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Les populations de la partie orientale de la République démocratique du Congo sont-elles condamnées à une vie d’errance ? La question est en droit d’être posée à l’analyse du nombre croissant des personnes identifiées ayant déserté leurs lieux de résidence, fuyant les affrontements entre l’armée régulière et des groupes armés (locaux et étrangers) ainsi que les exactions collatérales. De sources humanitaires, il y aurait à ce jour près d’un million et demi de déplacés internes identifiés dans l’Est du pays. « Nous sommes prêts à tout faire pour rendre effectif le retour des réfugiés et des déplacés. Le HCR et la communauté internationale sont disposés à accompagner le gouvernement dans le processus de protection et d’assistance humanitaires des populations à condition qu’on puisse garantir les conditions de sécurité et promouvoir la réconciliation », a déclaré mercredi le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, en visite dans la province de l’Equateur.
De fait, la « protection » des populations est du ressort de l’Exécutif national. « Tous les Congolais ont droit à la paix et à la sécurité tant sur le plan national qu’international. L’Etat a le devoir d’assurer et de promouvoir la coexistence pacifique et harmonieuse de tous les groupes ethniques du pays. Il assure également la protection et la promotion de groupes vulnérables et de toutes les minorités », stipulent les articles 52 et 51 de la Constitution. Sur le terrain, il se constate une capacité limitée de l’Etat congolais de restaurer la paix et l’autorité de l’Etat dans les provinces du Kivu et Orientale, terriblement secouées depuis une dizaine d’années par les activités de groupes armés locaux et étrangers (rwandais et ougandais). Furieux, le président de la République avait qualifié en janvier 2008 les milices congolaises de « maffia » dont il avait localisé le « cerveau à Kinshasa ». Deux années plus tard, et malgré les opérations militaires menées conjointement à fin 2008 et début 2009 par les FARDC, avec les armées ougandaise (province Orientale) et rwandaise (Nord-Kivu), le mal persiste encore. Il s’est même étendu en novembre 2009 à l’Equateur, caractérisé par des tueries provoquées par des Enyele – revendiquant un droit de propriété sur des étangs poissonneux de Dongo – qui se sont étendues à Mbandaka, « occupée » durant quelques heures par les « insurgés ». Passée l’euphorie de l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative PPTE (pays pauvres très endettés), les pouvoirs publics feraient œuvre utile en se remettant rapidement à l’ouvrage. Investigation sur la « maffia » dénoncée par le chef de l’Etat pour arrêter définitivement la spirale des conflits armés, approvisionnement des FARDC en logistique appropriée et moyens conséquents devraient être leurs missions prioritaires. Et en rejetant les appels chimériques des acteurs politiques, les populations des Kivu et de la province Orientale pourront ainsi éviter une « vie d’errance » dans leur propre pays. Directrice exécutive du PAM : Josette Sheeran plaide pour une politique humanitaire en RDC La situation humanitaire de la RDC préoccupe les organisations humanitaires internationales. C’est ce qui justifie la présence, à Kinshasa, de la Directrice exécutive du PAM. La directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM), Josette Sheeran, plaide pour une politique humanitaire en République démocratique du Congo. Elle l’a fait savoir hier jeudi 22 juillet. C’était à l’issue d’une séance de travail avec le vice-Premier ministre et ministre de l’Emploi, du Travail et de la Prévoyance sociale, Mobutu Nzanga Ngbangawe. Le but de la visite de la directrice exécutive du PAM qu’accompagnait le haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), Antonio Guterres, est d’évaluer les projets conjoints PAM-HCR déjà en cours, en faveur des personnes déplacées et soulager leurs efforts à atteindre les plus nécessiteux et les plus vulnérables en RDC. L’entretien, entre les deux personnalités, s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations entre la RDC et les institutions humanitaires internationales. Les échanges ont tourné essentiellement autour d’une vision globale sur la protection et la sécurité sociales en RDC. Et dans cette optique, le PAM envisage la mise en place, dans les tout prochains jours, d’un projet visant à soutenir les agriculteurs du territoire national. Une manière de lutter contre une crise alimentaire potentielle dans le pays. Il faut noter que Josette Sheeran a également plaidé pour la mise en place d’un programme favorisant le retour volontaire des déplacés de Dongo dans la province de l’Equateur présentement réfugiés à Brazzaville. En sa qualité du responsable de la commission « besoins sociaux de base » au sein du gouvernement, Mobutu Nzanga a marqué son accord à accompagner les humanitaires dans le travail qu’ils exercent. Pour Mobutu Nzanga, toutes les batteries sont mises en marche pour garantir la sécurité sociale en RDC. Pour rappel, Josette Sheeran est la onzième directrice du PAM. Son organisation fournit chaque année, une assistance alimentaire à quelque 100 millions de personnes dans plus de soixante dix pays au monde. L’actuelle directrice exerce également pour deux ans, le rôle de la présidente du comité de haut niveau sur la gestion. Une structure qui assure la coordination et la cohérence de l’action de l’ensemble du système des Nations unies. Cela, dans les secteurs de l’administration et de la gestion. OLIVIER KAFORO © Copyright Le Potentiel |
Une vie d’errance
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25 juillet 2010
Au fil des jours