(CongoForum)
Dans l’actualité très diverses du jour, telle qu’elle se reflète dans les journaux congolais, on retiendra quelques commentaires sur la coopération militaire USA/Congo, diverses nouvelles politico-judiciaires, à l’Est, le refus de Kigali d’extrader Nkunda et divers épisodes de la campagne électorale officieuse.
Coopération militaire USA/Congo
« Fardc : un bataillon modèle formé par les Américains ». D’après Le Palmarès, les Américains forment 700 soldats congolais. Objectifs visés : des missions d’interposition et de maintien de paix comme c’est le cas des pays ouest-africains avec l’Ecomog. Un tri rigoureux a été effectué pour l’appartenance à ce corps d’élite. De même, des accords ont été conclus avec le gouvernement congolais pour une bonne rémunération tout au long de la formation de ces soldats d’élite. (Il pourrait être intelligent de veiller aussi à la régularité des rémunérations APRES les formations. On veut d’autre part espérer que la formation aura souligné avec la force qui convient que même l’absence de rémunération ou de ravitaillement n’est une excuse, ni pour la brigandage, ni pour la désertion. NdlR)
Majorité/Kinshasa
AfricanNews nous amène à l’Hôtel de ville de Kinshasa pour écrire : « Gouvernorat de Kinshasa : L’Amp Olivier Engulu convoite le fauteuil laissé par le Palu Clément Bafiba ».
Après l’éviction par l’Assemblée provinciale du vice-gouverneur Clément Bafiba par une large majorité des deux-tiers des députés provinciaux de la capitale, mentionne-t-il, la coalition majoritaire Amp-Palu-Udemo cherche déjà un remplaçant. Un nom revient cependant sur toutes les lèvres, celui de Léon Olivier Engulu, 46 ans, philosophe, expert en Communication et spécialiste du Développement, qui pourrait se présenter avec l’appui de l’AMP.
Autre affaire politico-judiciaire, l’affaire Mukonkole retient l’attention de L’Observateur, qui titre « Affaire Martin Mukonkole: Les allégations blanchissant Adolphe Lumanu rejetées », et explique : « Les masques commenceraient-ils à tomber dans l’affaire Martin Munkokole ? C’est la question que se posent désormais tous ceux qui suivent de près ce feuilleton sur l’arrestation de ce député de l’opposition qui se trouve assigné à résidence depuis près de trois mois après avoir été mis en cause dans une rocambolesque affaire de véhicules volés. En effet, ceux qui ont lu la presse la semaine dernière, n’ont pas manqué de tomber sur la qualification par certains quotidiens paraissant à Kinshasa d’une lettre attribuée au député Mukonkole dans laquelle il prétend blanchir le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et sécurité, le professeur Adolphe Lumanu de ses démêlés avec la justice. Or, il se trouve, d’après des sources très proches du député Martin Mukonkole que celui-ci n’a jamais adressé une telle correspondance au professeur Adolphe Lumanu…». Potopoto » comme disait l’autre…
La Prospérité parle de la dissidence qui vient de se réaliser au sein de l’ARC, parti politique d’ Olivier Kamitatu. Il s’agit du départ de ce parti de Monsieur Fundatela Kivuvu, son secrétaire exécutif. Ce dernier qui se trouve être également Sous-Proved de l’Epsp à Masi-Manimba, district du Kwilu, dans la province du Bandundu, vient d’adhérer au parti pour l’action de Tryphon Kin-Kiey Mulumba, également dit « parti du crabe ». (Ce « changement » n’en est presque pas un, en ce sens que le « dissident » a au contraire plutôt annulé un mouvement centrifuge de son parti d’origine. L’ARC fait partie de la majorité, mais Kamitatu a été impliqué dans l’affaire de la création d’une « aile libérale » de l’AMP, ce qui a nettement « refroidi » ses relations avec celle-ci. Tryphon Kin-Kiey Mulumba (dans le civil patron du journal Le Soft) est un élu indépendant proche de la majorité qui a fondé son « parti pour l’action » alors qu’il était déjà élu, ce qui le met dans une position pratiquement identique à celle qu’occupait autrefois Kamitatu. D’autre part, les deux hommes étant originaires de Masi-Manimba, il y a là une manœuvre de « regroupement régional »)
(A propos des faits, grands et petits, qui surviennent dans le paysage politique congolais, un commentaire récurrent est de constater qu’on peut les interpréter en termes de recentrage au sein de la majorité. Ainsi l’affaire de la « fausse lettre des conspirateurs » qui a égayé la fin de la semaine passée peut se lire comme dirigée contre l’entourage katangais de JK, dont Augustin Katumba Mwanke est un fleuron, la destitution de Bafiba devrait amner le remplacement d’un PALU par un AMP, et Kivuvu, en se ralliant à son congénère Tryphon, évite de prendre avec la Majorité les mêmes distances que Kamitatu. NdlR)
Est
A Goma, écrit Le Phare à l’instar d’autres quotidiens parus ce matin), les autorités provinciales peaufinent la vision prospective 2010-2011. Pour ce journal, le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, a procédé à l’ouverture de l’atelier sur la vision prospective du gouvernement provincial de cette province pour le second trimestre 2010 et l’exercice 2011.
A cette occasion, l’ « homme fort » du Nord-Kivu a laissé entendre que le temps qui leur reste ne peut pas leur permettre la distraction, la complaisance, le gaspillage du temps et des ressources. Cet atelier de deux jours à réuni tous les membres du gouvernement provincial, les maires des villes, les administrateurs des territoires et d’autres responsables des entités territoriales décentralisées.
Le refus par Kigali d’extrader Laurent Nkunda a préoccupé Le Potentiel. Le Rwanda ne semble pas disposé « pour l’instant » à rapatrier à Kinshasa Laurent Nkunda Mihigo, ancien président du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) arrêté le jeudi 22 janvier 2009 à Gisenyi et placé en résidence surveillée à Kigali, fait observer ce confrère. Il poursuit en rappelant que son arrestation était intervenue moins de 48 heures après le démarrage de l’opération « Umoja wetu » lancée conjointement par les armées congolaise et rwandaise contre les FDLR basées au Nord-Kivu. Le Rwanda, où la peine capitale n’a plus cours, n’envisage pas le rapatriement « pour l’instant » de Laurent Nkunda étant donné que la RDC n’a « pas encore aboli la peine de mort », a déclaré en substance la ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Rwanda, Louise Mushikiwabo, interrogée samedi par la BBC.
(L’existence de la peine de mort est, pour refuser une extradition, un prétexte diplomatique qui a déjà beaucoup servi. On en a parfois fait usage autrefois contre des demandes belges, sous prétexte que la peine de mort existait toujours dans son code pénal bien que la grâce soit devenue automatique. C’est dire que le prétexte est cousu d’un fil blanc si gros qu’on pourrait l’appeler un câble de marine. Mais si le Rwanda n’utilisait pas ce faux-fuyant, il devrait soit invoquer la nationalité rwandaise de Nkunda, soit, ce qui serait bien pire, avouer ses véritables raisons : l’homme en sait trop et on ne le laissera pas interroger par des Congolais ou par des enquêteurs neutres. Cela ne présage pas forcment un avenir riant pour Nkunda car si Kigali a aboli la peine de mort, l’assassinat des « gêneurs » y est monnaie courante. NdlR)
Elections
L’Observateur remarque que « Salir Kamerhe devient pour certains un job et une obsession » et ajoute que « Dégoutée, l’opinion se demande pourquoi ».
« L’opinion n’est pas dupe. Elle sait que la guerre des caniveaux, sur fond des lâchetés à répétition, menée contre Kamerhe, cet homme qui sait répondre au message et au messager, ne poursuit qu’un seul objectif : l’éloigner de la scène politique du pays. Ils s’octroient, sans gène, le droit de décider ce que chaque Congolais devrait faire. N’importe comment, et à ma connaissance, Kamerhe n’aspire qu’à une chose : vivre tranquille, comme tous les autres humbles citoyens de ce pays. Un pays qui est un bien commun à tous les Congolais. Alors qu’il est dans son coin en faisant ce que Dieu et lui seul savent, Kamerhe ne sort pas du viseur de ceux qui ne lui pardonnent pas de vouloir à tout prix, comme l’a toujours voulu Kabila lui-même, encourager et entretenir dans le pays la flamme d’un débat démocratique. Ouvert et contradictoire. Aussi bien au sein d’une majorité qui flirte de plus en plus avec une arrogance qui peut lui être préjudiciable, que dans les rangs d’une opposition, aux repères de jour en jour brouillés. En un, comme en mille mots, essayons de crever un abcès fabriqué de toutes pièces ».
(Il est évidemment dificile de convaincre le bon peuple qu’un type est un « vraiment vilain pas beau » quand il a a occupé, pendant des années, des postes aussi « en vue » que directeur de la campagne électorale de JK et Président de l’Assemblée Nationale, époque où évidemment il était étiqueté non pas « vraiment vilain pas beau », mais « authentiquement tout beau tout gentil ». Cela demande un virage serré ! NdlR)
Aux dernières nouvelles, on serait en train de chercher des pous dans la chevelue de Kamerhe à propos des travaux effectués à ses frais dans la Résidence du Président de l’Assemblée nationale et, à peu près, à compter les petites cuillers comme après une réception où il y a eu des invités un peu louches. O tempora, o mores !
Au chapitre du comique involontaire dans les médias, il faut citer ces deux communiqués de l’Institut Panos de Paris.










9 août 2010
Actualités