
Rome, ce mardi 13 octobre 2009
Je viens de recevoir sur ma page de www.faceebook.com ces commentaires « Je crois que si les Evêques réunis en synodes ne touchent pas les vrais problèmes de l’Afrique, la réconciliation, la paix, la justice, assignées comme but ou thème ne seront pas atteintes. Il est temps que les Evêques parlent. Il est temps de dire la vérité sur ce qui se passe en Afrique. Il est temps de faire savoir les vrais raisons de ce qui se passent en Afrique. Munzihirwa et Kataliko restent une bonne résonnance en tout ceci. (Jea Bwi) »
« Il y a tant de choses et surtout des injustices qui sont commises en Afrique et qui restent inédites et impunies…. (Natasha Maheshe)
Je suis pleinement d’accord avec ces amis. Car c’est seulement en passant par la vérité d’hier et d’aujourd’hui qu’on peut penser à une véritable réconciliation en Afrique. Et j’essaie de m’expliquer.
Le Synode pour l’Afrique entre dans sa 2e semaine de travaux. Un bilan de la première semaine a été déjà dressé par l’Osservatore Romano qui dans son article a fait émerger une Église catholique inscrite dans l’histoire quotidienne des populations africaines qui, du fait d’intrigues et des intérêts internationaux, connaissent pour la plupart une vie difficile, souvent à la limite du supportable et de la justice. » Les Pères Synodaux et plusieurs de nos chers pasteurs ont parlé de la condition de l’Église catholique au cours de ces 15 dernières années pleine «d’un grand dynamisme » manifestant ainsi une importante convergence, dans le courage de la dénonciation, dans les indications pour un véritable développement, dans la prise en charge des problèmes de l’Église et des sociétés africaines avec le reste du monde et l’Église universelle.
Mais une chose semble ne vouloir pas se dire par nos pères synodaux: toute la vérité sur l’Afrique et surtout le fait dénoncer ouvertement les prédateurs internes et externes de l’Afrique, les appeler avec leurs noms et invoquer que justice soit faite.
Oui, Mgr. Laurent MONSENGWO PASINYA, Archevêque de Kinshasa (RDC) a dit hier 12 octobre: « La paix va de pair avec la justice, et la justice avec le droit, le droit avec la vérité… Il faut donc à tout prix promouvoir des états de droit, où règne le primat de la loi, notamment la loi constitutionnelle; états de droit où l’arbitraire et la subjectivité ne créent pas la loi de la jungle; des états de droit où la souveraineté nationale est reconnue et respectée; des états de droit où est rendu équitablement à chacun ce qui lui est dû… Dans la recherche des solutions de paix, toutes les démarches notamment diplomatiques et politiques viseront à rétablir la vérité, la justice et le droit… C’est en supprimant toutes les barrières, l’exclusion, les lois discriminatoires dans le culte et la société, et surtout en tuant la haine qu’on réconcilie les hommes et qu’on fait la paix ».
Lorsqu’on parle de réconciliation on évoque la conviction que les choses ne vont pas bien, que les relations ne sont pas bonnes, et qu’il y a un malaise qui ne fait que créer instamment des conflits interminables, des guerres, et aussi de génocides.
Et bien pour pouvoir se réconcilier il faut nécessairement éradiquer tout cela et commencer à faire de la réconciliation un mouvement de recherche de la vérité et de recherche des responsabilités. La réconciliation d’aujourd’hui implique la vérité sur ce qui s’est passé hier. Et la réconciliation sans la vérité est impossible. Comme aussi est impossible effacer avec un simple « je demande pardon » et oublier les horribles méfaits du génocide du Rwanda (avec ses plus ou moins 800.000 victimes), et du « génocide » de
la RDCongo (avec ses 5 millions de victimes) et j’en passe. L’opinion internationale n’a jamais voulu reconnaître le « génocide » du Congo. Eh bien les millions de victimes de
la RDC réclament de la part des Pères Synodaux pas seulement une minute de silence, mais justice. Ils réclament qu’on puisse dire toute la vérité sur
la Région des Grands Lacs. Mais pourquoi nos pères synodaux n’ont pas eu le courage d’en parler ? Qu’est qu’ils attendent pour en parler. Le « martyr » Mgr. Christophe Munzihirwa n’a pas donné en vain sa vie en vain !
Une vérité qui demande justice et une justice qui nécessairement doit aboutir à des jugements honnêtes, à des punitions sévères, à des indemnisations aux victimes, à des dédommagements des femmes violées, des pillages, des enfants orphelins, etc.…
Et enfin c’est la paix qui a besoin de vérité. Jusqu’à que c’est le mensonge à régner dans nos rapports de sociétés et d’églises africaines, de grâce ne parlons pas de réconciliation et de justice.
© Kakaluigi, 2009








13 octobre 2009
Billet du jour