CONGO ACTUALITE’ n° 109 – 15 mai 2010

17 mai 2010

Congo Actualités

SOMMAIRE 

ÉDITORIAL 

KIVU 

News 

Le mémorandum de 28 Députés du Sud-Kivu adressé au Premier Ministre 

La Société Civile 

La violence au quotidien 

ÉQUATEUR 

PROVINCE ORIENTALE

 

 

ÉDITORIAL 

 

En République Démocratique du Congo (RDCongo), la situation reste encore très confuse. Frustration des députés du Sud-Kivu. Déclaration fracassante des députés provinciaux de l’Ituri d’ériger leur district en province. Grève des professeurs de l’UNIKIN. Disparition des salaires des enseignants de Kamina. Insécurité recrudescente au Nord-Kivu et dans les Uélé; pluie de questions orales avec débat à l’Assemblée nationale et au Sénat; rapports de plus en plus négatifs des organisations internationales sur la RDCongo. 

Des hommes armés continuent à tuer, piller, violer les femmes et brûler des maisons. Souvent les différents groupes armés, tant nationaux (Mai-Mai, Pareco, Frf, …) que étrangers (Fdlr) portent l’uniforme militaire des Fardc et il est difficile identifier chaque fois les auteurs des crimes. Les sources militaires responsabilisent généralement les Fdlr de ces crimes, mais selon des rumeurs de plus en plus concordantes, des militaires des Fardc mêmes seraient à la base de cette situation et leur attitude s’expliquerait par le fait qu’ils accuseraient des mois de non paiement. 

Il ne serait pas étonnant de découvrir, derrière l’insistance de Kinshasa pour le retrait de la Monuc de la RDCongo, la tentative de se débarrasser des témoins étrangers, en vue de truquer les élections prévues en 2011. 

Autant de faits qui interpellent. Comme si le pays allait à la déroute. Attention: la Nation est en danger! 

Au Rwanda, la situation n’est pas moins grave. À la veille des prochaines élections présidentielles,  des opposants du régime sont accusés de divisionnisme, négationnisme, idéologie génocidaire, collaboration avec des groupes terroristes et, dès lors, arrêtés; des journaux d’opinion sont interdits de paraître; des partis politiques d’opposition se voient refuser leur agrément et la possibilité de faire leur campagne électorale; des listes de rescapés tutsis du génocide sont gonflées et de grandes sommes d’argent leur destinées sont détournées par leur propre organisation, Ibuka (Souviens-toi). Attention: au Rwanda aussi, la Nation est en danger! 

Si la Communauté Internationale voulait aider efficacement ces deux Pays africains, devrait sans doute ouvrir les yeux, pour pouvoir analyser plus objectivement la situation et prendre des décisions plus fructueuses. Bien que l’on puisse être accusés de naïveté, on pourrait affirmer que si elle cessait immédiatement de soutenir les régimes dictatoriaux et de collaborer avec les auteurs de crimes de guerre et contre l’humanité, ceux-ci pourraient tomber seuls comme des fruits trop mûrs et abîmés, pour laisser la place à une nouvelle génération politico-militaire capable d’impulser une nouvelle dynamique socio-économique. 

KIVU 

 

News 

 

Depuis le 28 mars, des centaines des familles habitants les villages de Ntoyi, Kangwaya, Matukakaka, Tepaiaombi, Matiba, Adjuna et Bella dans les localités de Ngite, Mbau Ier et Kelekele en Territoire de Beni, au Nord Kivu, sont forcées de fuir leurs maisons et leurs villages. A la base de ce déplacement forcé il y a la menace des bandits armés, souvent vêtus en uniforme militaire Fardc, qui tuent, violent les femmes, pillent les biens, détruisent ce qu’ils ne peuvent pas emporter, capturent des jeunes filles pour en faire des esclaves sexuelles et des jeunes garçons pour en faire leurs transporteurs. Notons que le viol, le déplacement forcé, la soumission à la famine par la destruction des récoltes sont les éléments de définition d’un génocide. Pour qu’il y ait génocide, les victimes ne doivent pas nécessairement mourir sur le champ. Leur mort programmée entre déjà en compte du fait de génocide. Ainsi ce qui se passe à Beni-Lubero est un génocide des Nande.[1] 

 

Le 7 avril, le porte-parole de la Monuc, Madnodje Mounoubai, a annoncé que plus de 2.400 ex-combattants rwandais, dont 1.876 des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), ont été rapatriés de début 2009 à mars 2010 par la Mission de l’ONU en RDC (Monuc). De janvier à mars 2010 inclus, « 312 combattants FDLR et 375 membres de leur famille ont été rapatriés, qui « s’ajoutent aux 1.564 combattants FDLR et 2.187 membres de leurs familles » déjà ramenés en 2009, soit un total de 1.876 FDLR rapatriés. Quelque 500 autres ex-combattants rwandais ont également été rapatriés, issus de groupes armés congolais, comme le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), ex-mouvement rebelle de Laurent Nkunda. Depuis 2009, le total des combattants rwandais ayant regagné le Rwanda par le processus DDRRR (Désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinstallation) de la Monuc, s’établit à 2.426. Par ailleurs, en 2009 et jusqu’à mars 2010, 16.991 civils rwandais ont également été rapatriés par le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR). Au total, 21.992 Rwandais (combattants, dépendants et civils) ont ainsi été raménés dans leur pays sur cette période.[2] 

 

Le 10 avril, dix-sept anciens groupes armés du Nord-Kivu ont formé une structure unique, l’Alliance pour la Sauvegarde des Accords de Goma. L’Alliance regroupe notamment le Cndp, le Pareco, le Kifuafua et le Mongol. Elle accuse l’Etat de prendre du retard dans l’exécution des accords qui prévoient, entre autre, la fin de l’existence des groupes armés, leur transformation en partis politiques, l’intégration des combattants dans l’armée, la reconnaissance de leurs grades et la participation des cadres issus de ces groupes dans la vie politique nationale.[3] 

Le président du CNDP, Philippe GASHISHI NGANGO, nie toute implication de son mouvement dans une telle coalition. En rappelant que ce sont deux les accords qui avaient été signés, le premier entre le CNDP et le gouvernement et le deuxième entre les autres groupes armés et le gouvernement, il affirme que le CNDP n’a fait aucune alliance avec les groupes armés par rapport à cet accord de paix.[4] 

 

Les populations de la ville de Beni et de ses environs, dans la province du Nord-Kivu, dénoncent la récurrence des actes d’assassinat, d’extorsion et de cambriolage. Les associations locales estiment que certains militaires FARDC, livrés à eux-mêmes, sont la cause de ces troubles. C’est pourquoi elles demandent le retrait des troupes hors des zones urbaines.[5] 

Le 24 avril, des hommes armés non autrement identifiés ont attaqué le centre d’instruction des FARDC de Nyaleke, à 10 kilomètres de la ville de Beni (Nord Kivu). Ils ont tué six personnes, dont un militaire, trois femmes et un enfant de militaires et un garde du parc » du Ruwenzori. Quinze autres personnes ont été grièvement blessées dans l’attaque, dont l’une est décédée à l’hôpital de la ville de Béni. Toutefois, des sources locales évoquent jusqu’à 200 morts. Dans leur fuite, les assaillants ont brûlé 84 cases appartenant à la population civile. Des sources indépendantes sur place parlent d’une attaque menée par une coalition des rebelles ougandais ADF Nalu (Allied democratic forces/National army for liberation of Uganda), des Mai Mai et des démobilisés.[6] 

 

Le 29 avril, dans la soirée, un taximan a été abattu par balles à Ndoluma par des malfrats armés et en tenue militaire Fardc. Dans une attaque séparée au village de Bwatsinge, dans la localité de Ndoluma, trois autres personnes ont été poignardées par des malfrats en armes et en tenue militaire Fardc. Au cours de la même nuit, 20 maisons ont été brûlées. Dans la même nuit, plus au Sud du Territoire de Lubero, le village de Kasitchi, à plus au moins 30 kilomètres de la cité de Kirumba, et plus ou moins 12 km de la localité de LUOFU, a été la cible des hommes en armes et en tenue militaire. Les malfrats ont violé des femmes, pillé systématiquement tout ce qui faisait l’économie des villageois, tels stocks de nourriture, les animaux de la basse-cour, chèvres, moutons, etc. Avant de quitter le village, ces malfrats qui parlaient Kinyarwanda entre eux, ont mis tout le village à feu. Un bilan provisoire de cette nième attaque nocturne fait état de 32 maisons réduites en cendres. Les habitants du village errent dans les brousses et villages environnant. Selon d’autres témoins, les auteurs de ces attaques sont les combattants FDLR devenus très opérationnels dans la contrée.[7] 

 

Le 30 avril, une coalition des Mai Mai du colonel Cheka et des combattants rebelles hutu rwandais des FDRL a attaqué la cité minière de Mubi, à 36 kilomètres de Walikale-centre, en territoire de Walikale (Nord Kivu) et procédé à un pillage systématique des habitants de la place. « Leur intention était de piller. Il y a eu 5 civils tués, 11 blessés dont un capitaine des FARDC », a affirmé à l’AFP le commandant des Forces armées de la RDC (FARDC) au Nord-Kivu, le colonel Bobo Kakudji. Le centre commercial de Mubi, dont la population est estimée à 250.000 habitants, est aussi le plus grand carrefour de négoce où transite notamment la cassitérite, minerai utilisé dans l’industrie électronique, avant d’être acheminé vers le Rwanda. 

Les assaillants ont pillé le coffre-fort de la coopérative de crédit et enlevé des civils, à qui ils ont fait transporter des sacs de cassitérite volés lors de cette attaque. D’autres attaques armées avaient été enregistrées, courant avril, dans d’autres localités du même territoire, notamment à Boboro, Omate, Oninga et sur l’axe Kashebe Walikale. La situation sécuritaire à Walikale est donc préoccupante. 

Le député national Sabini Muhima, élu de ce territoire est même d’avis que la guerre n’est pas encore finie. «J’entends dire que la guerre est finie au Nord-Kivu. Mais en tout cas, pas chez moi à Walikale. La guerre n’est pas finie», tranche-t-il.[8] 

 

Le 1er mai, trois positions des FARDC ont été attaquées dans la nuit dans la localité de Kiseguru, sur l’axe Kiwanja-Ishasha en territoire de Rutshuru. Selon Amisi Kalonda, administrateur du territoire de Rutshuru, huit militaires FARDC, trois civils (dont deux femmes et un enfant) et deux combattants des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) ont été tués lors des combats. Pour sa part, le porte-parole des opérations « Amani leo » au Nord et sud Kivu, le major Sylvain Ekenge a indiqué que les combattants FDLR ont mené cette agression pour s’approvisionner en munitions dans les positions FARDC. Une fois de plus, la réforme du secteur de la sécurité en RDC est mise en exergue à la suite de cet incident qui démontre qu’elle présente de nombreuses lacunes.[9] 

 

Le 2 mai, 54 membres des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) qui s’étaient présentés auprès de l’ONG Programme national pour la paix et la reconstruction (PAREC), ont été transférés de Goma, chef lieu de la province du Nord-Kivu vers Lubumbashi, au Katanga. 

Elle s’est chargé de délocaliser les éléments des FDLR , conformément aux accords de Goma. L’initiateur de l’opération, le pasteur Ngoy Mulunda, a précisé que ceux qui voudront retourner au Rwanda seront accompagnés dans le processus de désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinstallation (DDRRR), tandis que ceux qui désireront rester en RDC seront transférés dans une des provinces de leur choix. 

Selon Radio Okapi, il s’agit de 30 combattants FDLR et 106 de leurs dépendants. Ils ont été acheminés ensuite dans la cité de Kisenge, à la frontière avec l’Angola. Ils proviennent du territoire de Masisi dans la province du Nord-Kivu et ils auraient volontairement déposé leurs armes. Ils ont été éloignés de la frontière rwandaise en vue d’assurer leur sécurité en attendant leur rapatriement au Rwanda. 

Selon le porte-parole de l’opération militaire «Amani Leo» au Nord et Sud-Kivu, le major Sylvain Ekenge, les FARDC ont reçu l’ordre de suspendre les opérations de traque des rebelles rwandais des FDLR pour permettre et faciliter l’opération de ramassage d’armes et la reddition des FDLR au Parec. 

Dans le cadre de l’opération «échange d’arme à feu contre 50 dollars USD», lancée le 8 mars 2010, le PAREC a annoncé avoir récupéré plus de 6400 armes de guerre depuis le lancement de l’opération. [10] 

Le Réseau d’Action Citoyenne pour la Démocratie, une coalition de soixante quinze ONG du Nord Kivu, ont exprimé leur inquiétude face à l’opération de délocalisation des rebelles des FDLR du Nord Kivu vers le Katanga. Le RACID estime qu’il fallait plutôt rapatrier les ex-combattants FDLR directement dans leur pays d’origine au lieu de les délocaliser à l’intérieur de la RDCongo. 

Cette opération constitue plutôt un problème et non pas une solution à la question des FDLR, selon cette coalition. M. Jean Paul Lumbulumbu, coordinateur national du RACID explique: «Nous craignons que ces FDLR une fois réinstallés dans la partie ouest du pays puissent se réarmer et déstabiliser la partie est et la partie ouest du pays».[11] 

Le pasteur Daniel Ngoyi Mulunda, coordonnateur du PAREC, a affirmé que tout était mis en oeuvre pour réussir l’opération de délocalisation des hutus rwandais des FDLR. 

« On ne peut pas vouloir la paix et autres choses », a déclaré le pasteur Daniel Ngoyi Mulunda , en réaction aux inquiétudes manifestées par certaines personnalités et organisations concernant la délocalisation des éléments des FDLR vers d’autres provinces de la RDCongo. Pour le coordonnateur du PAREC, ces hutus rwandais ne constituent pas un danger dans la mesure où ils sont désarmés et affaiblis. « Ceux qui sont notamment à Dilolo et à Kabalo dans la province u Katanga (Sud est de la RDC) et à Kabinda, dans la province du Kasaï Oriental (Centre de la RDC) n’ont jamais causé de l’insécurité », a-t-il souligné. Cette délocalisation avait été précédée par la remise volontaire des armes au PAREC dans le cadre de l’opération « armes à feu contre 50 dollars US », lancée le 9 mars dernier dans la localité de Kichanga en territoire de Masisi dans le Nord-Kivu.[12] 

 

 

 

Le mémorandum de 28 Députés du Sud-Kivu adressé au Premier Ministre 

 

Le 26 avril, 28 députés nationaux du Sud-Kivu ont adressé un mémorandum  au Premier Ministre Adolphe Muzito. Leur intervention s’articule autour de neuf points à savoir: La question sécuritaire, les manœuvres d’asphyxie et d’exclusion de l’élite Sud-Kivutienne, la nouvelle tentative d’occupation du Sud-Kivu, la déstabilisation des gouverneurs du Sud-Kivu, la xénophobie à l’égard des Sud-Kivutiens évoluant au Katanga, les cinq chantiers, l’ancien Bureau de l’Assemblée Nationale, la création des nouvelles entités et le départ de la MONUC. 

 

A. Au sujet de la question sécuritaire, les députés trouvent sadique et irresponsable que le gouvernement déclare sans gêne que la paix règne sur toute l’étendue du territoire national et qu’il ne reste plus que quelques poches résiduelles des forces négatives dans notre province. Chaque fois qu’on le dit, on se demande si le gouvernement et la population sont sur le même territoire national ou s’ils ont les mêmes informations de terrain. 

En effet, dans presque tous les territoires de la Province, l’insécurité persiste, causée soit par les forces négatives (FDLR, FRF, …), soit par des éléments des FARDC. 

FIZI centre est complètement déserté : la population a fui des affrontements entre les militaires des FARDC de l’ethnie tutsie et les MAI-MAI qui défendent leur territoire. Dans les moyens et hauts plateaux d’Uvira, les FRF se comportent comme en territoire conquis. A SHABUNDA, les éléments des FARDC s’adonnent plutôt à l’exploitation artisanale des matières premières au lieu de neutraliser les FDLR. Dans les autres territoires, le scénario est le même.  

On remarque d’autres phénomènes non moins graves: 

1°) La défection de plus en plus inquiétante des rangs des FARDC de certains officiers, emportant avec eux armes, munitions et militaires, et se livrant à des exactions habituelles (viol des femmes, pillages, incendie, …). 

2°) La présence des bataillons entiers abandonnés, incontrôlés et impayés dans les territoires de MWENGA et de KABARE qui ne survivent qu’en rançonnant les populations et en ravageant leurs champs. 

3°) La frustration des éléments issus des ex-groupes armés Mai-Mai impayés et non gratifiés, alors que ceux issus du RCD et du CNDP sont traités avec bienveillance.  

4°) Dans le territoire insulaire d’IDJWI, les éléments des forces navales font la loi: leurs tracasseries se font aux différents beach, sur le lac KIVU et même à l’intérieur des collectivités. En plus, les uns obéissent au commandement du Nord-Kivu, les autres à celui du Sud-Kivu. 

5°) Depuis trois ans, il n’y a pas de commandement titulaire de la dixième région militaire au Sud-Kivu. N’y a-t-il vraiment pas d’officiers supérieurs pouvant occuper ce poste de responsabilité pour qu’il soit confié à un intérimaire inamovible ? 

6°) Toutes les positions stratégiques de la Province, en ce compris les frontières et les ports, jadis protégées militairement par nos forces armées, ont été sélectivement confiées aux officiers militaires et hommes des troupes du CNDP. Leur présence donne à penser qu’il s’agit d’une conquête des terres sans combat bien planifiée. 

Doit-on croire aux propos de ceux qui disent que le Gouvernement veut céder le Sud-Kivu au Rwanda? Pourquoi le gouvernement refuse-t-il d’opérer des permutations des officiers et des troupes des FARDC sur toute l’étendue du territoire national? Jusqu’où ira-t-on avec des soldats intouchables et pour la plupart, anciens rebelles et tortionnaires?    

 

B. À propos des manœuvres d’asphyxie de l’élite Sud-Kivutienne, les leaders et les cadres de cette province sont littéralement exclus aussi bien dans la sphère politique que dans les autres structures étatiques  à la DGI, à la DGRAD et à la DGDA). 

 

C. En ce qui concerne la nouvelle tentative d’occupation du Sud-Kivu, on apprend que dans le territoire de KALEHE, il y a un mouvement de retour des rwandais tutsi qui prétendent qu’ils étaient réfugiés au Rwanda et qu’ils reviennent maintenant dans leur pays où ils tiennent à récupérer leurs anciennes concessions qu’ils avaient pourtant vendues avant d’aller chez eux, à la faveur de la prise de pouvoir au Rwanda par l’APR. Leur présence est signalée notamment à KALONGE et à NUMBI. Par ailleurs, nous sommes informés que le gouvernement parallèle, puisqu’il existe, est en train de procéder au remplacement de certains administrateurs de territoire. C’est ainsi qu’à IDJWI, territoire insulaire situé dans le lac Kivu à la frontière avec le Rwanda, on a voulu placer un Monsieur qui vit au Rwanda, plus précisément à RUHENGERI, comme si dans le territoire d’IDJWI, personne n’est capable d’administrer un territoire. 

 

D. Sur les cinq chantiers, L’éducation, l’emploi, l’eau et l’électricité, les routes, ainsi que le logement constituent les cinq axes retenus en vue de la modernisation de la Dcongo. Sur ce point aussi, grande est la frustration des Sud-Kivutiens au regard de ce qui se passe dans leur province et comparativement à ce qui se réalise ailleurs. Les Députés nationaux du Sud-Kivu ont toujours soutenu avec force la réhabilitation des infrastructures suivantes  qui peuvent entraîner un décollage socio-économique de leur province : l’aéroport de KAVUMU, la sucrerie de KILIBA, le dragage du port de KALUNDU, la cimenterie de KATANA, les axes routiers BUKAVU-KALEMIE, BUKAVU – WALIKALE, BUKAVU – KINDU, BUKAVU – GOMA, le barrage hydroélectrique de Ruzizi I et II, les plantations et les fermes, l’érection de nouvelles villes, cités et communes rurales, les écoles et les formations médicales, etc. Bien plus, la mécanisation et la paie effectives des agents et fonctionnaires de l’Etat y compris les enseignants, les militaires et les policiers pourraient relancer la vie normale des citoyens sud-Kivutiens. Ici aussi, malheureusement, on constate que le courant électrique est quasi inexistant à Bukavu, alors que les pays voisins alimentés à partir des mêmes turbines en jouissent sans interruption. L’eau courante, dont la qualité est d’ailleurs douteuse, n’est fournie qu’à moins de 15% de la population urbaine, la voirie urbaine est quasi inexistante, aucune construction de logement n’a commencé, etc. Les fonds encaissés par SAFRICAS pour la construction de logements sociaux ont été détournés pour un projet de Kinshasa. Les quelques travaux de construction des routes inaugurés avec pompe depuis deux ans déjà piétinent : en témoigne, la route Bukavu-Kavumu qui ne compte que 30Km qui n’est toujours pas achevée bien que commencée il y a deux ans. Quant aux autres tronçons, Dieu seul sait s’ils seront un jour débutés ou achevés. Bref, les cinq chantiers résonnent dans les oreilles des Sud-Kivutiens comme des slogans creux et moqueurs. Pendant ce temps, plusieurs Kilomètres de routes asphaltées et modernes sont construites dans d’autres provinces. 

 

E. À propos du départ de la MONUC, les FARDC constituent aujourd’hui un corps encore hétérogène composé de troupes venues de plusieurs forces, les unes loyalistes, les autres rebelles. Il n’y a donc pas encore une véritable armée Républicaine au sens constitutionnel du terme, capable de sécuriser la population, ainsi que les élections sur l’ensemble du territoire national. Sur le terrain, certains compatriotes militaires commettent de nombreuses exactions, suivant les mêmes modes opératoires que d’autres ennemis de la paix, peut-être parce qu’ils sont démotivés et abandonnés. 

Voilà pourquoi il serait prématuré de procéder à l’exécution du plan de désengagement de la MONUC avant la mise en place des nouvelles institutions qui seront issues des prochaines élections programmées pour l’an 2011. 

 

Conclusion

Au Sud-Kivu, contrairement à ce que le gouvernement déclare, l’insécurité continue à régner: des militaires des FARDC, des INTERAHAMWE- FDLR, ainsi que d’autres forces négatives, comme des lions rugissants, blessés et affamés, sont déchaînés contre une population abandonnée, usée et déprimée par des années de guerre et de pauvreté. 

Les Députés formulent, entre autres, les recommandations suivantes adressées au Premier Ministre: 

1) La permutation et la nouvelle affectation de tous les dirigeants de l’Armée, de la Police et des services de sécurité, en place depuis longtemps et aujourd’hui encore, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu; 

2) La récupération et la réaffectation des bataillons des militaires abandonnés à leur triste sort ci et là dans différentes contrées de la province et qui sèment la désolation au sein de nos populations; 

3) Le paiement des salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat, spécialement les enseignants, les policiers et les militaires; 

4) La réhabilitation des infrastructures de base; 

5) La relance des travaux des routes de desserte agricole; 

6) La prise en compte des accords de paix signés à Goma; 

7) La rétrocession effective des 40% des recettes à chaque province; 

8) Le respect de la liberté des Députés Provinciaux dans la sélection et le vote du gouverneur de province; 

9) La prise en compte de la Société Civile et des femmes dans la composition de la CENI à tous les niveaux; 

10) Le maintien de la MONUC jusqu’à la fin des prochaines élections générales. 

 

La Société Civile 

 

Le 23 avril, 52 rabbins anglais ont signé une pétition publiée dans le journal «The Guardian », pour appeler les responsables des partis politiques anglais, en campagne électorale, à s’engager pour faire de la situation en RDC une priorité absolue lors de la prochaine législature. 

Voici leur pétition : 

Le peuple de la République Démocratique du Congo (RDC) a subi pendant plus de 11 ans des violences, des crimes de guerre, la corruption, des crises humanitaires, pillages et viols sur une échelle qui défie l’entendement. En avril 2007, l’ONG « International Rescue Committee » a estimé le nombre de morts en RDC depuis 1998 à 5,4 millions. Ce chiffre terrible continue d’augmenter à un taux de 45.000 par mois. Les conséquences supplémentaires liées à la maladie et à la malnutrition ont entraîné une augmentation du nombre de morts à au moins 7 millions, sans compter les millions de réfugiés……. 

Si l’on considère la souffrance et l’ampleur des atrocités commises en RDCongo, nous ne pouvons que nous rappeler nos propre 6 millions de victimes du génocide Nazi. Le «Ne rien entendre, ne rien voir et ne rien faire», rester les bras croisés alors que les êtres humains sont massacrés ne remplit pas la promesse du «plus jamais ça!». Il y a déni de justice pour les victimes et cela questionne notre profonde engagement pour l’humanité………. 

En conséquence, nous lançons un appel à tous les chefs des partis [politiques] au nom du peuple de la RDC…………..  Nous demandons donc à tous les partis de s’engager de manière inébranlable pour faire de la situation en RDC une priorité absolue lors de la prochaine législature.[13] 

 

Le 1er mai, une journée ville morte a été observée dans les territoires de Beni et de Lubero. La population de ces deux juridictions a répondu à l’appel de la société civile du Grand Nord de la province du Nord-Kivu de boycotter les manifestations commémoratives de la fête du travail célébrée dans le monde. Les membres de la société civile de cette région justifient leur décision: la population de Beni et de Lubero n’a aucune raison de se réjouir alors qu’elle est victime ces dernières semaines des tueries, des extorsions et des diverses autres tracasseries. 

Omar Kavota, président de la société civile du territoire de Beni l’explique: 

“Il s’agit pour nous, en tant que forces vives, d’exprimer notre ras-le-bol face à l’insécurité grandissante dans la zone, de dénoncer même le mutisme des autorités gouvernementales par rapport à cette situation d’insécurité généralisée et de pleurer avec les familles endeuillées à la suite des diverses tueries perpétrées ça et là par des hommes en armes dans la zone. Nous avons enregistré des pertes nombreuses en vies humaines et des blessés. Nous pensons qu’il importe pour nous de pleurer, donc nous allons célébrer cette journée dans la méditation la plus totale et nous avons appelé la population à observer cette journée dans la méditation. Nous avons appelé tous ceux qui devaient défiler à ne pas le faire, donc à observer une journée ville morte”, a souligné le président de la société civile de Beni.[14] 

 

La violence au quotidien 

 

Le journal américain, New York Times, sous la plume de Nicholas D. Kristol, vient de porter le compte des victimes de la guerre en RDCongo à 6,9 millions de morts

Mais lisons plutôt un extrait du reportage émouvant de Nicholas D. Kristol de New York Times : «Jeanne et les autres filles étaient régulièrement attachées, les bras en croix, et violées par plusieurs miliciens. Rapidement, elle est tombée enceinte. Les viols n’ont pas cessé. Parfois même avec des bâtons, qui lui vrillaient les entrailles. Un jour, Jeanne, à l’agonie, a été abandonnée dans un fossé, au bord de la route. C’est là qu’elle a été trouvée et emmenée à Bukavu. «Elle était totalement détruite à l’intérieur », raconte le Docteur Mukwege, 54 ans, responsable à l’hôpital Panzi.(…) Il a opéré Jeanne neuf fois en trois ans. «Parfois, je me demande ce que je fais ici, lâche le docteur. Il n’y a pas de solution médicale. Ce qu’il faut, explique-t-il, ce n’est pas plus d’aide humanitaire, c’est un fort effort international bien plus vigoureux pour mettre fin à la guerre. Cela veut dire faire pression sur le voisin rwandais… sur le président congolais, Joseph Kabila…. Que les Etats-Unis s’impliquent pour que des efforts soient faits concernant le contrôle du commerce des minerais. Pour que les chefs de guerre ne se servent plus du coltan, du zinc ou de l’or pour acheter des armes…».  Oui. Cet effort international doit maintenant et plus que jamais se traduire par la mise en place d’un tribunal pénal international pour le Congo. Pour que ces millions de morts ne soient pas morts pour rien.[15] 

 

La population de la cité de Kirumba située à 150 Km de la ville de Butembo au Sud du Territoire de Lubero dénonce un afflux massif des militaires rwandophones, appelés aussi «Fardc Nouvelle Formule» ou «Forces Armées Rwandaises Déployées au Congo». Ce qui inquiète la population de Kirumba et des environs c’est le fait des exactions qu’ils commettent à l’encontre des paisibles congolais et de leurs biens dans l’indifférence ou impuissance totale des autorités administratives locales. Au lieu que ces militaires soient cantonnés dans un camp militaire, ils se dispersent dans la cité de Kirumba, occupent de force les habitations appartenant aux civils, notamment les maisons en voie de construction, les paillottes ou vérandas des vieux, toute maison non occupée, etc. Quand vient le soir, ces militaires armés prennent leurs femmes et leurs enfants et s’invitent au repas du soir dans les familles de la cité de Kirumba jusqu’à ce qu’ils soient satisfaits. les habitants de Kirumba et de leurs environs dénoncent aussi le vol armé des récoltes dans les champs et du bétail dans les fermes par les mêmes militaires. La crainte est que, si cette pratique malveillante n’est pas arrêtée maintenant, les habitants de Kirumba et environs mourront de faim car ils n’auront plus de nourriture dans leurs maisons comme dans leurs champs. Les observateurs de la situation qui prévaut au Sud de Lubero redoutent ainsi l’usage de l’arme alimentaire par militaires rwandophones dont le déploiement incontrôlé fait problème. Dans les localités de VUSEGHA, VUKOKA, MBUMBI, etc. les habitants sont réduits en esclaves par les militaires qui y exploitent les minerais, le bois et planches (LIBOYO) et les font transporter de force par les civils.[16] 

 

De grands propriétaires terriens poussent les paysans du territoire de Masisi à abandonner leurs terres pour se les approprier. Les victimes rapportent des actes de torture, de détention arbitraire, d’expropriation et d’assassinat. Des témoins et des ONGs confirment ces exactions. 

Le schéma est toujours le même: un nouveau propriétaire arrive, certificat d’enregistrement en main, et oblige des centaines, voire des milliers de familles à partir. Sinon, il mobilise les militaires en position dans le secteur pour déloger les populations de force. 

Les associations de défense des droits humains demandent aux décideurs de ne pas minimiser un problème qu’elles considèrent comme une véritable bombe à retardement pour la sécurité de la région. Les autorités provinciales estiment qu’il faut permettre à tous ceux qui le veulent d’obtenir des titres fonciers. Pour ce faire, elles proposent de créer de nouvelles circonscriptions foncières à Masisi, à Rutshuru et à Walikale.[17] 

 

Visage grimaçant et transpirant, corps penché en avant, mains au front tenant la lanière du sac de 50 kg posé sur le dos: sur les 50 km du sentier en forêt reliant la mine de Bisie, dans l’est de la RDC, à la première route, les porteurs de cassitérite ont la vie dure. 

Chaque jour, entre 200 et 450 sacs de ce principal minerai d’étain, utilisé notamment dans l’industrie électronique, partent ainsi à dos d’homme, depuis le carré minier jusqu’à Njingala, le village le plus proche disposant d’une route. 

Les porteurs -ils seraient environ 2.000 selon les autorités locales- endurent 50 km de marche au coeur de cette forêt de la province du Nord-Kivu (est) sur un sentier chaotique, souvent jonché de racines et boueux. Ils franchissent collines, marécages et petits cours d’eau, par une chaleur étouffante ou sous une pluie battante. 

Les plus vaillants font le trajet d’une traite en une dizaine d’heures. Les autres partent l’après-midi, dorment sur le parcours, et reprennent la marche tôt le lendemain. 

Un jour le porteur monte à la mine avec de la nourriture, de la bière ou du matériel (casseroles, chaises, télévision, planches…), le lendemain il redescend chargé de cassitérite. 

Pour la cassitérite (50 kg), le porteur est payé entre 0,6 et 0,7 dollar (USD) le kilo, soit entre 30 et 35 USD le sac. Pour les autres marchandises c’est 0,4 à 0,5 USD le kilo. 

Sur le sentier, c’est un va-et-vient incessant de porteurs. Ils déambulent par petits groupes ou bien seuls. Ils font des escales pour s’alimenter dans des petits villages-restaurants installés au milieu de la forêt, et où ils peuvent aussi dormir. 

La mine de Bisie et le sentier qui y mène sont tenus par des soldats de l’ex-mouvement rebelle du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégrés début 2009 à l’armée congolaise. 

Les soldats tiennent plusieurs « barrières » et taxent tous les marcheurs à l’aller comme au retour, au tarif de 100 francs congolais (0,1 USD) le passage.[18] 

 

 

ÉQUATEUR 

 

Selon des sources locales à Mbandaka, chef-lieu de l’Equateur, la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader au quotidien. «Après l’attaque qui a eu lieu dimanche 4 avril, plusieurs avions de type Boeing 727 ont déversé des renforts dans la ville, rapporte un habitant de Mbandaka. Plusieurs membres de la garde présidentielle, reconnaissables par leur uniforme de couleur noire assorti de béret rouge, quadrillent la ville et tire sur tout ce qui bouge. Selon une autre source, les forces dites de sécurité font régner la terreur à l’occasion de patrouille pour débusquer les «infiltrés». «Les soldats de la garde présidentielle arrêtent n’importe qui sous n’importe quel prétexte, s’enrage une source locale. Il tirent sans sommation». La ville de Mbandaka vit dans la peur. 

Samedi 17 avril, un accrochage a eu lieu entre les FARDC et des combattants non autrement identifiés au niveau de la localité de Nganda Mikese, située à une vingtaine de kilomètres de Mbandaka. Le porte-parole de la Mission de l’Onu au Congo (Monuc), Madnodje Mounoubai, a précisé qu’il s’agissait des rebelles repoussés lors de l’attaque de la ville de Mbandaka. 

Un étudiant a été abattu, dimanche 18 avril, à Bolenge, à une dizaine de kilomètres de Mbandaka. Il en est de même d’une femme enceinte.[19]   

 

Le 20 avril, dans un rapport, l’Association africaine de défense des droits de l’Homme en RDCongo (Asadho) a accusé l’armée congolaise d’avoir « exécuté » ou « ordonné l’exécution » de 49 personnes, en majorité des civils, lors des combats du 4 avril à Mbandaka contre des insurgés Enyele. Asadho a reçu plusieurs témoignages faisant état de l’exécution sommaire, dans la nuit du 5 au 6 avril de neuf personnes, qui avaient été appréhendées trois mois avant l’occupation de Mbandaka, accusées d’être des insurgés Enyele se réclamant du Mouvement de Libération indépendant et Alliés. La mission de l’Asadho a enregistré trente trois cas de personnes exécutées sommairement et déposées à la morgue de Mbandaka. Elle a été informée de cinq corps ramassés à la cité, mais non déposés à la morgue, et cite nommément six autres victimes. Des sources locales à Mbandaka confirment des exécutions extrajudiciaires de toute personne suspectée d’être un «rebelle». Jean-Claude Katende, président de l’Asadho, déclare que les victimes ont été tuées parce qu’elles étaient soupçonnées de sympathiser avec les assaillants. Le gouvernement provincial de l’Equateur rejette cette accusation, mais le gouvernement centrale fait état de 21 morts, dont neuf dans les rangs de la Monuc et des forces de l’ordre et 12 autres parmi les assaillants.[20] 

 

Le 26 avril, la Police nationale congolaise (PNC) à Mbandaka a arrêté 13 présumés auteurs de l’insécurité, qui sème la désolation parmi la population de cette ville depuis quelques semaines. 

Parmi les personnes arrêtées, on trouve 2 militaires de la force navale, qui, selon leurs complices, fournissaient des armes et des munitions à ce groupe des malfaiteurs; 1 policière; 7 civiles, reconnus comme des bandits de grand chemin et 3 détenus de la prison centrale de Mbandaka qui s’étaient évadés, le 4 avril, lors de l’attaque de la ville par les insurgés du Mouvement de libération indépendante et des alliés.[21] 

 

Le 05 mai, le chef des insurgés du Mouvement de Libération Indépendante des alliés, autrefois appelés Enyele, Udjani Mangbama, un féticheur âgé de 25 ans, aurait été arrêté dans la cité de Dongo, dans la province de l’Equateur. Selon le ministre de la Communication, il a été capturé et livré à la police par ses frères du clan sur place à Dongo où il était retourné pour un nouveau recrutement. 

Toutefois, aucune source indépendante n’a pas confirmé l’arrestation d’Udjani en RDCongo. 

En effet, Selon un responsable à la direction départementale de la police de la Likouala (extrême nord du Congo Brazzaville), Ondjani Mangbama et quelques-uns de ses lieutenants se sont rendus, le 4 mai, aux forces de sécurité du Congo Brazzaville, dans la localité de Mombendzelé, située à 95 kilomètres d’Impfondo et a été transféré à Brazzaville. 

Pour le sénateur MLC Jacques Djoli, cette arrestation ne devrait pas occulter les vrais problèmes qui se posent à Dongo, en particulier et dans la province de l’Equateur en général. Ces problèmes sont d’ordre économique et politique. Sur le plan économique, le sénateur a mis en évidence l’enclavement de Dongo et la misère qui fait que ses habitants se disputent des étangs. 

Quant aux problèmes politiques, il faut se rappeler des différentes revendications présentées au Gouvernement de Kinshasa, les tensions au sein du bureau de l’assemblée provinciale, la corruption, l’impunité. Au-delà des questions économiques et politiques de l’Equateur, le système de défense du pays en général pose également problème.[22] 

 

 

PROVINCE ORIENTALE 

 

Le 3 mai, les députés de la Province Orientale originaires de l’Ituri ont déclaré devant la presse de Kisangani que «le 15 mai prochain, le district de l’Ituri deviendra la province de l’Ituri». Ces parlementaires se basent sur la constitution du 18 février 2006. Son article 2 stipule que le vendredi 14 mai 2010 est la date butoir de mise en place des provinces. Floribert Katanabo, porte parole des députés de l’Ituri, a affirmé que l’Ituri est prêt à fonctionner comme province avec toutes ses institutions. 

La question que les députés de l’Ituri vienent de soulever est pertinente. Mais la Constitution n’autorise pas du tout des déclarations unilatérales sans qu’elles s’appuient sur une loi organique. Or, sur ce point, la loi portant décentralisation et délimitation des entités décentralisées est toujours en souffrance au Parlement. Raison pour laquelle à l’Assemblée nationale, il est envisagé de procéder à la révision constitutionnelle en ciblant certains articles, notamment les articles 2 et 226. 

Le danger dans cette déclaration qui s’apparente à une provocation, à une rébellion, c’est qu’elle pourrait faire des émules et susciter des réactions en chaîne. Ou tout simplement, les députés de l’Ituri ont décidé d’exercer une pression sur le gouvernement et le Parlement. Ce qui n’est pas à exclure. Mais l’Ituri demeure l’une des parties les plus riches de la RDCongo. Outre l’or, le diamant, le café et le bois, l’Ituri dispose du pétrole du Lac Albert, à telle enseigne que les sociétés pétrolières étrangères se bousculent au portillon pour son exploitation. On se souviendra que dans un passé récent certains Congolais ont été manipulés à souhait par des étrangers soutenus par un pays voisin pour déstabiliser la RDC et se livrer au pillage des richesses de l’Ituri même. 

Il faudra vérifier si derrière cette déclaration incendiaire, il peut y avoir une main invisible qui pousse encore des Congolais à poser des actes de rébellion avec comme finalité de balkaniser la RDC sous des prétextes fallacieux. Au centre de cet énième complot, l’or mais surtout le pétrole du Lac Albert qui suscite des convoitises. Il revient aux autorités compétentes de s’imposer une réflexion profonde pour découvrir ce qui se cache réellement derrière cette déclaration.[23] 

 

« Quand je suis parti, 

j’étais impressionné par les images de la CNN 

et je pensais que la réalité africaine était terrible, 

dévastée par une souffrance continue. 

Je croyais, enfin, qu’il y n’y avait plus rien à faire. 

Par contre, c’est vrai exactement le contraire ». 

 



[1] Cf Beni Lubero Online, 31.03.’10 

http://www.benilubero.com/index.php?option=com_content&task=view&id=1881&Itemid=2 

[2] Cf AFP – Kinshasa, 07.04.’10 

[3] Cf Radio Okapi, 13.04.’10 

[4] Cf Uhuru, 14.04.’10 

[5] Cf Radio Okapi, 23.04.’10 

[6] Cf AFP – Kinshasa, 26.0.’10 ; Radio Okapi, 25.04.’10 ; Misna, 27.04.’10 

[7] Cf Beni Lubero Online, 02.05.’10 

http://www.benilubero.com/index.php?option=com_content&task=view&id=1925&Itemid=2;  Radio Okapi, 02.05.’10 

[8] Cf AFP – Kinshasa, 01.05.’10 ; Radio Okapi, 01.05.’10 ; Radio Okapi, 30.04.’10 

[9] Cf Louis-Paul Eyenga Sana – Le Potentiel – Kinshasa, 04.05.’10 

[10] Cf Xinhuanet 04.05.’10 ; Radio Okapi, 05.05.’10 ; Le Potentiel – Kinshasa, 07.05.’10 

[11] Cf Radio Okapi, 07.05.’10 

[12] Cf Xinhuanet 10.05.’10 

[13] Cf Mediacongo, 28.04.’10 

http://www.mediacongo.net/show.asp?doc=15210 

[14] Cf Radio Okapi, 02.05.’10 

[15] Cf Le Potentiel – Kinshasa, 26.03.’10 

[16] Cf Beni Lubero Online, 15.04.’10 

http://www.benilubero.com/index.php?option=com_content&task=view&id=1901&Itemid=2 

[17] Cf Radio Okapi, 15.04.’10 

[18] Cf AFP – Bisie, 22.04.’10 

[19] Cf Congoindependant, 23.04.’10 

http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=5575 

[20] Cf AFP – Kinshasa, 20.04.’10 ; Radio Okapi, 22.04.’10 

[21] Cf Radio Okapi, 27.04.’10 

[22] Cf Radio Okapi, 05.05.’10 ; Louis-Paul Eyenga Sana – Le Potentiel – Kinshasa, 07.05.’10; AFP – Brazzaville, 10.05.’10 

[23] Cf Radio Okapi, 03.05.’10 ; Cf aussi Le Potentiel – Kinshasa, 04.05.’10. L’article 2 de la Constitution stipule: «La République démocratique du Congo est composée de la ville de Kinshasa et de 25 provinces dotées de la personnalité juridique. Ces provinces sont : Bas-Uele, Equateur, Haut-Lomami, Haut-Katanga, Haut-Uele, Ituri, Kasaï, Kasaï Oriental, Kongo central, Kwango, Kwilu, Lomami, Lualaba, Kasaï central, Mai-Ndombe, Maniema, Mongala, Nord-Kivu , Nord-Ubangi, Sankuru, Sud-Kivu, Sud-Ubangi, Tanganyika, Tshopo, Tshuapa. Kinshasa est la capitale du pays et le siège des institutions nationales. Elle a le statut de province». D’autre part, l’article 226 de la Constitution est libellée de la manière suivante: «Les dispositions de l’alinéa premier de l’article 2 de la présente Constitution entreront en vigueur endéans trente six mois qui suivront l’installation effective des institutions politiques prévues par la présente Constitution». 

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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