REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE SAMEDI 10 octobre 2009

10 octobre 2009

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)

Cette revue de la presse devrait s’appeler une revue des tensions. Tous les sujets abordés par la presse kinoise ce samedi sont en effet relatifs à des tensons ou menaces : budget 2010, relation tendue entre Luanda et Kinshasa, bras de fer gouvernement et réfugiés congolais installés au Burundi.

Budget

Le Potentiel consacre sa manchette au budget 2010 en examen au Parlement et titre : « La Rdc entre espoir et désespoir ».
En effet, rapporte Le Potentiel, c’est ce samedi que le Premier ministre Adolphe Muzito est soumis au grand oral devant les députés autour du budget de l’Etat 2010. Pour Le Potentiel qui qualifie cette prestation de non événement à tout point de vue, ni la mobilisation des médias publics, ni les applaudissements des partisans ne changeront quoi que ce soit au verdict populaire.
Les initiés savent que les prévisions des dépenses et des recettes ont tout pour conforter le peuple dans le désespoir. Le gouvernement semble bien au bout du rouleau. Hélas !
(L’affirmation
 que « ni la mobilisation des médias publics, ni les applaudissements des partisans ne changeront quoi que ce soit au verdict populaire » pourrait s’appliquer  à bien d’autres choses que le Budget et l’allusion au « verdict populaire » traduit bien le climat pré-électoral qui règne dans la politique congolaise.  Se débarrasser d’un gouvernement comme d’un bouc émissaire responsable d’un budget austère, donc impopulaire, c’est fort bien. Mais l’enveloppe dont disposera le gouvernement suivant n’en sera pas plus grasse, et l’on ne poura pas éviter indéfiniment que le mécontentement se tourne vers la Présidence, surtout si comme on le prévoit, le gouvernement suivant sera plus proche de celle-ci ! NdlR)

RDC/Angola

Pour Congo News « Ça barde: le pétrole au centre de la crise ». Les expulsions réciproques entre la RD Congo et l’Angola ne sont que la face émergée d’un iceberg. Au fond, les deux Etats voisins connaissent une tension sur le contrôle des zones pétrolifères au niveau de leur frontière dans l’océan Atlantique. Le conflit s’est corsé avec le dépôt de la législation congolaise sur «la délimitation des frontières maritimes» aux Nations-Unies, en mai dernier. La RD Congo avait déjà fait savoir à la Commission des limites du plateau continental que «la zone du plateau continental… l’objet d’une occupation de fait par l’Angola», selon un document des experts congolais qui ont préparé l’étude qui a conduit à la loi querellée. Le législateur en a tiré toutes les conséquences pour récupérer 200 milles marins sur l’espace maritime partagé avec les Angolais. Luanda y a répondu de manière catégorique. «Le gouvernement de la République d’Angola rejette cet acte visant la délimitation unilatérale de toutes les zones maritimes, y compris le plateau continental… La République d’Angola ne se considère pas comme étant lié aux effets de la «Loi portant délimitation des espaces maritimes de la République démocratique du Congo.
A ce stade, il y a lieu de rappeler qu’il y a bien d’autres sujets qui fâchent entre Kinshasa et Luanda. A commencer par le projet de Joseph Kabila de construire un port en eaux profondes à Banana. Dos Santos aurait préféré que son homologue lui laisse l’exclusivité en la matière avec le port en eaux profondes qu’il est entrain d’ériger aux larges de Soyo.
Déjà les deux pays connaissent, de manière récurrente, des conflits liés à la délimitation de leurs frontières. Des ambitions géostratégiques auraient également une responsabilité dans la détérioration des relations entre Luanda et Kinshasa. Certaines sources expliquent que Dos Santos aurait mal pris le rapprochement entre Kabila et Paul Kagame, outre que la prétention angolaise pour un leadership dans la région n’accommode pas beaucoup le successeur de Laurent Désiré-Kabila. La première note discordance sera enregistrée pendant les 24 heures qui ont précédé la succession de Laurent-Désiré Kabila. Le jour même de l’assassinat du M’Zee, l’Angola se montre prompt à exprimer son soutien au colonel Eddy Kapend
Tout bascule le lendemain. Joseph Kabila est présenté à la télévision dans le fauteuil du chairman entouré de tous les dignitaires du régime kabiliste originel. Mais JKK est resté très lié à Luanda.
Avait-il d’autre choix avec la menace rwandaise à l’Est et la présence d’un voisin angolais trop puissant pour risquer un bras de fer avec lui ? Depuis, bien de choses ont changé.

Le Palmarès signale, après la tension à Boma, «  Les premières représailles de l’Angola contre la Rdc ». Luandavient de suspendre les vols de la compagnie aérienne (Taag) à destination de la République démocratique du Congo. Pour anodin que cela puisse paraître, le geste constitue tout un message dans le cadre de la diplomatie.
Le Palmarès constate que les choses sont mal parties entre la Rdc et son voisin de l’Ouest. « Vivement, tout le monde souhaite de tous ses vœux  que les deux parties se mettent autour d’une table pour régler leurs différends diplomatiques »

Est

« Encore des morts à Bukavu ». La série noire d’atteinte à l’intégrité physique et à la vie se poursuit à l’Est de la Rdc, indique La Référence+. Le chef-lieu de la province du Sud -Kivu est devenu une ville coupe gorge. Assassinat des journalistes, meurtres des activistes des droits humains, viols des femmes, vols à mains armées, fusillade à répétition, séquestrations des prêtres, voilà le tableau sombre que vivent au quotidien nos compatriotes dans cette ville mis à feu et à sang, pendant des périodes données, par des bandits de grand chemin que sont les J. Schramme, J. Mutebusi, L. Nkunda de triste mémoire et compagnie.
La Réf+ rapporte que dans la matinée de vendredi, des violentes manifestations ont été déclenchées par des jeunes et élèves au quartier Panzi au sud de la ville de Bukavu. Elles ont fait 4 morts et un blessé.

2 300 réfugiés congolais du Burundi ont été stoppés par les autorités burundaises, puis la frontière congolaise a été fermée. Les heurts avec la police burundaise ont fait 5 blessés. « Bras de fer Rdc- réfugiés, les banyamulenge décidés à se jeter dans la gueule du loup », titre L’Avenir, qui se demande à juste titre : « ce qui se cache derrière cet entêtement des réfugiés banyamulenge contre la volonté de tout le monde qui les empêche de rentrer au pays avant la fin de la traque des FDLR ?« . Les 2 300 réfugiés réfugiés tutsi congolais, qui ont en grande majorité fui la région du Sud-Kivu en 2004 (à cause notamment des FDLR), refusaient d’être transférés dans un nouveau camp de réfugiés de la région de Ruyigi (à l’Est du Burundi), craignant pour leur sécurité.
Selon L’Avenir, « les dirigeants burundais ne sont pas seuls à déconseiller ce retour précipité des réfugiés. La Rdc n’est également pas prête à les accueillir à cause des opérations de traque des FDLR qui se déroulent dans cette partie du Kivu« .Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) n’encourage pas plus ce retour. Mais pour son porte-parole,  » la volonté des réfugiés congolais pourra être prise en compte. Car nous ne pouvons pas les transférer de force ; ils ont le droit de refuser de se rendre à Bwagiriza (dans l’autre camp prévu par le Burundi). S’ils n’y vont pas, cela suppose qu’ils aient une autre solution « . Mais en ce qui concerne leur retour en RDC, le HCR est très clair :  » le retour ne pourra avoir lieu qu’à l’issue des discussions entre Kinshasa et Bujumbura. Tout est question des conditions sécuritaires « . L’arrivée de ces réfugiés constituerait nettement une menace pour Kinshasa, alors que cette province est encore en pleine guerre et où les populations qui y vivent sont en déplacement. Les réfugiés du Burundi compliqueraient donc la tâche du gouvernement.
L’Avenir  rapporte que les autorités congolaises ont pris la ferme résolution de fermer la frontière de Kavimvira avec le Burundi. Il s’agit pour le gouvernement d’empêcher le retour inattendu des réfugiés congolais vivant au Burundi depuis des années. Cette décision est diversement interprétée, souligne le confrère. Du côté des réfugiés eux-mêmes, la décision du gouvernement est comprise comme un rejet qui fait d’eux des apatrides.

Toujours pour L’Avenir, la venue soudaine des réfugiés serait « un piège et une bonne manière de déterrer la hache de guerre sur fond des revendications identitaires et de nationalité. Le gouvernement doit résister à la tentative de se faire mauvaise conscience au point d’accepter un rapatriement suicidaire pour les réfugiés et même pour le gouvernement« . La RDC, le Burundi et le HCR cherchent donc à négocier un peu de temps pour préparer cet éventuel retour.

© CongoForum, le samedi 10 octobre 2009

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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