(CongoForum) La presse kinoise d’aujourd’hui se présente comme un vaste fourre-tout de divers sujets de politique nationale ou internationale. Un seul est véritablement important : l’entrée au gouvernement du CNDP. MONUC, Angola, Karel De Gucht, Vodacom sont les autres sujets évoqués. Sans parle de ceux qui ne le sont pas…
CNDP
A propos de l’entrée dans les institutions de la République du Cndp ( l’ancien groupe rebelle de Laurent Nkunda et de Bosco Ntanganda transformé en parti politique l’an dernier ), les opinions sont nettement divergentes dans les colonnes du Palmarès et dans celles du Potentiel.
Dans Le Potentiel, le lecteur apprendra que le Cndp « réclame 5 postes ministériels » comme condition sine que non de son allégeance à l’autorité de Kinshasa. Dans Le Palmarès par contre, le même lecteur notera que « le Cndp renonce à la surenchère politique », et qu’il s’engage dans la voie de la raison.
Pour ce dernier journal, l’ancienne rébellion pro rwandaise paraît sans doute avoir compris que le gouvernement n’entend nullement créditer sa thèse d’avoir conquis sa légitimité du récent usage des armes, et que, en fin de compte, il n’y guère plus de place en Rdc pour les seigneurs de guerre. Quitte pour le Cndp à se mettre dans les rangs, et à produire désormais des preuves en tant que formation politique d’envergure nationale avant de prétendre au partage du gâteau.
Entre les deux opinions, le lecteur se perdra en conjectures, mais il devra retenir au moins que le Cndp est déjà maintenant sur le terrain de l’action. Selon Le Palmarès, il a effectué sa première sortie politique au début de cette semaine « suivant les normes d’usage et qu’à cette occasion, il a présenté la structure du parti, sa devise, ses dirigeants ».
(Si le lecteur a un peu plus d’intelligence et de culture politique que les auteurs de ces factums, il se sera surtout rendu compte qu’on l’amuse en parlant pour des queues de cerises. La question n’est pas d’avoir été, ou non, un mouvement armé, de réclamer un poste ministériel, ou dix, ou d’avoir accompli ou non les formalités voulues pour d’intituler « parti politique ». La question est d’avoir franchi la barrière des élections, ce que le CNDP n’a PAS fait. Lui accorder ne fût-ce qu’un seul poste de vice-ministre, c’est accepter que l’on entre au gouvernement par la force, donc réduire à néant tout le processus Transition/Elections qui a coûté tant d’efforts aux Congolais. L’enjeu est là et non ailleurs !!! NdlR)
MONUC
On nous dit, à la une de L’Avenir, qu’au sujet du mandat de la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (Monuc) dont l’échéance était en fait arrivé au 31 décembre 2000 que Alan Doss, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu dément de la plus belle manière, que « le président Joseph Kabila n’a jamais chassé la Monuc du sol congolais ». Cette précision d’Alan Doss rétablit la vérité sur les inepties qu’une certaine opinion a distillées sur la place publique, laissant accréditer l’information selon laquelle le chef de l’Etat congolais voulait que les forces de la Monus quitte le pays avant le 30 juin 2010, de façon à ce que les manifestations prévues pour la célébration du cinquantenaire de l’Indépendance prévue le 30 juin prochain se fassent en l’absence de toutes les forces militaires étrangères sur notre sol.
S’agissant des vues et des intentions réelles du président Joseph Kabila sur les futures missions que celle-ci doit accomplir en RDC dans un nouveau mandat qui reste à définir, L’Avenir note que Alan Doss, au terme de l’entretien qu’il a eu avec le Premier ministre Adolphe Muzito le 12 janvier dernier a clairement précisé à ce propos que le chef de l’Etat congolais n’a jamais exigé le départ du pays de la Mission au 31 décembre 2009, mais qu’il avait demandé un plan de retrait progressif dont les objectifs sont, a dit Alan Doss : le renforcement des capacités des Fardc, la stabilisation et la consolidation de la paix avec préférence pour le développement ( santé, éducation et agriculture). Car, a insisté le Représentant du Sg de l’Onu, le chef de l’Etat a pour credo : « voir la Mission de l’Onu se consacrer au développement de la partie du territoire national ravagée jadis par la guerre ».
Pour L’Avenir, ce démenti d’Alan Doss vaut son pesant d’or dans la mesure où il confond « ces intoxicateurs de l’opinion qui voulaient faire croire que Kabila ne voulait pas de la Monuc parce qu’il voulait frauder aux élections de 2011 ».
RDC/Angola
Le Potentiel se penche dans son édition du jour sur la déclaration faite à Luanda par JK à la presse de Luanda lundi 11 janvier 2010 après avoir assisté la veille à l’ouverture du tournoi final de la 27ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations (Can).
Le journal indique qu’aux journalistes angolais, le président congolais a confirmé l’existence des bonnes relations entre son pays et l’Angola.
Le Potentiel indique par ailleurs que pour confirmer cette thèse, le gouvernement congolais a exprimé, dans un communiqué publié samedi 9 janvier, sa solidarité avec la République sœur d’Angola à la suite de l’attentat sanglant perpétré par un groupe armé, le Front de Libération de l’enclave de Cabinda (Flec), contre le convoi de l’équipe nationale du Togo, faisant trois morts. Le quotidien note encore que saisissant de l’opportunité de ce bref séjour en terre angolaise, Joseph Kabila a indiqué que « les membres du Flec ne pourront plus se prévaloir en Rdc des privilèges accordés aux réfugiés par les Conventions de Genève ».
Enfin, Le Potentiel signale également que saisissant cette même opportunité, JK a visité quelques endroits stratégiques de la ville de Luanda Sud en pleine construction au bord de l’océan.
Onze Karel
Le dernier coup de gueule du commissaire européen belge au Développement et à l’Aide humanitaire Karel de Gucht et la mesure de rétorsion prise à son encontre par le gouvernement congolais de lui refuser le visa d’entrée en République démocratique du Congo est à la une de l’édition du jour du Phare qui y consacre deux commentaires.
Son premier commentaire accapare la moitié de sa première page et annonce que « après le refus de visa à KDG, Bruxelles joue au sapeur-pompier », pour explique que le gouvernement belge n’entend nullement se départir de sa politique d’aide au gouvernement de Kinshasa après la nouvelle tempête soulevée par son ancien ministre des Affaires étrangères Karel de Gucht dont on connaît l’inénarrable aversion envers les dirigeants au pouvoir à Kinshasa.
Le Phare indique à cet effet que le ministre belge des Affaires étrangères Steven Vanackere est annoncé à Kinshasa pour Kinshasa le 18 janvier prochain, et que cette visite officielle s’inscrit dans le cadre des liens d’amitié et de coopération entre la Belgique et la République démocratique du Congo. Signe des temps : le quotidien souligne qu’au cours d’une récente émission télévisée, le successeur de Louis Michel et de Karel de Gucht à la tête de la diplomatie belge a clairement indiqué que son pays n’avait pas l’intention de toucher à l’aide au développement destinée avant tout à aider la population congolaise.
(Tout ceci revient à dire que la Belgique est une chose, et l’UE, une autre, ce qu’on savait déjà… NdlR )
Cependant Le Phare s’inquiète tout de même de ce que l’an 2010 pourrait ne pas être bénéfique pour la Rdc dans ses relations avec la Commission Européenne, et ce pour trois raisons. Et d’une : c’est un Belge, l’irascible Karel de Gucht qui est en charge des problèmes de lu développement et de l’Aide humanitaire. De deux : c’est aussi un Belge, Herman Van Rompuy, qui préside depuis le 1er janvier 2010 l’Union Européenne. Et de trois : c’est la Belgique qui, à partir du 1er juillet 2010 va hériter la présidence tournante de cette institution.
Le Phare craint que tout ceci ne soit pas de nature à faire avancer la cause de la République démocratique du Congo. Wait and see !
Vodacom
Africa News consacre son titre du jour à l’Affaire Vodacom International Ltd aujourd’hui en guerre judiciaire avec son associé Cwn Sprl.
A son avis, si Vodacom International est aujourd’hui devant un juge et qu’il connaît un « sale temps », c’est parce que, écrit ce journal, « il est accusé d’avoir arnaqué son partenaire Cwn Sprl et de ne pas avoir joué franc jeu, en tripotant sur le capital social ».
Partant, Africa News désapprouve « la technique de Vodacom International Ltd dans cette affaire ». Cette technique qui, à l’en croire « consiste à se faire passer pour une victime et de médiatiser un contentieux qui relève d’une mégestion criante de sa part, ne paiera pas », prévient ce journal.
Ce même journal se prend également de pitié pour l’Etat congolais qui, souligne-t-il, « s’est laissé abuser par les énormes exonérations fiscales qu’il a accordées à Vodacom International Ltd ».
En tout état de cause, l’éditorial qu’ Africa News consacre à cette affaire demande si le conflit qui déchire Vodacom Internatuional Ltd et Cwn Sprl ne serait pas l’arbre qui cache la forêt, et s’il ne prouve pas à suffisance que « la Rd Congo est prise pour le dindon de la farce par ceux qui se targuent d’être des investisseurs sérieux ». Par ailleurs, la légende qui accompagne la photo qui du siège du ministère des Ptt est très explicite à ce sujet, surtout qu’elle indique que « le ministre des Ptt ne semble pas avoir la maîtrise des entreprises de son secteur ».
TOUT VA (officiellement) BIEN
Officiellement la situation est sous contrôle dans l »Equateur et s’améliore de jour en jour dans les Kivus de plus en plus paisibles. On y entend de plus en plus souvent chanter officiellement les petits oiseaux, entre deux détonations qui ne sont qu’officieuses.
Dont acte…
C’est donc à titre tout à fait officieux que l’on trouvera ici les citations suivantes :
De MISNA : « Près de 107.000 Congolais, des femmes et des enfants pour la plupart, ont fui en l’espace de deux mois le district du Sud-Oubangui, dans la province de l’Équateur, dans le Sud-ouest du pays, en traversant le fleuve Oubangui pour se réfugier en République du Congo, indique le dernier bilan diffusé par le Haut commissariat aux Réfugiés (Hcr) de l’Onu, précisant que 15.000 Congolais auraient trouvé refuge au Centrafrique tandis que 60.000 autres erreraient loin de chez eux sur le territoire national. »
De Beni Lubero Online : « Attaque du Village d’ITENDI : 2 morts, plusieurs blessés, etc.
La Zone Minière autour de Butembo qui va de Manguredjipa à Eringeti en passant par Masoi B-Vurondo-Biakato-Mandelia, est devenue le théâtre des incendies des villages, assassinats et déplacement massifs des populations orchestrés par des hommes en armes dont l’identité reste toujours floue comme c’est le cas ailleurs au Kivu et en Province Orientale. L’attaque d’Itendi survient deux semaines après celle de la localité de Bandulu réputé pour ses gisements d’or et de coltan. Toutes ces attaques se ressemblent en ceci que les assaillants opérant nuitamment ne rencontrent jamais de résistance militaire et ne connaissent jamais de poursuite. Tout s’arrête au triste constat de l’attaque en attendant la prochaine victime. Les assaillants attaquent, incendient et pillent les villages, provoquent les déplacements massifs des populations, et occupent les villages désertés ou ses environs, vivent des récoltes abandonnées dans les champs et profitent des petites structures sanitaires du village fruit de l’action de certaines ONG internationales. »
© CongoForum, le mercredi 13 janvier 2010








13 janvier 2010
Aujourd'hui dans la presse