(CongoForum)
Révocation du ministre Barthélémy Botswali, incident Karel de Gucht, renvoi au Parlement de la loi budgétaire pour l’exercice 2010 par le président de la République, vilà quels sont les titres qui accaparent les manchettes des journaux parus ce lundi matin 11 janvier 2010.
Botswali
« Botswali chassé du gouvernement », « J. Kabila révoque Botswali » : ainsi titrent unanimement La Prospérité, Le Palmarès, Le Phare, Le Potentiel et La Tempête des Tropiques dans leurs éditions du jour respectives. (L’annonce de cette mesure a eu lieu officiellement, durant ce week-end, par un communiqué plutôt sibyllin faisant usage d’une formule vague comme « des actes incompatibles avec la dignité de ses fonctions »… NdlR)
Excepté Le Potentiel, quatre de ces organes de presse se contentent d’évoquer les circonstances officielles qui entourent la révocation de l’ancien ministre des Affaires sociales, humanitaires et Solidarité nationale, liées, expliquent-ils à une démonstration de ses forces musculaires au cours d’une réunion politique de son parti dans un lieu public.
Plutôt que de se livrer à des commentaires sur les causes de cette éviction, ces journaux observent cependant que la mesure d’éviction prise à l’encontre de ce ministre réduit davantage l’équipe ministérielle du Premier ministre A. Muzito qui accuse de ce fait quatre membres de moins en comptant les trois précédents départs du gouvernement d’Adolphe Lumanu, (Relations avec le Parlement) devenu aujourd’hui directeur de cabinet du chef de l’Etat, André Philippe Futa (Economie) décédé l’an dernier et Joseph Lititiyo (Recherche scientifique) promu secrétaire exécutif de la CEPGL à Kigali. Il est un fait que l’on finira par assister à Kinshasa à une innovation politique : le remaniement « faute de combattants »…
Le Potentiel seul invite Joseph Kabila « à aller plus loin » et « à ne pas s’arrêter en si bon chemin » dans la voie de la moralisation de la vie politique nationale et d’assainissement des mœurs politiques. Ce disant, il met à profit l’occasion de la révocation de cet ancien ministre pugiliste pour affirmer que la Rd Congo a « très peu d’hommes politiques et de dirigeants qui font un point d’honneur à leur statut d’homme politique ». De ce fait, estime Le Potentiel, « En définitive, la mesure de révocation du ministre des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité nationale est une mesure encourageante qui mérite d’être saluée ».
Deux journaux sur quatre, en l’occurrence Le Palmarès et La Prospérité pensent que le moment serait propice pour voir le chef de l’Etat procéder enfin à ce remaniement gouvernemental qui se fait attendre depuis des mois.
De Gucht
L’ancien ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht devenu aujourd’hui commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire a été déclaré personna non grata en Rdc, à la suite de ce que Kinshasa appelle « ses derniers propos injurieux à l’endroit des dirigeants Rd congolais ». Il aurait, de ce fait, rouvert contre sa personne les hostilités des autorités congolaises.
Celles-ci lui ont signifié qu’elles lui refusent le visa d’entrée sur le territoire congolais et du coup, Karel de Gucht « qui a pris la mouche en raison de cette décision souverainement prise par le gouvernement de Kinshasa » s’est engagé dans la voie d’ouvrir une crise entre l’Union européenne et le gouvernement congolais. (De Gucht a dit, à la radio, que la réaction congolaise était « excessive » ou « exagérée ». Elle l’est. Le problème, c’est que pour deux groupes de congolais différents, il y a deux hommes qui ont fini par acquérir un statut de bête noire à Kinshasa : De Gucht et Louis Michel. Il suffit désormais que l’un d’eux flatule, et l’on se demande si l’on n’a pas entendu une déclaration sur le Congo… NdlR)
C’est ce que constate Le Palmarès lorsqu’il note dans son édition de ce lundi matin 11 janvier 2010 qu’en convoquant cette semaine l’ambassadeur de la Rdc près l’Union Européenne, Karel de Gucht « a planté le décor d’une crise diplomatique » entre Kinshasa et l’UE et « qu’à partir de ce nouvel incident » qu’il a créé, « tout devient possible entre la Rdc et l’Union Européenne ». Pour ce quotidien, qui se réfère à l’avis de certains experts des questions diplomatiques, du fait que cette convocation de l’ambassadeur congolais auprès de l’UE a été faite non point selon les usages diplomatiques mais par le biais d’une émission de télévision, « Karel de Gucht a commis un véritable impair et, d’un point de vue diplomatique, sa bourde lance l’Union Européenne en très mauvaise posture. Si la Rdc manoeuvre habilement, écrit le journal, il sera vraiment difficile à la Commission Européenne de tirer avantage de la glissade congolaise » de son Commissaire au Développement et à l’Aide humanitaire.
Pour sa part, le journal Uhuru écrit qu’un « Coup de froid a pris les relations entre l’UE et la Rd Congo », dès lors que le président de la Commission José Barroso s’est solidarisé avec Karel de Gucht. Ce journal s’indigne de cela, alors qu’on était en droit d’espérer que les frasques du commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire allaient susciter une certaine irritation de la part des institutions européennes.
Budget
La Prospérité est le seul journal à revenir sur le renvoi au Parlement, par le chef de l’Etat de la loi budgétaire 2010 votée en novembre dernier par les deux chambres.
Ce quotidien relève dans ses colonnes que la décision présidentielle aurait eu pour effet d’effaroucher certains députés qui, très fâchés, voudraient la tête du vice-ministre du Budget Lubamba wa Lubamba, coupable à leurs yeux, affirme La Prospérité « d’avoir débusqué des irrégularités dans le budget voté ». « C’est, écrit ce journal, le vice-ministre en question qui aurait commis le crime » d’avoir posé l’acte courageux d’écrire une note d’alerte informant la Présidence de la République de « cette tricherie grotesque » des députés.
Pour ce journal, « Ces élus se croyaient malins. En voulant se servir, ils ont poussé Joseph Kabila à les prendre dans leur propre nasse. Ils sont coincés », commente-t-il avant d’ajouter qu’il faut aujourd’hui « un sursaut national pour accompagner le chef de l’Etat dans sa nouvelle vision portée sur le social ».
S’agissant du Budget 2010, La Prospérité se fait une raison de la décision présidentielle. Il souligne en effet que « Les grands économistes comme Mabi Mulumba et Kutekala ont reconnu la pertinence de l’école à laquelle Joseph Kabila renvoie les députés et les sénateurs » car, note-t-il, ce faisant, le chef de l’Etat veut montrer qu’il « sait écouter les autres, compatir aux malheurs des fonctionnaires et agents de l’Etat, savoir enfin partager les peines avec ces milliers de des militaires et des policiers qui croupissent dans la disette ».
Pour ce journal enfin, ce que vient de faire Joseph Kabila en renvoyant ce budget devant les parlementaires, c’est donner la preuve qu’il appartient « à la vraie école de la modestie mêlée à l’austérité, gage de tout contrat réussi avec les institutions de Bretton Woods ».
© CongoForum, le lundi 11 janvier 2010








11 janvier 2010
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