(CongoForum)
En manchette des journaux à Kinshasa : la mauvaise gestion des entreprises publiques, les armées de l’Afrique centrale qui évaluent « Kwanza 2010 », la suite du feuilleton Nsingi, la prolifération des « gorilles » (gardes du corps).
Entreprises publiques
Au regard de la mégestion à la DGDP et à l’OCC, Le Potentiel plaide « Pour un audit généralisé des entreprises publiques ». Selon les communiqués de presse diffusés par les ministères des Finances et du Commerce, deux directeurs généraux des entreprises publiques sont suspendus. Grief avancé par leurs hiérarchies respectives : soupçon, après audit, de détournement des fonds de l’Etat qui se chiffrent, pour les deux cas, à plus de six millions de dollars. Retour à la kleptocratie ? A la justice de répondre, estime Le Potentiel.
« Mauvaise gestion du patrimoine public et détournement des deniers publics. Les deux griefs, comme un vieux couple d’amoureux, sont cycliquement imputés aux mandataires de l’Etat. Sans surprise, les présumés détourneurs sont invariablement blanchis par les cours et tribunaux. Au grand dam des citoyens ordinaires, qui n’ont que leur conscience pour en prendre stoïquement acte.
Voici venu le moment de frapper fort les esprits, à la faveur du mot d’ordre « Tolérance Zéro ». Si le parlement, qui dispose de la Cour des comptes, reste amorphe pour préserver les intérêts « politiciens » de groupe, il ne peut qu’être accusé de collusion avec les affameurs de la République.
Si, par contre, le gouvernement brille par sa mollesse légendaire, dont il a fait montre dans certains cas similaires, il ne peut pas prêcher la probité. Ses discours devant être tournés en dérision par les citoyens, victimes de la kleptocratie de certains dirigeants.
Après avoir donné du fil à retordre aux justifiables, y compris au premier des citoyens congolais, si les cours et tribunaux se montrent partiaux devant pareilles forfaitures, la RDC devra attendre que la présente génération des juges disparaisse pour jouir, outre tombe, d’une Justice juste.
Le temps est donc largement venu de diligenter des audits dans toutes les entreprises publiques. L’Etat découragerait ainsi ceux des mandataires qui se préparent à changer de costume pour se présenter aux élections de 2011 avec, en poche, l’argent de l’Etat, mal acquis. Les ministères des Finances et du Commerce ont heureusement agité la sonnette d’alarme. Honni soit celui qui resterait sourd à cet avertissement hautement civique ».
« OCC : les travailleurs réclament Albert Kasongo Mukonzo », annonce à la Une La Prospérité. Ce quotidien rapporte que le siège social de l’OCC (Office congolais de contrôle) a été gagné mardi 26 octobre 2010 par une grogne des travailleurs de cet Office qui réclamaient le retour de leur Directeur général suspendu la veille, Albert Kasongo Mukonzo.
Ce dernier, lors de son arrivée dans les installations de l’OCC a appelé les agents à l’apaisement et les a invités à reprendre le service. Les travailleurs de l’OCC notent qu’il s’agit d’un amalgame regrettable de la part du ministre qui cherche à assimiler le compte courant fiscal à un détournement de deniers publics.
« Le siège social de l’OCC a été gagné hier, mardi 26 octobre 2010, par une grogne des travailleurs de cet Office qui réclamaient le retour de leur DG suspendu la veille, par le Ministre Bernard Biando Sango du Commerce Extérieur, Petites et Moyennes Entreprises. Tam-tams, fanfares et autres sifflets avaient été réunis pour constituer un Cocktail Molotov qui n’avait pour but que d’exprimer la répugnance à l’endroit d’une décision qui cache, selon eux, les intentions inavouées du contrôle diligenté par le Ministre. C’est dans cette mêlée que le DG Kasongo Mukonzo fera son entrée dans les installations de l’OCC, sous les acclamations frénétiques de ses agents. Serein, il appellera à l’apaisement, en invitant ses agents à reprendre du service car, pour lui, il n’y avait aucun problème. Par ailleurs, dans une lettre datée du 25 octobre 2010 adressée au Ministre du Commerce, les travailleurs se sont dits peinés de constater que sur base des suppositions de détournement des derniers publics, Son Excellence Biando Sango puisse suspendre un Haut Responsable de cet Office, un père de famille de son état, en foulant aux pieds les principes de présomption d’innocence et de dignité humaine. De ces suppositions du détournement, les travailleurs notent qu’il s’agit d’un amalgame regrettable de la part du Ministre qui cherche à assimiler le compte courant fiscal, connu de tout le monde, à un détournement de deniers publics. Partant, ils ont exhorté le Ministre à rapporter purement et simplement sa décision portant suspension de leur DG. L’ambiance était morose, très morose, hier, mardi 26 octobre 2010 dans la matinée, au siège social de l’Office Congolais de Contrôle où les agents et cadres de cette entreprise ont séché leurs bureaux de travail au motif de protester contre la décision du Ministre du Commerce Extérieur portant suspension de leur DG, M. Albert Kasongo Mukonzo. Et, pour illustrer leur désapprobation, ils ont improvisé un orchestre occasionnel doublé de la spécificité tintamarresque. Tam-tams, fanfares et autres sifflets avaient été réunis pour constituer ce cocktail Molotov qui n’avait pour but que d’exprimer la répugnance à l’endroit d’une décision qu’ils jugent inopportune. C’est l’intervention musclée de la police qui a créé la dislocation momentanée de l’orchestre. Faisant son entrée dans le bâtiment de l’Office, Albert Kasongo Mukonzo a appelé à l’apaisement en invitant les agents au travail : ‘‘Rentrez travailler calmement ; il n’y a aucun problème’’. Et lui, également est entré dans son bureau pour travailler comme si de rien n’était. Dans l’entre-temps, des rumeurs faisant état, en fin de la soirée, d’une instruction, mieux d’un ultimatum de 48 heures, qui aurait été lancé par la haute hiérarchie au Ministre Biando de l’Udemo de rapporter sa décision. L’arrêté du Ministre mis en cause Dans une lettre datée du 25 octobre 2010 adressée au Ministre du Commerce, Petites et Moyennes Entreprises, les travailleurs de l’OCC, à travers leur Délégation syndicale nationale, sont surpris de la suspension de M. Albert Kasongo, le Directeur Général de leur Office, par l’arrêté n°016/CAB/MINCOMPME/2010. Pendant que l’Office Congolais de Contrôle est buté aux problèmes de fonctionnement créés par l’institution du Guichet Unique mal appliqué par la DGDA aux niveaux du Katanga et du Bas- Congo, soutiennent-ils, c’est le moment que M. Biando, Ministre du Commerce, choisit pour déstabiliser l’OCC en créant la confusion par sa décision qui s’appuie, par ailleurs, sur des arguments invraisemblables. Dans la même correspondance, ils se disent peinés de constater que sur la base des suppositions de détournement des derniers publics évalués, selon le Ministre, à plus de 4.149.274,14 USD, ce dernier se permet de suspendre un responsable d’entreprise et père de famille en foulant aux pieds des principes de présomption d’innocence et de dignité humaine. Et de préciser : ‘‘les informations contenues dans les différents rapports de la Division Fiscalité de l’OCC…et qu’on peut retracer facilement à la DGI, font état d’une situation d’arriérés de litige réel avec la DGI, la DGRK et la DGRAD de plusieurs années (2003 à 2010) et non d’un prétendu détournement. De ce fait, il est indécent que votre Excellence déforme des informations financières claires librement mises à la disposition de vos experts en audit à l’OCC pour faire sans coup férir un motif de suspension du DG a.i. Votre acharnement sur la disparition des états financiers de l’OCC, étonne plus d’un travailleur, alors que ces états financiers sont des copies pour besoin d’archives. Pour votre gouverne, il sied de vous informer que ceux-ci ont été reconstitués ; les copies disparues ne posent en aucun cas un problème de fonctionnement à l’Office…’’. Des ‘‘indices de détournement’’ … S’agissant des ‘‘indices sérieux’’ de détournement à hauteur de 4.149.274,14USD évoqués dans l’arrêté du Ministre du Commerce Extérieur, Petites et Moyennes Entreprises, les travailleurs notent qu’il s’agit donc d’un amalgame regrettable de la part du Ministre qui cherche à assimiler le compte courant fiscal, connu de tout le monde, à un détournement de deniers publics. Bien plus, la rétention d’un tel élément, pensent-ils, ne fait que corroborer leur argumentaire sur les intentions inavouées du contrôle diligenté par Ministre. De ce qui précède, les travailleurs de l’OCC exhortent le Ministre Biando Sango de rapporter son arrêté portant suspension du DG Kasongo Mukonzo Albert car, soutiennent-ils, les véritables raisons de celle-ci sont à rechercher ailleurs. Rappelons que c’est par arrêté ministériel portant le n°016/CAB/MINCOMPME/2010 du 25 octobre 2010 que Son Excellence M. Biando Sango Bernard, Ministre du Commerce Extérieur, Petites et Moyennes Entreprises a pris la décision de suspendre de toutes ses fonctions M. Albert Kasongo Mukonzo, DG a.i de l’OCC pour besoin d’enquête et à titre conservatoire. Au motif qu’ils pèseraient sur le DG a.i des ‘indices sérieux’’ de détournement des deniers publics ».
Kwanza 2010
L’Avenir consacre sa manchette à la CEEAC (Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale : Angola, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo, RD Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, Sao Tomé et Principe, Tchad NdlR) dont Kinshasa abrite la conférence d’évaluation de l’exercice Kwanza 2010. (« Kwanza » signifie « commencement, origine, début » NdlR).
Les officiers généraux et supérieurs, les chefs d’état-major généraux des armées et autres autorités militaires des pays membres de la Ceeac participent aux travaux de cette conférence.
L’Avenir fait comme suit un bref aperçu historique de l’exercice Kwanza : « Quant au Représentant du Secrétaire général de la CEEAC, il a transmis à l’auditoire la désolation du secrétaire général contraint et retenu à Brazzaville pour des raisons de service. Sur place, il est en réunion avec les ministres en charge de la sécurité des Etats de l’Afrique centrale. Il a rappelé dans un bref aperçu historique que l’exercice Kwanza qui s’est déroulé au Tchad et au Cameroun notamment vise le renforcement des capacités et la recherche des opportunités pouvant aider les armées africaines à constituer une force multinationale de l’Afrique centrale. Celle-ci sera à même d’intervenir efficacement dans les zones CEEAC en cas de conflit ou d’atteinte à l’intégrité territoriale d’un pays membre ».
Dans son mot de circonstance, le général Didier Etumba, chef d’Etat-major général des Fardc, a affirmé que les Forces armées de la RDC s’engagent à demeurer actives dans tous les mécanismes de défense et de sécurité de la CEEAC.
« Enfin, le maître des céans, le Chef d’Etat-Major Général des Fardc a de prime abord souhaité une chaleureuse bienvenue de tous ses hôtes à l’occasion de la tenue de la conférence-bilan et du retour d’expérience de l’exercice Kwanza 2010.
« Ces importantes assises interviennent au moment où notre continent se prépare à mettre en place une force de maintien de la paix dans le cadre de l’Union africaine, communément appelée Force africaine en attente. Cette heureuse perspective va, à coup sûr, contribuer à assurer à la face du monde la puissance de ce vaste continent qui est resté longtemps en marge des grandes opérations de maintien de la paix dans de chaudes zones de conflit.
Aussi je pense que votre présence à Kinshasa traduit la détermination des pays de la CEEAC de parvenir rapidement à la constitution de cette Force africaine. Ce faisant, la réalisation d’un tel objectif sera en fait une manière pour nous tous d’honorer la mémoire des pères des indépendances africaines qui ont toujours rêvé d’un panafricanisme fort et respectable. En effet, ils ont longtemps soutenu que nos Etats devaient lutter ensemble, s’organiser ensemble et vivre ensemble pour mieux défendre leurs intérêts et mieux assurer la stabilité du continent. », a dit Didier Etumba. Celui-ci a reconnu par ailleurs que l’exercice Kwanza 2010 organisé du 22 mai au 10 juin 2010 à Caboledo en République d’Angola fut un succès indéniable et a permis la certification da la Force multinationale de l’Afrique centrale (FOMAC) par la CEEAC et par l’Union africaine, suivant les normes internationales s’appuyant sur le chapitre 7 de la Charte des Nations Unies. Cette manœuvre, a-t-il ajouté, a pu tester toutes les procédures opérationnelles de maintien de la paix. Elle a aussi démonter que la Force multinationale de l’Afrique centrale peut, en état d’alerte maximale, fournir des troupes dans plusieurs théâtres suivant les requêtes de la CEEAC, de l’UA et de l’ONU.
Le Général Didier Etumba a rappelé que le cycle de planification de l’exercice Kwanza prévoit la tenue d’une conférence-bilan et du retour d’expérience, en sigle RETEX après la phase de manœuvre sur le terrain. C’est cet exercice intellectuel d’évaluation auquel nous sommes conviés durant les cinq jours des travaux de Kinshasa.
L’orateur cite les objectifs poursuivis par cette conférence-bilan. Il s’agit notamment de dresser le bilan de l’exercice pour en tirer des leçons et élaborer des recommandations pour le prochain cycle. Ensuite, prendre connaissance du rapport de la commission interne de certification de la FOMAC et enfin constituer le dossier de fin d’exercice pour la 12è commission Défense et Sécurité de la 5è réunion des ministres du COPAX.
Il l’explicite en ces termes : « Il conviendrait de procéder à un bon diagnostic, faire l’état des lieux de l’exercice Kwanza 2010 ainsi qu’examiner sereinement tout le processus tendant à l’intégration de la CEEAC dans le grand ensemble continental pour la consolidation de la paix, ce grand catalyseur du développement intégral de notre pays et de nos peuples. » S’agissant des Forces armées de la Rdc, leur Chef d’Etat-Major précise « qu’elles s’engagent résolument à demeurer actives dans tous les mécanismes de défense et de sécurité de la CEEAC car la Rdc soumise à rude épreuve pendant une décennie de guerres et de conflits armés connaît la valeur de la paix. Aussi les Forces armées de la Rdc entend mettre à la disposition de la CEEAC leur expérience de recherche et de consolidation de la paix, acquise dans un environnement souvent hostile et injustement accusateur. C’est dans ce contexte particulier que mon pays, à travers le Commandant suprême de nos Forces armées a décidé par la voie d’une réforme courageuse, de refonder notre armée pour qu’elle soit plus républicaine, plus professionnelle, plus moderne et plus crédible », a-t-il conclu.
Nsingi
Le Palmarès affirme à propos de l’arrêt de la Cour suprême de justice que l’Assemblée provinciale de Kinshasa est menacée d’autodissolution. Pour ce journal, la décision de la Cour suprême de justice portant réhabilitation de Roger N’Singi va servir de lit à la déstabilisation de l’organe délibérant. Les députés provinciaux de Kinshasa, indique le confrère, voient le retour de leur président comme une manière de formaliser son départ définitif du perchoir. Ainsi, se sachant condamné à l’avance, N’singi s’apprête à bloquer le processus de son départ.
Le Palmarès estime au regard de la paralysie qui s’annonce qu’il est à craindre une auto liquidation de l’Assemblée provinciale de Kinshasa.
(Cette situation, une fois de plus, découle de la manie de « plaider à la congolaise » sur la validité de la procédure et non sur les faits de la cause. Nsingi se trouve face à une majorité qui ne souhaite plus le voir présider. La CSJ ne l’a pas « réhabilité ». Elle simplement considéré que le vote par lequel Nsingi a été destitué n’a pas été organisé dans des formes correctes, et était donc nul. Cela ne change rien au fait que Nsingi se trouve toujours face à cette majorité qui ne souhaite plus le voir présider. Le vote reste toujours suspendu au-dessus de sa tête come une épée de Damoclès. NdLR)
Gare aux gorilles !
Sous le titre : « Gardes du corps : halte aux dérives », Le Phare note que Kinshasa a enregistré en un temps record, une longue série de dérives qui interpellent le commun le mortel. Il est temps d’arrêter les dégâts moraux, matériels et corporels au risque de provoquer à la longue des situations explosives chez les petits citoyens.
Ce qui devient particulier à notre pays, souligne le confrère, c’est la cohorte de citoyens, qui pour des raisons fondées pour les uns, et fantaisistes pour d’autres, se déplacent avec des écuries d’agents armés chargés de les protéger.
(Le journal n’ajoute pas que l’exemple vient d’en haut, mais il est permis de penser qu’en parlant de « gorilles privés » il vise aussi, ne fût-ce que par allusion, les « gorilles officiels » c’est-à-dire l’usage excessif ou privé de la Garde présidentielle. NdlR)
© CongoForum, le mercredi 27 octobre 2010










27 octobre 2010
Aujourd'hui dans la presse