Un » Congo Debout » est possible !
Par Freddy Mulongo, samedi 21 novembre 2009
Paix à son âme, le père Boka di Mpasi l’auteur de notre hymne nationale écrite en mars 1960, savait en son fort intérieur qu’un Congo debout est possible. Pour y parvenir, il nous faut choisir les autoroutes de la démocratie tout en respectant nos valeurs congolaises et quitter sans aucun regret les chemins tortueux de la dictature, de la pensée unique, de la non liberté d’expression, des pillages de nos ressources, des arrestations arbitraires et inopportunes, des menaces et intimidations en tous genres, de l’insécurité de nos frontières etc…
La République Démocratique du Congo couverte de son drapeau
Trois anecdotes pour mieux étayer la suite de notre réflexion.
» Auquel de vos généraux confieriez-vous le commandement de vos armées si du sort de la bataille dépendait celui de votre empire? » demande -t-on un jour à Napoléon. On attendait un nom. La réponse de Napoléon fut un adjectif: » Je confierais le commandement de mes armées à mon général le plus chanceux… »
» La différence entre l’homme politique et l’homme d’Etat est la suivante: le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération » James Freeman Clark.
» Les peuples comme les individus, lorsqu’ils se noient se raccrochent à des fétus de paille. Apprenons plutôt à nager ! « . Anonymes.
Le multipartisme n’est pas la démocratie, mais le parti unique,parti-Etat, c’est le pire
Nous vivons la continuité, cette dernière prédomine notre espace politique. Avec en guise de » poudre aux yeux » comme disent les Français, de » cosmétique » comme disent plus éloquemment les Anglo-Saxons, le multipartisme et quelques changements d’hommes.
On ravale en façade, ici ou là, sinon une fenêtre au moins une lucarne: on va jusqu’à abattre, de temps à autre, une cloison, mais on ne touche ni aux fondations ni aux murs porteurs.
Le système en sort intact et les hommes qu’il a sécrétés et dressés à l’arbitraire demeurent en place, à l’exception de quelques sacrifiés » pour la galerie « .
Si le parti unique est la dictature, le multipartisme n’est pas la démocratie.
Il est à la démocratie ce que le sel est à la cuisine: un ingrédient nécessaire- il n’est pas de bon repas sans sel-mais qui ne fait pas le repas à lui seul.
Les Congolais qui se contenteront du multipartisme comme pâture démocratique s’apercevront qu’ils sont restés sur leur faim. Car avec le multipartisme « nous avons le sel de la démocratie. Mais pas la chair ».
Le pluralisme des partis politiques (293 partis politiques recensées lors des élections Louis Michel de 2006 ) et des candidatures -33 candidats aux élections présidentielles dont nous ne nous sommes même pas soucier comment chacun a pu payer les 50.000 dollars de caution à la Commission Electorale Indépendante (CEI) ?
S’agissait-il d’un patrimoine personnel par candidat?
Des cotisations venant de militants ?
D’où les uns et les autres ont trouvé l’argent de la caution, dans un pays où les fonctionnaires sont impayés et ceux qui sont payé les sont » au lance-pierres « , où toutes les institutions sont sous tutelle de la communauté internationale (organismes internationaux) ?
Depuis 2005, l’Union européenne à travers un petit dispositif de six personnes, EUSEC, gère le recensement de l’armée congolaise et paie les unités brassées. Mais cette armée est incapable d’affronter les bandes armées incontrôlables dans la République.
Il n’y a pas de démocratie sans justice indépendante, intègre et respectée ainsi que tous ses auxiliaires. Il n’ y a pas de démocratie sans le contre pouvoir d’une presse » non coupagiste « , caporalisée, elle aussi indépendante. Cela, c’est le fondement, mais il n’y a pas non plus de démocratie au sens plein du terme lorsqu’il y a trop de prisonniers politiques au sort obscur et incertain, ou lorsque la liberté de circuler est arbitrairement contrôlée, ou bien encore quand l’éducation et la santé ne pas dispensées à un niveau décent.
Contrairement à l’eau qui, pourvu qu’on la distille, peut être absolument pure, la démocratie n’est jamais absolue ni parfaite. La dictature non plus, d’ailleurs.
C’ est quoi un bon gouvernement ?
Gouverner est un art pour lequel il faut, au départ, une vocation et, ensuite du talent. Mais qui est habilité à reconnaitre cette vocation et ce talent à l’homme politique, où à les lui dénier ? Constatons , qu’après de millénaires de vie en société, il n’y a toujours pas » d’exercice illégal de la politique « , de sorte que c’est l’un des métiers où l’on peut continuer à sévir sans vocation, sans talent et sans avoir appris.
On finit par être expulsé,mais après avoir occasionné de considérables dégâts.
Bien gouverner est donc terriblement difficile. Ce qu’il est nettement moins, c’est de dire ce qu’est un bon gouvernement, celui que la majorité des citoyens souhaitent sur le continent y compris les Congolais.
1. Un bon gouvernement, plus exactement un bon système de gouvernement est celui qui, sur le plan extérieur, vise-et obtient-que le pays dont il a la charge soit le moins dépendant possible des autres, et, en tout cas, à bonne distance des grandes puissances, hors du tourbillon de leurs rivalités pour ne pas en être le jouet.
Ayant ainsi préservé autant que faire se peut sa liberté d’action, ce qui requiert une sage politique économique, condition de l’indépendance financière, ce bon gouvernement veillera à vivre en bon terme avec ses voisins et s’intégrera dans les organisations de sa région et du monde qui partagent les valeurs de la paix, de la démocratie et qui respectent les valeurs ancestrales et historiques de chaque pays.
2. Sur le plan intérieur, le plus important, un bon gouvernement se reconnait à deux signes principaux:
a) Combien de prisonniers politiques ? Depuis combien de temps ?
Ayant peu de cadres, un bon gouvernement ne les met pas en prison; il ne les force pas à l’exil, ni intérieur ni extérieur. Il les utilise tous le mieux possible, selon leur compétence, sans trop tenir compte de leur appartenance ethnique ou de leur couleur politique.
Dès lors que, à l’inverse, un régime paralyse, emprisonne ou exile une partie des cadres de son pays, c’est un mauvais pouvoir et il va à l’échec.
Si, dans un pays, les prisonniers politiques se comptent par dizaines ou centaines, s’ils sont maintenus en prison de manière durable, quelles que soient les circonstances ou les excuses, le régime est mauvais. D’autant que, immanquablement, s’y ajoutent l’assassinat politique et la torture, l’hypertrophie des services spéciaux et secrets, celle de toutes les formes de police qui s’arrogent progressivement des pouvoirs exorbitants. Au détriment des citoyens, de la justice, de tout débat d’idées, sans parler de la démocratie.
b) Qui est au service de qui ?
Le second critère qui, permet de classer sans grande difficulté un gouvernement et le système qu’il a mis en place parmi les bons ou dans les mauvais, est bien connu des diplomates et des journalistes.
Lorsque les uns ou les autres arrivent dans un pays, et avant d’approfondir l’investigation, ils observent les gens qui ont un pouvoir politique, économique ou même administratif, grand, petit ou moyen. Cela va du ministre à son chauffeur, en passant par le chef de service, le douanier, le policier…: leur a-t-on inculqué qu’ils servent le citoyen et s’assure -t-on qu’ils sont toujours dans cet état d’esprit? Ou bien sont-ils portés à se servir et à opprimer, sans d’ailleurs en être bien conscients ?
Dans le premier cas seulement, le gouvernement qu’ils servent est bon ou assez bon.
3. Au- delà du constatable et de l’instantané, le gouvernement est celui qui prenant la mesure du retard accumulé, fait le choix stratégique de » réveiller » la communauté dont il a la charge, et de la conduire à la modernité et le progrès. Mais il le fait avec précaution, c’est-à-dire :
° De manière progressive, sans brusquerie ni brutalité, » en laissant au temps le temps » et aux gens, la possibilité de s’adapter.
° Par le changement des conditions de vie-santé (30% des congolais souffrent de la malnutrition), nourriture, logement – et des mentalités par l’éducation, l’incitation au travail et à la productivité (80% des congolais sont chômeurs !!!). Nous, Congolais devons connaitre notre histoire nous l’approprier mais aussi connaitre l’histoire des autres peuples et nous en inspirée.
Le bon gouvernement est facile à dire, mais bien difficile à faire. C’est pourquoi tant d’opportunistes et des prévaricateurs prétendent gouverner le Congo. Peu d’entre eux sont dignes du label de professionnels du pouvoir, de bons gouvernants, ayant mis la politique du ventre en avant et la corruption qui y va avec. Comment accepter les salaires pharaoniques des députés et sénateurs pendant que les médecins sont impayés et font la grève ? La tricherie, la politique de la kalachnikov n’a-t-elle pas atteint les cimes en République Démocratique du Congo ?










22 novembre 2009
Au fil des jours