24/11/09/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI

24 novembre 2009

Aujourd'hui dans la presse

 (CongoForum)

Le sujet le plus largement exploité par la presse congolaise de ce jour est une polémique tant soi peu byzantine qui gravite autour de la réunion du Club de Paris. Au cours de cette rencontre certains créanciers de la Rdc se seraient montrés réservés quant à soutenir le gouvernement congolais. Et la question qui se pose est de savoir comment apprécier exactement l’attitude des USA. Le sujet le plus important, par contre, est sans doute la nouvelle de la remise « sine die » des élections locales par la CEI. Il est question aussi de la Monuc et de la CPI.

Club de Paris

Les délibérations du Club de Paris sur la conclusion ou non d’un programme formel Fmi-Rdc commence à révéler ses secrets. C’est le moins que l’on puisse dire au regard des titres qui occupent la manchette des journaux parus ce mardi à Kinshasa.

« La main forte des Usa est là », affiche à la Une La Prospérité au sujet de l’affaire Rdc au Club de Paris.L’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Kinshasa signale que le gouvernement des Etats-Unis a donné, lors de la réunion du Club de Paris du 18 novembre 2009, des assurances financières sans aucune condition.  Toute information qui affirme le contraire est fausse, souligne un communiqué qui coupe court à toutes les conjectures dans lesquelles le microcosme politique congolais s’est embourbé, en fin de la semaine dernière.
Ainsi, l’affaire de Tenke Fungurume Mining montée curieusement en épingle, pour justifier une éventuelle hésitation des Usa, n’aura été qu’une œuvre des spécialistes de la cacophonie.

Le Phare affirme que « Le coup de frein (est) venu du Canada ». En effet, il reste encore un grain de sable dans le processus de conclusion d’un programme formel entre notre pays et les institutions de Bretton Woods. Il s’agit de l’opposition du gouvernement canadien à la décision devant conduire à l’allègement de la dette extérieure de la Rdc. Cette attitude est dictée par l’existence d’un vieux contentieux entre l’Etat congolais et deux sociétés canadiennes, Lundin Mining Corps, et First Quantum Minerais Ltd, dans le secteur minier.
Bien que privées, ces firmes ont réussi à embarquer le gouvernement de leur pays dans des contrats miniers pourtant signés dans les mêmes conditions que ceux soumis à la procédure de revisitation, entre 2007 et 2009, puisque qualifiés de léonins.

L’Avenir publie un extrait du communiqué de l’Ambassade des Usa en Rdc dans lequel on peut lire : « Se référant à plusieurs dépêches récentes dans la presse congolaise, l’Ambassade des Etats-Unis à Kinshasa signale que le Gouvernement des Etats-Unis a donné, lors de la réunion du Club de Paris du 18 novembre 2009, des assurances financières sans aucune condition. Toute information qui affirme le contraire est fautive ».
En termes clairs, le dossier TMF (Tenke Fungurume Mining » en sursis devant la commission de revisitation des contrats ne s’est pas invité aux délibérations du Club de Paris ».

(Encore faudrait-il se rendre compte que le pays qui désire un blocage  peut très bien ne pas freiner lui-même mais laisser ce rôle ingrat à un de ses alliés. Les loups ne se mangent pas entre eux, surtout lorsqu’il est entendu à l’avance que c’est le Congo qui est le plat du jour ! Peu imprte qui bloque, et peu importe de savoir quelle est la raison qui est mise en avant : contrats « chinois », contrats indiens, contrats miniers ou corruption congolaise. Le rôle de la dette est de faire vivre la RDC en un perpétuel état de demi-asphyxie qui ne lui permet que des démarches convulsives et désespérées en vue d’obtenir quand même quelques liquidités qui lui permettront  de vivoter un peu plus longtemps à la petite semaine. Discuter avec les Institutions de Bretton Woods, c’est un peu comme si le lapin proposait au chasseur de négocier ! NdlR)

CPI

La Tempête des Tropiques consacre sa manchette à la Cour pénale internationale. « B. Ntaganda toujours réclamé », titre ce journal qui affirme que l’Ong internationale Human Rights Watch vient une fois de plus de monter au créneau pour demander au gouvernement congolais d’arrêter ce « criminel de guerre », accusé d’avoir recruté et enrôler des enfants de moins de 15 ans dans un groupe armé et de les avoir fait participer activement aux hostilités en Ituri.
(C’est le cas de dire que l’arbre cache la forêt ! S’il est exact que HRW pratique ces derniers temps la politique de Caton et termine pratiquement tous ses communiqués sur le Congo en réclamant l’arrestation de Ntaganda, il n’en reste pas moins que le « fait du jour » à la CPi est l’ouverture des procès de Katanga et Ngudjolo, ainsi que l’assemblée des états signataires du Statut de Rome. Réduire tout cela à la seule affaire Ntaganda, parce que c’est l’affaire où le gouvernement congolais se trouve mal pris, rend un son un peu trop partisan ! NdlR)

MONUC

La Référence+ se penche sur les propos du n°2 de la Monuc, Ross Mountain, qui a reconnu dans un communiqué publié lundi par son bureau que « La Rdc revient de loin », une façon pour lui d’apprécier le chemin parcouru par la République démocratique du Congo sur le chemin de la paix. Ross Mountain quitte définitivement la Rdc après 5 ans de mandat. Son successeur n’a pas encore été désigné.

Elections locales

Le Potentiel annonce le report sine die des élections locales. L’opération portant révision du fichier électoral est suspendue. Décision de la Commission électorale indépendante, CEI. Aucune date, aucune précision n’a été fournie pour savoir à quel moment l’opération va reprendre. Les formules de Mr. Mirimo, porte-parole de la CEI qui, dit-il, « attend que certains préalables soient remplis avant de poursuivre l’opération de révision du fichier électoral dans d’autres provinces » sont un bel exemple de langue de bois !

(La CEI met en avant le redécoupage des provinces, toujours prévu sur le papier mais non réalisé dans les faits. On voit toutefois mal où cela susciterait des difficultés essentielles. Les provinces les plus difficiles à contrôler, les deux Kivu, échappent au découpage, celui-ci ayant déjà eu lieu. Ailleurs, sauf peut-être dans les deux Kasai où certains redécoupages ont des allures très folkloriques, la réforme consiste principalement à supprimer un échelon administratif et à ériger les districts en provinces. Mais ces entités existent et fonctionnent déjà. Alors ?
Beaucoup plus que techniques, les causes de la soudaine timidité de la CEI sont financières. La Commission a épuisé les fonds dont elle avait été pourvue à une époque où, dans l’euphorie du début de la Transition, les bailleurs de fonds étaient nombreux et disposés à délier les cordons de la bourse. Or, ces fonds étaient censés financer un cycle complet d’élections, y compris les scrutins locaux et régionaux ! Et entre temps, l’atmosphère a changé, d’une part parce que les élections
  n’ont pas eu de résultats mirobolants  quant à la situation générale du pays, d’autre part parce que la crise financière incline plutôt les donateurs à l’avarice.
Mais plus on tarde, plus se pose un problème juridique : si le calendrier avait été respecté, la CEI aurait dû disparaître depuis longtemps, et sa légalité devient au fil du temps de plus en plus ténue !
Enfin, on peut se demander s’il n’y a pas, dans tout cela, quelques préoccupations électorales. Il est clair que les partis au pouvoir veulent profiter du Cinquantenaire de l’Indépendance pour en faire une campagne publicitaire en leur faveur. L’avantage d’être au pouvoir, c’est d’avoir le monopole des haut-parleurs ! S’il y a une campagne électorale en 2010, même sur le plan local, on devra, d’une manière ou d’un autre, concéder à l’Opposition la possibilité de faire un certain bruit, donc de contredire l’autosatisfaction officielle … NdlR)

Et pourtant, note Le Potentiel, les élections locales, municipales devraient avoir lieu en 2009. A défaut en 2010 au plus tard pour ne pas violer la constitution. Avec cette décision de la CEI, ces élections demeurent hypothétiques. Et jusqu’à preuve du contraire, elles viennent d’être reportées sine die.

© CongoForum, le mardi 24 novembre 2009

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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