(CongoForum)
Deux principaux sujets dominent l’actualité : les raisons du renvoi du Budget 2010 par le président de la République J. Kabila au Parlement pour une seconde lecture et le refus de Kinshasa de recevoir Karel De Gucht, commissaire européen. Il est également question des zones troublées de l’Est et de l’Equateur.
Budget
Que s’est-il passé pour que le président de la République, Joseph Kabila, ne promulgue pas au plus tard le 31 décembre 2009 la Loi Budgétaire 2010 ? Sous le titre « Budget 2010 : les raisons d’une deuxième lecture », Le Potentiel relève les raisons majeures qui doivent avoir influencé la décision du chef de l’Etat.
Grosso modo, on retiendra que de manière arbitraire et injuste, le Parlement voulait se tailler 50% sur les recettes additionnelles envisagées comme pouvant être réservées finalement à la rémunération, pour l’augmentation salariale de la seule catégorie des députés et sénateurs.
Eu égard à la nécessité de prendre en compte, d’une part les engagements internationaux souscrits avec la Communauté des bailleurs de fonds et d’autre part, le credo de la justice distributive et de la lutte contre les inégalités, notamment envers les policiers, les militaires, les fonctionnaires et autres enseignants, le président de la République instruira le Premier ministre d’aller à la rencontre des présidents des chambres parlementaires, faire part de ses observations.
« Kabila privilégie les fonctionnaires, policiers et militaires », titre La Prospérité, qui note que le Budget 2010 a repris le chemin de l’hémicycle de Lingwala pour réexamen. Conséquence : l’ordre du jour de la session extraordinaire déjà convoquée à l’initiative de deux chambres du Parlement pour le 15 janvier prochain, sera réaménagé.
(Une session extraordinaire ne peut en principe avoir qu’un seul objet, lequel doit être précisé dans la convocation. Si la session du 15 doit être budgétaire, elle devrait donc renonce à s’occuper d’autres choses dont il avait été question, comme une révision de la Constitution ou le calendrier des élections… NdlR)
Dans une lettre adressée au président de l’Assemblée nationale, le chef de l’Etat aurait souhaité, rapporte la Prospérité, que les députés se penchent le plus rapidement possible sur l’examen de ce budget, avant sa relecture au Sénat, dés le début de la session. En attendant, le Premier ministre serait tenu de solliciter l’ouverture de crédits provisoires pour le premier trimestre 2010.
La Prospérité indique que Joseph Kabila insisterait sur le respect des principes budgétaires, notamment, l’alignement des dépenses contraignantes sur les recettes courantes. Ainsi, l’affectation de ces recettes courantes aux rémunérations pourrait-elle influer, en priorité, sur l’enveloppe salariale des fonctionnaires et agents de l’Etat, des policiers et militaires. Dans la même perspective, J. Kabila voudrait que cette fois-ci, les provinces retrouvent leurs 40% consignés, depuis trois ans, dans la Constitution.
Sous le titre : « Renvoi du Budget 2010. Les vraies raisons de Joseph Kabila », L’Avenir rapporte que la commission parlementaire paritaire a procédé à une réaffectation peu orthodoxe, arbitraire et déséquilibrée des recettes additionnelles de l’ordre de 607,7 milliards de Francs congolais. Cette réaffectation est arbitraire et injuste, parce que le parlement voulait se tailler 50% sur les recettes additionnelles envisagées pour l’augmentation salariale de la seule catégorie des députés et sénateurs.
Forum des As abonde dans le même sens et titre : « Budget 2010 : Joseph Kabila très fâché ! »
« Le Raïs bloquerait la promulgation de la loi des finances en estimant que cette loi, telle qu’adoptée au Parlement congolais, ferait la part belle aux émoluments du personnel politique. Les voies du Raïs sont décidément insondables. Alors que la Nation attendait la promulgation du budget 2010, le Chef de l’Etat n’a pas daigné sacrifier à ce rituel. Dans nombre de cénacles du pouvoir rd-congolais, on attribue ce contretemps à la colère présidentielle. Joseph Kabila aurait exprimé son opposition à un budget quia fait la part belle aux émoluments du personnel politique ».
Karel De Gucht
« Karel De Gucht déclaré persona non grata à Kinshasa », affiche à la Une Le Référence+. Ce quotidien rapporte que toute demande de visa pour Karel De Gucht à la Rdc sera considérée par les autorités de Kinshasa comme une provocation, a signifié le ministre congolais des Affaires étrangères dans une note verbale au chargé d’affaires européen à Kinshasa, selon La Libre.
La position de Kinshasa est consécutive aux propos désobligeants tenus par De Gucht le 16 décembre dernier lors d’un débat sur la Rdc au Parlement européen. Comment va réagir l’Union européenne ? Dans l’immédiat le refus de recevoir Karel De Gucht va retarder la mise en œuvre de dix projets d’aide pour un montant total de 278,5 millions d’euros, dont le commissaire européen De Gucht devait signer ce mois-ci à Kinshasa les conventions de financement, toujours d’après La Libre.
Le Phare va jusqu’à voir déjà une crise entre la Rdc et l’Union européenne. Cette fois, ce sont les relations entre l’UE et le Congo qui se trouvent affectées, affirme le quotidien de l’avenue Lukusa. Selon la presse belge, indique Le Phare, malgré tout, Karel De Gucht n’a pas l’intention de retarder l’exécution de ces projets. « Mais il déplore dans une interview à la radio VRT qu’il y ait du côté du président Kabila, une vendetta personnelle contre lui ».
Est et Equateur
« Où sont passés les 12.000 réfugiés candidats au retour dans le Masisi et de Rutshuru » demande Le Potentiel.
« Interrogation sur la localisation de près de 12.000 refugiés congolais candidats au retour au milieu du mois de novembre dernier. Ces personnes installées au Rwanda depuis plus d’une quinzaine d’annéesdécident spontanément de rentrer au bercail, après les opérations Umoja wetu et Kimia 2. Quelques jours auparavant, l’ancien vice-président Azarias Ruberwa, lancait un appel au retour de tous les refugiés congolais avant les prochaines élections de 2011. Selon toute vraisemblance, ces refugiés
envisageaint s’installer dans les villages de Masisi et de Rutshuru, là même où près de deux millions de personnes ont quitté leurs milieux naturels de vie pour fuir les théâtres des affrontements entre la rebellion du CNDP, les groupes armés et les FARDC. Etonnement légitime de la commission nationale pour les réfugiés au Nord-Kivu, les candidats au retour ne disposent d’aucun document attestant leur statut de réfugiés au Rwanda. Au même moment, la population des réfugiés des camps de Byumba et
Kibuye au Rwanda n’a pas bougé ! A ce jour, ces personnes se sont installées dans les villages de Kirolirwe, Kitshanga, Mushaki, Bihambwe, dans la ferme de Kisuma et ailleurs. Dans la même situation, les déplacés pour qui les terres sont déjà occupés, ne savent plus à quel saint se vouer. Leur hypothétique retour, ils n’auront plus où s’installer avec leurs dépendants. Il va de soi que la tension varester persistante dans cette région d’autant que les nouveaux occupants ne laisseront pas les anciens
reprendre les mêmes terres. Le gouvernement s’est impliqué pour identifier ces populations décidées à regagner le pays afin de faire la part entre les Congolais et les étrangers qui tenteraient de s’installer par la ruse en RDC. Jusque-là, un calme trompeur règne dans cette partie de la République. Il reste que la situation ainsi créée éclatera tôt ou tard si rien n’est fait dans le sens d’encadrer et de piloter les diverses opérations par les instances gouvernementales ».
C’est Le Potentiel également qui se préoccupe de l’Equateur et annonce : « Situation à Dongo : Denis Sassou Nguesso écrit à Joseph Kabila »
« Le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, apaise son homologue congolais, Joseph Kabila au sujet de la situation sécuritaire qui sévit dans la province de l’Equateur, où une insurrection clanique a pris corps à Dongo. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Congo-Brazzaville, Basile Ikouebe, était porteur d’un message du président Denis Sassou au chef del’Etat, Joseph Kabila. Cette correspondance avait trait à la situation qui sévit dans le district du Sud- Ubangi (Equateur) et ses conséquences sur la province de Likouala, au Congo-Brazzaville. A l’issue de l’entretien qu’il a eu avec le président Joseph Kabila, le ministre Basile Ikouebe a déclaré : « Jamais celui qui a contribué à la déstabilisation de son pays, notamment la RDC, ne peut trouver refuge sur le territoire de la République du Congo ». Et d’ajouter : On n’exclut pas qu’il y ait des insurgés qui se soient infiltrés au Congo-Brazzaville, c’est pourquoi, le gouvernement de Brazzaville vient ainsi rassurer Kinshasa en ces termes : « Le Congo-Brazzaville ne pourra jamais servir de base arrière aux insurgés Enyele qui se sont affrontés aux FARDC à Dongo et ses environs dans la province del’Equateur ». Parmi la population réfugiée à Impfondo, figurent 17 ou 18 des éléments des FARDC qui
se sont présentés au commissariat après avoir déposé leurs armes et qu’à la suite des combats, la plupart des populations de cette partie de la RDC ont traversé le fleuve Congo pour trouver également refuge à la ville d’Impfondo, dans la province de la Likouala. Selon l’ACP, le chef de la diplomatie congolais a, par ailleurs, indiqué s’être concerté avec les autorités de Kinshasa, en vue de faciliter le retour au bercail de ces réfugiés, maintenant que la sécurité est revenue dans la contrée. Il a enfin, souligné qu’une dizaine d’insurgés Enyele armés, en débandade, qui ont réussi à traverser le fleuveCongo, ont déposé leurs armes auprès de services de sécurité du Congo-Brazzaville. »
© CongoForum, le vendredi 8 janvier 2010








8 janvier 2010
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