(Le Potentiel 28/01/2010)
La déclaration de l’archevêque de Kinshasa, Mgr Laurent Monsengwo, du 17 janvier 2010, sur les assassins du tombeur de Mobutu, Laurent-Désiré Kabila, a suscité moult réactions. La plupart des personnes condamnent les propos du prélat et font remarquer que la justice n’a fait que son travail. Au clergé de s’abstenir d’influencer, de quelque manière que ce soit, à l’image des politiciens en mal de déclarations, font-elles savoir.
Dimanche 17 janvier, à l’issue de la messe d’actions de grâce célébrée en la cathédrale Notre-Dame du Congo en mémoire de L.-D Kabila et Emery-Patrice Lumumba, l’archevêque de Kinshasa, Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, a déclaré à la chaîne de télévision France 24 que le jugement définitif des gens impliqués dans l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, alors président de la République démocratique du Congo, n’a pas encore été prononcé. «Puisque le premier jugement exigeait des plus amples enquêtes». Et d’ajouter : «Ce qui n’a pas encore été fait. Soit on accélère les choses pour compléter les éléments du dossier, soit on libère les détenus. Je demande que la justice fasse son travail le plus vite possible pour que ces gens soient jugés».
Plusieurs réactions aux propos du prélat sont enregistrées. La plupart sont truffées d’interrogations. De quoi se mêle-t-il pour une affaire qui est déjà entre les mains de la justice? Se demandent certaines personnes qui n’arrivent pas à comprendre les propos de Mgr Monsengwo sur ce dossier. De quel premier jugement parle-t-il ? S’interrogent d’autres qui font remarquer qu’on n’a jamais parlé d’un autre jugement après le procès. D’autres encore se posent la question de savoir pourquoi l’archevêque de Kinshasa s’imagine-t-il qu’il faut poursuivre le procès pour réunir tous les éléments de preuve. Et de poursuivre : «En tant que qui parle-t-il d’accélérer la compilation des éléments du dossier ou, à défaut, procéder à la libération des détenus ?»
Toutes ces personnes sont unanimes pour souligner le fait que celui qui a été assassiné n’est pas n’importe quel citoyen. Il s’agit bien d’un chef de l’Etat, tué de la manière que l’on sait, dans l’exercice de ses fonctions. Elles le rappellent pour montrer qu’il ne s’est pas agi d’une parodie de justice, comme le laisse croire le prélat. Elles soutiennent que «la justice n’a fait que son travail et le clergé doit s’abstenir d’influencer, de quelque manière que ce soit, à l’image des politiciens en mal de déclarations qu’ils croient sensationnelles.»
D’ailleurs, elles font observer que le dossier est déjà clos, l’affaire jugée par la Cour d’ordre militaire, une juridiction d’exception dont l’arrêt ne peut être cassé que par la grâce présidentielle. Et en attendant cette éventualité, les assassins n’ont qu’à purger leurs peines.
Par DIOSSO OLIVIER
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28 janvier 2010
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