Meurtre et mœurs,

15 juin 2010

Billet du jour

par Ben-Clet (Le Potentiel)

Entre, d’une part, « le meurtre » de Floribert Chebeya, confirmé devant la presse par le Procureur général de la République, et d’autre part, « l’affaire de mœurs » par laquelle le général chef de la Police de la capitale congolaise a tenté d’expliquer l’origine du décès de l’activiste des droits humains, il y a un fossé.

 La bonne petite nouvelle est venue du communiqué de l’Ambassade des Pays-Bas à Kinshasa. L’autopsie pratiquée, dix jours après le « meurtre », par les docteurs Frank Van de Goot (Néerlandais) et Tshomba Honda (Congolais) permet un constat.

« Aucune cause de la mort n’est encore établie de façon certaine. Tout en n’excluant pas l’usage de la violence, l’autopsie n’indique, jusqu’ici, aucun signe de violence excessive. (…) Des recherches complémentaires seront effectuées dans plusieurs instituts aux Pays-Bas ». Ainsi, le rapport final sera« attendu d’ici 3 à 5 semaines ».

Alors que le général chef de la Police de Kinshasa avait exclu toute « trace visible de violence », le voilà contredit par les médecins légistes. L’opinion soutient que si la communauté internationale n’avait pas pesé pour imposer la présence des experts étrangers, au niveau de l’autopsie, c’est sûr que le docteur congolais subirait des pressions pour réciter le discours de la Police : « Pas de trace de violence » !

Dès lors que les premiers « indices » fournis par la Police, ont été déclassifiés, il n’y existait plus de raison de ne pas réfuter le grossier montage policier faisant passer le crime crapuleux « en affaire de mœurs » afin de salir la mémoire de la victime.

Vous vous souvenez sûrement des préservatifs utilisés, des pilules DAVIGRA, des mèches de cheveux artificiels ainsi que des ongles artificiels qui auraient été « découverts » par la Police aux côtés du cadavre de Chebeya, sur le siège arrière de sa voiture. Eh bien, tout cet échafaudage amateur s’est écroulé comme un château des cartes.

Le général chef de la police de Kinshasa a été accusé, le week-end, de tenter de maquiller le crime. De détourner le public de la thèse de « mort par violence ». Et d’avoir voulu brouiller les pistes de l’enquête.

Dernière question. Ces tentatives masquent-elles une quelconque responsabilité de la Police dans le crime ? Quoi qu’il en soit, le général a été brièvement retenu et interrogé en week-end par les services de sécurité.

Affaire Chebeya : une publicité dont la RDC n’avait pas objectivement besoin.

Droits de reproduction et de diffusion réservés © Le Potentiel

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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