03/12/09/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE JEUDI

3 décembre 2009

Aujourd'hui dans la presse

 (CongoForum)

La plupart des sujets évoqués par la presse de ce jour sont les mêmes que ceux d’hier, où l’abondance des matières n’a sans doute pas permis aux journalistes d’épuiser leur inspiration. Une « vedette » se détache nettement du lot : JP Bemba est au centre de l’actualité à la suite de  l’arrêt de la chambre d’appel de la CPI rendu mercredi et le maintenant en détention.

Affaire Bemba

« JP Bemba : séjour prolongé en prison », titre à la Une Le Potentiel. Il rapporte que le sénateur JP Bemba, président national du Mouvement de libération du Congo, Mlc, ne bénéficiera pas de liberté provisoire. Il reste en prison en attendant l’ouverture et le déroulement de son procès. L’arrêt est de la Chambre d’appel de la Cour pénale internationale, CPI, rendu mercredi à La Haye.
Place donc à ses avocats pour préparer sa défense. Coup dur pour le Mlc. Coup dur pour l’intéressé qui voit ainsi son parcours politique de plus en plus hypothéqué. En effet, estime Le Potentiel, la carrière politique de JP Bemba semble compromise. Du moins pour les élections  de 2011. La suite dépendra du verdict du procès.
S’il gagne, il pourra faire un « come back » en politique. Mais si jamais il perdait le procès et reconnu coupable des griefs qui lui sont reprochés, la peine minimum avancée serait de trente ans. Agé aujourd’hui de 47 ans, on peut imaginer le sort qui sera le  sien.

La Référence+ rapporte que joint par Radio Okapi, Me Aimé Kilolo, l’un des avocats de JP Bemba a déclaré que l’arrêt rendu ce mercredi par la chambre d’appel n’a pas scellé le sort sur la question de la mise en liberté du sénateur congolais.
D’après lui, la chambre d’appel a plutôt formulé une série de reproches sur la manière dont la chambre préliminaire II avait pris sa décision du 14 août dernier. Me Kilolo soutient que JP Bemba peut encore espérer une mise en liberté provisoire. Le 14 décembre reste la date butoir à laquelle la chambre de première instance devra se prononcer.

Dans le même registre, citant Paul Madidi chargé de la communication CPI/Kinshasa, La Prospérité signale que même si l’arrêt de la chambre d’Appel est définitif, la porte reste ouverte à la défense, en cas de nouvelle demande de liberté provisoire.

Le Palmarès note que grâce à l’ouverture laissée par la décision de la Cour d’Appel, la défense de Bemba promet de relancer le dossier de mise en liberté provisoire de son client. Cependant, le confrère estime qu’en dépit de la volonté inébranlable de JP Bemba et sa défense, le temps fait défaut.

La Tempête des Tropiques souligne, pour sa part, que les craintes d’une fuite du sénateur Mlc ou de voir celui-ci entraver les poursuites, ont obligé la chambre d’appel à rejeter la demande de mise en liberté provisoire sollicitée par ses avocats. Ces derniers comptent désormais sur la décision de la chambre de première instance II attendue le 14 décembre.

Pour L’Avenir, il n’y a que les naïfs qui peuvent voir dans la décision de la chambre d’appel un coup de théâtre. Car, il était prévisible que la Cour ne fera pas l’honneur au principe de présomption d’innocence pour libérer JP Bemba afin qu’il se présente à son procès en homme libre.
(Etonnant avis, en vérité, que celui-là ! La présomption d’innocence n’a en effet rien à y voir. Le principe fondamental – souvent négligé, au Congo et ailleurs – c’est que la liberté doit être la règle et la détention, l’exception. On ne peut emprisonner qu’à la suite d’une condamnation ou, à titre préventif, que si l’on a des bonnes raisons de suppose que le prévenu pourrait continuer ses méfaits, prendre la fuite, entraver l’enquête ou influencer les témoins. En dehors de ces quatre cas, un prévenu, même très évident auteur des faits motivant les poursuites et les ayant avoués, devrait comparaître comme prévenu libre.
L’une de faiblesses de la CPI, qui est une institution nouvelle et sur bien des points encore « en rodage », est qu’elle ne dispose que de peu de moyens en matière de protection des témoins. Or, compte tenu de son fonctionnement de type anglo-saxon, les dépositions personnelles de témoins physiquement présents lui sont indispensables. Il lui faudrait donc disposer de la possibilité d’avoir des « programmes de protection de témoins » à l’américaine, incluant, après le procès, jusqu’à une nouvelle identité…Le CPI n’en dispose pas. Or, les témoins, gens simples de la brousse africaine marqués par le fait d’avoir assisté aux massacres et donc par la peur, sont encore influencés par ce qu’ils ont toujours vu : l’impunité  d’hommes puissants qui restent une menace. La liberté, même provisoire, d’un suspect serait donc à leur égard un signal négatif puissant et, donc, la liberté provisoire de Bemba gênerait l’enquête et influencerait les témoins, même si Bemba ne faisait absolument rien. NdlR)

« Le Mlc proteste et dénonce l’acharnement du Procureur Ocampo de la Cpi », titre Le Phare qui publie in extenso un communique du Mlc dans lequel ce parti dénonce l’acharnement à caractère politique du procureur Moreno Ocampo sur la personne de JP Bemba. Ce parti invite ces militants à rester unis et soudés autour des idéaux du Mlc.
(Le MLC pourrait difficilement dire autre chose ! Mais Moreno Ocampo peut être taxé d’acharnement, ce n’est pas tant contre la personne de Bemba en particulier que dans le fait de poursuivre Bemba SEUL. On aimerait le voir donner libre cours à la même obstination pour qu’il y ait dans le box des accusés, à côté de Bemba, les autres responsables – congolais et centrafricains – des atrocités commises. Bemba n’est certainement pas un enfant de chœur mais il n’est pas moins certain qu’il devrait avoir de multiples co-accusés. Le Justice est une bonne chose. La désignation de boucs émissaires, c’est autre chose… NdlR)

Autres sujets

Le Phare consacre sa manchette au gouverneur élu de l’Equateur, JC Baende qui menace le Sénat. Et de se demander « Où va le Congo ? ».
Il note qu’à entendre JC Baende clamer son innocence en s’appuyant sur le rapport d’audit de l’Inspection générale des Finances, on se croirait dans un Etat autre que la Rdc. « Il y a, en effet, à se demander si l’une des structures de contrôle de l’exécutif de la République, investie des pleins pouvoirs en la matière par le législateur, ne pourrait pas avoir un droit de regard sur une entité politico-administrative provinciale », fait remarquer ce journal.

A propos de cette même affaire, L’Observateur pose la question de la responsabilité du Ministre de l’Intérieur. Dans le rapport de la Commission sénatoriale qui s’est rendue à Mbandaka en mission de contrôle sur l’exécutif provincial de l’Equateur, il est reproché à Célestin Mbuyu Kabango, ministre de l’Intérieur du gouvernement central d’être à la base des actes de détournement des fonds mis à charge du gouverneur Jean-Claude Baende alors gouverneur a.i, introduisant la notion d’intérimaire qui a permis à ce dernier de rester à la tête de la province pendant dix mois.
En effet, même si dans l’opinion publique certaines voix s’accordent pour considérer cet intérim prolongé de contraire à ce qui est prévu par la constitution, d’autres analystes avertis estiment plutôt que le ministre de l’Intérieur ne pouvait procéder autrement au regard de certaines réalités et du contexte de la situation.

Le même journal commente la situation à Dongo, principalement semble-t-il d’après le point de presse hebdomadaire du mercredi de la MONUC. « Un semblant d’accalmie est observée dans cette localité du territoire de Kungu. En dehors de l’attaque de l’hélicoptère de la mission onusienne en RDC par l’arme lourde le jeudi 26 novembre dernier, aucune action susceptible de troubler davantage la paix dans cette partie du pays n’a été enregistrée jusque-là.  Sur le terrain, les différents acteurs impliqués au retour de la paix à savoir, la Police nationale congolaise (PNC), les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la Monuc travaillent en synergie et se concertent régulièrement pour essayer de comprendre les tenants et les aboutissants de ce conflit fratricide. »

Dans son éditorial, Le Potentiel remarque les nombreuses « Promesses » (c’est le titre) qui ont émaillé les voyages de JK à Mbuji-Mayi et à Gemena. Le journal ne dit pas explicitement qu’on se croirait dans une campagne électorale. Mais entre les lignes…

© CongoForum, le jeudi 3 décembre 2009

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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