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Lubumbashi, capitale du cuivre, paradis du cobalt, sommier des minerais…. C’est comme vous voudrez. Mais, aujourd’hui, la préoccupation de la majorité des Katangais est de savoir quel sera le profil (coupe verticale et perpendiculaire) de la province à l’épuisement de ses minerais.
Qu’on se le dise. Les nombreuses entreprises minières inventoriées en République Démocratique du Congo ont pour base le sol et le sous-sol de la province du Katanga.
La question qui revient de nos jours sur toutes les lèvres est celle de savoir ce que deviendra la province d’ici vingt ans, c’est-à-dire quand la plupart des entreprises exploitant aujourd’hui les minerais du Katanga commenceront à mettre les clés sous le paillasson.
Il n’y a pas lieu de se voiler la face. D’ici trente ans ou plus, avec la rapacité qui caractérise les multinationales et à la faveur de la technologie de pointe mise en place pour l’exploitation minière, les entrailles du Katanga seront vidées de leurs substances minérales.
Que deviendra alors le Katanga sans ses minerais ? Et qu’est-ce que la province aura bénéficié des richesses générées par son sous-sol? Il y a fort à parier que le Katanga ne pourra léguer à la postérité qu’une province jonchée des trous béants comme conséquence de l’exploitation minière. Une terre qui donnera à penser qu’elle aurait été dynamitée à chaque mètre carré ; espace sur lequel il ne sera pas aisé de s’adonner à l’agriculture par exemple, ni de construire aisément des routes.
Ces faux amis qui préparent notre malheur…
Chaque fois qu’ils atterrissent au Katanga pour exploiter ses richesses, ils se font passer pour des amis de la province et ne tarissent pas d’éloges à l’égard des autochtones, ainsi que de leur province. A ce propos, nos souvenirs remontent aux années 1800. En effet, l’histoire renseigne que c’est à partir de 1884 que les ressources minérales du Katanga furent intensément exploitées. Par des entreprises européennes et belges en particulier (essentiellement l’Union Minière du Haut Katanga). Aujourd’hui donc, après un siècle et 15 ans d’exploitation bien comptés, il y a de quoi se poser mille et une questions sur le devenir de la province. Ces sociétés et multinationales qui exploitent nos ressources sont –elles ces amis qu’ils prétendent être ?
« FORREST » au Congo depuis 1922, aucun édifice à la hauteur de sa renommée …
Beau slogan de la part d’un industriel qui se fait passer pour l’ami des Congolais. De toutes ces années passées au Congo à exploiter nos ressources, à monter et à grossir ses affaires, que va-t-il léguer aux générations futures ? La question demeure.
Il y a lieu, certes, de reconnaître que le Groupe Forrest est parmi les rares entreprises privées du pays à avoir créé de l’emploi à profusion au bénéfice des Congolais ; cependant, l’entreprise figure en bonne place sur la longue liste des sociétés indexées. Il lui est reproché, entre autres, de verser dans la magouille et autres montages financiers. Selon certaines indiscrétions, c’est depuis les temps immémoriaux du régime du maréchal que les entreprises Forrest feraient leur beurre sur le dos de la république. Les affaires leur réussissent ; ce qui leur permet d’amasser d’importantes sommes d’argent évaluées en centaines de millions de dollars américains.
Aux années de leur implantation au Katanga par Kolwezi, les Entreprises Forrest n’avaient pour principale activité que le transport. Des années plus tard, ils embrasseront peu à peu tous les secteurs porteurs d’activités.
Il est écrit dans la mémoire collective que ce fut au départ de leur réussite au Katanga, qu’elles ont étendu leur toile d’activités à d’autres provinces du pays, de croître au-delà des frontières congolaises et d’augmenter le flux de leurs investissements en Afrique, en Asie, en Europe et en Amérique.
C’est sans doute après avoir consulté leur palmarès que monsieur l’ambassadeur de France en RDC s’est empressé de décerner à leur patron, M. Forrest Georges Arthur, une décoration de mérite pour son parcours exceptionnel. Sans contredit, la RD Congo lui aura ouvert les portes de l’horizon.
D’aucuns diront que les choses n’évoluent pas aussi rapidement qu’on le voudrait. Mais que, s’agissant des Entreprises Forrest, le tout est parti de sa propre étoile qui le prédisposait à la réussite. Au fait, sa réussite a eu pour terrain de prédilection, le Katanga. La question que nous nous posons, et que vous vous posez aussi certainement, c’est : qu’est-ce que le Katanga aura gagné du Groupe Forrest ? La réponse : Rien.
Il a su tirer un admirable parti de ses dons particuliers. Soit ! Puisqu’il y a un « mais », le Katanga a joué un rôle primordial pour sa réussite. Son sol et sous-sol, son espace terrien, la disponibilité de sa population …Comme tous les autres, Forrest aura montré qu’il continue à aimer la RDC de la manière dont les célèbres braconniers aiment l’éléphant.
Pas de siège social du Groupe à la hauteur de sa renommée, non plus à la hauteur de sa fortune. Forrest continue à se comporter en véritable conquistador. Pendant des décennies, le siège social de cette Grande Entreprise est resté confiné dans des bâtiments qui n’ont rien de différent d’un hangar aménagé. Aucune préoccupation de doter son Groupe d’un édifice à la hauteur, qui annoncerait aux générations futures, ses exploits, qui se sont éclos au Katanga, et qui lui ont procuré fortune et noblesse.
Après les mines, qu’est-ce que le Katanga aura gardé de Forrest ? Serait-il toujours là pour boucher les milliers de trous que l’exploitation minière aura laissés ? Il ne faut pas se leurrer. Forrest a déjà amorcé son départ en douceur du Katanga pour des pays lointains d’Afrique australe…
Swanepoel, le rapace…
Une autre entreprise qui s’est faite beaucoup de beurre sur le dos de la province. Swanepoel est sur toutes les affaires juteuses qui se font sur le sol Katangais. Allant des routes jusqu’aux mines. Rien ne lui échappe. En termes d’argent, il aurait amassé des centaines des millions de dollars.
Mais, que ce soit Swanepoel, que ce soit Forrest, nonobstant toute la richesse accumulée, ils n’ont sur la ville aucun immeuble à la hauteur de leur richesse. Aucun édifice que des générations futures pourront regarder avec fierté en soulignant qu’à l’époque de leurs pères géniteurs, des investisseurs étrangers sérieux avaient contribué à l’essor économique de leur contrée.
CHEMAF …
Venu au Congo avec les produits pharmaceutiques SHALINA, Chiraz Virji s’est lancé dans le trafic de l’hétérogéniste jusqu’à créer l’une des grandes entreprises minières de la province : CHEMAF.
40 trucks de cuivre comme moyenne mensuelle à l’exportation. Des centaines des millions de dollars encaissés annuellement par un homme dont tous les moyens sont bons pour atteindre ses objectifs. Malgré cette fortune colossale, CHEMAF rétribue mal ses employés, voire ses agents de maîtrise. Il est reproché au patron, M. Chiraz Virji, son langage ordurier et peu courtois à l’égard de ses subalternes et de ses concitoyens. Il prétend mettre tout le monde à genoux devant lui grâce à son porte-monnaie. Il se prendrait pour le fils de Jupiter.
Les générations futures, que retiendront-elles des investissements de CHEMAF comme faisant partie de la fierté de la province ? Serait-ce la route qui part du Lycée Kiwele à la commune Ruashi ?
A ce propos, et selon des sources proches de cette entreprise, cette œuvre (NDLR : la route : Lycée Kiwele – Ruashi) aurait englouti près de 12 millions de dollars. Mais à en croire les experts, il s’agirait plutôt d’un raccommodage abracadabrant, dont le coût n’aurait même pas atteint la moitié du montant précité. Une fois de plus, ce ne serait là qu’un montage financier bien ficelé et sans précédent.
CHEMAF aura accumulé beaucoup d’argent au Katanga. Malgré toutes ces combines et montages financiers, — dont l’opinion ne cesse de l’accuser et qui lui permettent d’amasser des millions– le siège social de l’entreprise se trouve coincé entre ses usines et les salles poussiéreuses et inadaptées de son administration. CHEMAF pouvait pourtant se construire un immeuble moderne au cœur de la ville, comme on en voit à Dubaï, et qui lui servirait de siège social.
Il y a donc lieu ici de nous demander de quel côté se trouvent ses intérêts.
Gécamines. Un immeuble à la hauteur de sa renommée
PSAROMMATIS …
Important agro-alimentaire de la province dont les chiffres d’affaires sont estimés à plusieurs millions de dollars. A ses débuts revendeur d’un opérateur congolais, il a ratissé large dans tous les secteurs d’activités : carburant, mines, agro-alimentaire, communication, import-export, transport, etc. Et pourtant, à l’instar d’autres expatriés, Psarommatis est accusé de placer tous ses gains dans sa Grèce natale où il a érigé villas et immeubles de rêve.
A Lubumbashi, il n’a pas trouvé mieux que d’aménager de vieux bâtiments où il a placé son siège. Quand bien même il lui faudrait implanter une nouvelle unité de production, Monsieur ne construit pas. Il se contente plutôt de rafistoler de vieux immeubles qu’il achète à des tiers à vil prix. Pour lui la seule et unique préoccupation, c’est le gain à générer.
STANBIC BANK…
Le cas de cette banque sud-africaine est révoltant. Elle a érigé sa succursale dans un hangar bien aménagé sur l’avenue de la révolution. Cela traduit le manque de considération manifeste vis-à-vis des Congolais. Sa seule préoccupation est de gérer les fonds des sociétés sud-africaines en affaire au Katanga. Ni plus, ni moins.
Le jour où ces sociétés fermeront, la banque pourra laisser aux Congolais, après avoir accumulé des richesses, ce hangar sans grande importance.
ZAIN, VODACOM ET LES AUTRES…
Les sociétés de communication qui font des bénéfices fous devraient s’ériger des immeubles dignes en guise de succursales dans les provinces où elles réalisent des gros chiffres d’affaires plutôt que de s’emménager dans des maisons de location.
Le Katanga figure au nombre des provinces qui leur permettent de réaliser des grands chiffres après Kinshasa, la capitale. Mais dans quels types de bâtiments fonctionnent-elles ?
Interpellation à nos gouvernants…
Les quelques Entreprises citées ici dans notre dossier sociétés ne constituent qu’un échantillonnage de tous ces rapaces qui se font de l’argent sur le dos de la province du Katanga et de la République toute entière. Il faudrait que l’Etat revoie notre code d’investissement.
Il est impensable que des gens puissent gagner énormément d’argent au pays, sans vouloir investir davantage. A voir seulement leur siège social, il y a de quoi se demander si nos gouvernants prennent conscience de ce laisser-aller. Ceci est un élément important du train de mesures qu’il faudrait prendre comme ajout à notre Code d’Investissement. Etant donné que ce qui est en jeu - pour le Katanga aujourd’hui - pour le futur des provinces après le découpage prévu est d’une importance à ne pas négliger. Les Entreprises minières, de télécommunication, d’agro-alimentaire constituent la principale ressource d’investissement des futures provinces. Elles ont un rôle à jouer en partenariat avec les provinces où elles sont implantées. Elles doivent contribuer à leur développement.
Amsini Kibindoni et Emma Kabwanda
Mis en ligne, le 5 janvier 2010
Lubumbashi








8 janvier 2010
Au fil des jours