Lors de son dernier séjour en province du sud – Kivu, du samedi 12 au jeudi 16 décembre, le président de la république, Mr Joseph KABILA KABANGE s’est adresser à la population du sud – Kivu au moyen d’une allocution de plus de deux heures qu’il a tenue devant toute la notabilité réunie en la résidence officielle du gouverneur de province à Nyamoma en commune d’IBANDA.
Lors de cette intervention retransmise en direct par toutes chaines de radio et de télévision locales, le numéro un congolais est revenu sur plusieurs points saillants de la vie de la province du sud Kivu. Il notamment revenu sur la situation sécuritaire de la province qui, selon ses dires, est en voie d’amélioration, avant d’appeler toutes les filles et fils du terroir à se souder les coudes pour un retour total de la paix et de la sécurité, car celle –ci est une affaire de tous et non d’un seul individu. Des mesures draconiennes devant être prises pour aboutir à cette fin et cela à partir de ce même jour.
Abordant l’aspect économique et de développement, le chef de l’Etat a annoncé tout un train de mesure pour la relance des activités économique et agricole au sud Kivu, c’est notamment la relance des activités à la cimenterie de KATANA, la remise en état de la sucrerie de KILIBA, etc.
Il a particulièrement stigmatisé le comportement des opérateurs économiques du sud – Kivu qui, contribuent au développement des pays voisins par leurs exportations des minerais bruts vers des pays voisins comme le Ruanda, le Burundi et la Tanzanie pour y être transformées vue de leur transformation et de ces pays ces minerais sont maintenant acheminés vers des pays européens ; d’où il lancé un appel pathétique à la FEC d’implanter en province des industries de transformation des minerais pour le développement de leur province et de toute la république.
Sur le plan des infrastructures, il a annoncé la réhabilitation de la voirie urbaine de la ville de Bukavu, pour une distance de 3Okm, d’autres routes d’intérêt tant national que provincial et aussi celles de desserte agricole ne seront pas épargnés. L’année 2010 un accent particulier sera mis sur d’autres composantes de cinq chantiers, notamment l’eau par le renforcement des capacités de la régideso, l’électricité par la remise en état et le renforcement des turbines des centrales hydro-électrique de la Ruzizi I et II ; la santé et l’éducation seront aussi au rendez – vous.
Sur le plan politique et diplomatique, le président de la république a salué la normalisation des relations entre notre pays et l’ensemble de ses voisins en général et en particulier avec le Ruanda, le Burundi et l’Ouganda. Il s’est appesanti pendant près de trente minutes sur les rumeurs d’une éventuelle balkanisation du pays ou de la cession de la partie orientale de la RDC à certains pays voisins. Il a tenu à rassurer la population du Kivu qu’il en sera question et que même les grandes puissances de ce monde ne seront jamais en mesure d’acheter ne serait ce qu’un seul centimètre du territoire national. Il a rejeté en bloc toutes allégations qui sont selon ses propres dires des discours qui dénotent une certaine immaturité politique de la part de ceux qui le tiennent, a-t-il martelé.
Dans son adresse, in fine, il s’est insurgé contre les mauvaises attitudes qui ruinent de plus en plus la province du sud Kivu, ce grand mal qui gangrène cette province, à savoir le tribalisme. Il a déclaré que ce tribalisme de plus en plus encré dans les mentalités de la population sud kivutienne mette en mal le développement de la province, a-t-il dit en faisant remarquer des fortes clivages tribales, claniques voire collinistes.
Près de 72heures après cette adresse, la population continue à analyser et à commenter ce discours. Pour la bonne partie de la population, le président leur a semblé direct et clair dans ses propos, notamment quant à ce qui est de la vente d’une partie du territoire à certains pays voisins. Une autre franche de la population se dit ne pas satisfait par le discours du chef de l’Etat, notamment par le manque des décisions claires et nettes sur des aspects vitaux de la vie de la province comme l’insécurité et le manque des infrastructures de base nécessaires pour le développement du pays.
Pour leur part, les opérateurs économiques, visés clairement par le président, celui-ci devrait user de ses prérogatives constitutionnelles et peser de tout son poids que certaines facilités leur soient accordées. Pour les opérateurs économiques du sud Kivu, les conditions ne leur sont pas favorables pour qu’ils mènent bien leurs activités, à cause notamment de la multiplicité des taxes, tracasseries douanières et le taux extrêmes élevés des taxes et autres redevances et cela à la différence de toutes les autres provinces, dont le nord Kivu par où ils préfèrent maintenant transiter pour dédouaner leurs marchandises.
L’Antenne Libre ASFCO, qui a suivi avec attention soutenue cette adresse du président de la république, au delà des quelques aspects positifs qu’a évoqué le président de la république, a exprimé aussi quelques inquiétudes et doutes sur la véracité des propos du président de la république qui contrastent en quelques points de la réalité du terrain, c’est notamment quant à ce qui est de la situation sécuritaire en province qui est loin d’être bonne et qui se détériore minute par minute. Les opérations kimya 2 loin d’être un succès, contribuent efficacement à la dégradation de la situation sécuritaire. L population aurait souhaité voir le président de la république prendre des mesures claires et concrètes à ce sujet comme par exemple suspendre momentanément ces opérations en vue de leur bonne préparation et planification et d’ordonner, en sa qualité de commandant suprême des forces armées, le redéploiement rapide et sans conditions de tous les militaires issus de différents groupes armés dont et surtout ceux du CNDP, intégrés dans les fardc dans les conditions les plus floues et ambigües, vers d’autres coins du pays. Pour la population, les éléments engagés dans ces opérations sont dans la plus part de cas auteurs de plusieurs exactions contre elle et bon nombre d’entre ces éléments venus du CNDP sont reconnu bien par la population pour plusieurs crimes qu’ils ont perpétrés dans le temps. Nous obliger à vivre cote à cote et en toute impunité avec nos bourreaux d’hier ne serait pas chose facile. Et ce sont ces mêmes éléments qui, pour règlement de compte ou par haine sont à la base de nombreuses attaques et assassinats enregistrés ces jours, depuis le début de cette opération, en province du Sud-Kivu. La manière avec laquelle se commettent ces attaques et assassinats le prouve en suffisance et est propre à ces gens. L’acharnement contre l’Eglise catholique qui a toujours dénoncé ces crimes et leurs auteurs en dénonçant notamment la présence de certaines troupes étrangères sur notre territoire en est aussi une preuve.
Il nous semble qu’il n’y a jamais de développement sans paix. Comment relancer les activités de la sucrerie de kiliba ou de la cimenterie de katana alors que les éléments armés tant étrangers qu’internes sont sur ces sites si pas aux alentours de ce site ; ce serait donc malhonnête de croire en des telles mesures.
Le tribalisme, ce mal qui gangrène notre société et auquel le chef de l’Etat a fait allusion, met en réellement en mal le développement et le retour de la paix dans la province du sud – Kivu. C’est une véritable honte pour notre province de voir comment les gens sont divisés et opposés les uns contre les autres. Tel est shi, tel autre est rega, celui-ci est bembe, celui –là est fulero ; quand bien meme on se dit shi ou rega, on se range encore les uns contre les autres et on trouve des shi de kabare, de walungu, et meme parmi cela qui se disent de kabare, on se divise encore et on trouve tel qui se dit de murhesa, tel autre de katana, tel autre cirunga ; ceux qui se disent de walungu vous trouve certains qui se disent de kaziba, d’autres de zimbira ; ainsi de suite et c’est la même chose dans toutes les autres communautés, les rega de mwenga, de shabunda, parmi ceux de mwenga vous retrouvez ceux qui se disent de mungombe, d’autres de kamituga, des bashikasa, bashimwenda,…
Ce grand mal qu’antenne libre a toujours dénoncé contribue au non développement de la province. Pour trouver un emploi, il faut être de la tribu du chef si pas de sa propre famille ; pour réussir même dans des universités et autres instituts supérieurs il faut être de la tribu ou de la colline de l’enseignant ; chose grave, ce mal est en train de se propager même dans nos Eglises…les sacrements sont même donné sur base tribale, pour bénéficier de tel ou tel autre don, il faut être de la famille du curé ou du pasteur ; les religieux sont dressés entre eux les uns contre les autres, oubliant leur mission de prôner l’amour, la fraternité, l’unité et la charité. Des pasteurs de la famille du représentant légal, comme on les appelle, sont le plus souvent cela qui sont promis ; même chose même dans l’Eglise Catholique, cette grande Eglise sainte et universelle où il faut être ami ou de la famille si pas de l’obédience de l’évêque soit du vicaire soit encore du supérieur pour bénéficier de certaines promotions et avantages. Quelle honte et contradiction…
Ce mal met en péril toute notre progéniture, la méritocratie cède à la médiocrité sur base des considérations tribales et colinistes. Combien de jeunes gens aux mérites et compétences reconnues sont sans emploi tout simplement parce qu’ils n’ont pas quelqu’un de leurs coins à tel ou tel autre poste de responsabilité. ‘’ j’ai l’honneur…’’ qui est la formule la plus utilisée dans les demandes d’emploi a cédé sa place à ‘’ j’ai mon frère’’ ; conséquences logique les choses ne marchent pas dans presque tous les secteurs, conséquence logique on retrouve des pasteurs et autres prêtres sans aucune morale ni pudeur ; on retrouve des généraux, des colonels incapables d’écrire leur propre nom ; on retrouve des directeurs, de chefs de divisions, des hauts fonctions dans des ONG et entreprises publiques incapables de rédiger un rapport après une mission quelconque…
C’est bien que le président ait pris le courage de le dire ouvertement et en public cette fois-ci, mais alors là où le bas blesse c’est de constater que c’est lui-même qui cautionne ce mal. Pour nous en rendre compte, prenons juste la physionomie de l’équipe dirigeante de la province du sud – Kivu. Selon les accords bien connu de tous, après les élections de 2006, tout au long du mandat de l’AMP, le gouverneur doit être impérativement non seulement shi, mais aussi un shi originaire du territoire de kabare, c’est ainsi qu’on a vu après la débâcle du premier gouvernement, celui de célestin cibalonza, shi de kabare, est venu Louis Léonce Muderwa lui aussi shi de kabare ; le gouverneur devant être secondé absolument par un rega du territoire de mwenga, c’est ainsi qu’on a eu MUMATE pour le premier gouvernement et après celui-ci est venu l’actuel Jean Claude KIBALA ; pendant ce temps, l’autre grande personnalité, le président de l’assemblée provinciale devant impérativement provenir du territoire d’Uvira, c’est ainsi qu’on a l’honorable BALEKE KADUDU comme responsable de l’organe délibérant du sud Kivu, l’agitation qu’a entrainé la motion de défiance de ce dernier et dont un successeur, en la personne du mwami Ndare Simba, avait été déjà présenté par son parti politique confirme nos allégations. Cette tribalisassion des affaires de l’Etat a entrainé beaucoup de dégâts et bloque à fond le développement de la province. Toutes ces personnalités se sont fait entourer de leurs petits frères, grands frères, oncles, cousins, amis et proches, tous ces gens avec dans la plus part de cas, aucun mérite, au lieu d’aider leurs chefs à mieux assumer leur responsabilité s’adonnent à l’intoxication et à la diabolisation, c’est ainsi qu’on assiste à ces jours à des conflits ouverts entre les cabinets de différents ministres, députés et malheur à la province ce climat de conflit et de méfiance, à en croire plusieurs sources crédibles, sévit actuellement au sommet de l’Etat où les deux grandes personnalités de la province, à savoir le gouverneur et son vice gouverneur, les violons ne s’accorderaient plus, ils se regarderaient en rival, chacun voulant se faire passer pour un bon dirigeant au service de la population…La victime en tout ça, ne nous en doutons pas, elle reste toujours la même, c’est la pauvre population qui observe ces scènes honteux et humiliant ; heureusement ce peuple n’est plus dupe comme dans le temps, ce peuple observe et note tout. La démocratie n’est pas la médiocrité, nous semble-t-il. Ce n’est pas au nom de la démocratie que des hommes et femmes notoirement incompétents doivent continuer à nous gouverner. La vraie démocratie c’est mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut.
Nous pensons donc, dans notre mission de dire tout haut la vérité et de dénoncer tous les maux qui gangrènent notre société, qu’il est temps de mettre fin à cette façon de gouverner, il est grand temps de mettre l’homme ou la femme qu’il faut à la place qu’il faut et cela sans chercher à savoir si on est bleu ou blan ou blanc bleu. Nous devons nous apprendre à vivre ensemble comme fils et filles d’une même mère, le CONGO, sans cela nous nous condamnons nous même à notre perdition et nous en répondrons tôt ou tard devant notre progéniture.
Antenne Libre asfco
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19 décembre 2009
Au fil des jours