REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MERCREDI 03/11/10

3 novembre 2010

Aujourd'hui dans la presse

 (CongoForum)

Affaire Baende, dossier Tungulu, contrats chinois, élections et grève des médecins, tels sont les sujets abordés par la presse parue ce mercredi à Kinshasa.

Contrats chinois

Le Potentiel  fait état de « Nouvelles pressions sur les contrats chinois ». Il note que la RDC a rendez-vous en ce mois de novembre avec ses créanciers membres du Club de Paris. Prévue en octobre dernier, la rencontre a été décalée sur demande du gouvernement congolais. Le temps pour lui de préparer les éléments de défense aux questions soulevées par le Club de Paris. Au nombre de celles-ci figurent en bonne place les contrats chinois dont la signature par Kinshasa ne cesse de provoquer des grincements de dents de l’autre côté de la mer Méditerranée. Le Potentiel commente : «Une fois de plus, les contrats chinois sont remis en selles, fait remarquer le journal. Le Club de Paris, plus particulièrement le bloc formé par les pays de l’Union européenne, exigerait une seconde lecture des termes révisés de ces contrats». Selon le quotidien kinois, «le but ultime est de contrecarrer la percée de la Chine, toujours vue d’un mauvais œil dans le camp occidental». «Le fond du problème, c’est que l’Occident n’est pas prêt à oublier l’affront lui infligé par la République Démocratique du Congo en se tournant, pour le financement de son plan de reconstruction, vers la Chine, indique Le Potentiel. Le partenariat conclu en 2007 entre l’Etat congolais et un consortium d’entreprises chinoises restera à jamais collé à la peau du gouvernement». «Révisés une première fois pour les faire correspondre, de l’avis du Fonds monétaire international, aux impératifs de l’accord formel conclu le 11 décembre 2009 entre lui et Kinshasa, souligne l’auteur de l’article, les contrats chinois ne cessent de triturer les méninges des Occidentaux ». «Au nom de la préservation de l’avantage acquis, l’Occident ne s’avoue pas vaincu. Aussi tente-t-il, par divers moyens, de récupérer de l’espace vital dans le vaste plan de reconstruction de la RDC». La RDC cédera-t-elle à cette pression ? Est-ce qu’à Kinshasa, l’on mesure la portée réelle de la bataille qui se joue autour des richesses de la RDC ? Difficile à dire, répond Le Potentiel, en soulignant que toutefois, Kinshasa ne devrait ni minimiser cette bataille ni se mettre à l’écart.


Elections


«Politique de la terre brûlée à l’AMP : Joseph Kabila, l’isolement suspect», titre Le Phare. «Tout récemment à Kingankati, l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP) avait donné l’impression d’avoir aplani ses dissensions internes et retrouvé la cohésion indispensable à la victoire de son Autorité Morale, Joseph Kabila, dès le premier tour de l’élection présidentielle annoncée pour décembre 2011, fait remarquer le journal. Cependant, les dernières nouvelles en provenance de cette plate-forme politique poussent de ombreux observateurs à se poser des questions au sujet de l’état d’esprit qui y prévaut réellement».  Le Phare se demande si, sans l’exprimer clairement, «certains membres de la famille politique du Chef de l’Etat ne se seraient pas déjà lancés dans la campagne de la terre brûlée, contre leur propre candidat, unique en plus, à la présidentielle». «Il nous revient de plusieurs sources qu’à l’approche des échéances électorales, affirme l’auteur de l’article, qu’une campagne sournoise d’isolement du candidat Kabila serait orchestrée par de ses propres troupes». Selon Le Phare, «le modus operandi consisterait à diaboliser tous les partenaires qui ont le malheur d’être originaires des provinces d’où surgissent des candidats à la magistrature suprême du pays». Ainsi, par exemple, certains ténors de l’AMP originaires des deux Kasaï sont très mal vus depuis qu’Etienne Tshisekedi s’est proclamé candidat à la succession de Joseph Kabila. La même attitude négative est affichée, indique-t-on, à l’égard des Kabilistes ayant pour provinces d’origine le Nord et le Sud-Kivu, au motif que Vital Kamerhe pourrait être sur la ligne de départ pour la course à la présidence de la République.

«Le président national de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Etienne Tshisekedi, va regagner Kinshasa le 1er décembre prochain», révèle Le Potentiel qui cite Remy Massamba, coordonnateur principal de la Commission chargée de l’étude de l’organisation et de la tenue du Premier Congrès de ce parti politique. «Etienne Tshisekedi va procéder lui-même ici à Kinshasa, à l’ouverture et à la direction des travaux du Premier congrès du parti prévu du 10 au 14 décembre prochain», a rassuré Remy Massamba sans révéler avec précision le lieu retenu pour cette rencontre. «Ce congrès revêt un caractère historique pour ce Parti politique longtemps resté dans l’opposition», a-t-il ajouté. Avant la tenue de ce Congrès, Remy Massamba a annoncé son voyage pour Bruxelles afin de remettre à Tshisekedi le Rapport final sur la mission confiée à la Commission, après avoir pris en compte les avis et considérations de tous les organes du parti ainsi que de la base. A en croire le quotidien kinois, «ce rapport comprend plusieurs points, parmi lesquels la modification du Statut et du Règlement Intérieur de l’UDPS ainsi que le nouveau projet de société du Parti». Ces textes juridiques vont être adoptés lors des travaux de ce Congrès dont le coût estimatif est de 280 mille dollars US. «Il faut savoir que sur ce montant, déjà 60% sont disponibles grâce aux fédérations de l’UDPS basées à l’extérieur du pays», a confié Remy Massamba, précisant que le Congrès va consacrer la candidature à la présidence de la République d’Etienne Tshisekedi pour l’élection présidentielle de 2011 et définir les actions futures du parti pour conquérir le pouvoir.

 «Au moment où l’AMP hésite à désigner ses représentants au Bureau de la CENI, le Président de la CEI, l’Abbé Apollinaire Malumalu, lui, a les yeux rivés sur son chronogramme, rapporte le journal La Prospérité. Dans cet ordre d’idées, il a lancé hier, mardi 2 novembre 2010, à Kindu, chef-lieu de la Province du Maniema, la campagne de sensibilisation sur l’opération de révision du fichier électoral dans la province chère au Gouverneur Pascal Tutu Salumu». «Le temps des filles et fils du Maniema a sonné, le train des élections est en marche et tout le monde doit se mobiliser au maximum, car chaque voix compte et que c’est l’électeur qui décide», a déclaré l’Abbé Président de la CEI aux congolais de Kindu, avant de les inviter à s’approprier du processus électoral. Pour le Gouverneur Salumu, cité le quotidien kinois, «sa province a récolté, en 2006, le plus faible taux d’inscription des électeurs au fichier électoral, raison pour laquelle il a invité les acteurs politiques, les acteurs sociaux, les paysans, les hommes d’affaires jusqu’aux artistes, à tout mettre en œuvre pour se faire enregistrer en qualité d’électeur et posséder une carte d’identité provisoire».

Tungulu


Le Phare fait également état du rebondissement du dossier Armand Tungulu.
«Rebondissement du dossier Armand Tungulu, la RDC à la barre le 10 novembre à Bruxelles».  «Contrairement à ce que l’on pensait, au regard des protestations virulentes des officiels congolais, la République Démocratique du Congo, à travers ses avocats, maîtres Mbemba et Moma, a introduit le vendredi 28 octobre 2010 une tierce opposition contre l’ordonnance du juge belge du Tribunal de 1ère Instance de Bruxelles, prise le lundi 04 octobre 2010, sommant le gouvernement congolais de restituer la dépouille mortelle de Armand Tungulu à sa famille sous peine d’une astreinte de 25.000 Euros par jour de retard, écrit le journal. Ainsi, la RDC, partie accusée, va se retrouver le mercredi 10 novembre 2010, devant la barre de la même juridiction, face à Me Jean-Claude Ndjakanyi, qui défend la veuve Tungulu et a ses enfants, représentant la partie plaignante». «A  l’approche du nouveau round judiciaire de l’affaire Tungulu à Bruxelles, renseigne Le Phare, on apprend que sa famille biologique à Kinshasa vient de retirer la plainte qu’elle avait introduite le 20 octobre 2010 auprès du Parquet Général de la République contre l’Etat congolais pour non protection des citoyens». 

Le dossier Armand Tungulu se traitait sur deux terrains. A Kinshasa avec Me Willy Bolio qui représentait Mlle Stéphie Mudiandambu, présentée comme fille aînée d’Armand Tungulu et les autres membres de la famille ; à  Bruxelles avec Me Jean-Claude Ndjakanyi qui représente Mme Armand Tungulu et ses enfants.

Avec le désistement de la famille à Kinshasa, le dossier Tungulu se traite uniquement à Bruxelles. Là, l’Etat congolais, à travers ses avocats, Me Mbemba et Moma, a introduit vendredi dernier une tierce opposition contre l’ordonnance du juge belge enjoignant le gouvernement congolais à restituer la dépouille mortelle sous peine d’une astreinte de 25 mille euros par jour de retard. Pour Me Moma, joint par Radio Okapi, cette ordonnance était prise dans l’irrégularité du fait que l’Etat congolais était absent lors de l’audience.

Me Moma a confirmé qu’il y aura une audience régulière le 10 novembre prochain à Bruxelles.

(Le cher Maître a dû brosser quelques cours sur le sujet en Fac de Droit, sans quoi il ne confondrait pas une ordonnance rendue par défaut, qui est automatiquement réduite à néant par l’opposition de la partie condamnée, avec une « irrégularité ». L’opposition consiste en effet, en quelque sorte, à dire au Tribunal « Stop ! Vous m’avez jugé sans que je sois là ! Reprenons la discussion à zéro avec ma participation ! ». Notons en passant qu’ipso facto l’état congolais reconnait dans une certaine mesure la compétence du Tribunal belge, même si à l’audience il se prépare sans doute à plaider l’incompétence. NdlR)

Le Phare signale que Me Bolio, avocat des Tungulu de Kinshasa, n’a fourni aucune explication au sujet du désistement de ses clients. Certaines sources soutiennent que ceux-ci auraient peut-être reculé suite aux rumeurs circulant sur le net et faisant état d’une grosse somme d’argent qu’on aurait mise à la disposition des proches d’Armand Tungulu, à Kinshasa, pour les convaincre d’aller reconnaître sa dépouille à la morgue et de procéder à son inhumation. La peur du scandale aurait probablement interdit tout passage en force contre la volonté de la veuve. D’après le journal, «la veuve Tungulu et ses enfants avaient dénié à la famille Tungulu résidant en RDC le droit d’ester en justice ou de retirer son cadavre de la morgue de l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa, où il est gardé depuis sa mort, en raison du fait que le défunt était légalement marié et avait laissé deux orphelines comme enfants légitimes».      
(On voit mal quelle explication il y aurait à fournir ! La représentation
  en justice d’un défunt est assurée par son plus proche parent, c’est-à-dire en l’occurrence deux filles légitimes assistées par leur mère et tutrice, veuve du défunt. La fille naturelle et les frères ne viennent qu’ensuite. On laisse donc passer ceux qui ont priorité ! NdlR)

«Affaire Tungulu : l’imbroglio, à quel profit ? » s’interroge le journal L’Avenir. «La famille Tungulu de Kinshasa déclare avoir retiré la plainte et renoncé à aller reconnaître le corps à la demande de la famille Tungulu de Bruxelles», fait observer le journal, avant d’ajouter que «l’avocat de Bruxelles estime que la justice avait déjà été saisie à Bruxelles et qu’il ne peut y avoir reconnaissance du corps tant que l’acte de décès n’a pas encore été livré». Et l’auteur de l’article de s’interroger : quelle sera l’issue de cette affaire tant que les parties campent sur leurs positions ? Pour L’Avenir cet imbroglio est a la base du retard enregistré dans les obsèques du disparu tel que voulu par la famille. «Il faudra aussi qu’intervienne un débat médical », estime le journal, avant de se demander si «le temps que le corps met à la morgue sera-t-il sans conséquence quant à la fiabilité des résultats de l’autopsie ? » Kinshasa va-t-il remettre la dépouille d’Armand Tungulu avant d’avoir procédé à l’autopsie ? Il est vrai que l’autopsie s’impose, mais Kinshasa pourra-t-il le faire en l’absence de la famille ? Pour le quotidien, il y avait possibilité que la famille de Kinshasa permette de dénouer le nœud gordien, car avec le désistement de cette famille, on ne trouvera aucun membre de famille pour donner une caution de crédibilité à cette autopsie. L’Avenir croit que pour ne pas faire durer ce dossier, «Kinshasa pourrait-il être poussé à s’adresser, lui aussi, à la communauté internationale, à la Monusco par exemple afin de procéder à l’autopsie avant de passer à toute autre étape dans la procédure de l’inhumation du défunt».

(Entre les lignes, ce qu’insinue l’Avenir, c’est que toute l’agitation autour de ce cadavre relève  de l’agitation politique. Il est probable que le langage que l’on tiendra à Kinshasa dans les jours qui viennent sera dans es grandes lignes le suivant : « Si aucun membre de la famille n’identifie le corps, l’autopsie sur le corps devient impossible sans l’autorisation de la famille du défunt. Le Procureur Général de la R.D.Congo pourrait se réserver le droit de constater l’abandon du corps après un certain délai, et ordonner son enterrement. Le procès en Belgique n’aura plus son sens en vertu du principe du droit de territorialité qui veut que l’instruction judiciaire se fasse à l’endroit où les faits se sont passés.  La RD Congo est un pays souverain et non un vassal de la Belgique, il revient donc de droit selon les règles orthodoxes de l’instruction judiciaire, que la Justice de ce pays procède à l’instruction du dossier. Armand avait conservé sa nationalité Congolaise, il est mort au Congo. Le gouvernement Belge acceptera t il de rapatrier les cendres d’un citoyen non Belge du Congo en Belgique. Le droit de citoyenneté des enfants ne s’applique pas sur les parents. Et si cela devait s’appliquer, c’est sur les personnes vivantes et non mortes. Difficile de prévoir les conséquences du refus d’identification d’un corps par la famille Tungulu. L’opposition Congolaise utilise la mort d’Armand comme son fonds de commerce après l’échec sur celui de Chebeya, remue ciel et terre pour en finir avec le gouvernement démocratiquement élu à Kinshasa au lieu d’attendre les élections prévues en 2011. »

Malheureusement, ce brillant raisonnement pèche sur plusieurs points :

  1. S’agissant d’une mort violente, il n’y a aucun besoin d’une autorisation quelconque pour faire procéder à l’autopsie. Elle peut être ordonnée par le Parquet.
  2. Reconnaître un corps est une chose, l’emporter pour l’enterrer, une autre. La famille kinoise pourrait très bien l’identifier, après quoi il serait autopsié sur ordre du Parquet, puis remis à la famille bruxelloise.
  3. Les deux « branches » de la famille Tungulu s’accordent pour se méfier de l’autopsie officielle. C’est naturel en présence d’un homicide attribuable aux forces de l’ordre. Mais cela découle aussi du manque de moyens de la RDC qui n’ a aucun médecin légiste et aucun laboratoire de police scientifique valable. NdlR)

Divers


AfricaNews fait état des derniers instants du règne de Baende à la tête du gouvernorat de l’Equateur. Selon ce journal, la tension est montée à l’AMP où l’on envisage d’accélérer l’examen de la motion de défiance levée contre le Gouverneur par un député provincial PPRD qui l’accuse d’avoir détourné près de FC 12 milliards, à défaut de faire appliquer les recommandations étouffées de la Commission d’enquête du Sénat.

«Les médecins des services publics de l’Etat suspendent le mouvement de grève déclenché le 11 octobre dernier, sur toute l’étendue du territoire de la RDC, pour laisser au gouvernement le temps de matérialiser ses engagements», lit-on sur le site de Radio Okapi. Selon Dr. Mankoy, le secrétaire général du Syndicat national des médecins (Synamed), cité par la même source, «l’évaluation de l’exécution des engagements du gouvernement se fera après la paie de salaires du mois de janvier 2011». «Il ne s’agit que d’une suspension, a déclaré Dr. Mankoy. En cas de non respect par le gouvernement des engagements pris, ils pourront reprendre la grève à tout moment. Et ce, sans préavis ».

© CongoForum, avec le service de Communication du CNONGD, le mercredi 3 novembre 2010

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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