(CongoForum)
L’actualité reste dominée par deux sujets majeurs : le débat général sur le projet du Budget 2010 à la chambre basse où un compromis a été trouvé pour faire revenir l’Opposition parlementaire dans la salle et, la trêve observée par la Rdc et l’Angola sur les expulsions réciproques.
Parlement
Une assemblée de rabbins commentant la Torah ou un colloque de théologiens byzantins débattant de la Trinité pourraient seuls égaler en subtilité les exégèses qui se font en RDC sur la séance parlementaire d’hier. Au point d’ailleurs que le débat de procédure sur le budget 2010 reçoit beaucoup plus de commentaires que ce budget lui-même. La minceur de la majorité (une voix !) semble avoir frappé particulièrement l’Apostropheur du Potentiel qui y revient pour la deuxième fois consécutive et titre « Le Fil du Rasoir ». Il écrit : « C’est par 1 toute petite voix – 170 pour et 169 contre – sortie d’on ne sait quel chapeau du prestidigitateur, que la plénière de l’Assemblée nationale a, samedi, donné quitus au premier ministre de lire son discours de présentation du virtuel budget de l’Etat 2010. Une victoire sur le fil du rasoir !
« L’Opposition, comme il fallait s’y attendre, a subitement crié à la triche. Elle a aussitôt quitté la séance et, au passage, susurré le nom de l’auteur présumé de ce « prétendu » miracle : le président de la chambre basse. Ou un souffleur au-dessus de lui.
« Le lendemain, ce fut le tour de la presse, dans le premier camp, de vanter le rescapé Muzito ou, dans le second, de railler ses éventreurs éconduits par le résultat du vote. Ici aussi, les médias sont engagés. Le font-ils dans l’intérêt des lecteurs ? Toujours est-il que la Une des médias kinois a trahi les allégeances respectives.
« Chaque média y est allé de sa petite chansonnette. Chacun a vu soleil à sa porte. Ce qu’ils ont dit du projet du budget 2010 ? Pour les uns : « Une question de responsabilité politique ». Ou « La motion de défiance vouée à l’échec ». Pour les autres : « Grave déficit de cohésion dans les rangs de la Majorité ». Ou « L’Opposition déclare forfait ». Ou encore, sans note particulière : « Muzito s’explique devant les députés ».
« Enfin, pas de volée de bois vert contre les fossoyeurs de la liberté d’expression. Tous les acteurs médiatiques ont rempli leur contrat. Seulement, l’éthique professionnelle exige le respect des lecteurs et des auditeurs. La déontologie attend, dans la perspective historique, plus de responsabilité de la part du journaliste que de l’éditeur, ce dernier étant quelquefois politiquement engagé.
« Intéressons-nous aux principales leçons du vote « 170 contre 169 ». D’abord, nous constatons avec douleur que l’absentéisme parlementaire est porté au pinacle. A peine 339 députés, sur 500, étaient présents au Palais du peuple. Vive les rois fainéants !
« Deuxième constat plus honorable : la Majorité n’est plus « la Majorité bête » que dénoncent les politologues de par le monde. La congolaise, par deux fois, tente de se démarquer de l’esprit « Majorité mécanique », grégaire. C’est rentable pour une jeune démocratie.
« Troisièmement, enfin, l’Opposition manque de repères, faute d’un leader. Sa victoire sur le fragile « Oui à Muzito & consorts » aurait été possible, si elle savait anticiper. Au lieu de se disperser dans des actions égoïstement solitaires. «
« Muzito : le feu est toujours au rouge », titre à la Une La Référence+ qui fait état d’intenses tractations lundi au Palais du peuple.
La plénière prévue lundi et qui devait être consacrée au débat général sur le budget 2010 n’a pu se tenir. Et pour cause, l’Opposition ayant claqué la porte de l’Hémicycle, le bureau de la chambre basse du Parlement a passé toute la journée de lundi à tenter de ramener la concorde au sein de cette institution. La Réf+ signale qu’avant d’examiner le projet du budget 2010, la plénière de ce mardi va d’abord débattre du rapport sur l’exécution du budget 2009. Cette nouvelle disposition répond à l’exigence de l’opposition qui avait boycotté le débat sur le projet du budget 2010 en posant comme préalable l’évaluation de l’exécution du budget précédent.
Sauf changement, mercredi l’Assemblée nationale va examiner la motion de défiance initiée par Clément Kanku contre le Premier ministre Adolphe Muzito.Des juristes, rapporte ce quotidien, flairent une action mal dirigée. Plutôt que d’une motion de défiance contre Adolphe Muzito, Clément Kanku aurait dû présenter une motion de censure contre le gouvernement. Argument : la chute de Muzito aurait pour conséquence la chute de tout le gouvernement.
Le Phare signale dans son second titre à propos de l’examen du budget 2010, « l’opposition revient dans l’hémicycle mais rien n’est joué ». Il rapporte qu’il ressort de la concertation entre le bureau de l’Assemblée nationale et les présidents des groupes politiques que deux options se sont dégagées sur la procédure à suivre par rapport au débat sur la projet de budget de l’Etat pour l’exercice 2010. La première porte sur l’évaluation coûte que coûte de l’exécution du budget 2009 comme préalable à l’examen du projet du budget 2010. Cette option implique la descente sur le terrain de la Commission économique et financière de la chambre basse en vue de confronter les données avec celles fournies par le gouvernement.
La seconde option propose l’évaluation de l’exécution du budget 2009 simultanément avec le débat sur le projet de budget 2010. Laquelle de ces deux options sera adoptée, La réponse sera connue ce mardi.
RDC/Angola
Les relations très tendues depuis quelques temps entre Luanda et Kinshasa constitue l’une des points chauds d’actualité. La Tempête des Tropiques annonce « Trois émissaires angolais dépêchés à Kinshasa » pour éviter le pire entre la Rdc et l’Angola.
Selon ce journal les trois vices-ministres arrivés lundi dans la capitale congolaise se disent porteurs d’un message d’Edouardo Do Santos destiné à Joseph Kabila. Outre la présence de la délégation conduite par le vice-ministre aux relations extérieures George Chicoty, une commission mixte Rdc-Angola a été mise sur pied pour discuter de la question des expulsions mutuelles.
Après les expulsions croisées de leurs ressortissants respectifs, « Rdc-Angola : enfin une trêve », note Forum des As. Kinshasa et Luanda viennent de décider une trêve en suspendant ces opérations d’expulsions. Selon des sources proches du ministère des Affaires étrangères, cette mesure a été prise pour permettre aux officiels de discuter sereinement sur les différends qui les opposent.
Le Potentiel note que jamais la Rdc et l’Angola n’avaient atteint ce niveau de « fâcherie ». Si cette volonté d’aplanir dans les meilleurs délais le différend anime les deux parties, comme c’est le cas avec le Congo-Brazzaville et le Burundi, les peuples congolais et angolais n’en demanderaient pas mieux.
(Les « questions qui fâchent » entre la RDC et l’Angola sont particulièrement complexes. Il y entre des problèmes frontaliers terrestres, qui sont relatives beaucoup moins à leur tracé qu’au contrôle, par les deux états, du trafic diamantifère, des questions maritimes parce que l’Angola voit d’un mauvais œil la prétention congolaise à l’élargissement de ses eaux territoriales, donc à une plus grosse part du gâteau dans le partage du pétrole off-shore, des questions d’intérêts portuaires qui opposent les deux Congo et l’Angola dans la mesure où les projets de port en aux profonde de Banana (RDC) , de Soyo (Ang.) et de pont entre les deux Congo sont contradictoires. A cela s’ajoute un fort long contentieux d’interventions militaires réciproques et aussi le fait que tout a long de la frontière angolaise on a affaire à des ethnies partitionnées. Les Kongo, Lunda, Cokwe etc… continuent à se fréquenter et à se marier à travers la frontière. Allez donc expliquer aux gens que leur frère, leur gendre, leur cousin ou leur petit-fils sont des « étrangers » ! On n’est pas sorti de l’auberge ! NdlR)
Divers
La Prospérité consacre sa manchette à l’Adg de l’Ogefrem, Emile Ngoy et l’Adt, Roger Andende écroués à Makala. Ce transfert du casier judiciaire au Cprk est le point culminant d’une démarche justifiée par le souci de la justice congolaise de s’informer sur un certain nombre de faits procédant des engagements de l’Ogefrem vis-à-vis de tiers.
Ce journal rapporte que la délégation syndicale de cet office est monté au créneau pour solliciter l’intervention de Boshab, président de l’Assemblée nationale. Elle appelle également au bon sens et invite les autorités judiciaires à rectifier le tir, pour la sauvegarde de la paix sociale.
© CongoForum, le mardi 13 octobre 2009








13 octobre 2009
Actualités