« Chère » MONUC : réflexions en forme de bilan sur un départ annoncé

27 décembre 2009

Au fil des jours

(Guy De Boeck – congoforum.be)

La MONUC devrait partir. Enfin, elle partira… Elle part… ou elle devrait… elle ne prolongera plus sa présence par tranches d’un an mais, désormais, de six mois. En tous cas, elle devrait avoir disparu pour… 2015 environ. Acceptons-en l’augure…

Quand on se met à parler de « fin », la question du bilan se pose toujours. Quel peut-il être ?

Superproduction

Bien que basée à New York, l’ONU aime à parler de la MONUC en termes « hollywoodiens », tendance Cecil B. De Mille : « The biggest … ever made ». S’il y a une chose qu’on ne peut ignorer, c’est que l’opération « Congo » a été la plus grande et la plus chère jamais montée par les Nations Unies. Malheureusement, tout comme pour les films, le nombre de millions de dollars engloutis ne garantit pas la qualité du produit. On peut, au bout du compte et avec un budget pharaonique, n’obtenir qu’un navet.

Il faut en tous cas remarquer d’emblée que l’on a parlé de la MONUC avant tout pour ses aspects militaires, de ce que les « casques bleus » faisaient ou ne faisaient pas. Et puisqu’on remarque mieux les soldats quand ils utilisent leur bruyant matériel dans une zone en guerre que lorsqu’ils font sentinelle ou patrouillent paisiblement, les appréciations à ce sujet ont surtout concerné les zones troublées de l’Est.

Or, non seulement la mission de la MONUC était beaucoup plus  vaste et multiforme que ce simple aspect militaire, mais il n’est pas du tout sûr que ce soit dans ce domaine qu’elle ait donné les résultats les plus importants et les plus durables. Au contraire, même, car militairement la mission a été loin de réussir. Nous aurons à y revenir…

Une initiative comme la création de Radio Okapi, par exemple,  a apporté un changement considérable en RDC. Et pourtant, on pouvait craindre le pire !

Il s’agissait, en effet, de « parachuter » au Congo un réseau radiophonique complet, doté de moyens et d’un budget se chiffrant par dizaines de millions de dollars. On pouvait craindre que ce soit un « mammouth » ou un « éléphant blanc ». Ce ne fut pas le cas.

Est-ce parce que le gigantisme apparent du budget n’était lié qu’à celui du pays ? Parce que les organisations parties prenantes de sa réalisation technique étaient particulièrement compétentes et motivées ? Parce que les Congolais se sentaient depuis longtemps en manque d’une radio de meilleure qualité et que le personnel national s’est approprié le projet ? Laissons aux spécialistes le soin d’en décider.

Ce qui compte, c’est que la RDC s’est trouvé dotée d’un réseau radiophonique réellement en état de fonctionner, couvrant tout le pays et ayant des stations locales dans presque tous les centres importants de province. De plus, on ne transmit pas seulement le matériel de la profession de journaliste, mais aussi sa déontologie. Et, sans faire de plaisanterie sinistre, on peut dire qu’il y a une preuve flagrante de la qualité du travail de Radio Okapi : le nombre de ses journalistes qui ont été menacés, molestés ou assassinés.

Et à ce propos, précisément, on peut s’interroger. Qu’adviendra-t-il de Radio Okapi avec le départ de la MONUC ? Il est manifeste que, pour le gouvernement congolais, la campagne électorale 2011 a déjà commencé. On sait, d’autre part, que l’un des aspects de l’insistance congolaise pou une importante participation belge au cinquantenaire de 2010 est l’aide belge pur la restauration de RTNC comme réseau national de diffusion TV et radio. Cela revient à dire que RTNC remplirait donc enfin sa tâche, à laquelle Radi Okapi n’a fait que suppléer. Tout cela est fort bien quant à l’exercice, par la RDC, de ses prérogatives souveraines, mais…

On peut se demander aussi si le départ de la MONUC ne va pas servir de prétexte à une opération « reprise en main » qui viserait à éliminer ce qu’Okapi avait de « déplaisant » : l’objectivité, le pluralisme et la liberté de langage.

La Mission Impossible des « casques bleus »

Dans le domaine militaire, il serait insuffisant de dire qu’on a frisé le surréalisme et le ridicule. On ne les a pas frisés, on y est rentré de plain-pied ! Ce serait même comique, si en agissant ainsi, on ne mettait pas en jeu la vie des gens, leur intégrité physique et tout ce qu’ils possèdent (et c’est hélas bien peu !).

Les militaires de la MONUC ont fait l’objet de deux séries distinctes de critiques.

Au niveau des hommes de troupe, on a parlé de contingents de piètre qualité (la RDC a entre autres refusé de recevoir un nouveau contingent indien) et évoqué toute une série de comportements individuels inacceptables : trafic d’or, détournement de filles mineures livrées ensuite à la prostitution etc…

Au niveau du commandement, on a évoqué les restrictions du mandat de la MONUC, reproché à son état-major d’en faire une interprétation trop restrictive, ou de ne pas user des possibilités offertes par l’article 7… Il y a plus grave : le passage du général Garcia – cet officier espagnol qui arriva au Congo pour prendre la tête des troupes de l’ONU et démissionna immédiatement devant ce qu’il vit – a laissé soupçonner qu’il y avait inadéquation entre les troupes et la mission censée être la leur et que certains contingents recevaient de leur gouvernement national des instructions qui n’étaient pas toujours « en phase » avec celles des officiers censés les commander. Et ne mentionnons que pour mémoire le cas de ce colonel indien qui s’avéra, dans son discours d’adieu, un ferme partisan de Nkunda. Il est quand même difficile d’appeler cela autrement que « haute trahison ».

Mais tout cela, qui est tout de même de nature à soulever le doute sur une possible efficacité militaire de la MONUC, n’est encore rien à côté de la constatation que le MONUC s’est vu confier une mission impossible, de sorte qu’on peut se demander si l’on  jamais eu l’intention de voir ce troupes arriver à quelque chose et faire preuve d’une efficacité quelconque.

En effet, la mission militaire de la MONUC est définie, d’entrée de jeu, comme une mission de maintien de la paix (peace keeping) et non de pacification (peace making), autrement dit de « gardiens de la paix » dans une zone encore en guerre. Cela revient à envoyer un agent de police régler la circulation dans le Chicago de la Prohibition en ne lui fournissant qu’un bâton blanc, alors que tous les véhicules qui circuleront autour de lui seront chargés à ras bord de gangsters en train de se mitrailler les uns les autres !

La diplomatie  veut qu’on admette une certaine dose de naïveté et de mauvaise foi. Il était donc diplomatiquement admissible de feindre croire naïvement que la signature d’accords dans le cadre d’un « dialogue intercongolais » allait amener un cessez-le-feu général et durable sur tous les fronts. Il était encore diplomatiquement admissible de feindre croire que l’on avait affaire à une guerre civile entre différents mouvements « rebelles » congolais et ignorer superbement la présence de troupes étrangères, spécialement rwandaises… Mais il ne l’était pas du tout de faire de telles illusion la base d’opérations militaires, car au rebours des diplomates qui pérorent loin du front, les soldats, eux, sont sur le terrain et y risquent leur peau.

On pourrait certes penser que les troupes une fois sur place en mission de maintien de la paix, il serait toujours possible que leur mission évolue, par une sorte d’« escalade » progressive, vers une pacification qui, peut-être ne dirait pas son nom…  Mais la réalité est bien différente !

Voici ce que l’on pouvait lire le 26.11.09  dans le journal britannique The Guardian :

«  En 1995; après le génocide rwandais, les leaders occidentaux envisageaient des plans d’intervention armée dans la région des Grands Lacs pour supprimer ceux des extrémistes Hutu qui avaient fui de l’autre côté de la frontière de la RDC. Je demandai alors à un officier d’état-major britannique  combien d’homme il faudrait pour cela. Sa réponse fut « environ un demi-million ». 
«  Il avait étudié le paysage de cette région, grande comme la Fran, avec d’épaisses forêts et de hautes montages, sans routes ou moyens de communication dignes de ce nom, avec seulement quelques pistes d’atterrissage et dont on ne savait même pas précisément combien de gens y vivaient et qui ils étaient. C’est le paradis de la guérilla, quelques milliers de combattants n’ayant rien à perdre peuvent le parcourir sans qu’on puisse les en empêcher, vivant sur le pays, et recrutant sur leur passage »[1]

Certes, les 500.000 hommes de l’officier britannique sont une estimation et doivent être considérés comme tels. Encore convient-il de noter aussi que ce chiffre est basé sur l’hypothèse d’une opération de l’armée anglaise ou d’armées européennes, donc sur l’utilisation d’armes et d’équipements nettement supérieurs à ce dont peuvent disposer les armées africaines. Ce qui frappe, c’est moins le chiffre lui-même que la disproportion entre les chiffres. Entre The Guardian et les effectifs de la MONUC c’est peu de dire qu’il y a une différence ! Elle est telle qu’on est carrément dans des ordres de grandeur différents.

Dès lors que l’on considère ces chiffres, les effets de musculation de l’ONU avec sa « biggest mission ever » tombent singulièrement à plat ! Les effectifs de la « superproduction » se montent à environ 20.000 personnes, pari lesquels il y a à peu près 15.000 Casques bleus. Mais c’est un chiffre global à l’échelle du Congo. Ils ne sont que 3.000 dans les zones troublées de l’Est et encore ! 2500 environ d’entre eux, seulement, seraient réellement opérationnels. 2.500 là où il en faudrait 250.000 ou plus C’est tellement loin de ce qui serait réellement nécessaire, que cela équivaut pratiquement à « zéro ».

S’il est manifeste pour un expert militaire, à la vue d’une carte des Kivu, qu’en prendre le contrôle exige la mise en œuvre de moyens se chiffrant, au niveau de l’effectif, par centaines de milles, il devient évident que les effectifs, tant de la MONUC que des FARDC, ont toujours été inadéquats et qu’il n’y a jamais eu de tentative sérieuse pour ramener la paix dans les Kivu.

« L’Opération a parfaitement réussi… »

Peut-être vous est-il arrivé de perdre un ami ou un parent alors qu’il était hospitalisé pour une opération. Vous aurez remarqué dans ce cas-là que même si le malade entré vivant dans la salle d’opération, en sort les pieds devant à l’état de cadavre, l’opération a toujours réussi. Le patient  a invariablement succombé à des complications imprévues. Pour un peu, les chirurgiens se plaindraient de la mauvaise volonté des patients qui, malgré des opérations réussies, s’obstinent à tourner de l’œil rien que pour contrarier le bon docteur…

Bien que pratiquant une chirurgie de nature plus politique, l’ONU semble appartenir à cette même école. Une opération des Nations Unies ne saurait que réussir ! Avoir un plan et s’y tenir peut être parfois une bonne attitude. Encore faut-il que la fidélité au plan ne soit pas poussée jusqu’au point où l’on néglige la réalité pour ne plus voir que le plan.

Toujours à l’instar des chirurgiens, l’Onu  s’en tiendra strictement au protocole prévu pour l’opération. Bien sûr, si le patient manifeste quelques symptômes un peu trop critiques, on aura sous la main quelques seringues toutes prêtes de préparations revigorantes pour lui redonner du tonus. De petits aménagements sont possibles. Mais, ce que les chirurgiens font parfois, et que l’ONU ne fait jamais, c’est renoncer à opérer, même devant les symptômes les plus inquiétants. Chaque fois que le plan prévu l’exigera, on passera d’une étape  accomplie « à peu près » à l’étape suivante, négligeant le fait qu’à entasser ainsi « à peu près » sur « à peu près », on ne saurait obtenir finalement qu’une colonne branlante. On pourrait dire, au choix, que les opérations menées au Congo semblent avoir été conçues pour un autre pays ou que, en tous cas, si elles ont été conçues pour le Congo, elles l’ont été pour des situations très différentes de la réalité. Non seulement, on s’est obstiné à opérer le malade, mais le chirurgien s’y est mis à jouer du bistouri en ne regardant son patient que dans un miroir déformant. 

Dès le départ, et c’est sans doute le plus grave, parce que c’est le point sur lequel tout le reste de l’édifice repose, on a refuse de voir, d’apprécier et d’évaluer  la situation dans laquelle le Congo se trouvait depuis 1998, à savoir une situation de guerre. Et nous parlons bien d’une guerre entre nations : certains voisins du Congo, utilisant comme troupes auxiliaires un certain nombre de Congolais maquillés en « rebelles », l’agressaient. Intervenir, dès lors, signifiait une guerre, c’est-à-dire une opération d’une envergure telle, que le budget de « la plus grande opération des Nations Unies » aurait paru simple broutille. Les moyens auraient dû dépasser  ceux des opérations d’Iraq ou d’Afghanistan.

Au leu de cela, on mit en place une première brique boiteuse en équilibre instable en proclamant que ce que l’on voyait n’était pas la situation réelle. La RDC était en proie à une guerre civile entre Congolais. Un dialogue intercongolais suffirait donc à faire cesser les hostilités. Les Congolais ayant eux-mêmes conclu un cessez-le-feu, la mission militaire de l’ONU n’aurait pas à assurer un « peace making » mais seulement un « peace keeping » et pourrait donc avoir un effectif faible.

Si l’on compare la réalité avec la fiction, cela revient à dire qu’en 1940, la police de la route aurait dû suffire, à elle seule, pour empêcher Hitler d’envahir la Belgique !

Néanmoins, du simple fait de l’étendue du Congo, la force requise pou mettre n place partout des unités réduites qui ne pourraient être que ridiculement impuissantes devant tout problème sérieux, requit un budget record qui permit un gigantesque tamtam médiatique au sujet de la « plus grande mission des Nations Unies ». Grande, oui mais, on l’a vu, en fait au moins 100 fois trop faible.

Surréalisme branlant

L’Onu et la Communauté Internationale  poursuivirent la construction d’un édifice bizarre relevant d’une esthétique spécial que l’on pourrait qualifier de « surréalisme branlant ».

Le pays était en ruine, et les besoins étaient tels que n’importe quel gouvernement aurait pu s’attaquer aux reconstructions les plus urgentes. Mais on mit en place le fameux 1+4 où toutes les compétences étaient dosées de manière à se bloquer les unes les autres, de manière à assurer un minimum d’efficacité pour un gaspillage maximum de moyens.

Il n’y avait plus eu de recensement réel et sérieux de la population depuis plus de vingt ans alors qu’on devait organiser des élections, et le moment était donc propice pou recenser et mettre en place non seulement des registres électoraux mais l’ensemble des registres de la population, en un mot de remettre sur pieds le Ministère de l’Intérieur. On s’empressa de bricoler les listes de la CEI.

Le pays avait une grande soif de démocratie. On s’assura donc qu’il ne pourrait accéder à une démocratie réelle et complète (c’est à dire englobant le contrôle populaire de l’économie), en multipliant les chausse-trappes qui réservaient l’accès au pouvoir aux seuls représentants de la bourgeoisie.

On pourrait continue pendant fort longtemps cette liste qui est déjà longue… Cependant, ce n’est pas là le pire !

Les hommes sont faillibles et toutes leurs œuvres sont entachées de défauts grands ou menus. Donc, attendre d’avoir atteint la perfection pour avancer n’aurait d’autre sens que de prôner l’immobilisme. Il faut bien tolérer de légères imperfections, encaisser des retards, admettre l’approximatif, se tirer d’affaire avec  de l’imparfait. C’est la sagesse même ! Toutefois, dans l’usage même que l’on fait de cette sagesse, il convient aussi d’user de modération. Et c’est ce que n’ont pas fait  les chirurgiens chargés de rapetasser le « malade R.D.Congo ».

Ici, la fidélité au plan prévu a été poussé jusqu’à la caricature. Ce que le chirurgien ONU ne fait jamais, c’est renoncer à opérer, même devant les symptômes les plus inquiétants. Chaque fois que le plan prévu l’exigera, on passera d’une étape  accomplie « à peu près » à l’étape suivante, négligeant le fait qu’à entasser ainsi « à peu près » sur « à peu près », on ne saurait obtenir finalement qu’une colonne branlante. On s’est obstiné à charcuter le malade, et le docteur s’est même mis à jouer du bistouri en regardant son patient dans un miroir déformant. Et à chaque fois qu’on avait greffé un machin foireux au bout d’un autre pas trop juste, on invitait le public extasié à applaudir le miracle !

Au bout du compte, le patient rapetassé avait deux pieds, mais de deux pointures différentes, un œil regardant Rome et l’autre louchant sur Vladivostok, il ressemblait à Boris Karloff dans « Frankenstein » et l’on proclama néanmoins que c’était un Apollon !

Et voilà comment le processus cafouilleux, opaque et confus de la Transition devint des « élections libres, transparentes et démocratiques » suivi de la « mise en place d’institutions légalement et démocratiquement élues »

La dernière chance ?

Ayant délibérément adopté, forcés que nous étions de résumer et condenser au maximum des événements nombreux et chaotiques, le ton de la caricature et de l’humour. Et l’on pourrait donc avoir l’impression que ceci est une sorte d « papier pour le 1° avril », écrit avec le propos délibéré de faire passer les Nations Unies, et singulièrement la MONUC, pour une bande de parfaits loufoques en proie à un accès collectif de folie douce. Il n’en est rien.

Lorsque des gens supposés sains d’esprit, adultes et responsables se mettent collectivement à agir de façon absurde, on est bien obligé de se dire qu’ils ont une raison.

C’est que les opérations internationales, comme celles de la chirurgie, sont parfois des « opérations de la dernière chance ». Les Nations Unies sont, en matière de politique internationale, le denier recours au-delà duquel il n’y a plus rien.
Mais, précisément, l’organisation internationale peine de plus en plus à remplir ce rôle de suprême recours.
Le sommet de Copenhague sur le climat a constitué un échec retentissant de l’ONU et prouvé l’incapacité des dirigeants de la planète à se mettre d’accord sur un projet commun essentiel à la survie de l’humanité.

A propos de Copenhague, la feuille conservatrice allemande Bild am Sonntag estimait qu’ »un forum comme le G20 serait plus approprié pour prendre des décisions sur la protection climatique« , comme pour la crise financière. Il faut surtout, donc, éviter la dispersion du pouvoir, qui doit rester concentré aux mains de ceux qui savent s’en servir : les riches qui ont précisément démontré dans la crise financière leur totale incapacité à prendre en compte n’importe quel autre intérêt que le profit. Or, pendant que le sommet de Copenhague sombrait dans le ridicule sur fond de matraquage de tous ceux qui s’essayaient à contester le point de vue  que l’on devrait désormais appeler plutôt « dominateur » que « dominant » car il représente seulement le point de vue de quelques banquiers, mais possesseurs de la majorité de l’argent du monde, la MONUC elle aussi se voyait remise en cause.

Dans l’un et l’autre cas, on assiste à la fin d’un effort symbolique et théâtral des riches pour avoir l’air de faire quelque chose. En ce qui concerne le climat, il est superflu d’énumérer encore une fois le refus américain d’adhérer à quoi que ce soit, y compris le protocole de Kyoto dont on est en train de faire une montagne alors qu’il était déjà insuffisant, la duplicité européenne  pour transformer les mesures « d’environnement «  en opportunités d’affaires ou de spéculation, etc… Quant à la MONUC, au moins quant à son aspect militaire, il suffit de se reporter aux chiffres mentionnés plus haut. Quand une force est plus de cent fois inférieure à l’effectif qu’elle devrait avoir pour une mission que d’ailleurs on ne lui donne pas, puisque la MONUC avait pour tâche surréaliste de « maintenir » une paix qui n’avait jamais été établie, il ne faut s’étonner ni de son inefficacité, ni de lui voir adopter comme seule fonction celle de « compter les cadavres », ni même de se démoraliser, avec toutes les conséquences que cela implique quant au comportement de ses soldats. Mais il est tout aussi clair que  cette mission n’a jamais été qu’un trompe-l’œil, personne ne s’attendant à lui voir réussir l’impossible, ni n’étant disposé à y engager ni ses soldats, ni son argent.  

Le emps des charognards est venu…  


[1] In 1995, after the Rwandan genocide, western leaders discussed plans for an armed force for
Africa’s Great Lakes region to suppress the remnant of the extremist Hutu movement that had fled across the border into the Democratic Republic of the Congo. I asked a British military planner how many men it might need. About half a million was his reply.
He had studied the vast landscape, the size of France; thick forest, huge mountains, no roads or boundaries, only a few airstrips and little idea of how many people lived there or who they were. It is perfect guerrilla country; a few thousand fighters with nothing to lose can move unimpeded throughout the area, living off the land and recruiting as they go.
The Guardian, 26.11.09.

Ces considérations concernent l’élimination des maquis Hutu, donc une sorte de “Kimya 2 avant la lettre” alors que la MONUC s’est trouvée, à son arrivée, devant des groupes plus divers. Mais l’officier anglais émettait ses estimations avant tout sur deux critères : la nature du terrain et la connaissance qu’en ont les maquisards. Ces deux faits s’appliquent tout aussi bien à d’autres groupes opérant sur le même terrain !

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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