Ce 12 décembre, lors de la visite du Président Kabila à Bukavu, l’Antenne Libre ASFCO lui a remis une lettre ouverte, concernant les grands problèmes qui continuenet à preoccuper la Societè Civile de la Region du Sud Kivu en géneral et de Bukavu en particulier. Les assassinats de l’Abbé Daniel CIZIMYA et Soeur Denise KAHAMBU montre ouvertement une montée de violence et de haine qui touchent surtout l’Eglise Catholique.
Cher Président de
la République,
Au moment que vous touché cette terre sacrée de notre ville martyre de Bukavu, nous membres d’ASFCO (Antenne Libre Amis Sans Frontières du Congo) venons auprès de votre haute autorité pour vous présenter notre mot d’accueil et vous souhaiter le bienvenu et bon séjour chez nous et parmi nous.
Plusieurs jours sont passés depuis votre dernière visite et beaucoup d’événements assez tristes et macabres se sont succédés et ont continué à semer terreur et désolation dans toute la région. La paix que nous avons espérer et que vous même, à maintes reprises, vous nous avez annoncée et promise, semble s’éloigner sans cesse et devienne un rêve impossible à atteindre.
En tant qu’habitants de cette région nous connaissons suffisamment et parfaitement que cette situation de guerre constante que nous continuons à vivre n’est que les fruits de différentes complicités des gens qui ont le pouvoir et qui sans aucun scrupule veulent seulement continuer à maintenir le statu quo pour exploiter et piller le riche sous sol congolais.
En même temps nous constatons depuis un certain temps des attaques atroces et ignobles contre l’Eglise Catholique, comme si l’action de réconciliation et de promotion d’une culture de paix dont elle-même s’est fait promotrice, semblent être mal vues par une force occulte qui ne fait qu’accroitre la grande peur déjà existante et nous font penser à un complot qui est en train de se planifier dans les hautes sphères de la politique congolaise et de nos pays voisins qui veulent de gré ou de force avoir une mainmise de près ou de loin sur nos régions de l’est.
Après les défenseurs de droits humains, les étudiants et les journalistes, le tour est venu pour cibler maintenant l’Eglise catholique, ceci accroit considérablement notre peur et nous pousse à nous poser plusieurs questions.
Les derniers cas d’assassinats ignobles du prêtre Daniel CIZIMYA à Kabare et de la religieuse moniale Denise KAHAMBU à Murhesa, tous abattus froidement par des hommes armés et en tenue militaire, sont venus renforcer ce climat de terreur et d’insécurité dans lequel notre région se trouve et qui est aggravé depuis qu’elle est sur militarisé avec des milliers d’hommes de troupe, mal encadrés et moins disciplinés, répondant le plus souvent aux ordres des chefs de leurs anciens groupes armés, ces attaques, au-delàs d’une simple attaque contre l’Eglise catholique de Bukavu, sont aussi des attaques contre notre société civile toute entière autre qu’un attaque à l’Eglise et constituent ainsi des échecs et des défis pour toute
la République, dont le peuple vous a élu comme leur garant et responsable. Assumez bien ce rôle, nous vous en prions cher président.
Cher Président de la République, nous ne sommes pas là pour vous donner des leçons, ce n’est pas notre but. Bien au contraire, nous sommes là pour vous dire, en toute franchise et par l’immense amour qui nous lie patriotiquement à cette terre de nos aïeux, qu’il faut impérativement :
- en finir avec toutes les ambigüités que l’Opération Kimia II a produit, laquelle opération est loin d’être un succès, vous en êtes convaincu autant que nous et n’a donné que des fruits néfastes et à procuré davantage aux populations des ultérieures souffrances et violences ;
- en finir, une bonne fois pour toutes, avec toutes ces alliances internes et externes, qui ne font que continuer à remplir des doutes et de perplexités, tout ce que vous avez entrepris pour le bien être et le développement de notre pays ;
- en finir aussi, avec les grands discours mais commencer à œuvrer démocratiquement pour que les Institutions Constitutionnelles nationales puissent bien marcher, chacune jouant son propre rôle, et chacune en communion avec les autres.
- Mettre fin au commandement parallèle qui caractérise actuellement les unités de notre armée en opération au nord et sud Kivu,
- De procéder rapidement au redéploiement de toutes les unités issues des anciens groupes armés, dont celles du CNDP dans d’autres régions de la république, car ils sont sous le drapeau non seulement pour les provinces de l’est mais aussi pour toute la république, ces unités créent la terreur et la désolation, vous en êtes informé.
- De mettre fin à l’impunité qui bat son plein dans notre région et de mettre à la disposition de la justice tous les criminels en vue d’une bonne et véritable réconciliation.
Cher Président de
la République,
Qu’il nous soit enfin permis d’ajouter que cette visite que vous faites à Bukavu à l’approche des festivités de Noel et de Nouvel An, puisse lui apporter pas des simples promesses mais des actes concrets de véritable bonne gouvernance. Bukavu n’a pas besoin de dons, ni d’argent. Bukavu a besoin de justice, de sureté, de sérénité, de paix. On dit toujours qu’il faut mettre les hommes capables à la place qu’il faut.
Voilà excellence Monsieur le Président de la république, en quelques mots, ce qui nous tient au cœur et qu’avons voulu vous le dire en toute vérité
Nous vous remercions d’avoir pris de votre temps pour nous lire.
Bukavu ce 12 décembre 2009.
Pour l’Antenne Libre ASFCO,
Me Jean Chrysostome KIJANA
Président








17 décembre 2009
Au fil des jours