Silence, on empoisonne !
Par Freddy Mulongo, dimanche 11 octobre 2009 à 13:39
Dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), de nombreux compatriotes succombent à des maladies dont ils attribuent leurs symptômes à un empoisonnement que seuls les guérisseurs traditionnels sauraient guérir, selon les autorités sanitaires.
« Un grand nombre de gens meurent dans cette région à cause de cette phobie dont la diffusion actuelle est liée à l’environnement dans lequel nous vivons et aux guerres que nous avons traversées. Ils sont convaincus qu’ils ont été empoisonnés au karuho, un poison obtenu à partir de peau de caméléon et de crapaud, ou d’extraits de plantes rares » explique Dominique Bahago, inspecteur médical de la province du Nord-Kivu.
Le poison Karuho est obtenu à partir de la peau du caméléon.
Le karuho était connu au Congo dans les années 1970, mais la phobie générale s’est répandue à cause des guerres, qui ont commencé en 1994. Plusieurs vagues de migration vers la RDC ont contribué à augmenter, au fil des ans, l’usage et la crainte du karuho dans le pays. Répandre le poison, La phobie du karuho s’est diffusée au-delà des frontières du Nord-Kivu, jusqu’au Sud-Kivu, et notamment à Bukavu, a gagné d’autres coins de la République y compris Kinshasa, la capitale.
Nous avons voulu en savoir plus sur l’empoisonnement et les acteurs politiques. Pierre Yambuya Lotika Kibesi, vieux briscard de la politique congolaise, très jeune compagnon de lutte de Christophe Gbenye, Gaston Soumialot, Nicolas Olenga, Tupa Edouard, Laurent Désiré Kabila, Martin Kasongo, Maluyani Rigobert, Adrien Kanambe, Vital Mpakasa, Umba Johson de l’armée populaire de libération (APL) en 1964.
Géniteur de la Direction Générale des Migrations (DGM) dont il fut le Directeur Général de 1997-2004, Pierre Yambuya Lotika Kibesi qui fut aussi pilote de Mobutu Sese Seko parle de cette période et n’hésite pas à tirer la sonnette d’alarme pour l’aujourd’hui.
Pour assurer l’éternité du mobutisme, Mobutu et ses fidèles avaient adopté à Gbadolite – fin février 1996 – l’empoisonnement comme moyen de réduire au silence la détermination des Zaïrois contre leur pouvoir.
Il n’était plus question de détenir trop longtemps des vrais opposants, et encore moins exercer des menaces répétées contre tous ceux qui avaient choisi la voie de la conscientisation de notre peuple. L’élimination par empoisonnement était suffisante.
En fait, cette méthode d’élimination n’était pas nouvelle. Le régime de Mobutu l’utilisait bien avant leur réunion de Gbadolite en février 1996. Tenez : feu Nzondomio Adokpe Lingo, de la tribu Ngbaka (proche de Mobutu), alors Président du parlement du MPR, était mort empoisonné en 1984 pour avoir rappelé à Mobutu que leur constitution despotique stipulait que le Président du Conseil législatif (parlement) devait assumer l’intérim du Chef de l’Etat du Parti unique à la déchéance de son mandat, jusqu’à la proclamation des résultats des élections.
Et puisqu’il s’agissait des élections conçues pour ramener le même Mobutu au pouvoir, Nzondomio devait assumer l’intérim jusqu’à la prestation de serment de Mobutu fraîchement réélu.
Nzondomio, qui ne voulait que l’application de leur propre loi aux élections de 1984, a été jugé de provocateur du pouvoir de Mobutu.
Invité dans le château seigneurial de Gbadolite, l’opération fut réalisée sans obstruction. Le malheureux mobutiste rendit l’âme aux cliniques Ngaliema à Kinshasa, après l’évacuation par le C-130 9T-TCG de Mobutu à partir de Gbadolite, le jour même de l’empoisonnement. Comme de règle dans le royaume de Mobutu, l’autopsie n’eut pas lieu.
C’est de cette façon que Mobutu et ses fidèles acolytes avaient créé la panique au Zaïre. Il s’agissait en d’autres termes de faire fuir les vrais opposants à l’étranger, sachant qu’ils affronteront beaucoup des difficultés en Occident, vu que les pays signataires de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et de la convention de Genève de 1951 sur les réfugiés soutenaient publiquement leur régime tyrannique. Ironie du sort, ce sont les pays souteneurs de crimes de Mobutu qui protégeaient chez-eux les persécutés du criminel Mobutu.
Il nous fallait tout faire pour résister face au régime de Mobutu et l’Occident, car nous nous trouvions en face d’un complot international visant à perpétuer la soumission et l’impérialisme chez nous.Notre compatriote Crispin Adunagow qui était réfugié aux USA, avait dit en 1993 : ‘‘ Les violations organisées des droits de l’homme au Congo-Kinshasa sont non seulement savamment organisées, mais réellement érigées en système de domination politique qui a pour but final le contrôle, la prédation et le pillage des ressources du sol et sous-sol du Congo-Kinshasa’’.
Cette méthode d’assassinat silencieux par empoisonnement avait une collaboration maléfique, car la confusion régnait en maître parmi les ‘‘opposants’’, et on ne savait qui va empoisonner qui.
La peur avait gagné le rang des vrais opposants au régime de Mobutu à l’époque d’entrée en vigueur de cette formule d’assassinat, mais on ne pouvait pas se laisser capituler. Chacun d’entre nous était forcé d’être prudent pour ne pas tomber sous le charme de la confiance à la Lumumba-Mobutu, car malgré de nombreux avertissements sur le maléfique comportement de Mobutu à la solde de la haute finance étrangère, Patrice Lumumba avait une confiance aveugle en lui.
Au pays comme dans la diaspora, les agents secrets de Mobutu utilisaient diverses recettes pour réaliser leur mission criminelle. Les milieux mondains (femmes et débits de boissons) étaient les plus exploités face aux nombreuses difficultés quotidiennes des vrais opposants.
Nous nous méfions à la fois même de certains membres de nos propres familles et certains de nos amis se trouvant dans des grandes difficultés sociales, car des gros moyens financiers étaient investis par Mobutu dans ses services de la mort.
Beaucoup des femmes aisées étaient créées par les agents de Mobutu, pour entrer dans la lutte par le biais des mariages calculés avec les vrais opposants du régime.
Ne dit-on pas que la fin justifie les moyens ?
De même entre les hommes, la séduction de l’argent était à l’ordre du jour.
Des hommes masqués avaient reçu mission d’attirer davantage des vrais opposants au régime de Mobutu, en leur faisant croire trouver des alliés financiers pours nos besoins matériels de combat.
Les centres de détentions politiques de Mobutu étaient devenus des vrais lieux de transit des candidats à l’empoisonnement. Le temps de recevoir une dose de la mort lente dans la nourriture obligatoire, la boisson, l’eau et l’insecticide sous excuse de chasser les moustiques etc…le tout suivi d’un élargissement rapide, sans torture ni maltraitement afin d’effacer toute trace du crime.
Le pouvoir de Mobutu a refait surface quelque temps seulement après le lâche assassinat de Mzee Laurent Désiré Kabila.
Depuis, Joseph Kabila a ressuscité les services de Mobutu avec les mêmes agents de la mort pour refaire ce que Mobutu avait fait jusqu’à sa chute, ainsi la terreur qui règne dans le peuple congolais. Interrogez-vous toujours, pour quelle raison, Joseph Kabila a fait la chasse contre tous les vrais compagnons idéologiques de Mzee Laurent Kabila de depuis 1964 ? En outre, les loups de Mobutu se dévoraient entre eux pour des privilèges internes par leur propre méthode d’assassinat contre les opposants à leur régime.
Aujourd’hui les loups de Joseph Kabila, qui sont tous des anciens loups de Joseph Mobutu, se mangent aussi entre eux sans merci comme à l’époque de Mobutu, tout en restant fidèles aux assassinats contre les vrais patriotes qui ont lutté contre le régime de Mobutu et qui luttent contre le même régime hérité par Joseph Kabila.
A l’étranger, Paris a été choisi à la fin de 2008 pour abriter le centre de planification des opérations criminelles silencieuses contre les irréductibles opposants au régime de Mobutu qui poursuivent la lutte, ainsi qu’aux Congolais de la diaspora qui ont compris que le régime de Joseph Kabila est la continuité du régime de Mobutu Sese Seko contre les intérêts nationaux.
Si à l’époque les agents de Mobutu n’étaient pas bien connus à l’étranger, ceux de Joseph Kabila sont identifiables, car à une période de notre lutte jusqu’au 17 mai 1997, nous avons été des compagnons indissociables avec l’organisateur de ce centre de planification criminelle. Heureusement sa trahison est flagrante.
Personnellement je ne trahirai jamais notre nation et notre peuple toute ma vie, notre compagnon devenu planificateur criminel de Joseph Kabila le sait plus que tout le monde.
Le peuple congolais doit avoir la conscience tranquille tout en restant vigilant comme nous l’étions hier contre Mobutu et ses empoisonneurs, car ce nouveau centre de planification mortelle de Paris et ses agents (hommes et femmes) sont à la portée de notre connaissance jusqu’au plus profond de leur pratique criminelle.
Ils savaient très bien que nous ne blaguons jamais pour défendre l’intérêt de notre pays et de notre peuple, donc ils sont voués à l’échec de leur mission tant que je suis encore vivant en sillonnant le monde comme à l’époque de Mobutu.
Leur seule capacité, c’est de tromper Joseph Kabila pour lui décaisser l’argent qui devrait servir la nation congolaise et se remplir les poches comme leurs complices de l’époque de Mobutu, dont ils sont ensemble aujourd’hui.
Le doigt est sur le déclic pour que le monde entier découvre la profondeur de ce harcèlement criminel, lequel, moi-même et tous les irréductibles contre le néocolonialisme mobutiste de Joseph Kabila, sommes les plus visés par cette opération.
Un homme averti en vaut deux, ils doivent laisser en paix au pays et à l’étranger le peuple congolais se battre contre la continuité du néocolonialisme, dont Joseph Kabila se croit l’heureux héritier de Mobutu avec la même terreur en s’entourant de tous ceux qui ont aidé Mobutu de détruire notre nation et de clochardiser notre peuple pendant 37 ans.








12 octobre 2009
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