(CongoForum).
Une fois de plus, aucun sujet ne conquiert vraiment la place de vedette et l’attention des journaux congolais est dispersée entre de multiples sujets. La proximité de la « trêve des confiseurs » pourrit bien y être pour quelque chose. Une seule nouvelle mérite l’attention, en fonction des menaces quelle recèle pour l’avenir : de nouveaux accords pour l’intégration du CNDP dans les mécanismes du pouvoir.
CNDP
C’est dans les colonnes de L’Avenir et du Potentiel que le lecteur apprendra que le CNDP cet ex-groupe rebelle hutu congolais transformé en parti politique va enfin entrer dans l’une des institutions de la République, dans le gouvernement plus précisément.
L’Avenir note à ce propos que le CNDP « est rassuré de sa participation dans le prochain gouvernement », selon une dépêche de Radio Okapi datant d’hier. Cette supputation se fonde sur le contenu d’un calendrier de mise en œuvre des accords signés en son temps entre le gouvernement d’une part, le CNDP d’autre part.
Toutefois, L’Avenir encourage « cette volonté du gouvernement d’intégrer les cadres du CNDP dans la gestion de la chose publique ».
Quant au Potentiel, il se pose la question de savoir s’il « faudrait considérer que les flottements enregistrés sur le plan sécuritaire dans le Kivu ne trouveraient des solutions qu’avec l’intégration du CNDP dans le gouvernement ».
Le Potentiel fait remarquer, à regret, qu’« avec les négociations en cours entre le gouvernement et le CNDP, ex mouvement qui a endeuillé le pays, cherche à se hisser dans la gestion de la vie politique nationale », alors, souligne-t-il, « qu’après les élections organisées en RDC, la voie démocratique seule est acceptée, pour accéder à l’exercice du pouvoir ».
(Le Potentiel, en écrivant cela, met exactement le doigt sur la plaie. Il est très clair que, depuis bientôt une année, l’équipe Kabila s’efforce de trouver la quadrature du cercle : une formule permettant d’intégrer le CNDP dans les mécanismes du pouvoir. « La paix d’abord ! » est un beau slogan, mais il faudrait d’abord qu’il y ait la paix, et l’on est loin du compte, et que le prix soit acceptable. Or, ce prix revient à s’asseoir sur la Transition et ce qu’elle a coûté d’efforts aux Congolais et ouvre la porte à de grands dangers puisqu’il peut se répéter – pourquoi pas un siège au gouvernement pour les insurgés de Dongo ? Comment tenir un discours qui insiste sur la légitimité d’un pouvoir issu des élections et parle de ne pas tolérer l’impunité et d’autre part intégrer au gouvernement des composantes non élues et qui ne tirent leur poids que de l’appui de la menace rwandaise et protéger Bosco Ntaganda contre les plus hautes instances internationales ?
Il semble que JK – dans l‘entourage duquel les plus bas flagorneurs doivent pousser comme des champignons : cela fait partie de la nature humaine, même si ce n’en est pas le beau côté – se fasse des illusions. Les Congolais sont attachés beaucoup plus attachés au processus d’accès pacifique et légale au pouvoir par les élections, qu’à sa personne ou à sa politique. S’il se met en position de ne plus être soutenu que par les gens qui admireraient vraiment les brillants ésultats des 5 chantiers, il ne va plus rester rand monde ! NdlR)
Divers
L’Avenir monte en épingle la formidable montée en puissance du Groupe Forrest dans le capital de la Banque commerciale du Congo (BCDC) dont il devient l’actionnaire majoritaire avec 55,66% de parts d’actions. Le journal fait remarquer cependant qu’en dépit de cet avantage, Forrest et sa famille ne siègeront pas au Conseil d’administration de cette banque, et que des administrateurs choisis pour leur expérience dans le domaine de la gestion des banques représenteront les intérêts de la famille Forrest. (Cette information revient à dire que le chroniqueur de service a remarqué que nous sommes au XXI° siècle et plus au XIX°. Il y a belle lurette que les familles, même richissimes, n’exercent plus leurs activités financières que derrière le paravent de groupes anonymes NdlR)
L’Avenir indique par ailleurs que la gestion de la banque se fera comme dans le passé, c’est-à-dire dans la large autonomie par rapport au Groupe Forrest.
La grosse manchette du Potentiel porte sur le prix du cuivre, qui connaît aujourd’hui une belle embellie sur le marché des métaux, parce qu’il se vend, indique-t-il autour de 7.000 Usd la tonne sur le London Metal Exchange. Le Potentiel doute qu’« à l’échelle nationale, la RDC tire profit de ce retournement des tendances ». Pour ce quotidien, la raison est bien simple : la production se trouve encore au point mort, plombé par un processus mal négocié de revisitation des contrats et conventions minières.
Le Palmarès annonce pour mi-janvier prochain la tenue du congrès du Mlc. Ce congrès se tiendra à Bruxelles. L’annonce en a été faite par Ferdinand Lutete, vice-président de la section France du Mlc. Pour ce quotidien, « Le Mlc n’est plus ce grand parti a porté à un moment donné les rêves et les espoirs de 42% des Congolais. Il faut donc le redynamiser », d’autant plus que, constate ce journal, « l’absence de Bemba a provoqué un climat d’indiscipline, de rivalités et de querelles intestines ».
L’actualité en vue à la une de La Référence+ est constituée de ce retournement de situations qui se constate à Lubumbashi où, écrit ce journal, « Transfigura Belher nargue la justice congolaise ». Selon ce journal, « Cette affaire qui fait grand bruit au Katanga oppose deux sociétés étrangères opérant dans le secteur des importations des produits pétroliers à une Ong congolaise de lutte contre la corruption, le Réseau de lutte contre la corruption et la fraude (Relcolf) ». La justice a été saisie d’une plainte émanant de Relcolf, qui accuse SPK et CF Congo, deux sociétés écrans de la société Transfigura Beher Bv impliquées dans le dépôt des déchets toxiques en Côte d’Ivoire, de commerce frauduleux des produits pétroliers dans le Katanga. Mais ce quotidien s’étonne de ce que « mécontents de la fermeture de leurs entrepôts, et comme pour défier la justice congolaise, les responsables de ces sociétés ont fait casser les scellés de leurs bureaux ». Ce journal se demande si l’opération « Tolérance Zéro » a encore un sens lorsqu’une telle race d’opérateurs économiques peut trouver des appuis parmi nos dirigeants. (Excellente question ! NdlR)
© CongoForum, le mercredi 23 décembre 2009








23 décembre 2009
Actualités