(CongoForum)
Quatre sujets principaux dominent l’actualité dans les journaux kinois : la motion de défiance contre le Premier ministre Muzito, les assemblées d’automne du FMI à Istanbul, dernier virage du PEG 2, la réponse de la Rdc aux expulsions incessantes des Congolais en Angola, et la réforme de l’Armée.
Motion Kanku : la bagarre est reportée.
Prévu ce mercredi au Palais du peuple, le face-à-face Adolphe Muzito, et Clément Kanku, député de l’opposition auteur d’une motion de défiance, a été finalement reporté.
L’information est livrée par Le Phare qui signale que la raison de ce report est liée au deuil qui frappe le pays, à la suite du décès du ministre André-Philippe Futa. Plusieurs ministres ainsi que nombreux députés et sénateurs séjournent encore à Mbuji-Mayi et Miabi dans le cadre des obsèques. La motion de défiance est si capitale que Boshab n’aimerait pas précipiter les choses, au risque de préjudicier les absents, souligne ce jounal.
« Pas de réponse à Kanku aujourd’hui (mercredi), Muzito n’accepte pas la confusion », titre La Prospérité, un journal favorable à la Majrité, mais surtout très proche de la Primature.
En dernière minute, rapporte La Prospérité, Adolphe Muzito aurait opté de ne pas se rendre aujourd’hui, au Palais du peuple. « Bien que notifié, il semble qu’un vice aurait érodé l’essentiel de la procédure en la matière ». Décidément, on ne perd pas l’habitude de jouer à cache-cache dans les maquis de la procédure !
La Prospérité note qu’une motion de défiance contre un Premier ministre aurait pu, normalement, être préalablement débattue à la conférence des Présidents, avant d’atterrir en plénière. Kiakwama Kia Kiziki, chef de file du groupe parlementaire des Chrétiens démocrates (CD) dont Clément Kanku (auteur de la motion) est membre, l’a rappelé au président de la chambre basse du Parlement, Evariste Boshab, sans toutefois obtenir gain de cause.
RDC/FMI
Le Palmarès rapporte à ce propos que la dernière carte de la Rdc pour convaincre se joue en Turquie où se tient à l’assemblée générale du FMI et de la Banque mondiale.
Cette grande messe des financiers de la planète est d’autant plus capitale qu’elle constitue une suite logique de l’évaluation des mesures édictées à Washington en avril dernier en ce qui concerne la décision de transfert de ressources réelles aux pays en développement frappés par la crise internationale.
Istanbul va ainsi servir de cadre aux grands argentiers du monde pour évaluer les décisions prises au printemps derniers à Washington. Moment à ne pas rater pour la Rdc qui se trouve représentée par son ministre des Finances et sa suite.
« Dernier virage du PEG 2 : le Gouvernement cherche appui à Istanbul », titre Le Potentiel. Il soutient que le bout du tunnel du second Programme économique du gouvernement (PEG 2), pour lequel Kinshasa cherche soutien formel du FMI, n’est plus loin. Mais, avant l’étape cruciale de Paris où l’attendent ses créanciers traditionnels, le Gouvernement, représenté à Istanbul par le ministre des Finances, Athanase Matenda, se déploie pour faire adhérer les partenaires extérieurs à sa cause.
Il s’agit d’obtenir un accord de principe du FMI, les discussions techniques du PEG 2, ayant été bouclées depuis Kinshasa. A Istanbul, la délégation congolaise veut avoir l’appui indispensable des partenaires au développement aux fins d’assouplir les positions du Club de Paris pour éviter toute résistance dans le prochain round des discussions avec les créanciers traditionnels de la Rdc.
RDC/Angola
L’Avenir se penche sur l’expulsion de plusieurs Angolais du Bas-Congo, expulsion qu’il qualifie de la réponse du berger à la bergère. En effet, le gouvernement congolais a mis en pratique la politique de réciprocité. L’expulsion des Angolais a pris de l’ampleur dans la province du Bas-Congo. A Moanda, les instructeurs angolais réagissant au jet de pierre des Congolais, ont fait usage de leurs armes, signale L’Avenir.
Armée
La Référence + note au sujet du projet de loi organique sur les forces armées que « Mwando Simba propose une armée nationale, républicaine, moderne et dissuasive ».
Répondant aux préoccupations des députés sur ce projet de loi organique, le ministre de la Défense a résumé son intervention à 16 questions essentielles, notamment, que la garde républicaine est une unité régulière des Forces armées qui a pour missions spécifiques d’assurer la garde, la protection du président de la République et ses hôtes de marque, d’assurer la sécurité des installations présidentielles et assurer les escortes et les honneurs à l’échelon de la Présidence de la République.
Le Potentiel met en vedette son article sur ce sujet et titre à la Une : « Réforme de l’armée : maintenant ou jamais ». Il pécise lui aussi : « … il s’agit d’une question de volonté politique de doter réellement la RDC d’une armée nationale, républicaine, dissuasive et performante ». Après avoir déposé jeudi 1er octobre devant l’ Assemblée nationale le projet de loi portant réforme des FARDC, Charles Mwando Nsimba, ministre de la Défense et des Anciens combattants a été invité par les députés nationaux, à donner des plus amples précisions sur cette réforme. Une réforme qui, selon lui, doit s’étaler sur une durée de dix ans et axée sur le recrutement, la formation, l’équipement et la mise en retraite honorable.
« Il est à retenir qu’on ne peut bâtir une » armée » à partir des groupes armés issus des rébellions. C’est une illusion. La grande réflexion consiste donc à dégager les stratégies essentielles pour s’appuyer sur une approche réaliste qui aboutirait à un travail de qualité ». (Cela revient à dire que l’on constate enfin officiellement ce que tout le monde savait dès la Transition : l’armée bric-à-brac ; véritable patchwork de brigands et mercenaires divers, que l’on a composée alors, est une monstruosité dont on ne pourra jamais rien attendre. NdlR)
Toutefois, cette armée, on l’a sur les bras. Que va-t-on en faire ? La réponse fournie par le ministre, d’après Le Potentiel, ne laisse pas d’être inquiétante : « une décision de sélection a été prise pour imposer un contrôle médical au sein de l’armée. Il a été constaté une recrudescence de maladies dues à des infections VIH et à des attaques cardio-vasculaires. Il y a là déjà » un nettoyage en douceur » pour se débarrasser des éléments inaptes ».
(On a peur de comprendre ! Est-on en train de nous die que les FARDC ont une vie sexuelle si frénétique qu’ils vont s’exterminer eux-mêmes soit par des accidents cardiaques, soit par diverses maladies vénériennes ? NdlR)
Mais il faut prendre son courage entre les mains et aller au fond du problème. (…) cette approche est tributaire d’une vision nationale de ce que c’est une armée. C’est-à-dire, le socle des institutions républicaines. En d’autres termes, un Etat ne peut jamais exister s’il ne dispose pas d’une armée à même de sauvegarder la souveraineté nationale, de protéger les biens et les personnes et de préserver l’ intégrité territoriale qui demeurent incontestablement les attributs de l’ indépendance de toute nation. Donc, il faut avant tout une réelle volonté politique pour aller droit au but…
Une approche bien définie, une vision nationale sans ambiguité, il est désormais possible d’apprécier la disponibilité des partenaires extérieurs de manière à bénéficier de leurs expertises militaires. Il est un fait que l’armée au Congo a une histoire ; depuis l’époque coloniale jusqu’ à ces jours, en passant par le règne de Mobutu et les différentes rébellions…
Car au moment où des partenaires extérieurs, allusion faite à la Belgique, à la France, aux Etats – Unis… pour ne citer que ces trois ont clairement exprimé leur disponibilité, il importe d’accompagner cet élan pour disposer d’une armée homogène et non hétérogène. Une armée à l’ abri des influences tant internes qu’externes et qui aura été mise en place selon la volonté des autorités congolaises qui ont reçu mandat de refonder l’ Etat congolais. C’est le prix à payer pour que cette réforme de l’armée soit une réussite. »
(Il y a une chose qui n’est perceptible nulle part dans ce discours : le Congo est actuellement engagé dans une guerre, même si on évite d’employer le mot ! NdlR)
Le 4 octobre, par exemple, des hommes en uniforme des FARDC ont assassiné Mumbere Muyisa (22 ans) vendeur d’essence à Butembo. Comme pour son malheur Mumbere Muyisa n’était pas journaliste, la presse de Kinshasa n’en a pas dit un mot !
© CongoForum, le mercredi 7 octobre 2009








7 octobre 2009
Actualités