Au-delà des chiffres

12 décembre 2009

Billet du jour

Le Potentiel / EDITORIAL

Ils ont cherché à innover. Ils l’ont fait et ils ne sont pas passés à côté de la plaque, bien au contraire. Ce n’est donc pas pour rien que nos amis de JED ont tenu à rompre avec une habitude vieille de onze ans. En fait, du premier au onzième, les Rapports annuels de Journaliste en danger déjà publiés sur « L’état de la liberté de la presse » avaient leur particularité. Mais, pour le douzième, présenté le 10 décembre 2009, JED a préféré sortir des sentiers battus.

Si dans la première série de rapports, c’est essentiellement un travail de monitoring de différentes atteintes à la liberté de la presse qui a été mis en avant, il n’en est pas le cas pour la suite. A partir du douzième rapport, le travail est structuré autrement. JED a choisi – et c’est ce qu’il a bien voulu souligner – d’« élargir les angles de son travail de surveillance des médias et de la liberté de la presse ».La grille d’approche a changé fondamentalement. Il ne s’agit plus seulement, comme autrefois, de compter le nombre de journalistes tués, arrêtés, portés disparus ou emprisonnés pour mesurer le degré de la liberté dont jouissent les médias dans un pays. Mais d’aller au-delà des chiffres pour « mesurer la viabilité du système médiatique dans son ensemble, et apprécier la qualité des informations diffusées ».

Voilà donc la nouvelle ligne à laquelle JED entend arrimer. Comment en serait-il autrement lorsqu’on sait qu’« aucune liberté de la presse digne de ce nom ne peut s’exercer sans des médias viables économiquement, ni avec des journalistes pauvres et corrompus ». Cela est d’autant plus vrai qu’il est difficile d’envisager une véritable liberté de la presse avec des médias que la pauvreté n’entend pas quitter…

Lorsqu’on y ajoute un autre paramètre, celui ayant trait au rôle de plus en plus accru attendu des médias pour la consolidation de la démocratie et des méthodes de bonne gouvernance, l’on ne peut pas ne pas prendre du bon côté la démarche de JED en ce que l’on ne peut, dans un pays donné, envisager une véritable liberté de la presse sans des médias viables économiquement.

C’est le cas, malheureusement, de la RDC, exemple parfait d’un pays où, pour bien des raisons, les médias sont loin d’être viables économiquement. Un pays où l’on doit tenir compte de cette réalité si l’on espère voir la démocratie bien s’installer et se consolider par la suite. Le pari s’annonce difficile. Et pour la liberté de la presse et pour la démocratie.

Et là, il ne serait pas mal venu de paraphraser le président américain Barack Obama qui déclarait le 12 juillet 2009 à Accra : « Personne ne veut vivre dans une société où la règle de droit cède la place à la loi du plus fort et à la corruption. Ce n’est pas de la démocratie, c’est de la tyrannie, même si de temps en temps on y sème une élection ça et là, et il est temps que ce style de gouvernement disparaisse…».

Droits de reproduction et de diffusion réservés © Le Potentiel

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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