REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI 26/10/10

26 octobre 2010

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)

L’actualité est dominée notamment par le bras de fer qui oppose ces jours-ci la Fec aux gouverneurs de provinces autour de certaines prérogatives constitutionnelles, la suspension du Dg de l’Office congolais de contrôle (Occ) et la fin de la grève des médecins. Certains commentaires concernent encore la Francophonie. On reparle aussi d’un TPI pour la RDC, et d’une attaque, supposée Mai-Mai contre la Monusco à l’Est. Enfin, il faut noter la reprise du  « feuilleton » Roger Nsingi, avec de nouveaux épisodes passionnants et mouvementés.

Francophonie

A peu près comme à chaque événement d’une certaine portée internationale, surtout lorsque JK y participe en personne, il faut souligner un certain confusionnisme, dans lequel on tombe d’autant plus facilement que la période préélectorale s’y prête. Nous parlons bien sûr de la confusion parfois naïve mais surtout souvent entretenue entre la simple reconnaissance de l’existence légale du régime congolais et un soutien inconditionnel à ce même régime. Titre purement et simplement « Vive le succès diplomatique de Joseph Kabila à Montreux grâce auquel la RDC organisera le 14ème sommet de la Francophonie ! » comme le fait MMC relève à tout le moins de l’abus de langage, si pas de la manipulation.

Le Climat Tempéré  consacre une place notable à la Francophonie, notamment sous le titre : « Sommet de la Francophonie à Kinshasa en 2012 La RD Congo sous surveillance »

C’est depuis le début des années 1990 que la RDC, l’un des plus grands pays francophones du monde, avec plus de 30 millions de locuteurs du français, a été  retenue  par les Etats ayant en commun la langue française pour abriter les assises de la Francophonie. Mais, la désignation de la RDC a été remise en cause à la suite de la confusion politique qui a marqué l’ouverture de la République ex-Zaïre à la démocratie. Juste après le discours du 24 avril 1990, qui a amorcé le processus démocratique, le régime Mobutu était accusé d’avoir perpétré le «massacre d’étudiants» à l’Université de Lubumbashi.

La relance de la candidature de la RDC pour l’organisation du sommet de la Francophonie a été soutenue en 2006, à Bucarest en Roumanie, grâce aux espoirs soulevés par le processus démocratique. Toutefois, de lourdes hypothèques pèsent sur la RDC qui est accablée par de nombreux rapports sur les violations des droits de l’homme et diverses entraves à la démocratie et à la bonne gouvernance. Or, pour les Etats francophones, les trois piliers de l’OIF demeurent: la démocratie, la gouvernance et l’Etat de droit. Avant 2012, la RDC est astreinte à répondre à toutes ces exigences.

Avant l’ouverture du sommet de Montreux, M. Raymond Tshibanda Tunga Mulondo, ministre de la Coopération internationale et régionale, a affirmé, sur Radio France Internationale, RFI, que la RDC allait être prête à recevoir la Francophonie et qu’un effort serait fourni pour améliorer les infrastructures d’accueil. Quant au respect des droits de l’homme, M. Raymond Tshibanda a soutenu qu’une évolution positive était constatée dans ce domaine. Pour sa part, le président de la République, Joseph Kabila, a affirmé «la détermination du gouvernement congolais de faire en sorte qu’un crime – que ce soit contre les journalistes ou contre la population à Kinshasa, à l’Est, sur toute l’étendue du territoire national – ne reste plus impuni». La question relative au sort des journalistes congolais a été formellement posée au chef de l’Etat congolais à Montreux. Il a affirmé à la presse « ne pas être au courant d’un journaliste ou de journalistes qui ont été arrêtés».

Il n’empêche, ces dernières années, l’on a connu plusieurs cas de journalistes assassinés, pas seulement à l’Est du pays, mais aussi dans la capitale, Kinshasa. « Pour chaque cas, il y a eu une enquête, des investigations et un procès, des arrestations, les responsables de la plupart de ces crimes sont aujourd’hui en prison», a précisé le président congolais. Selon le président de la RDC. Pour autant, le doute plane sur les investigations et les procès que la justice congolaise organise à la suite de ces crimes. Le récent rapport mapping du HCNDH sur les crimes commis en RDC de 1993 à 2003 a d’ailleurs relevé la faiblesse et le peu de crédit de la justice congolaise comme l’une des causes de l’impunité.

Beaucoup d’interrogations persistent encore autour de plusieurs dossiers. Notamment sur le journaliste Tumba Lumembu du quotidien La Tempête des Tropiques qu’on dit toujours en détention. Autour de l’assassinat de Floribert Chebeya, ancien directeur exécutif de la Voix des Sans Voix, et de la disparition de son chauffeur Fidèle Bazana où le mystère reste entier. Sur  la mort d’Armand Tungulu Mudiandambu, et de la part de responsabilité des éléments de la Garde Républicaine qui l’avaient arrêté et détenu après qu’il ait jeté une pierre sur le cortège du président de la République. Sur toutes ces questions et sur les violences chroniques qui ont élu domicile dans l’Est, il faudra que d’ici à 2012, des solutions claires soient apportées. Le chef de l’Etat a donné les assurances sur sa détermination d’œuvrer à la consolidation de la paix, de la sécurité et de l’Etat de droit. Il faut balayer toutes les hypothèques à la tenue du rendez-vous de 2012. Il faut prendre leçon sur ce qui vient de se passer avec le Club de Paris, lequel a décidé de suspendre la décision d’annuler la dette de la RD Congo, en dépit des engagements pris antérieurement. 

Sa rubrique « LE BILLET » y est aussi consacrée, sous le titre « Le défi de l’organisation ».

« …Ça y est donc ! Kinshasa organisera le 14ème sommet des pays ayant en partage l’usage du français… Ainsi que l’a noté à juste titre le président de la République, c’est là un honneur fait à notre pays, mais aussi, au-delà, à l’Afrique centrale tout entière. C’est bien la première fois en effet qu’un pays appartenant à cet espace est appelé à abriter un sommet de la Francophonie.

On le sait, l’organisation de ce type de rencontres offre un lot d’opportunités au pays d’accueil. C’est d’abord un formidable coup de pub qui met le pays au devant de la scène internationale. C’est aussi un stimulant, un catalyseur vers la transformation de la physionomie du pays. Lorsqu’il s’agit de grandes réunions sportives par exemple, l’on sait à quel point les pays se dépensent pour relever le défi de l’organisation, offrant du coup au pays des opportunités de progrès : construction de stades ultramodernes, renforcement des infrastructures hôtelières, aéroportuaires, ferroviaires, routières…, avec tous les effets induits. C’est en ce genre d’occurrence que fut construite à Kinshasa, la belle Cité de l’Organisation de l’Unité Africaine qui permit à la RDC de recevoir chez elle, en septembre 1967, la quatrième conférence des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’OUA. Voulant alors redresser l’image ternie du Congo, Mobutu mobilisa des moyens colossaux pour donner un éclat particulier à ce rendez-vous. Le complexe de la  Cité de l’OUA fut érigé en même temps que s’effectua l’électrification du boulevard Lumumba jusqu’à l’aéroport de N’Djili.

Nul doute donc que cette fois encore le gouvernement de la République va se surpasser afin de créer l’environnement propice à l’accueil du sommet de la Francophonie. Les défis de l’organisation ne concernent pas seulement les conditions matérielles d’hébergement de cette grande conférence internationale. La RD Congo doit s’atteler à soigner son image, son intérieur, ses extérieurs, son voisinage, pour se présenter en hôte sans reproche. D’ores et déjà, les termes de référence pour ce travail d’image ont été fixés par le 13ème sommet à Montreux. Il s’agit de garder le cap dans les efforts  d’amélioration des relations avec nos voisins.

Il est question également de mettre fin aux nombreuses violences sexuelles et aux violations des droits de l’homme perpétrées dans l’Est. Mais surtout d’arrêter et de juger les auteurs de ces actes. Il s’agit de mieux veiller au respect des droits de l’Homme et du droit international humanitaire. Après que l’opinion internationale reste perturbée par l’assassinat du célèbre défenseur des droits humains Floribert Chebeya et qu’elle s’est émue et continue de s’interroger à propos de la mort suspecte en détention d’Armand Tungulu.

Autre enjeu, il faudra ensuite gérer comme il se doit le processus électoral de 2011 censé consolider, de manière exemplaire et durable, la démocratie et l’État de droit. Ce sont là des défis importants.

La RDC demeure un pays fragile. Le retour à des situations politiques, diplomatiques, militaires ou des droits de l’homme  de qualité inférieure au contexte actuel pourrait compromettre les choses. C’est déjà très positif que notre pays soit passé de la candidature à la désignation formelle pour l’organisation du 14ème sommet de la Francophonie. Mais, Madagascar avait aussi été désigné pour abriter le sommet de 2010. Il ne l’a jamais fait, parce que confronté à des problèmes politiques qui l’ont transformé en une destination diplomatiquement peu recommandable. Entre la désignation et l’organisation effective il y a un pas. Faisons en sorte que la RD Congo le franchisse d’ici à 2012. »

N’Singi (suite)

Le Climat Tempéré constate « Après la réhabilitation de Roger N’Singi par la CSJ : Nouveau bras-de-fer à l’Assemblée provinciale de Kinshasa »

La Cour suprême de justice a réhabilité, le vendredi dernier, le député Roger N’Singi à la tête du bureau de l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Mais, l’arrêt de la Cour est loin de mettre un terme au feuilleton de mauvais goût qui oppose Roger N’Singi à ses collègues députés provinciaux.

En effet, à en croire le député Patrick Bakisolele, rapporteur de cette Assemblée provinciale, une trentaine des députés déposeront ce mardi au bureau de l’organe délibérant de Kinshasa une pétition dans laquelle ils exigent la convocation d’une session extraordinaire. Parmi les points que les pétitionnaires souhaitent voir inscrits à l’ordre au cours de cette session, figurent «l’examen du budget de la ville-province de Kinshasa, la dotation de l’Assemblée provinciale ainsi que la déchéance du président Roger N’Singi», a indiqué au Climat Tempéré le député Bakisolele. Cette pétition, apprend-on, ne violerait en rien le Règlement intérieur de l’organe délibérant de Kinshasa qui prévoit que la session extraordinaire peut être convoquée sur demande d’au moins un quart des députés provinciaux. Si le nombre d’une trentaine des pétitionnaires avancé venait à être confirmé, il dépasserait largement celui des signatures requis quand on sait que l’Assemblée de Kinshasa compte 48 députés.

Mais dans l’entourage de Roger N’Singi, tout en affichant la volonté de trouver un compromis, l’on ne voit pas le bien-fondé de la convocation d’une session extraordinaire. « Eu égard à la situation générale qui prévaut dans la ville de Kinshasa, la seule urgence pour laquelle cette session devrait être convoquée est l’examen et le vote du budget de la ville-province. Cependant, le délai légal pour le dépôt de ce budget au gouvernement central est largement dépassé», a fait remarquer une source proche du député N’Singi. Suite à la crise qui a paralysé l’Assemblée provinciale de Kinshasa, le gouvernement provincial s’était vu astreint à envoyer le budget de la ville à l’exécutif national sans l’autorisation préalable de l’organe délibérant.

En effet, la loi prévoit que les budgets des provinces soient transmis au niveau central au plus tard le 15 août pour leur insertion au budget national censé être déposé au Parlement au cours de la session de septembre qui est essentiellement budgétaire. A entendre notre source, il y aurait moins de probabilité que Roger N’Singi convoque une session extraordinaire. Le prochain rendez-vous à l’Assemblée provinciale serait donc fixé au 15 janvier 2011, date d’ouverture de la session ordinaire.

Selon des observateurs avertis, dans les jours à venir, l’on risque d’assister à un nouveau bras-de-fer entre Roger N’Singi et ses détracteurs qui veulent à tout prix, pour se donner une bonne conscience, obtenir sa déchéance à la tête de l’organe délibérant de Kinshasa. Ils lui reprochent l’incompétence et la violation du Règlement intérieur de l’Assemblée provinciale.

Après avoir été éjecté de la présidence de l’Assemblée provinciale de façon, pour le moins qu’on puisse dire, cavalière, Roger N’Singi avait saisi la Cour suprême de Justice pour inconstitutionnalité de la résolution signant sa déchéance. Dans les milieux judiciaires de la capitale, l’on laisse entendre que  l’expérience de Me Balanda Mi Kwin Leliel, président du collectif des avocats de Roger N’Singi et premier Président honoraire de la CSJ, a été un grand apport dans la défense de la cause de ce député.

Social

« Fin de la grève : médecins et gouvernement d’accord », écrit à la Une L’Avenir. A l’en croire, les litiges financiers et administratifs qui constituent le nerf de la guerre, ont trouvé de solutions.
Car les deux parties, étant donné que tous les points inscrits à l’ordre de la discussion, ont été abordés avec satisfaction, ont convenu du principe de la reprise du travail.
« D’après notre source, le 27 octobre 2010, les parties se retrouveront pour signer un accord formel en vue d’un engagement mutuel dans la mise en œuvre de conclusion de la réunion de lundi. »

La Prospérité indique que le gouvernement et le Syndicat national des médecins (Synamed) ont fini par fumer le calumet de la paix, hier lundi 25 octobre 2010, à l’Hôtel du gouvernement. Dr Mankoy Badjoky, secrétaire général du Synamed a confié à la presse que tous les points de discussion, notamment, le réajustement des salaires des médecins, la nomination des médecins exerçant mais sans être nommés ainsi que la mécanisation de quelques 880 médecins, ont été réglés.

 « Les médecins et le gouvernement prêts à mettre fin à la grève » annonce Le Climat Tempéré

Le gouvernement et les  médecins regroupés au sein du Syndicat national des médecins sont tombés d’accord lundi à l’Hôtel du gouvernement sur le principe de mettre fin à la grève dans les établissements publics de santé à travers le territoire national, informe un communiqué de la primature transmis à notre rédaction.

Cinq points de revendications essentiels étaient soumis au Gouvernement, à savoir : le réajustement des salaires des médecins ; la nomination des médecins exerçant mais sans être nommés ; la classification des emplois ; la mécanisation de quelques 880 médecins ; les litiges financiers. De tous les points soumis à la discussion, il convient de noter que les deux parties sont tombées d’accord pour la reprise du service dans les hôpitaux publics.

Les blouses blanches sous la conduite du Dr Mankoy ont sollicité 48 heures (question de procédure syndicale) pour  consultation de la base et l’informer des conclusions obtenues avant de signer mercredi 27 octobre 2010, un avenant sanctionnant la conclusion de ces discussions sur les avantages auxquels aspirent les médecins.

On retiendra donc que mercredi 27 octobre 2010, les deux parties procéderont à la signature d’un accord reprenant le consensus sur les engagements des uns et des autres.

Le ministre de la Santé, M. Victor Makweng qui  a noté avec bonheur l’issue de ces discussions, espère bientôt la reprise du service dans les hôpitaux.

Il faut signaler que le ministre du Budget Jean-Baptiste  NTAHWA qui a présidé les négociations au nom du Premier ministre, chef du gouvernement Adolphe MUZITO, a dit  à la presse que le gouvernement s’est montré ouvert pour le bénéfice de cette noble profession. La balle est dans le camp des médecins, a-t-il laissé entendre.

Provinces / FEC

 « Les gouverneurs de provinces déclarent la guerre à la Fec », titre en manchette Le Palmarès
A la base, les déclarations dites « dangereuses », faites par le président de la Fec, Albert Yuma, au sujet des compétences de provinces. Dans un communiqué sulfureux signé par le secrétaire de leur association, le gouverneur Julien Paluku, les gouverneurs de provinces crachent leur colère.

(La Fédération patronale s’est montrée disposée à emboîter le pas à ses « consœurs » internationales à propos du fameux « climat des affaires », en s’en prenant aux « taxations multiples », vocable sous lequel sont visées les taxations provinciales. Que l’administration chargée de percevoir celles-ci soit lente, tracassière, paperassière et corrompue n’étonnera personne. Ce n’est toutefois pas une raison pour s’en prendre au principe même de cette taxation,  dans un contexte où les fameux « 40 % des provinces » sont un rêve de plus qui est parti en fumée… NdlR)

OCC

Dans un communiqué signé par le ministre du Commerce, petites et moyennes entreprises, annonce Le Potentiel, il est fait état de la suspension à titre provisoire pour raison d’enquête, du Directeur général a.i de l’Office congolais de contrôle (OCC), Albert Kasongo Mukonzo.
Selon ce communiqué, le DG suspendu a fait montre d’une insubordination caractérisée, en faisant sciemment et délibérément obstruction, notes et réunions de service à l’appui, à la mission de contre-vérification ordonnée par la tutelle sur la disparition des documents comptables au département financier de l’Occ.

Est

LE PHARE parle de la seconde attaque que vient encore une fois de subir en deux mois, l’une de base de l’Onu, à l’issue de laquelle huit miliciens ont été tués.

Ces huit miliciens qui se recrutent parmi les Maï-Maï sont présumés avoir attaqué la base onusienne à l’Est et laquelle attaque à coûté la vie à trois soldats de la paix.

Voici les faits, suivant la Monusco et AFP : Samedi, vers 22H30, « une cinquantaine d’hommes armés de fusils (kalachnikov) AK47 et d’armes de fabrication locale », ont attaqué la base de l’ONU à Rwindi (est), dans la province du Nord-Kivu, a indiqué lundi la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) dans un communiqué. Malgré des « sommations répétées » des Casques bleus, les assaillants ont fait feu sur les soldats onusiens et « tenté de pénétrer de force dans l’enceinte de la base », est-il ajouté. Les militaires de l’ONU ont alors riposté et sont parvenus à faire fuir les agresseurs après un échange de tirs qui a duré de « 15 à 20 minutes », selon la Monusco.
L’attaque a fait huit morts et deux blessés parmi les assaillants, qui, « selon les premières indications, semblent appartenir à un groupe Maï-Maï », a précisé la mission onusienne, qui ne fait pas état de blessé parmi les soldats de la paix.
Les deux blessés ont été retrouvés lors de recherches menées dans la zone, située dans le Parc national des Virunga, avec l’aide de gardes du parc. Ils ont été transportés à l’hôpital de Rutshuru, le chef-lieu du territoire du même nom où l’attaque s’est produite, à 135 km au nord de Goma, la capitale provinciale.
Deux fusils AK47, 752 cartouches de ce type d’arme, trois machettes, une grenade et des explosifs ont également été récupérés, selon la Monusco. L’armée congolaise a également « capturé plusieurs autres individus qui sont actuellement en détention », est-il précisé.

Cité dans le communiqué, le patron de la mission onusienne, l’Américain Roger Meece, a « condamné avec la plus grande fermeté » cette attaque, la deuxième en plus de deux mois menée contre une base de l’ONU dans cette région instable.

Le 18 août, trois Casques bleus indiens avaient été tués à l’arme blanche et sept autres blessés lors de l’attaque, par une soixantaine de miliciens Maï-Maï, de la base de Kirumba, à une trentaine de km au sud de Rwindi. Les assaillants portaient des coiffes en raphia sur la tête et « interprétaient des chants Maï-Maï « , avaient alors indiqué le chef de la cité de Kirumba.
Milices d’autodéfense locales, les Maï-Maï ont des croyances qui reposent essentiellement sur la magie (ils s’aspergent par exemple d’une mixture avant les combats pour se « protéger » des balles). Anciens supplétifs de l’armée congolaise, ils agissent dans certains zones du Nord et du Sud-Kivu en coalition avec les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), traqués comme eux par les troupes de Kinshasa depuis début 2009. Avant 2009, Maï-Maï et FDLR aidaient l’armée congolaise à lutter contre l’ancien mouvement rebelle congolais du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), qui s’est rallié en début d’année dernière à Kinshasa.

TPI pour le Congo ?

Le Potentiel, qui par ailleurs constate que l’interdiction des opérations minières à l’Est semble bien être un échec, pose ainsi la question : « Faut-il un Tribunal pénal international spécial pour la RDC à l’instar du Tribunal pénal international pour le Rwanda, en vue de juger les auteurs des crimes de guerre et contre l’humanité commis notamment à l’est du pays ? »

C’est à cette question que tente de répondre M. Stephen Rapp, ambassadeur itinérant chargé des crimes de guerres au Département d’Etat américain dans les différents contacts qu’il a eus tant avec les autorités nationales, provinciales qu’avec les membres de la société civile et des responsables de quelques organismes humanitaires sur les crimes de guerre commis en République démocratique du Congo.
Stephen Rapp, ancien procureur au Tribunal pénal international, ancien procureur en chef au Tribunal pénal spécial pour la Sierra Léone dans le procès contre l’ancien président libérien Charles Taylor et ancien procureur au Tribunal pénal international pour le Rwanda, n’est pas d’avis pour la création d’un Tribunal pénal international pour la RDC, afin de juger les auteurs des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dans l’est du pays.
Stephen Rapp, qui est à sa quatrième visite en RDC depuis qu’il était procureur du TPIR à Arusha, estime d’abord que les procès au niveau du Tribunal pénal international coûtent trop cher (Ndlr : à la communauté internationale) pour peu de résultats, ensuite parce qu’ils ne permettent pas de juger un grand nombre de criminels, alors qu’on doit en juger davantage, car beaucoup courent encore les rues.

La solution idéale pour lui serait la création d’un Tribunal mixte qui comprendrait des juges congolais auxquels s’ajouteront de juges et experts internationaux, ceux-ci devant apporter, outre leur expérience, des outils appropriés notamment en cas d’analyses d’ADN et d’autres enquêtes. (Cette « solution idéale » est défendue à l’aide d’un argument du plus haut intérêt. En effet, reconnaître que le rôle des non-congolais dans un tel procès devrait être avant tout d’apporter des moyens techniques dont la RDC ne dispose pas revient à reconnaître que le pays ne dispose d’aucun moyen dans le domaine de la police scientifique et qu’il faudrait donc, pour des raisons techniques, faire intervenir les experts internationaux dans TOUS les homicides jugés au Congo. NdlR)

Dans les contacts de S. Rapp, l’accent est mis sur la recherche des moyens pour «le contrôle de l’impunité et la protection des civils» ainsi que la «création d’une situation où la paix règne».  Dans cette optique, devait indiquer le diplomate américain, les Etats-Unis entendent collaborer avec les autres, notamment avec la Monusco et les autorités de Kampala (Ouganda), afin de les convaincre du bien-fondé du renforcement du système judiciaire en RDC, où les droits de l’homme doivent être respectés. Et selon lui, «il faut mettre fin aux souffrances des Congolais», surtout à l’est du pays où il a été témoin de tous ces crimes et des souffrances des populations qui ont «besoin de beaucoup d’assistance».
Le rapport de ses contacts sera soumis aux autorités du Département d’Etat pour une assistance selon un programme approprié. Mais déjà, les Etats-Unis ont mobilisé une bagatelle de 15 millions de dollars US pour le renforcement du système judiciaire congolais.

(Venons-en maintenant à la question si importante qu’elle n’est pas posée : Quelle est la crédibilité d’un « expert », même « made in USA », qui a participé sans états d’âme à la farce judiciaire du TPIR d’Arusha ? Quelle est la crédibilité du Département d’Etat, compte tenu de ce que celui-ci a toujours pour alliés privilégiés dans la région les régimes prédateurs de Kampala et Kigali ? NdlR)

© CongoForum, le mardi 26 octobre 2010

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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