par Jean-Claude Willame – Professeur émérite UCL – Chaire d’Etudes Africaines – Membre de l’équipe de coordination Afrique Centrale -Amnesty International-Belgique Francophone – Mobile : +32.(0)475.20.01.23
RESUME : En RDC, la nouvelle de la semaine a été l’annonce du lancement de l’opération « Amani leo » en lieu et place de Kimia 2 qui, si l’on en croit le porte-parole des FARDC, aurait atteint ses objectifs, contrairement à ce qu’affirme la société civile du Nord Kivu (RDC_6) (RDC_7). La nouvelle opération viserait à lancer des actions pointues contre les FDLR avec l’appui de
la MONUC (qui n’a pas confirmé cet appui) laquelle a annoncé l’organisation de patrouilles de grande envergure dans les provinces du Kivu, de l’Equateur et de
la Province Orientale (RDC_1). Par ailleurs, le gouvernement congolais conserve des sentiments mitigés par rapport à la dernière résolution du Conseil de Sécurité, notamment sur ce qui y est affirmé sur le plan de la préparation des prochaines élections et sur le désarmement et la démobilisation des bandes armées (RDC_2).
Sur le terrain, le bilan des attaques contre les « déserteurs » du CNDP de la mi-décembre serait fixé à 18 civils tués (RDC_3), tandis que la situation humanitaire des déplacés du Nord Kivu en Ituri serait difficile (RDC_5). Par ailleurs, cette semaine, la localité de Nyabiondo à 100 km. de Goma aurait été vidée de ses habitants suite à des tirs des soldats qui n’auraient pas perçu leur solde (RDC_4). En Province Orientale, six rebelles de
la LRA, arrêtés par les FARDC à Dungu, ont été présentés à la presse à Kisangani (RDC_8). Enfin, en ce qui concerne les troubles de l’Equateur, des affrontements entre FARDC et insurgés Enyele ont fait plus de 150 morts cette semaine (RDC_10_1). Le ministre des communications a fait savoir qu’aucun pays frontalier n’a été impliqué dans ces affrontements (RDC_10) qui a fait plus de 270 tués entre fin octobre et la mi-décembre (RDC_9).
Sur le plan politique, trois projets de loi portant sur la constitution, l’organisation territoriale et le fonctionnement des nouvelles provinces ont été déclarés recevables par l’Assemblée nationale (RDC_13). Par ailleurs, dans son message de nouvel an, le président de
la République a promis que l’année qui vient marquerait l’accélération de la « modernisation » en RDC ainsi que des réformes structurelles et institutionnelles dans tous les domaines (RDC_15). On signalera également que la composition de la nouvelle équipe du gouvernement provincial de l’Equateur a été rendue publique (RDC_14) et que le parti d’Etienne Tshisekedi, qui conteste la nouvelle loi créant
la CENI (RDC_12), se mobilise autour du slogan « Réveillez-vous » (RDC_11).
Dans le domaine économique et financier, le gouverneur de
la Banque centrale a déclaré que l’année 2010 s’annonce comme meilleure que l’année 2009 (RDC_17). Par ailleurs, au Katanga, toutes les entreprises minières devront consacrer 500 ha de leurs concessions en champs de maïs d’ici la mi-janvier 2010 (RDC_16).
En matière de coopération internationale,
la Belgique et
la RDC ont signé un nouveau programme indicatif de coopération portant sur un montant de 280 millions d’euros : ce programme sera évalué à mi-parcours notamment en termes de « bonne gouvernance » (RDC_18).
Dans le domaine des relations extérieures, le ministre belge de
la Défense a une fois encore démenti que des troupes belges seraient envoyées en Equateur (RDC_19).
Au Burundi, le marché central de Bujumbura a une nouvelle fois fait l’objet d’une attaque à la grenade (BUR_1). Dans le domaine politique, le parti d’opposition PARENA a désigné l’ancien président Bagaza comme candidat à l’élection présidentielle (BUR_2). Par ailleurs, la principale organisation de la lutte contre la corruption dans le pays, OLUCOME, fait état de malversations dans la gestion de certains fonds affectés à la présidence (BUR_3).
En ce qui concerne l’Ouganda, un des principaux chefs de
la LRA a été arrêté par l’armée ougandaise en République centrafricaine (OUG_1). Sur le plan politique, le parti au pouvoir a désigné l’actuel président de
la République comme candidat à l’élection de 2011 (OUG_2).
BURUNDI
Armée, Sécurité…
(BUR_1) AFP – 27/12
Deux personnes ont été tuées et une dizaine blessées dimanche dans l’explosion d’une grenade en plein marché central de Bujumbura, a-t-on appris de sources concordantes.
D’après les premiers éléments de l’enquête, un inconnu aurait laissé quelques instants un paquet sous la garde d’un commerçant. Une grenade, dissimulée à l’intérieur du paquet, a explosé juste après son départ, a expliqué à l’AFP une source policière sur place. « On a n’a pas encore de suspect et on ne connaît pas les raisons d’un tel crime », a reconnu un responsable administratif de Bujumbura.
Les attaques à la grenade sont très fréquentes au Burundi. Ces engins sont souvent utilisés pour régler des querelles familiales, foncières ou de voisinages. En 2008, sur 616 personnes tuées dans le pays dans des actes de violences, 133 l’ont été par des grenades, selon la principale ligue burundaise des droits de l’Homme, Iteka.L’Observatoire du programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a comptabilisé plus de 300 attaques à la grenade en 2008 dans le pays.
Vie politique…
(BUR_2) AFP – 28/12
Le Parti pour le redressement national (Parena, opposition) a désigné dimanche son leader, l’ancien président Jean-Baptiste Bagaza comme son candidat à l’élection présidentielle prévue en 2010 au Burundi, a constaté le correspondant de l’AFP. M. Bagaza a été élu par quelques 250 délégués et par acclamation lors d’un congrès extraordinaire de son parti à Bujumbura.
Issu de la minorité tutsie, le colonel Jean-Baptiste Bagaza, 63 ans, était arrivé à la tête du pays à la faveur d’un coup d’Etat militaire en 1976. Il a dirigé le Burundi jusqu’à son renversement en 1987.
« Vous venez de me choisir comme candidat du Parena à l’élection présidentielle de 2010, c’est une lourde responsabilité que j’accepte et je vais présenter aux électeurs mon bilan, c’est-à-dire la paix et le développement », a déclaré M. Bagaza dans un discours à ses partisans.
« Le président Bagaza a une chance réelle de remporter la présidentielle grâce notamment au bilan de sa présidence, et aussi parce que les Burundais, qui sont aujourd’hui dirigés par un pouvoir hutu, ont constaté que cela ne les a avancé en rien puisque ce pouvoir n’hésite pas à tuer des Hutus », a affirmé à l’AFP le porte-parole du Parena, Raphaël Manirakiza. « L’intérêt de la population est de choisir un bon programme politique, et c’est nous qui l’avons », a assuré M. Manirakiza. Le Parena, formation majoritairement tutsi, avait obtenu 1,8% des voix aux législatives de 2005.
La candidature de M. Bagaza intervient après celle de l’ex-président de la transition, Domitien Ndayizeye, candidat du principal parti d’opposition, le Front pour la démocratie au Burundi (Frodebu), et d’Agathon Rwasa, le leader de l’ex-rébellion hutu des Forces nationales de libération (FNL). MM. Rwasa et Ndayizeye, tous deux issus de l’ethnie hutu (85% de la population), seront sans aucun doute les principaux adversaires du président sortant, Pierre Nkurunziza, lui aussi ancien chef rebelle hutu, qui ne s’est cependant pas encore déclaré.
(BUR_3) AFP – 28/12
La principale organisation de lutte contre la corruption au Burundi a dénoncé aujourd’hui des cas de « malversations » présumées dans la gestion de certains fonds affectés à la présidence, appelant le Parlement à ne pas voter en l’état le budget 2010.
Gabriel Rufyiri, président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (Olucome), a cité en exemple la ligne budgétaire de la présidence intitulée « Appui aux bonnes initiatives » et dotée de 2 milliards de Fbu (environ 1,6 million USD) destinés à l’achat de tôles pour construire des écoles et d’arbres fruitiers.
« D’après une enquête de l’Olucome, une partie de ces tôles ont été utilisées pour construire des maisons particulières et pour construire des permanences du parti Cndd-FDD (au pouvoir) », a accusé M. Rufyiri au cours d’une conférence de presse à Bujumbura. « Pour l’achat des plants fruitiers, la présidence s’approvisionne auprès de membres du parti au pouvoir, à des prix trois fois supérieurs aux prix réels du marché », a-t-il ajouté.
Cette enveloppe de 2 milliards de Fbu est allouée à la présidence depuis trois ans. Selon l’opposition, elle sert au président burundais Pierre Nkurunziza à mener « une campagne permanente ». De même, l’Olucome a dénoncé le montant alloué dans le projet de budget 2010 au parc automobile de la présidence, environ 300.000 dollars: « d’après nos calculs (cela) signifie que chaque voiture (…) consomme 118 litres d’essence par jour », a-t-il poursuivi, jugeant « impossible un tel niveau de consommation ». « Tous ces fonds sont gérés de manière opaque, en dehors de toute norme comptable de l’Etat burundais et il s’agit de malversations tout simplement », a affirmé Gabriel Rufyiri.
« Nous appelons l’Assemblée nationale qui étudie la loi de finances 2010 en ce moment (lundi) et le Sénat qui va le faire bientôt, à ne pas voter ce budget tel qu’il est conçu actuellement parce qu’il profite à une poignée de gens au détriment d’une population de plus en plus misérable », a-t-il martelé.
OUGANDA
Sécurité, Armée…
(OUG_1) AFP – 2/1
L’un des plus hauts commandants de la rébellion ougandaise de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) a été tué vendredi dans le sud-est de
la Centrafrique par l’armée ougandaise, a affirmé samedi le porte-parole de l’armée à Kampala.
« Bok Abudema a été tué au nord de Djema (sud-est de
la Centrafrique) vendredi », a déclaré à l’AFP le lieutenant-colonel Felix Kulayigye. « C’est le cadeau de nouvel an à l’Ouganda. Il était un commandant notoire (de
la LRA) mais sa vie vient de prendre fin », a ajouté le porte-parole.
Selon M. Kulayigye, Bok Abudema a été la seule victime de l’attaque menée vendredi par l’armée ougandaise qui a recueilli deux femmes qui se trouvaient avec lui. Ces informations n’ont pas été confirmées de source indépendante.
Vie politique…
(OUG_2) Reuters – 29/12
The leadership of
Uganda’s ruling party has endorsed President Yoweri Museveni as its candidate for the next presidential election in 2011, a senior party official said on Tuesday. Museveni, believed to be aged about 65, has ruled the former British colony since he seized power in 1986, ending the country’s darkest days under Idi Amin and Milton Obote.
Daudi Migereko, parliamentary chief whip of the National Resistance Movement (NRM), said a meeting of the party’s Central Executive Committee (CEC) had agreed unanimously « that the leadership of President Yoweri Museveni should continue beyond 2011″. « CEC’s position, though, will have to be presented to the national delegates’ conference which is the organ that chooses our candidate, » he told Reuters.
Museveni has not said publicly whether he will offer to be the party’s candidate in 2011. Most observers say he is likely to stand for election to a fourth term and will probably win. The former rebel has won praise for his management of the economy but has attracted criticism from human rights groups for corruption and cracking down on the opposition.
Although the NRM’s presidential candidate is officially picked by the national delegates’ conference, expected to take place in mid-2010, the CEC has overarching influence and often determines who stands on the party’s ticket.
In 2005, Museveni’s government amended
Uganda’s 1995 constitution, scrapping a two-term limit on the presidency and allowing him to stand for re-election until he is 75. If he runs, Museveni is likely to face off against his strongest opponent, Kiiza Besigye of the Forum for Democratic Change party, whom he has beaten twice.
Several opposition parties recently formed an Inter Party Cooperation initiative under which all opposition parties will field a joint candidate in the election.
Human Rights Watch said in December impunity for past electoral violence and abuses in
Uganda could mar the 2011 vote and increase the chances of instability during the election.
RDC
Sécurité, Armée…
(RDC_1) MONUC – 28/12
Les patrouilles de grande envergure organisées par
la MONUC dans quelques territoires les plus vulnérables des provinces de l’Equateur et Orientale et des Kivu pendant les fêtes de Noël seront prolongées jusqu’au nouvel an.
La MONUC a renforcé sa présence suite aux craintes exprimées par chacune de ces provinces que des rassemblements publiques dans des églises et ailleurs pourraient constituer des cibles faciles pour l’Armée de résistance du seigneur (LRA) dans la province Orientale, les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) dans les deux provinces du Kivu et les rebelles dans la province de l’Equateur. La situation dans les territoires sous patrouilles mixtes MONUC/Forces de Sécurité congolaises demeure généralement calme.
La MONUC a intensifié ses patrouilles nocturnes dans la ville de Dungu, en province Orientale où il a été conseillé à la population locale de limiter ses mouvements au-delà de 22 heures. La présence des troupes de
la MONUC et des Forces armées de
la République Démocratique du Congo (FARDC) a également été renforcée à Niangara, Duru, Ngilima, Kiliwa et Bitima. Aucune exaction de la part de
la LRA n’a été signalée depuis que les patrouilles ont été intensifiées. Douze présumés rebelles de
la LRA ont été arrêtés par les FARDC et les casques bleus depuis le 23 décembre tandis que le jour de Noël, une patrouille mixte FARDC/MONUC a tué par balle un combattant de
la LRA à deux kilomètres de Nglima. Les sections Protection de l’Enfant, Affaires Civiles et Droits de l’Homme de
la MONUC ont établi une présence permanente à Dungu. Pour renforcer la protection des civils dans
la Province Orientale,
la MONUC apporte son assistance à 1900 soldats des FARDC en termes de nourritures et du carburant.
Au Sud Kivu, des patrouilles mixtes organisées par les Casques bleus pakistanais, les FARDC et
la Police Nationale ont été beaucoup plus concentrées sur des grandes églises et congrégations, pendant que la surveillance s’est étendue jusqu’à Bukavu et Uvira. Des forces de réaction rapides et des hélicoptères ont été mises en état d’alerte à plusieurs endroits.
La Brigade de
la MONUC Sud-Kivu a réalisé 84 patrouilles en 48 heures. Aucun incident n’a été signalé dans les territoires sous surveillance pendant les festivités de Noël.
Au Nord Kivu, une équipe d’évaluation de
la MONUC s’est rendue à Rutshuru (72 km au nord de Goma) et à Kiwanja le 23 décembre pour évaluer la situation politique et sécuritaire. Les autorités locales et les FARDC ont informé l’équipe que la situation était tendue dans ces localités. Suite à un arrangement entre le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et le Gouvernement congolais la semaine dernière,
la MONUC a transporté 130 blessés ex-rebelles CNDP de Kilolirwe à l’hôpital Militaire de Goma conformément aux Accords du 23 mars. Les coûts de leurs soins seront supportés dans le cadre d’un programme financé par le PNUD et le Gouvernement de
la RDC.
Par ailleurs,
la MONUC a établi une présence significative dans la province de l’Equateur pour aider les forces Gouvernementales à protéger les civiles et à répondre aux attaques des groupes armés ayant refait surface dans un conflit inter tribal à Dongo le mois d’octobre dernier. Ces attaques ont fait plusieurs déplacés et menacé des localités entières.
La MONUC a concentré son appui au District du Sud Oubangui et établi son centre d’opérations à Gemena.
La Mission fournit du transport, des rations, du carburant et a évacué 42 blessés, tous soldats de FARDC. Avec l’arrivée bientôt des forces égyptiennes, il y aura près de 700 Casques bleus dans ce district: des casques bleus tunisiens et guatémaltèques déployés à Bozene et des casques bleus Ghanéens, Tunisiens et Bangladeshi à Dongo. Les sections des Affaires Civiles et des Droits de l’Homme de
la MONUC ont aussi déployé leur personnel dans ce territoire.
La présence de
la MONUC a aidé à stabiliser la situation dans la province de l’Equateur et dans les collectivités de Bozene ; des familles déplacées ont réagi à la présence d’une base opérationnelle temporaire par un retour massif dans leur territoire d’origine.
(RDC_2) Radio Okapi – 30/12
Le gouvernement congolais a accueilli avec un sentiment mitigé la résolution 1906 du Conseil de sécurité prorogeant le mandat de
la Monuc en RDC jusqu’au 31 mai 2010. Le ministre de
la Communication, Lambert Mende, a exprimé ce sentiment mardi au cours d’une conférence de presse tenue à Kinshasa.
La RDC est satisfaite de la prorogation du mandat de
la Mission des Nations Unies au Congo (Monuc), a indiqué le porte-parole du gouvernement congolais. Le ministre Mende a toutefois relevé des points de la résolution du Conseil de sécurité qui suscitent des réserves de la part des autorités de Kinshasa. Le premier point que le gouvernement considère « comme un véritable procès d’intention » a trait au calendrier électoral. Dans le préambule de la résolution 1906, le Conseil de sécurité insiste, a relevé le ministre Mende, sur le fait que le gouvernement de
la RDC doit consentir des efforts soutenus à long terme en vue d’arrêter le calendrier des élections locales, législatives et présidentielle en totale conformité avec
la Constitution. « Comme s’il existait des suspicions légitimes à cet égard, alors que rien, absolument rien, tout se passe comme si les rédacteurs de la résolution avaient, à ce niveau, voulu faire croire au pessimisme à la mode chaque fois qu’il est question de
la RDC. Nous le regrettons sincèrement », a-t-il conclu.
Le gouvernement congolais trouve aussi à redire par rapport au chapitre de la démobilisation et du rapatriement des combattants étrangers opérant sur le territoire de
la RDC. Dans sa dernière résolution, le Conseil de sécurité demande instamment à
la Monuc de renforcer son appui à la démobilisation et au rapatriement volontaire de ces combattants. Ce qui n’arrange pas les autorités congolaises qui estiment, selon Lambert Mende, que l’étape du rapatriement volontaire « est dépassée depuis longtemps .» « La vraie question qui est à l’ordre du jour, c’est celle du désarmement et du rapatriement forcé de ceux qui ont refusé de se désarmer et de se rapatrier », a expliqué le porte-parole du gouvernement congolais.
- Kivu
(RDC_3) AFP – 28/12
Au moins dix-neuf civils ont été tués depuis le 17 décembre dans l’est de
la RDC, où des villages ont été incendiés lors d’affrontements entre l’armée et des ex-rebelles congolais, a-t-on appris lundi de sources concordantes. Entre le 17 et le 18 décembre, quinze civils issus de trois familles, dont des femmes et des enfants, ont été tués dans des villages du territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu, a indiqué un élu de la région, le député Nephtali Nkizinkiko, à l’AFP.
Ces tueries ont eu lieu alors que des soldats des Forces armées de
la RDC (FARDC) pourchassaient des déserteurs issus de l’ex-rébellion du Congrès national pour
la Défense du Peuple (CNDP), récemment intégrés au sein des FARDC, a ajouté M. Nkizinkiko. D’autres villageois, dont le nombre n’a pas été précisé par l’élu, ont disparu depuis ces affrontements.
Contactée au téléphone par l’AFP, une autre élue locale a affirmé qu’au moins « quatre personnes (avaient) été tuées par les déserteurs dans des villages du territoire de Masisi » pendant le week-end de
la Noël. « Ils coupent les routes aux passants et extorquent leurs biens », a souligné cette source sous couvert d’anonymat.
Début décembre, plus de 150 ex-rebelles du CNDP, menés par le colonel Emmanuel Sengiyumva avaient déserté les rangs des FARDC, pour une destination jusqu’ici inconnue. Depuis, ils ont multiplié des attaques contre l’armée ou des civils dans cette région frontalière avec le Rwanda et où sévissent plusieurs groupes armés.
(RDC_4) Radio Okapi – 29/12
La localité de Nyabiondo, à plus de 100 kilomètres au nord-ouest de Goma, en territoire de Masisi s’est vidée de ses habitants depuis dimanche dernier. Selon la société civile locale, un groupe des militaires FARDC basés dans ce secteur, qui revendiquaient leur solde, ont fait crépiter des balles qui ont causé un mort parmi les populations civiles.
Panique et fuite ont régnées ce dimanche dans la localité de Nyabiondo et les villages environnants. Les dirigeants des opérations Kimya II au Nord-Kivu affirment s’être déjà impliqués dans ce dossier pour trouver une solution aux revendications de ces militaires.
Selon la société civile à Masisi, la population de Nyabiondo ainsi que celle des 6 villages voisins, les chefs locaux y compris, se sont exilés à Bukombo. C’est à une dizaine de kilomètres plus au sud. Jusque lundi soir, des tirs sporadiques se faisaient encore entendre dans cette localité. Mais, ce mardi, un calme précaire s’observe dans cette contrée affirme la même source
De leur côté, les responsables militaires des opérations Kimya II au Nord-Kivu expliquent que le retard dans le paiement de la solde de ces militaires est causé par la lenteur des transferts bancaires. Ce qui a laissé penser à un détournement de solde dans les rangs des militaires manifestants. Actuellement, affirment-ils, les commandants de 4 bataillons basés à Nyabiondo sont déjà rappelés à Goma pour notamment résoudre le problème de solde de leurs hommes.
Pendant ce temps, la population de Nyabiondo craint encore de retourner dans les villages.ils restent à Bukombo, mêlés à plus de 1 000 autres ménages des déplacés venus, eux, de la partie nord de Nyabiondo où ils avaient fui, il y a plus de 2 semaines, d’autres affrontements entre les militaires FARDC et des combattants du groupe APCLS, Alliance des Patriotes pour un Congo Libre et Souverain. Il s’agit de réfractaires à l’intégration dans l’armée.
(RDC_5) Radio Okapi – 30/12
La situation humanitaire pour des déplacés en provenance du Nord-Kivu est difficile à Mambasa, dans le district de l’Ituri, en Province Orientale, selon l’évaluation d’une ONG locale, Fomiprolif.
Ils sont plus de 3 000, ces déplacés recensés dans les localités de Biakato, Alima, Wemba et Tetuli, à une centaine de kilomètres de Mambasa centre. Ils sont venus depuis plus d’un mois de la province voisine du Nord-Kivu, fuyant les affrontements entre FARDC et groupes armés actifs dans la région de Masisi. D’après le coordonnateur de l’ONG Fomoprolif qui l’a déclaré ce mercredi, ils manquent de tout et sont obligés parfois de récolter les produits vivriers dans les champs des autochtones, sans autorisation.
(RDC_6) Radio Okapi – 31/12
La société civile du Nord Kivu estime que les efforts du gouvernement congolais tout au long de 2009 pour pacifier la province n’ont pas produit un résultat satisfaisant. Elle l’a déclaré à l’issue d’une journée de réflexion sur l’évaluation sécuritaire en cette fin d’année organisée mercredi à Goma.
Plus d’une cinquantaine de membres de la société civile du Nord-Kivu ont pris part à cette réflexion. Ils ont relevé les risques sécuritaires et les opportunités à prendre en compte pour la pacification de la province. D’après cette société civile, ni l’entrée massive des soldats rwandais en janvier dernier dans le cadre des opérations « Umoja » contre les FDLR, ni les opérations Kimia 2 qui ont suivi depuis, n’ont mis fin à l’insécurité au Nord Kivu. Il s’est par contre observé, fait voir la société civile de la province, une résurgence de nouveaux groupes armés, la multiplication des exactions des FDLR et de certains militaires FARDC sur les populations civiles, et même des collabos des forces négatives parmi les fils de la province. Jason Luneno, président de la société civile du Nord Kivu, s’en est plaint : « Certains milieux restent de véritables germoirs de groupes armés, les FDLR se déversent davantage dans le sud de Lubero, Walikale… Il est inadmissible que des militaires FARDC se permettent de tirer sur les civils comme à Kibati, en territoire de Walikale. C’est de la trahison. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités vis-à-vis de cette situation. »
Conséquence, enregistrement de milliers de nouveaux déplacés à travers la province et dans tous ses territoires. À l’issue de cette rencontre, les participants se sont engagés à joindre leurs efforts à ceux du gouvernement pour impliquer leurs composantes dans le programme de pacification de la province.
(RDC_7) Radio Okapi- 1/1
Les opérations « Kimia 2″ sont terminées dans les deux provinces du Nord Kivu et du Sud-Kivu. Elles cèdent la place à une nouvelle opération des Forces armées de
la RDC (FARDC). Dénommée « Amani leo », cette opération démarre dès ce janvier 2010 pour une durée de trois mois, selon une annonce rendue publique jeudi dans un communiqué de presse par le commandement des opérations Kimia 2 à Goma.
Selon le porte-parole de ce commandement militaire, le major Ekenge, « Kimia 2″ a atteint ses objectifs. Près de 5 000 combattants FDLR ont été neutralisés par les FARDC avec l’appui logistique de
la Monuc, soit 75% des effectifs présumés de ces rebelles hutus rwandais dans les deux Kivus. Ils ont été soit tués aux combats, soit neutralisés, soit rapatriés au Rwanda à travers
la Mission des Nations Unies au Congo. Tous les sanctuaires des FDLR ont été démantelés, leurs commandements et leurs moyens de communication désarticulés, leurs dirigeants chassés de toutes les zones qu’ils contrôlaient et d’où ils tiraient l’essentiel de leurs revenus. Ce qui constitue, a souligné le major Ekenge, une « réussite », même si, les FARDC ont perdu 211 soldats dans différents combats avec les FDLR et d’autres groupes armés hostiles ou dans des accidents, et enregistré 200 blessés et 27 disparus.
Donc, après la réduction de la capacité de nuisance des FDLR par les opérations Kimia 2, l’opération « Amani leo », qui signifie en swahili « La paix aujourd’hui », s’occupera du reste, a précisé le major Ekenge. Elle vise notamment la consolidation de la traque des rebelles hutus rwandais en vue de l’éradication du phénomène, et cela, par des actions pointues menées par des unités conjointes FARDC-Monuc sur le terrain. Amani leo mettra également un accent sur le respect des droits humains.
Lire l’interview du porte-parole des FARDC sous :
- Province Orientale
(RDC_8) Radio Okapi – 28/12
Au cours d’une parade militaire, lundi matin à Kisangani, le commandant de la neuvième région militaire, le général de Brigade Jean Claude Kifwa, a présenté à la presse locale six rebelles ougandais de
la LRA. Ces rebelles ont été capturés les 18 et 20 décembre, respectivement à Duru et Doruma en territoire de Dungu.
Les éléments LRA capturés à Dungu par les FARDC sont notamment un capitaine, un sous-lieutenant, un sergent, un caporal et deux soldats placés sous le commandement du capitaine Alex Ochen, lui aussi capturé. Les rebelles arrêtés parlent tous l’« Acholi », leur langue maternelle, et un peu d’anglais.
Ils affirment qu’ils ont été appréhendés alors qu’ils quittaient
la République centrafricaine (RCA) pour Doruma (RDC) afin de rejoindre leur groupe situé à plus de deux cent kilomètres au nord de Dungu, en Province Orientale.Selon le sous-lieutenant capturé, le gros de leur effectif se trouve présentement en RCA pendant que d’autres se préparent à aller se rendre au Darfour auprès des autorités soudanaises.
Les rebelles ougandais, dont un enfant soldat de 16 ans, soutiennent qu’ils sont fatigués de la guerre.Ils ajoutent qu’ils ont été nourris de fausses promesses de leur leader, Joseph Kony, selon lesquelles il renversera le pouvoir de Kampala. Selon le général de Brigade Jean Claude Kifwa, ces rebelles seront confiés aux responsables des ONG internationales et à
la Monuc pour leur rapatriement après audition à l’état-major des FARDC.
Deux autres Congolais qui collaborent avec
la LRA et ont participé à l’attaque du poste d’Etat de Tapili à 47 Kilomètres de Niangara, il y a deux semaines, ont été également présentés à la presse
- Équateur
(RDC_9) AFP – 29/12
Au moins 270 personnes, dont 187 civils, ont été tuées entre fin octobre et la mi-décembre en RDC lors d’affrontements tribaux dans le nord-ouest, où l’armée est également intervenue, a annoncé mardi le gouvernement congolais.
Fin octobre, des membres de la tribu Enyele, emmenés par le féticheur Ondjani, avaient affronté les Monzaya ainsi que des policiers sur la gestion d’un étang naturel très poissonneux, dans le village de Dongo situé à environ 300 km au nord de Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Equateur.
Deux semaines après la fin des violences, « le bilan de cette aventure macabre est de plus de 187 civils froidement tués par la bande à Ondjani », a affirmé lors d’un point de presse le ministre congolais de
la Communication et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende. Les insurgés de la tribu Enyele « ont perdu quelque 82 de leurs éléments pendant les combats » contre un commando de 600 hommes des Forces armées de
la RDC (FARDC) envoyé en renfort dans cette région, a ajouté M. Mende. Ce commando avait réussi à reprendre le contrôle de Dongo aux insurgés le 13 décembre.
Les affrontements avaient fait fuir de leurs villages plus de 150.000 personnes, dont la moitié a trouvé refuge au Congo-Brazzaville, bénéficiant d’une assistance humanitaire, contrairement aux déplacés internes.
(RDC_10) Radio Okapi – 29/12
Aucun pays frontalier à
la RDC n’était impliqué dans le conflit qui a secoué le nord de la province de l’Equateur, ces deux derniers mois. C’est ce qu’a affirmé ce mardi Lambert Mende, ministre de la communication et medias de
la RDC, devant la presse.
Selon le porte-parole du gouvernement congolais, les enquêtes menées par les différents services congolais n’ont révélé aucune implication d’hommes politiques congolais. « Jusqu’à présent, aucun élément ne nous permet d’incriminer un pays voisin », a déclaré Lambert Mende, rejetant, du coup, les déclarations d’un mouvement oeuvrant a l’extérieur de
la RDC et qui revendiquerait certaines attaques contre les forces régulières. Le gouvernement de
la RDC se réjouit également que les hommes politiques congolais n’aient pas été impliqués dans le conflit qui a secoué l’Equateur, a fait savoir Lambert Mende devant les journalistes. Une déclaration qui contredit les propos du gouverneur intérimaire de cette province, Guy Inenge, qui accusait certains sénateurs congolais d’être derrière une « petite rébellion », dans cette région.
Pour le porte-parole du gouvernement congolais, même le nombre de démobilisés d’anciens mouvements politico-militaires qui se sont joints aux assaillants était très insignifiant. La direction des assaillants est attribuée, après enquête, à un féticheur de la région nommé « Ibrahim » et à son fils d’une vingtaine d’années, qui, selon les autorités congolaises, a recruté plusieurs enfants de moins de 10 ans. Ibrahim, son fils et quelques-uns de leurs fidèles seraient actuellement à Enyele, encerclés par les forces gouvernementales. Son fils avait séjourné à Impfondo, localité voisine de Dongo, située au Congo Brazzaville, avant de rejoindre Ibrahim à Enyele, a encore indiqué le porte-parole.
« Le conflit a fait 187 morts parmi les civils dont de nombreux enfants que les assaillants ont abattus contre des troncs d’arbres », a déclaré Lambert Mende. Le ministre établit un bilan de 26 policiers et d’une dizaine de militaires tués, y compris un capitaine des FARDC. Plus de 20 autres militaires ont été blessés dans les affrontements de deux derniers mois dans la région de l’Equateur, a-t-il précisé.
(RDC_10_1) Radio Okapi – 3/1
Plus de 150 combattants Enyele ont péri dans les affrontements avec les FARDC, jeudi et vendredi dans la localité d’Inyele, à 290 Kilomètres au sud-est de Gemena. Du côté FARDC, il y a eu 1 mort et 14 blessés, ont indiqué des sources onusiennes.
Le bilan de ces affrontements fait état de 157 morts du côté des les insurgés Enyele contre 1 mort et 14 blessés dans les rangs des Forces armées de
la République démocratique du Congo (FARDC), selon des sources militaires onusiennes basées à Gemena. Les blessés FARDC ont été évacués à Gemena par hélicoptère de
la Monuc et se trouvent actuellement à l’hôpital général de référence de cette ville pour des soins appropriés. Selon toujours les mêmes sources, la vie de ces blessés ne serait pas en danger.
Dans cette débandade, les éléments Enyele seraient en fuite vers la localité d’Imfondo, en République du Congo Brazzaville. Des sources proches du commissaire de district du Sud-Ubangi confirment la reprise de la localité d’Inyele par l’armée nationale. D’ailleurs, une délégation conduite par le commissaire de district devrait descendre incessamment sur le terrain pour réconforter les militaires.
Vie politique…
(RDC_11) Radio Okapi – 28/12
« Réveillons-nous », tel est le message-clé de la campagne de sensibilisation lancée, dimanche à Kinshasa, par les quatre fédérations de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) de la ville aux associations de la société civile, aux leaders et personnalités politiques. Ce parti a appelé à la solidarité de toutes les forces du pays pour « sauver» la nation congolaise.
Les quatre présidents de fédération de Tshangu, Funa, Mont Amba et Lukunga ont, dans leur rencontre, dimanche, brossé un réquisitoire contre les 3 années du pouvoir sous la gouvernance de la majorité issue des dernières élections en République démocratique du Congo.
Le parti avance que toutes les batteries sont mises en marche pour arracher le pouvoir à ce qui, selon lui, gèrent le pays dans l’anarchie. « Il n’est pas ici question de révéler les stratégies apprêtées pour ce faire. Néanmoins, retenez qu’il y a des stratégies qui seront mises à la disposition du peuple pour un changement total, avec l’UDPS au pouvoir », a annoncé Apollinaire Panzu, président de la fédération de l’UDPS/Funa.
Le parti que chapeaute Etienne Tshisekedi est rassuré de remporter les prochaines élections, mais il pose tout de même certains préalables. « Les élections sont aussi une manière de prendre le pouvoir. Mais, pas de la manière dont ils sont en train de le faire. C’est ce que nous avons dénoncé dans les dépliants. Nous devons commencer par le recensement, l’identification des nationaux, enrôlement et ensuite élection », indique le président de la fédération de l’UDPS/Funa.
(RDC_12) Radio Okapi – 30/12
L’Union pour la démocratie et le progrès social, UDPS, parti d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, s’insurge contre le projet de loi sur
la Commission électorale nationale indépendante déjà adopté par l’Assemblée nationale. La composition de cette institution qui va remplacer
la Commission électorale indépendante, CEI, exclut l’opposition extra-parlementaire et la société civile, estime le parti de Limete.
Dans une déclaration politique remise mardi à la radio Okapi, l’UDPS en appelle ainsi à la solidarité de l’ensemble de l’opposition extra-parlementaire, à tout le peuple congolais ainsi qu’à la communauté internationale pour se mobiliser de manière que les choses se corrigent à
la Chambre haute du Parlement. Alexis Mutanda, secrétaire général de l’UDPS l’a souligné. D’après lui,
la Chambre basse a adopté le projet de loi sur
la CENI tel qu’il a été présenté par le gouvernement. Une lacune que le Sénat doit corriger avant qu’il ne soit trop tard, a souhaité le patron du quotidien kinois « Tempêtes des Tropiques ». Exclure un parti comme l’UDPS de la composition de
la Commission électorale nationale indépendante, un organe appelé à préparer et à organiser les prochaines élections, c’est tout simplement encourager la fraude, a fait savoir Alexis Mutanda. « La loi doit aller encore à
la Chambre haute, nous allons continuer à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que le Sénat puisse examiner ce problème en profondeur », a-t-il conclu.
(RDC_13) Radio Okapi – 29/12
Trois projets de lois ont été jugés recevables pars l’Assemblée nationale. Il s’agit des projets de lois sur la constitution, l’organisation et le fonctionnement des entités territoriales et leurs rapports avec l’Etat, d’une part, et d’autre part, sur le statut, l’organisation et le fonctionnement des provinces, ainsi que le projet portant fonctionnement de la conférence de gouverneurs.
Pour rappel, le ministère de l’Intérieur avait proposé au mois de juillet dernier un seul projet de loi sur la décentralisation. La commission administrative et politique de l’Assemblée nationale l’a éclaté en trois projets de loi que la plénière de la chambre basse a déclaré recevables jeudi.
(RDC_14) Radio Okapi – 31/12
La nouvelle équipe gouvernementale de la province de l’Equateur est connue depuis mercredi. Le gouverneur de province nouvellement élu, Jean-Claude Baende qui l’a rendue publique, a procédé le jour même à la remise et reprise avec le directeur de province.
L’équipe comprend dix ministres provinciaux dont deux femmes. L’une d’elles, Rebecca Ebale Nguma, journaliste de Radio Okapi au moment de sa nomination, est nommée ministre de la fonction publique, emploi et communication et porte-parole du gouvernement. Un seul ministre de l’ancien gouvernement a été reconduit dans le gouvernement Baende. Il s’agit du docteur Bruno Bindaba qui quitte le ministère de la santé pour celui de l’environnement. Joachim Abukuma, ancien ministre de budget du gouvernement Makila devient le chef de cabinet du nouveau gouverneur de province, tandis que Me Guy Inenge, ancien ministre de l’intérieur, passe le nouveau directeur de
la Direction provinciale de recettes. Tous les cinq districts que compte la province de l’Equateur sont représentés dans ce gouvernement, en raison de deux par district.
Le nouvel exécutif provincial de l’Equateur entrera en fonction après son investiture par l’assemblée provinciale. La cérémonie est prévue le vendredi 15 janvier prochain.
(RDC_15) Belga – 1/1
Le président congolais Joseph Kabila a promis que 2010 serait l’année de l’accélération des projets de modernisation de
la République démocratique du Congo (RDC) et des réformes structurelles et institutionnelles dans tous les domaines.
« Désormais, tout permet de croire qu’une croissance porteuse de progrès est à notre portée. Mettons-y la détermination qu’il faut et mobilisons-nous », a-t-il affirmé dans son message de Nouvel An, diffusé jeudi soir par la radio télévision nationale congolaise (RTNC). L’année 2010 sera aussi unique par l’accélération que nous entendons imprimer à la mise en oeuvre des projets de modernisations du Congo et aux réformes structurelles et institutionnelles dans tous les domaines, a-t-il ajouté.
M. Kabila a assuré que les mesures « courageuses » de restructuration de l’appareil judiciaire congolais prises en 2009 pour « moraliser la vie politique, instaurer la bonne gouvernance et mettre effectivement fin à l’impunité, seront poursuivies et renforcées ».
Parmi les défis, le président congolais a évoqué l’amélioration des conditions sociales des populations congolaises. « Notamment dans les domaines de l’éducation et la santé, l’eau et l’électricité, l’habitat, l’emploi ainsi que le relèvement du pouvoir d’achat des citoyens », a-t-il détaillé.
Le chef de l’Etat congolais a encore affirmé que 2009 a été pour
la RDC une année qui a marqué la fin de plusieurs incertitudes. Incertitudes liées aux perspectives de paix durable dans l’Est du pays, à la suite, notamment, a-t-il précisé, des opérations militaires contre les groupes armés étrangers, de la signature des accords de paix de Goma, de la normalisation « de nos relations avec les pays voisins ». « Et pour la première fois depuis quinze ans, le peuple congolais renouvelle l’année dans la paix, sans bruits de bottes, ni crépitement des balles sur toute l’étendue du territoire national », a-t-il dit.
Économie, Finances…
(RDC_16) Radio Okapi – 28/12
Toutes les entreprises minières du Katanga ont jusqu’au 15 janvier 2010 pour présenter à l’exécutif provincial au moins 500 hectares de champ de maïs. Le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, a donné cet ultimatum après la visite de quelques champs de maïs des entreprises minières installées dans cette province.
« L’entreprise qui ne sera pas en ordre n’exportera pas elle-même ses minerais », a déclaré le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi. Il a fait cette déclaration après avoir constaté qu’il y a des entreprises minières qui ont fait sourde oreille à la recommandation faite par le gouvernement, il y a une année. Selon cette recommandation, chaque entreprise minière doit disposer d’au moins un champ de maïs dans le cadre de la lutte contre la faim.
Même si elle dispose d’une autorisation d’exportation, l’entreprise minière qui n’aura pas de champ de maïs, selon la demande du gouvernement provincial du Katanga, se verra interdire d’exporter ses produits, a indiqué le gouverneur Moise Katumbi. « Les opérateurs miniers doivent penser aussi au social de la population », a-t-il ajouté.
(RDC_17) Radio Okapi – 31/12
La stabilité de la monnaie nationale observée au cours du dernier trimestre 2009, la conclusion du programme triennal avec le FMI et la révision des paramètres macroéconomiques de
la Banque centrale sont des prémices d’une année 2010 qui sera meilleure que l’année qui s’achève. Un espoir annoncé mercredi à Kinshasa par le gouverneur de
la Banque centrale.
La RDC termine 2009 avec un taux d’inflation de 53 % contre 27 en 2008. Le franc congolais a enregistré une dépréciation de 30 % contre 21 en 2008. La crise financière internationale a été pour beaucoup dans cette balance, a expliqué le gouverneur de l’Institut d’émission du fait, a-t-il précisé, qu’elle a touché les exportations du pays, le flux des capitaux extérieurs ainsi que le secteur bancaire. Par ailleurs, toujours selon Jean-Claude Masangu, des efforts avaient été menés au cours du 2e trimestre 2009 et avaient porté de bons résultats. Mais ces résultats n’ont pu être que de courte durée, par manque, d’après lui, de cohérence dans l’exécution du budget. Ce qui a eu pour conséquence le recours à la planche à billets pour couvrir le déficit public.
En dépit de ce bilan peu reluisant de l’an 2009 de l’économie congolaise, Jean-Claude Masangu s’est voulu optimiste devant les cadres et agents de
la Banque centrale qu’il réunissait mercredi à l’occasion d’un échange de vœux de nouvel an. Dans la suite de son discours, il a indiqué que 2010 s’annonce sous une bonne augure pour l’Afrique subsaharienne avec un taux de croissance de 4 %, selon les prévisions du Fonds monétaire international. Et dans la foulée, l’économie congolaise connaîtra une embellie, grâce, surtout, avec la reprise des cours mondiaux de métaux de base et de l’or noir. Cet environnement fera que le taux d’inflation moyen sera de 24,7 % en 2010 pour tomber à 15 en fin de période de l’année.
Toutefois, le gouverneur de
la BCC (Banque centrale du Congo) conditionne cette embellie à l’application rigoureuse de la loi budgétaire. Le gouvernement ne devra dépenser qu’en fonction des recettes réelles disponibles.
Coopération internationale
(RDC_18) Belga – 29/12
La Belgique et
la RDC ont conclu un nouveau « Programme indicatif de Coopération » (PIC) définissant les priorités de leur coopération bilatérale pour les quatre prochaines années, a annoncé mardi le ministre de
la Coopération au développement, Charles Michel. Ce PIC 2010-2013 sera doté de quelque 280 millions d’euros, a indiqué le ministre à l’agence BELGA, nuançant les chiffres cités par la presse kinoise, qui fait état de 400 millions d’euros, et soulignant qu’une évaluation est prévue à mi-parcours, notamment en matière de bonne gouvernance.
Au cours des quatre prochaines années, la coopération belgo-congolaise mettra l’accent sur quatre priorités déjà définies en avril dernier lors d’une visite de M. Michel à Kinshasa, au sortir d’une grave crise diplomatique entre les deux pays : l’agriculture, les communications (pistes et bacs), la formation technique et professionnelle ainsi que des « actions ciblées dans le domaine de la santé ».
Le PIC a été signé lundi 21 décembre dernier à Bruxelles en toute discrétion par M. Michel et par son homologue congolais de
la Coopération internationale, Raymond Tshibanda. Il sera doté de 75 millions d’euros les deux premières années (2010 et 2011), a souligné M. Michel.
Une évaluation sera alors menée à mi-parcours pour voir « si on peut élargir l’enveloppe » pour les années 2012 et 2013 sur base de quatre critères: le climat des affaires, des objectifs de gouvernance et de bonne gestion macro-économique selon les normes du Fonds monétaire international (FMI) et le déroulement des élections générales prévues en 2011 en RDC, a expliqué le ministre.
« On (
la Belgique) s’engage à augmenter l’enveloppe si les quatre critères sont remplis », a-t-il ajouté. « C’est la première fois que l’on lie » ainsi l’octroi de l’aide publique au développement à des exigences en matière de bonne gouvernance, a souligné M. Michel. « Ce programme assoit les bases d’un nouveau partenariat de coopération à la hauteur des relations privilégiées entre
la Belgique et
la RDC. Ce nouveau programme augmente les moyens de notre coopération bilatérale de 65 millions d’euros par an dans le précédent PIC à 75 millions d’euros par an », a précisé son département dans un communiqué. « Le soutien de
la Belgique pourra être renforcé, pour les deux dernières années, si des avancées concrètes dans le domaine de la gouvernance démocratique et financière sont constatées », ajoute le texte.
La Coopération belge a également la volonté « d’accroître l’efficacité de l’aide en réduisant le nombre de secteurs d’action » à trois, ainsi qu’à « un nombre d’actions ciblées dans le domaine de la santé seront poursuivies jusqu’à la sortie totale de ce secteur ».
L’actuel PIC belgo-congolais était doté d’un montant de 195 millions d’euros pour la période 2008-2010, soit 65 millions d’euros par an. Il ne sera toutefois pas mené à son terme, les deux parties ayant convenu en début d’année d’anticiper la renégociation – et la signature – de son successeur, à la fin d’une énième crise diplomatique entre Bruxelles et Kinshasa.
M. Tshibanda, cité par l’agence congolaise de presse (ACP, officielle), a affirmé que la signature de ce PIC est non seulement le couronnement des grandes orientations arrêtées par les chefs des deux gouvernements dans leur déclaration commune du début de l’année 2009, mais aussi confirme « l’avènement d’une ère réellement nouvelle dans les relations de coopération belgo-congolaises fondées sur le respect mutuel des partenaires ».
Relations extérieures
(RDC_19) Belga – 27/12
Le ministère de
la Défense a une nouvelle fois démenti, dimanche, tout envoi de troupes belges dans le nord-est de
la RDC, en proie à des troubles ethniques, évoqué par un mouvement congolais, les « Patriotes-résistants du Congo ». Ce mouvement d’opposition avait affirmé, dans un communiqué signé par un certain Ambroise Lobala Mokobe, qu’un contingent de l’armée belge était « en route pour Kinshasa ce samedi 26 décembre » à bord d’un avion de transport C-130 « Hercules », d’où il devait gagner Kisangani.
Cette information est sans fondement, ont souligné deux porte-parole du ministère de
la Défense interrogés par l’agence BELGA. Ils ont toutefois confirmé le départ samedi d’un Airbus A330 – un avion civil de location mais volant aux couleurs de
la Défense – à destination de Kinshasa, qui emmenait notamment des élèves officiers congolais de l’École royale militaire (ERM). Mais les porte-parole ont démenti tout envoi de troupes comme l’annonçaient les « Patriotes-résistants du Congo ».
Ce mouvement avait affirmé, dans un communiqué diffusé jeudi, qu’ »un contingent des parachutistes belges est déjà mobilisé dès ce mercredi 23 décembre 2009 pour prendre place à bord de ce C130 à destination de Kisangani où ils débarqueront en tenue de (la) MONUC ». « Kinshasa ne sera donc qu’une simple escale de diversion pour débarquer les élèves officiers congolais, le contingent belge ayant reçu la consigne de ne pas mettre le nez dehors », ajoutait le texte. « Si
la Belgique décide de se ranger résolument dans le camp des agresseurs et des fossoyeurs de
la RDC, elle trouvera sur son chemin la détermination d’une jeunesse congolaise décidée à sacrifier sa vie pour que vive à jamais dans la paix et la dignité les générations présentes et futures de notre peuple », concluait M. Lobola.










3 janvier 2010
Au fil des jours