré dans une interview à la radio britannique BBC que la RD Congo vendrait de l’uranium aux régimes iraniens et nord-coréen. Rien que ça ?

Depuis 2006, les médias internationaux accusent Joseph Kabila et son entourage de commercialiser clandestinement ce minerai qui sert notamment à la fabrication de l’arme nucléaire. Le quotidien «Sunday Times» de Londres a été le premier à en parler en citant des documents qui émaneraient de la douane tanzanienne. Prenant le relais, l’hebdomadaire bruxellois «Trends Tendances» avait épinglé le nom d’un certain John Kahozi comme étant «l’homme de confiance» de Kabila chargé de suivre les transactions en questions dans certains pays arabes. La Présidence de la République n’a jamais confirmé ou infirmé ces informations.

Mieux encore, les «services» congolais avaient saisi Théophile Mbemba, alors ministre de l’Intérieur, du cas des frères Hammoud de Lubumbashi. La spécialité de ces deux individus était l’exportation de minerais brut à haute teneur radioactive. Selon un rapport ad hoc, les Hammoud semblaient bénéficier d’une «haute protection» au niveau de la Présidence de la République où un certain Augustin Katumba Mwanke joue le rôle du grand vizir. Congoindependant a pu parcourir ce rapport dont un exemplaire a été adressé à Azarias Ruberwa, alors vice-président de la République en charge de la Sécurité et défense. Kabila peut-il ignorer les agissements de son bras droit…financier ?

Les accusations articulées à charge de Misabiko n’ont rien de bien nouveau. Ce sont des faits connus dans toutes les rédactions et dans toutes les chancelleries. Ce qui surprend, par contre, c’est justement le silence assourdissant de celles-ci face aux turpitudes vraies ou supposées du «raïs» et certains membres de son entourage.

Depuis qu’il a révélé l’exécution du commandant Anselme Masasu Nindaga en décembre 2000, le défenseur des droits de l’Homme Golden Misabiko est dans le collimateur du pouvoir kabiliste. Il est devenu un témoin gênant. Un homme à abattre. A preuve, dès le lendemain de son accession à la magistrature suprême le 26 janvier 2001, Joseph Kabila s’est empressé de le faire arrêter dès le mois de février. Golden a dû fuir son propre pays pour vivre en exil. Dès son retour, le harcèlement des agents de l’ANR a repris. Après plusieurs mois passés en clandestinité, il est de nouveau appréhendé.

Dans ce Congo dit démocratique où Joseph Kabila jouit d’un pouvoir omnipotent sur les forces sécuritaires et l’appareil judiciaire, Misabiko est devenu le «prisonnier personnel» du «raïs». Un «raïs» stupide et méchant qui n’excelle que dans la violence et la brutalité.

Qui tue par l’épée…

B. Amba Wetshi

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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