(L’Avenir Quotidien 30/10/2009)
*Le Livre Blanc répond à toutes les « accusations-fonds de commerce » de certaines Ong internationales et nationales sur la situation à l’Est de la Rdc *En ce qui concerne l’affaire Bosco Ntaganda que certaines Ong voudraient voir extradé à la Haye, Mende a rappelé la position du gouvernement : la paix en Rdc prime sur l’extradition de Bosco Ntaganda
« La République démocratique du Congo, terre fertile », un document de 45 page, est un autre son de cloche apporté par le gouvernement congolais face à l’avalanche des rapports publiés par des organismes dits internationaux sur la situation sécuritaire et des droits de l’homme. Tout tend à démonter une certaine impunité chronique en Rdc. « Congo terre fertile » au figuré comme au propre, vient au moment opportun pour rétablir la vérité.
La présentation de ce livre blanc par le ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende, est intervenue hier jeudi dans son cabinet à l’occasion d’un point de presse. « C’est un livre Blanc » a dit le ministre, qui vient balayer par un revers de la main toutes les allégations nourries gratuitement par certaines Ong internationales et nationales des droits de l’homme onctionnant en Rdc. Fruit d’un travail fouillé de recherche réalisé par plusieurs experts, « Terre fertile », c’est son titre, est un document qui remet les choses en place et présente en même temps le côté positif d’un pays plein d’espoir non seulement pour ses fils et filles, mais également pour ses partenaires au développement. Bref, un support éloquent de plaidoyer qui vient étouffer le monologue hystérique des Ong.
« Un concept qui campe non seulement la Rdc fertile par ses potentialités minéralogiques, ses cours d’eau, sa faune, sa forêt, les problèmes sociaux et sécuritaire qui offrent des opportunités à l’imagination débridée d’un aréopage d’acteurs humanitaires et médiatiques en mal de catastrophes sensationnelles à vendre », a indiqué le porte- parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga.
A l’en croire, le Livre Blanc vient restituer et « contextualiser » les faits déformés que certains travestissent et dramatisent à volo, notamment dans la confusion délibérée entretenue entre les causes de la guerre et ses effets, les vrais défis à relever par le Rdc, l’amélioration de la situation sécuritaire dans les deux Kivu et en province Orientale, les crimes commis par la secte politico- religieuse Bundu dia Kongo et leur répression en 2008 ainsi que la problématique de l’impunité.
Un rappel des faits historiques
Le ministre Lambert Mende a rappelé que les violations des droits de l’homme à l’Est de la Rdc remontent au début des années 90, avec l’arrivée des réfugiés Hutus rwandais dans le Nord- est de la Rdc après l’avènement à Kigali du régime Fpr. L’afflux des réfugiés occasionné à cet effet, a exacerbé l’insécurité à la frontière de deux pays.
A cela s’ajoute la situation des rebelles ougandais de l’Armée de libération du Seigneur (Lra) dans la province Orientale. « Les actions de ces insurgés avaient sanctuarisé une partie de la frontière congolo- ougandaise pendant plus de 15 ans viendront aggraver l’instabilité dans la région », a expliqué le ministre, avançant le chiffre de 5.400.000 Congolais morts entre 1998 et 2008, selon le rapport de l’Ong International Rescue Committee. Alors que la Croix rouge internationale parlait elle de 100.000 Congolais tués tous les trois mois suite à des violences,…
De toutes ces situations ; « j’affirme que la réhabilitation du Congolais dans ses droits et libertés garantis par la Constitution et les Instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l’homme est le défi majeur que le président Kabila et sa majorité se sont engagés à relever pendant leur mandat », a insisté le ministre Mende. Abordant le point relatif à la criminalité, le porte- parole du gouvernement a dit que ceci préoccupe au plus haut point le gouvernement de la Rdc, qui a décidé de s’y impliquer pleinement en appuyant la réforme de la justice. Pour autant poursuit-t-il, le gouvernement dénonce et condamne toute tentative de distraire les services compétents de leurs tâches de répression contre les délinquants.
Quant aux défis sécuritaires, le ministre a assuré qu’avec des réformes entreprises dans le système judiciaire par le gouvernement, la lutte contre la corruption par l’opération tolérance zéro, le rétablissement de l’autorité de l’Etat, sont des questions de vie ou de mort pour l’Etat congolais. Car, souligne-t-il, de ces réformes dépend la solution à divers autres problèmes.
Les Ongs ne sont pas des ennemis du gouvernement congolais
Bien que beaucoup d’entre elles aient péché, le ministre Mende a affirmé que les Ongdh ne sont pas des ennemis du gouvernement congolais qui, en tout état de cause, ne les considère pas comme tels. « Le gouvernement reste d’avis que le travail de ces structures d’appui, lorsqu’il est bien fait, peut aider les pouvoirs publics à améliorer les services rendus à la population », a-t-il indiqué. Le Livre Blanc apporte de la lumière à tout cela.
Une façon de faire un rappel à l’ordre à ces partenaires (Ongdh). Les propos du ministre tombent à pic. Lambert Mende a brandi à cet effet, les lois et les institutions congolaises qui doivent être respectées par ces partenaires lorsqu’ils viennent travailler en Rdc. Cette conformation à la règle épargnerait le pays des allégations mensongères propagées dernièrement par l’expert onusien, Philip Alston, qui avait refusé de travailler avec la Monuc et le gouvernement congolais dans la récolte des données pour son rapport. Déplorant ce manque de collaboration, le ministre s’est dit choqué de voir cet expert de l’Onu venir ressusciter l’affaire Bundu dia Kongo, déjà close par la justice congolaise.
Pour les esprits avertis, cet homme était en une vraie promenade de santé en Rdc sous les frais de la communauté internationale. Saluant le travail bien fait de certaines Ongdh internationales et nationales, le ministre a souhaité que les bailleurs de fonds leur allouent plus de moyens.
Transfert de Bosco Ntangada, « d’abord le retour de la paix »
Abordant la question sur le transfert de Bosco Ntangada à la Cpi, le ministre a rappelé à l’auditoire une position qu’avait déjà affichée le gouvernement congolais. Pour lui et son gouvernement, le retour à la paix prime avant tout. Une position tout à fait légitime pour un Etat responsable.
« D’abord la paix », a martélé le porte- parole du gouvernement. Ce n’est pas un défi que l’Etat congolais lance à la Cour pénale internationale (Cpi). Mais plutôt, une attitude plus consciencieuse pour un pays, qui sort des forts moments de guerre, et qui avant toute chose, veut avant tout consolider la paix.
A cet effet, il serait aberrant pour le gouvernement congolais de chercher à faire plaisir à la Cpi, alors que la paix dans la partie du pays est non seulement fragile, mais menacée par la présence de plusieurs groupes armées, encore inquiétants dans la région. Tant que cette valeur chère à la nation congolaise et à ses voisins ne sera pas de retour, a dit le ministre en d’autres termes, le dossier Bosco Ntangada prendra tout le temps qu’il prendra. A cet effet, la Cpi devra continuer à prendre son mal en patience.
Yassa
29/10
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30 octobre 2009
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