Fin d’un feuilleton

22 novembre 2009

Billet du jour

Il fait débat certes, mais pas un débat passionné ou passionnant comme il l’aurait été il y a deux ans. Le départ de la République démocratique du Congo de la Monuc apparaît aujourd’hui comme un fait tout à fait normal. Après avoir accompli à sa manière sa mission sur laquelle beaucoup d’encre et de salive a coulé, la Force des Nations unies au Congo est presqu’arrivée fin mandat. Pas tellement de par sa volonté, mais quelque peu par la force des choses.

Faisant prévaloir sa souveraineté, la RDC estime – et cela procède d’une résolution du gouvernement de la République – que le moment est venu pour que les éléments de la Monuc plient bagages. Pas en tout cas, avec le sentiment du devoir accompli. Car il y a beaucoup à dire et à redire sur la prestation de la Monuc durant les dix ans qu’aura duré son séjour en RDC. Un pays dont les attentes ne semblent pas avoir été rencontrées dans le domaine bien précis de la pacification de son territoire et de la sécurisation de sa population, notamment dans les zones de conflit.

De l’argent, la Monuc en a bouffé et pas en petite quantité ; dans tous les cas, ce sont des dizaines de milliards de dollars qui sont passés par là en dix ans. Considérée comme la plus importante et la plus gourmande des missions de paix des Nations unies déployées à travers le monde, la Monuc n’a cependant mérité ni de sa taille ni du volume des moyens mis en mouvement par la communauté internationale pour faire revenir la paix en RDC.

Pour la majeure partie de la population congolaise, le déploiement de la force internationale n’aura pas servi à grand-chose. Dans tous les cas, au niveau de l’opinion publique, on est unanime : les comptes sont loin d’être bons même si, par moments, la Monuc s’est illustrée par un baroud d’honneur. Lequel, en fin de compte, n’aura rien enlevé à la mauvaise image charriée par cette force. Non seulement sur le champ des opérations mais aussi à travers les frasques de quelques-uns de ses éléments.

« Si cette expérience était à refaire, pour rien au monde on n’accepterait que cette force internationale revînt au Congo », clament à l’unisson les Congolais.

Au-delà de la « guerre de chiffonniers » à laquelle on avait eu droit, dans le passé, autour du contenu du mandat de la Monuc et de l’application du chapitre 7, il fallait qu’un jour cette mission prenne fin. Heureusement qu’on commence déjà à la composer au passé. Le gouvernement, par le biais de son porte-parole, n’en finit pas d’expliquer pourquoi il a embouché la trompette du retrait de la Mission d’observation des Nations unies au Congo. Et, il n’est pas en manque d’arguments, bien au contraire.

En effet, l’évolution positive de la situation sur le terrain commande une telle attitude de la part du gouvernement de la République même s’il est vrai que la Monuc, elle, ne cesse de parler de « situation fragile » dans la partie orientale. En plus, il y a, dans le chef du gouvernement, l’exercice pour la RDC de sa souveraineté. De la même manière que Kinshasa a fait usage de sa souveraineté pour solliciter auprès des Nations unies l’envoi d’une mission de pacification dans le but de mettre fin à la guerre qui prévalait au pays, de la même manière aussi elle exige, une décennie plus tard, le retrait de cette force. Un retrait progressif, mais pas immédiat ; question de bien en préciser les contours et le cheminement.

« Normalisation et accompagnement », voilà les deux concepts qui entrent en ligne de compte et que le porte-parole du gouvernement de la République met sur le compte d’un « parallélisme » pas difficile à comprendre. Pendant que la RDC s’emploie à normaliser la situation dans l’Est, elle se fait, en effet, accompagner dans ce processus par la Monuc.

Les choses sont tellement claires comme l’eau de source qu’on peut déjà parler à ce stade de fin d’un feuilleton…qui s’est joué tout au long d’une décennie.

Le Potentiel, 2009

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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