09/12/09/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MERCREDI

9 décembre 2009

Aujourd'hui dans la presse

(CongForum)

Faute d’avoir des nouvelles de l’Equateur ou d’oser en donner du Kivu, la presse congolaise publie ce qu’elle peut. On trouve encore quelques commentaires sur le Discours sur l’Etat de la Nation de JK. Accord FMI-Rdc, dossier Ntanganda, affaire Baende, refus par la CPI d’accorder une liberté provisoire à J. P. Bemba sont autant de sujets qu’elle aborde ce mercredi.

Discours de JK

Sous le titre « J. Kabila juge positivement l’équipe Muzito », la Référence+ soutient que le gouvernement Muzito a bien travaillé durant sa première année de conduite des affaires de l’Etat. Le président de la République l’a confirmé lundi 7 décembre dernier dans son discours prononcé devant les deux chambres du parlement réunies en Congrès, sur l’état de la nation.
Le premier citoyen de la Rdc, souligne la Réf+, qui répondait à une exigence constitutionnelle, a démontré du haut de la tribune les progrès accomplis par son gouvernement dans la reconstruction du pays au cours de l’année dernière, les difficultés rencontrées, mais aussi et surtout, des raisons d’espérer.

Le bruit aurait-il couru que la rédaction du  journal qui couvrirait le mieux le discours présidentiel se verrait gratifier de la médaille en chocolat ? En tous cas, on doit le croire à la rédaction du Potentiel, qui publie pour la  deuxième fois in extenso le texte complet du discours de Kabila. Le liberté de la presse, c’est aussi celle de gâcher du papier…

La Prospérité écrit : « …le Chef de l’Etat ne s’est pas limité là. Lui, qui fait corps avec son équipe gouvernementale, a gratifié son Exécutif en ce qu’il a tenu un pari qui, au départ, semblait impossible, à savoir : conclure un nouveau programme avec les institutions de Bretton Woods en vue d’atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE et d’obtenir l’effacement d’une dette de près de 12 milliards de dollars… Pour qui sait lire dans les lignes du discours, point besoins de se lancer en conjecture et soutenir que c’est à boulet rouge que Kabila a tiré sur Muzito. Cela, c’est sans comprendre que la vision de Kabila est entrain de ses concrétiser à travers les actions du Gouvernement que pilote Adolphe Muzito. A moins d’être manifestement de mauvaise foi pour ne voir, dans le discours sur l’état de la nation du Chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, que des aspects liés à l’autocritique. Alors que ceux-ci n’ont eu pour but que de donner du tonus à l’Exécutif pour l’amener à concrétiser le rêve tant attendu par le peuple congolais, à savoir, la modernisation de ses institutions, de ses infrastructures, bref de le sortir de la pauvreté criante pour une vie décente, digne de ce nom. Kabila Kabange, qui dispose les prérogatives constitutionnelles de convoquer les Conseils des Ministres, s’est montré dans un premier moment percutant. Cela, c’est non sans raison. Ne fallait-il pas s’auto évaluer pour finalement donner un nouvel élan avec un cadrage de l’essentiel à accomplir pour ne pas être pris de court lors de rendre compte en 2011 ? C’est certainement ce qui l’a conduit à dire, à propos du climat des affaires qui reste bridé en République Démocratique du Congo que : « Nous devons urgemment changer cet état de choses ».

FMI

Le Potentiel consacre sa manchette à la conclusion d’un nouvel accord entre le Fonds monétaire internationale et la République du Congo. Il rapporte à ce sujet que le Conseil d’administration du FMI se prononce ce vendredi 11 décembre à son siège de Washington sur le nouvel accord formel qui doit lier pendant trois ans cette institution à la Rdc. Il note aussi que la marche a été certes longue, pénible à mains égards. Mais aujourd’hui, la Rdc a, à sa portée, un nouveau programme économique du gouvernement (PEG 2), soutenu formellement par le FMI au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance.
L’approbation par le Conseil d’administration du FMI du PEG 2 relance non seulement la course pour l’atteinte au premier semestre 2010 du point d’achèvement de l’Initiative d’allégement de la dette en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) mais soumet, en même temps, le gouvernement au strict respect des engagements contenus dans le nouvel accord formel pour demeurer dans les limites du PEG 2, durement négocié depuis mars 2006.

Affaire Baende

« Kabila : l’épine Baende », souligne Le Phare qui fait le lien entre l’opération Tolérance zéro et la reconstruction d’un Congo nouveau. Le quotidien de l’avenue Lukusa constate que le bras de fer entre le Sénat et le gouverneur élu de l’Equateur, Jean-Claude Baende, se poursuit à distance.
Lancé à la mi-juin avec le refus du précité de se soumettre à l’audit d’une délégation des sénateurs conduite à Mbandaka par leur collègue Lunda Bululu, il a été relancé au lendemain de l’adoption du rapport sulfureux présenté par ceux-ci en plénière, avec en prime l’exigence des poursuites judiciaires contre le concerné, présumé détourneur des deniers publics.
Le Phare signale que l’on a enregistré, le week-end dernier, un battage médiatique particulier des lieutenants de JC Baende sur plusieurs chaînes de télévision de Kinshasa. Dans leurs sorties, ils n’y sont pas allés de main morte pour clamer l’innocence de leur protégé, qualifiant au passage des sénateurs, surtout ceux ayant participé à la gestion de la IIème République, de bois morts. Ils ont rappelé leur passé de pilleurs patentés des ressources naturelles. (On se rappelle peut-être que, lors de l’élection de ce Sénat, on avait assisté à une surprenante « résurrection des dinosaures », en ce sens que l’on a vu resurgir au Sénat
  maintes figures de l’époque Mobutu, dont le Président de cette institution, Kengo wa Dondo et le chef de file de la commission, Lunda Bululu, tous deux anciens Premiers Ministres du Maréchal . NdlR)
Face à l’audace de JC Baende à franchir la « ligne rouge » face au Sénat, une institution que redoute plus d’un mandataire public, écrit Le Phare, tous les regards sont tournés vers le chef de l’Etat, Joseph Kabila, à qui revient la lourde et délicate tache d’entériner le verdict des urnes déjà endossé par la CEI, par la signature de l’ordonnance d’entrée en fonction du gouverneur élu.

Justice internationale

L’Avenir pique une colère contre les ONG et la CPI : : « Une certaine communauté internationale n’a pas arrêté de chercher des poux sur la tête des dirigeants congolais. C’est le cas du Conseil des droits de l’Homme de l’Onu. Alors que la Rdc a expliqué à tout le monde les raisons qui font que Bosco Ntaganda ne soit pas livré hic et nunc à la Cpi, cet organisme de l’Onu en concert avec certaines Ong dites internationales, ont déployé des efforts pour forcer la main à

certaines puissances afin d’exiger à tout prix l’arrestation de Bosco Ntaganda. Ils étaient sûrs et

certains que ces puissances donneraient des ordres au gouvernement congolais et que ce dernier

s’exécuterait sans rechigner. En effet, pour certaines Ong, si pas toutes, la Rdc n’aurait aucune

souveraineté et ses dirigeants n’auraient aucune légitimité. Partant de là, ces Ong pensent que les

dirigeants congolais ne peuvent agir que par procuration, sinon sous la dictée de Washington, de Paris, Londres, Bruxelles et autre Berlin. C’est avec cet esprit que le Conseil des droits de l’homme de l’Onu a abordé la question de la Rdc. Au lieu de parler du cas de Bosco Ntaganda qui les intéresse, ils ont procédé par la dramatisation en parlant de la volonté de Kinshasa de refuser « de mettre fin à

l’impunité ». Pour ces Ong à l’esprit borné, il suffirait que Bosco Ntaganda soit livré pour que

l’impunité cesse en Rdc. Malheureusement il y a des Etats, des dirigeants de certains pays et certaines personnalités qui se laissent prendre à ce langage de charlatans qu’utilisent les Ong. Ainsi donc, aucours de la session de lundi dernier de ce Conseil, on a déploré que la Rdc n’ait pas mis fin à l’impunité dont jouiraient « les militaires et les miliciens accusés de graves violations des droits de l’homme ». Ils sont combien ces militaires et miliciens ? Un rapport a même été adopté à ce sujet sur ce constat. Bien plus, on accuse Kinshasa de n’avoir pas soutenu les rapports homosexuels entre adultes consentants ». (Voilà la communauté « gay » mise sur le même pied que Bosco Ntaganda ! « Elles » n’en demandaient pas tant ! NdlR)

Le Palmarès aussi s’intéresse au dossier Bosco Ntanganda et rapporte que la Rdc est à couteaux tirés avec la Communauté internationale. Le Conseil des droits de l’homme de l’Onu tenu à Genève accuse la Rdc d’avoir refusé de transférer Bosco Ntaganda à la Haye. L’Italie et les Etats-Unis se sont montrés virulents contre le Congo qu’ils n’ont pas hésité à enfoncer, affirme le confrère en faisant remarquer que l’hypocrisie de la Communauté internationale a atteint des sommets intolérables.
(Hypocrisie, certainement ! L’hypocrisie n’est elle pas l’autre nom de la diplomatie ? Il faut toutefois remarquer qu’hier « The Voice of America »
 - qui s’annonce comme donnant officiellement le point de vue du gouvernement américain – a publié un long « papier » consacré au rapport des experts de l’ONU sur le pillage du Congo dont le titre comprend cette formule étonnante : « FDLR, CNDP Still Operating as Rebel Groups in DRC » qui met le CNDP – même déguisé en FARDC – sur le même pied que les rebelles rwandais. Il y a un point de rupture possible entre les USA et leurs alliés rwandais : Washington est disposé à fermer les yeux sur le pillage du Congo – quitte à la baptiser « participation à la mise en valeur… »- mais pas sur une annexion, même déguisée en « retour des réfugiés ». Il se pourrait qu’à force de tirer sur la corde, Kigali finisse, non encore par la casser, mais en tous cas à la faire grincer de façon menaçante… NdlR)

L’Avenir note au sujet de l’affaire Bemba que « La CPI insiste. Une fois en liberté provisoire, Bemba pourra fuir ». La chambre d’appel a encore une fois refusé de libérer JP Bemba au motif qu’il pourrait utiliser sa position professionnelle et ses réseaux financiers en cas de fuite, signale ce journal.

Guerre

La Tempête des Tropiques fait état des «  Folles rumeurs autour de Gemena » où l’on aurait signalé l’entrée des rebelles. La panique semble s’emparer de la population, le commissaire de district du Sud-Ubangi appelle au calme, pour lui, la ville est sous le contrôle des Fardc.
Jean Baptiste Lumbwe a affirmé, sur les antennes de Radio Okapi, que Gemena est loin de toute agitation et que la population locale vaque plutôt normalement à ses occupations habituelles.

Sur « l’Internet congolais », les « folles rumeurs » confinent au délire pur et simple. On en est à s’accuser réciproquement de faire parler les morts. Pour les partisans du pasteur Ngoie, Honoré Ngbanda est mort et, pour les amis de celui-ci, c’est Ngoie qui est un cadavre. Nouvelle étonnante, les paras commandos auraient « disparu »… La forêt équatoriale a beau être épaisse, c’est quand même étonnant ! On aurait aussi bien entendu vu dans l’Equateur des « troupes rwandaises ». Tout ce qu’on peut en dire est qu’on n’en sait rien.

Dans l’Est, épinglons une prise de position de l’Eglise catholique, par la voix de Mgr Monsengwo, repris par Radio Okapi : « Nous stigmatisons ces actes de violence, susceptibles d’envenimer la situation sécuritaire au Sud-Kivu. Nous demandons à l’Etat congolais et à la Monuc, chacun en ce qui le concerne, de prendre des mesures vraiment efficaces pour arrêter l’escalade de la violence, identifier les coupables, les juger en toute justice et assurer la protection des biens et des personnes », a notamment déclaré l’archevêque de Kinshasa, avant d’inviter « toutes les personnes de bonne volonté à ne pas ne pas se décourager, mais à œuvrer pour l’avènement de la paix.».

Beni Lubero Online, à l’occasion d’un nouveau meurtre, envoie à Kabila « la réponse du berger à la bergère ». «  Les tueurs de Mr Amza courent toujours dans un Congo devenu un repaire de tous les bandits jouissant de l’impunité. Ceux qui disent que la paix est revenue au Nord-Kivu crachent sur les victimes de l’impunité des hommes en armes et en uniforme militaire qui y sèment mort et désolation chaque jour ». (JK avait affirmé dans son discours que « La RDC n’était pas un repaire de brigands » et que la situation au Kivu s’était notablement améliorée.. ; NdlR)

© CongoForum, le mercredi 9 décembre 2009

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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