Malade, affaibli mais requinqué par ses médecins, Tshisekedi s’annonce au déluge de candidats. Lubanga également. Kamerhe aussi. Kashala également. Bemba? Sera? Sera pas? L’AMP à relifter doit s’y résoudre.
L’année 2006 a fourni au pays une expérience démocratique que l’histoire demain pourrait qualifier d’«improviste» selon un entendement courant r-dcongolais. Au fond, on y a été sans vraiment y croire. Des partis d’opposition dont le plus emblématique, celui de l’UDPS d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, avaient lancé un mot d’ordre de boycott.
Jouant comme jadis ils jouaient sous la cour de Mobutu, ils furent suivis avec ferveur par leurs ouailles.
Mais voilà que les scrutins ont eu lieu. Mais voilà qu’ils furent authentifiés, validés, reconnus, légitimés malgré d’évidentes imperfections inhérentes à une activité politique qui se tenait pour la toute première fois dans le pays. Institutions nouvelles et personnel nouveau prirent les commandes de l’appareil de l’État.
Depuis, ils le conduisent sans qu’on ait à signaler de gros problèmes, ni blocage, ni rupture sociale quelconque hormis bien évidemment les questions courantes à toute œuvre humaine.
En cinq ans, le Congo ne s’est donc pas fracassé.
Devant les Chambres parlementaires réunies en Congrès, lors d’un discours sur l’état de la Nation, le Président de la République a déclaré que le pays ne s’était jamais aussi bien porté.
Le 30 juin, la R-dC a célébré avec faste le cinquantenaire de son Indépendance en accueillant moult Chefs d’État, dont le Roi et la Reine de Belgique qui venaient pour la toute première fois depuis cinquante ans. Ce vieux couple a passé quatre jours chez nous, sans qu’un banal accident ne lui arrive, dans la Capitale d’un pays présenté en Occident comme une poudrière.
Dans son discours, face à ses homologues dont certains avaient dans le passé par deux fois au moins agressé le pays, le président Kabila estimait devoir affirmer que le Congo est le géant du Continent, que le géant endormi avait entrepris de se relever…
Le lendemain, le Fonds Monétaire Internationale et la Banque Mondiale annonçaient l’effacement d’une dette de 10,9 milliards de dollars. Si cela a été possible, c’est parce que le pouvoir issu des élections démocratiques a trouvé le moyen de donner des gages de sa bonne gouvernance.
10,9 milliards de dollars effacés, c’est autant de milliards que le Congo met en jachère pour investir ses secteurs sociaux vitaux et, il faut le croire, dans une perspective de développement permettant l’envol de son économie.
Si elles sont conduites dans une perspective de vision et maîtrisées afin qu’elles n’apparaissent pas comme lors du boom cuprifère, les transformations qui ont lieu dans la Capitale et dans le pays dans le secteur des infrastructures portent le pays sur une plate-forme de développement. Ceci ne l’a peut-être jamais été dit de la manière aussi claire…
Habitués à jouer sous Mobutu, les partis d’opposition boycotteurs des scrutins de 2006, acteurs du théâtre de chez nous, n’ont que leurs yeux pour pleurer.
Voici cinq ans que cela durait…
Aujourd’hui, tous ont levé le mot d’ordre de boycott. Tous annoncent qu’ils seront prêts en 2011. Soit l’année prochaine dans six mois.
La démocratie n’en sortira que grandie. C’est donc une élection neuve que 2011 annonce.
Par les protagonistes.
Ainsi, contrairement à 2006, ils seront tous là en 2011, en fort grand nombre.
La scène devrait faire le plein. Le déluge de candidats.
UN PROJET DURABLE NE SE CRÉE PAS SUR UN ÉLAN DE SYMPATHIE.
Quoique affaibli par l’âge, par des ennuis de santé mais requinqué par ses médecins belges après un long séjour en Europe, et par des divisions au sein de son parti, l’UDPS Etienne Tshisekedi wa Mulumba ne souhaitait pas ne pas livrer cette bataille de fin de vie. Le Kasaï qui lui appartient, lui est dévoué, lui est acquis d’office. Il y a l’Américain Oscar Kashala parti du pays sur la pointe des pieds au lendemain d’un revers électoral cuisant, qui n’a pas laissé qu’une bonne image. Il y a l’ex-PPRD Vital Kamerhe, l’ancien président de l’Assemblée nationale qui joue à monter la pression au sein de son ex-parti, se sent un destin national sans savoir jusqu’où il irait trop loin et s’il parviendrait à franchir le Rubicon.
Il y a Thomas Lubanga dont l’annonce de sortie de prison de la Cour Pénale Internationale est célébrée dans l’Ituri. S’il quitte sa geôle de La Haye, le Hema fera mouche en province Orientale. Ces hommes et bien d’autres pourraient bousculer bien de calculs.
Il y a Jean-Pierre Bemba Gombo. Sera-t-il? Sera-t-il pas? Son Equateur y croit ferme. S’il n’y est pas, son ombre planera et pèsera sur les scrutins qu’il dirigera depuis sa cellule de la CPI.
Cinq ans d’expérience démocratique, cela a mûri tout le monde. Cinq ans d’exercice du pouvoir, cela met forcément en délicate position hommes et partis au pouvoir qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes comme ils ont fait part de leurs limites.
Une élection est comme une confrontation sportive. Jamais une partie ne ressemble à aucune autre. Si les protagonistes peuvent être les mêmes, le contexte n’est jamais identique.
En 2011, ce qui attend la Majorité Présidentielle AMP s’appelle responsabilité. Il faut d’abord qu’elle se relifte avant de se mettre en ordre de bataille. Annoncée depuis belle lurette, l’opération paraît désormais inéluctable. Elle doit recenser les hommes à aligner et ceux-ci, à observer la scène, ne courent pas la rue.
Ceux qui crient le plus paraissent loin de donner la garantie de résultat. Jamais projet durable n’a été bâti sur un simple élan de sympathie qui se manifeste après une victimisation comme on en vit chez nous à chaque saison. On peut comprendre l’agacement, mais on n’entraîne pas un peuple sur un coup de colère. Un projet n’existe que basé sur un fonds commun culturel et une grande idée politique. C’est ce qu’on appelle le rêve. Le projet politique doit faire rêver les gens sur des conditions de vie meilleures, sur la sauvegarde de leur espace culturel vital.
Voilà pourquoi ce pays aux dimensions d’un continent, culturellement émietté par un voisinage et un cousinage rarissimes n’a jamais su adouber un parti politique unique national.
Avec son MNC, Lumumba a échoué.Avec le CVR, puis avec le MPR, parti-État, Mobutu a échoué sinon l’UDPS et, plus tard, le FCN de Gérard Kamanda n’auraient jamais vu le jour. Le PPRD après les CPP n’a pu faire plus. Il faut appeler un chat un chat…
Voilà pourquoi l’AMP tient et tiendra la route. Mais l’AMP doit être repensée, subir sa mue, si elle veut aller à la reconquête de l’électorat qui cette fois sera une gageure. L’AMP doit mieux s’expliquer, expliquer sa vision, faire rêver les gens si elle veut les séduire avant de les entraîner.
Comment? Il faut déjà commencer par définitivement tourner la page de 2006 qui est déjà si bien loin de nous pour ouvrir celle de 2011 qui a ses réalités propres…
Clairement, pour tous, il ne s’agit plus de savoir avec qui tel a gagné en 2006 mais bien avec qui tel va gagner en 2011.
À voir comment les affaires se présentent, rien ne permet de dire que les champions de 2006 seront en 2011 en bonne posture. Croire qu’ils puissent réaliser le grand chelem serait du domaine du miracle. Il y a bien des citadelles qui se fissurent d’ores et déjà sous l’action de forces émergentes.
En 2006, d’un scrutin à l’autre, le Peuple s’était, en peu de semaines, ressaisi. Que cela soit aux Provinciales ou aux Sénatoriales, les grands gagnants des Législatives n’ont souvent eu que leurs yeux pour pleurer. Le fait pour le Sénat d’être différemment constitué face à une Assemblée nationale quasiment monocolore témoigne d’un réel déplacement d’équilibre imputable à la pensée politique dominante.
SAUF DISLOCATION DES PLAQUES SEMBLABLE À UNE FISSURE TECTONIQUE…
L’examen des résultats du 2ème tour de la Présidentielle est, dans l’analyse, un indicateur intéressant. L’élection du candidat Joseph Kabila Kabange n’a pas, à proprement parler, été du fait des accords politiques passés entre les deux tours. Le report des voix auquel les parties s’étaient engagées n’a jamais été, pour ainsi dire, livré…
La discipline de vote n’a jamais fonctionné partout de la même manière.
Il y a eu des cas où les stocks de voix se sont dramatiquement effondrés.
À Bukavu, ville grognon, le candidat AMP a perdu des voix face à son adversaire UN, Union pour la Nation, JPBemba qui recueillait 944 votes au 1er tour et 3.577 au 2ème tour, alors que Joseph Kabila Kabange passait des 199.912 voix à 194.466 (environ 5.000 bulletins perdus).
Même observation à Lubumbashi, au Katanga, bastion AMP où Bemba faisait un score honorable (39.891 au 1er tour contre 97.609 au 2ème tour) alors que Kabila passait des 293.411 voix à 287.131 en perdant des voix au 2ème tour.
À l’ouest, au Bas-Congo, le candidat Kabila n’a gagné aucune circonscription face à Bemba. Ni Boma (13.008/35.245), ni Moanda (13.403/25.033), ni Mbanza-Ngungu (32.586/76.466), ni Kimvula (2.955/11.919), ni Matadi (13.996/84.194), etc. Ici, les résultats ont été effroyables. Sauf dislocation des plaques semblable à une fissure tectonique, dans cette province où l’opposition a investi les familles traditionnelles régnantes et où les esprits bougent peu, il n’est pas évident que cela puisse évoluer demain…
En Équateur, le candidat AMP espérait beaucoup du second tour de la Présidentielle. Dans ce bastion biologique Bemba, il n’a rien obtenu malgré l’accord politique: Kungu (587/200.225), Mankanza (843/29.349), Lukolela (716/44.882), Mbandaka (5.497/72.935), Yakoma (5.176/71.250), Bomongo (2.991/34.507), Ingende (2.991/51.507), Boende (1.524/66.588), Befale (1.576/28.769), Monkoto (1.061/17.818), Gbado-Lite, l’ancien fief Mobutu (3.838/24.253), Mobayi-Mbongo, l’autre ancien fief Mobutu (3.697/25.306), Bikoro (1.609/63.945), etc.
Ici aussi, le phénomène Mobutu étant ancré dans les esprits, il est improbable que les rapports de force changent au cours des prochains mois, ou des prochaines années…
Plus grave: alors que l’AMP avait, entre les deux tours, déversé encore plus de moyens dans la province, dans nombre de circonscriptions, les résultats du 2ème tour ont montré un incroyable lâchage des positions. À Kungu où Kabila passait de 1.227 votes au 1er tour à 587 au 2ème alors que Bemba allait de 96.602 à 200.225. A Libenge, Kabila avait 1.047 votes au 1er tour, le candidat AMP ne réalisait que 644 votes au second.
Ailleurs, en Équateur, au deuxième tour, Kabila ne se portait guère mieux. Bien au contraire, les résultats ont été une catastrophe. Gemena (5.405/347.774), Budjala (2.367/173.35), Basankusu (1.840/51.926), Zongo (1.147/35.371), Lisala (1.541/128.434).
Dans le Bandundu, l’accord d’entre-les-deux-tours n’a pas donné du résultat. Le candidat AMP a perdu la métropole, Kikwit, face à Bemba (29.020/48.356), pourtant bastion du parti partenaire d’Antoine Gizenga Fundji. Il a perdu Bagata (4.334/26.177). Il n’a pas fait mieux à Oshwe (4.334/26.177). Pas plus à Bandundu Ville (ex-Baningville) (2.041/28.980), ville Bangala par excellence, ni à Bolobo (5.583/18.566), Kwamouth (1.444/8.367), Mushie (2.124/12.388), Kasongo-Lunda (9.048/75.164), Kenge (31.201/51.244), Popokabaka (3.302/30.625), Inongo (5.458/60.836), Kiri (2.907/35.740), Kutu (3.220/100.659). Même la cité d’Idiofa, fief Gizenga reconquise par le MLC Ndom Nda Ombel pour le compte de son mentor JBBG, a succombé à la séduction du candidat de l’UN (98.385/110.681).
À Kenge, phénomène bizarre: alors qu’il était placé au premier tour devant Bemba, celui-ci a dépassé Kabila au deuxième tour.
Dans le Bandundu, seule la circonscription de Yumbi a sauvé de justesse l’honneur: 12.388 pour Bemba contre 17.458 pour Kabila, Gungu (18.316/98.435), Bulungu 77.283 pour Bemba contre 98.525 pour Kabila. Masi-Manimba (55.160 pour Bemba contre 70.255 pour Kabila qui réalisait un gain de 68.151 voix du 1er au 2ème tour dans ce bastion PALU. qui a donné cinq Députés nationaux sur sept – un record au Parti Lumumbiste Unifié. Au 1er tour, Masi-Manimba et Bulungu avaient offert à Bemba respectivement 1.367 votes et 2.104.
Ces résultats du Bandundu-Kwilu pour Kabila sont à ajouter à ceux réalisés au 2ème tour dans la Capitale Kinshasa où Bemba l’a largement remporté sur le candidat AMP mais où la vague a été contenue grâce à la position dominante de la diaspora bandundu-kwiloise.
CE QUI ATTEND L’AMP EN 2011, L’EXERCICE CRUCIAL DU POUVOIR PRIS EN COMPTE.
L’exercice crucial du pouvoir pris en compte, qu’est-ce qui attend l’AMP en 2011? Mis à l’épreuve de la gestion du pouvoir d’Etat, nombre de partis de la majorité sortent de la législature sinon littéralement défaits, du moins terriblement amoindris.
Quoique faite de ratés, l’observation de la scène médiatique nationale rend compte des forces qui montent comme de celles qui périclitent. Souvent, les partis de la majorité manquent dramatiquement sinon de ténors qui les représentent de façon authentique, du moins, de discours original susceptible de l’emporter face à leurs adversaires. Il n’y a pas un seul programme sur notre multiple et parfois confus espace audio-visuel national où le représentant de la majorité n’ait pas été détricoté. Spectacle similaire dans les chambres parlementaires où le discours d’opposition reste de loin dominant là où des maîtres penseurs AMP font profil bas, viennent pointer avant de se sauver.
On dira qu’aucune fois un projet de loi ou un membre de la majorité n’a été désavoué même si jour après jour, on peut mesurer vers où se cristallisent les préférences nationales. On a vu un ministre à l’Assemblée nationale, certainement l’un des plus dignes représentants du pouvoir d’Etat, être tiré miraculeusement d’une débâcle parlementaire par une voix et une seule sous les contestations de l’opposition soupçonnant quelques tours de magie perpétrés par la majorité.
Les visites dans l’arrière-pays donnent d’utiles indications à qui s’intéresse aux mouvements haussiers ou baissiers de la scène. Ministres, gouverneurs de province ou autres représentants du pouvoir exécutif peuvent se prévaloir de drainer des foules lors de chacun de leurs contacts. Ils devraient se demander si ce public qui vient les «accueillir» n’est pas poussé par des pouvoirs exécutifs locaux complices.
On sait qu’à chaque descente d’un ministre ou d’un gouverneur, les commerces sont fermés, les femmes interdites des champs, les exécutifs locaux ayant proclamé journées chômées et… payées!
Qu’un député ou un chef de parti investi d’aucun pouvoir d’État se déplace, il n’est pas rare de le voir littéralement boudé, privé de tout, s’il ne lui arrive pas d’être savamment insécurisé physiquement.
Dans le Bandundu-Kwilu, le pouvoir provincial paraît avoir reçu ordre de ne valider dans l’administration publique que des nominations présentées par des membres du parti majoritaire ou des partis partenaires. Il mène une véritable guerre contre tout ce qui bouge et qui n’appartiendrait pas aux trois ou quatre partis politiques qui se partagent le pouvoir exécutif. Des arrêtés ministériels, des ordonnances présidentielles sont foulés aux pieds sans que personne ne s’en émeuve.
En province Orientale, une conférence économique a été farouchement combattue, les services de sécurité appelés en renfort. Elle avait le tort d’être organisée par des élus non issus des trois ou quatre partis membres de la coalition majoritaire.
Sans doute, ne faut-il trop exagérer et nous ne le ferons pas. Peut-être, ne s’agit-il là que de couacs de fonctionnement. Il est vrai que même dans des pays de tradition démocratique, la cohabitation pose de réels problèmes.
Si ces incidents n’ouvrent pas la voie à un deuxième CLP (le fameux courant libéral et patriotique annoncé au sein de l’AMP et mort depuis de sa belle mort, du moins faut-il croire!), ils n’en rendent pas moins nerveux bien de membres de la coalition.
La politique semble-t-il ne va jamais sans crocs-en-jambe. La politique est une scène où tous les coups sont permis. Cela devrait être la première leçon à dispenser aux candidats hommes politiques. La politique est une scène où la mort par accident cardio-vasculaire est légion, surtout dans nos pays.
Mais quand les coups bas et les frustrations se perpétuent, qu’il n’y a ni transparence ni explication dans les décisions, les règlements de compte deviennent inévitables.
En 2006, ce qui a fait la force d’un Kamerhe c’est sa capacité réelle à s’immerger dans la population, à communiquer avec elle. Là où certains sont aphones ou taciturnes ou incapables de communiquer dans aucune langue locale, lui recourt à toutes les langues du pays. Or, le problème de certains partis est précisément leur casting raté. Quelles livraisons espérer d’un personnel désincarné? Il ne faut pas un dessin pour voir que le précipice est proche.
Pour sûr, les scrutins de 2011 seront largement ouverts. Il est peu sûr que ceux qui ne se sont pas constitués et n’ont pas pris la course aient la moindre chance de produire un miracle.
TRYPHON KIN-KIEY MULUMBA
Dr. en Sciences Politiques de l’Université Panthéon Sorbonne.
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Les lauriers de 2006 appartiennent désormais à un passé enfoui. En 2011, les batailles électorales seront éprouvantes pour la majorité parlementaire sortante. Dans nombre de province, les niches semblent être déjà prises. Partout, de nouvelles forces émergentes ont pris corps, envahi les espaces, sont données pour de grands favoris de 2011 alors que les partis traditionnels reculent.
Récemment, une étude à paraître montrait que le Katanga, bastion AMP, bougeait sensiblement.
Qu’il y ait eu une incroyable marche «indépendantiste» réprimée par la police, que la section locale Ashado mobilise aussi fortement pour les droits de l’homme fait réfléchir.
L’action du mouvement Solidarité Katangaise de l’ancien ministre aux Affaires sociales Muyambo, comme les visites d’un vétéran du coin, Baudouin Banza qui multiplie des séjours dans son Malemba-Nkulu, profitant d’une position de repli de P-ca à l’INSS sont susceptibles de modifier un équilibre des forces précaire.
Il faut ajouter les investissements effectués dans son village natal Pweto, à la frontière zambienne, par le Dép. Augustin Katumba Mwanke.
L’heure ayant sonné, le Peuple se souviendra de l’élu de Lubumbashi qui serait certainement mieux inspiré s’il bougeait de Lubumbashi vers Pweto.
À l’Ouest, on observe des mouvements qui s’imposent comme des changements durables.
Que cela soit dans la Capitale Kinshasa ou dans le Bandundu, le Parti Lumumbiste Unifié PALU aura bien du mal à refaire son score de 2006. Après sa débâcle cinglante de communication, il faudra au parti d’Antoine Gizenga trouver des candidats ou procéder à une profonde relève générationnelle s’il veut faire du résultat et ce n’est pas le jour des scrutins qu’il fera sa mue. L’ayant emporté en 2006 sur un discours mystico-religieux, son passage aux affaires l’a discrédité et malgré d’énormes moyens financiers engrangés par ses membres, ce n’est point l’argent qui fait gagner une élection. Sinon Barack Obama ne serait pas à la Maison Blanche porté par le peuple américain.
KKM.
| TRYPHON KIN-KIEY MULUMBA Dr. en Sciences Politiques de l’Université de Paris Panthéon Sorbonne |










28 juillet 2010
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