(CongoForum)
Les candidats AMP à la CENI sont enfin connus. L’insécurité récurrente, partie de l’Est, se rapproche de plus en plus de l’Ouest. L’Ituri revient à la charge à propos des nouvelles provinces. Les Elections de 2011 fournissent leur contingent habituel de déclarations et incidents.
CENI
Le Climat Tempéré annonce « La Liste des candidats AMP est là. L’ombre de Malu-Malu poursuit la CENI ».
Les partis politiques et alliés de l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) se sont retrouvés hier lundi à la ferme présidentielle de Kingakati autour JK pour harmoniser la liste des candidats à désigner pour diriger la CENI. A l’issue de ces tractations, des sources crédibles ont annoncé tard dans la soirée que Flavien Musoni, directeur du bureau des opérations de la CEI, et Me Crispin Kankonde, 3ème vice-président de la CEI ont été désignés pour représenter la majorité présidentielle à la CENI. « Les acteurs de l’AMP viennent finalement de mettre fin à la grogne politique qui se développait pour fustiger sa lenteur à fixer ses choix sur les animateurs devant piloter la nouvelle structure électorale appelée à remplacer la CEI dirigée de juin 2003 à novembre 2010 par l’abbé Apollinaire Malu-Malu » dit ce journal. L’on savait depuis un temps que l’abbé Malu-Malu était non partant pour la CENI. Sur sa personne s’était cristallisée une forte controverse. A Kindu, où il a séjourné récemment, le président de la CEI a répété, lors d’une conférence de presse, qu’il ne sera pas membre de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Il va plutôt s’occuper de sa vie pastorale. Même absent de la CENI, l’équipe Malu-Malu y sera représentée par quelques rescapés de la CEI. Que l’AMP ait été amenée à désigner les candidats dont elle avait la charge parmi les membres de l’actuelle CEI va sans aucun doute relancer la polémique au sujet de la CEI. D’aucuns y voient la pleine démonstration que la CEI a fonctionné en intelligence avec la coalition au pouvoir.
Evariste Boshab a tenu hier une réunion avec les présidents des groupes parlementaires de l’Opposition et de la majorité pour « faire un peu l’état des lieux de la question de la mise en place de la CENI ». « Aujourd’hui, le président nous a informé qu’il n’a pas encore reçu la liste de la majorité. La Majorité s’est engagée à déposer cette même liste aujourd’hui (lundi) en fin de journée », a confié à la presse le député national de l’Opposition, Thomas Luhaka. « Donc, nous allons nous réunir encore demain mardi à 10 heures avec le président de l’Assemblée nationale et avec les autres présidents de groupes parlementaires, pour pouvoir vider cette question de la mise en place de la CENI », a précisé M. Luhaka. Selon des sources crédibles contactées par la rédaction du journal, la liste complète des candidats animateurs de l’AMP va être déposée ce mardi au bureau de la Chambre basse du Parlement.
Le député UN, Clément Kanku a à accusé le pouvoir de « de bloquer la mise en place de la CENI pour geler les élections », au cours d’une conférence de presse tenue le 30 octobre dernier. Il a été relayé par le député Lisanga Bonganga à travers une motion lue à la séance plénière en fin de la semaine dernière. Et enfin viendra le tour de l’ USA, qui a dénoncé, lors d’une conférence de presse tenue vendredi, « les manœuvres dilatoires du régime en place ».
« Le processus de l’installation de la Commission électorale nationale indépendante, CENI, continue d’être délibérément bloqué par la famille politique du chef de l’Etat sous prétexte que l’autorité morale n’a pas encore décidé », a fait savoir le même Lisanga. Et Ne Mwanda Nsemi n’a pas hésité de tirer une conclusion « A l’époque, le président Mobutu réunissait les acteurs politiques pour essayer de trouver des solutions à une crise politique en vue », a-t-il rappelé.
Maintenant que sont connus les noms des candidats, la procédure prévoit un large débat au niveau de l’Assemblée nationale pour examiner le profil de chacun au regard des prescrits de la loi sur la CENI. C’est une nouvelle étape qui s’ouvre et qui risque encore de nous retarder. La course d’obstacles vers l’avènement de la CENI n’est pas terminée.
(Après que la longue attente ait engendré toutes sortes de rumeurs dont beaucoup tenaient tout simplement du canular, l’AMP vient de poser un geste dont on pourrait dire qu’il est doublement positif. Il met fin au suspense qui devenait longuet, mais il remet aussi le processus sur ses rails : désignation non pas de « représentants des partis », mais de personnes ayant quelques connaissances en matière électorale, et ayant l’agrément des partis. NdlR)
Insécurité
« Rattrapé par les événements, Le Parlement révise ses priorités », titre à la Une Le Potentiel. Il rapporte que le Parlement, qui siège en session ordinaire depuis le 15 octobre 2010, a pris trop de temps pour s’attaquer aux lois censées remettre de l’ordre dans l’administration de l’Etat. A la suite de l’insécurité récurrente qui va de l’Est et se rapproche de plus en plus de l’Ouest, le Parlement, dont les bureaux des deux chambres se sont concertés lundi 08 novembre, a recadré sa démarche. Les lois portant réforme de la justice et de la sécurité sont désormais prioritaires. Aura-t-il le temps de se rattraper ? (Cet article du Potentiel est repris sur le site DigitalCongo sous le titre « Face aux événements, le Parlement se ressaisit en décidant de s’attaquer aux lois sur la réforme de la justice et de la sécurité ». NdlR)
Sous le titre : Insécurité et tracasseries entretenues par des policiers, « Le général Jean Oleko en a marre ! », Le Phare note que le constat de l’inspecteur provincial de la police concernant la sécurisation des personnes et de leurs biens dans la ville de Kinshasa, est amer.
Le bilan qu’il vient de dresser sur la recrudescence de la criminalité et le regain de l’insécurité, pour la seule période du mois d’octobre 2010, est très négatif avec des crêtes pour des cas d’extorsions des fonds, des téléphones portables et même des cas de viols, au point qu’il a organisé lundi au camp Lufungula, une causerie morale à l’intention des policiers et officiers de la garnison de Kinshasa.
Le Palmarès signale à propos des viols des Congolaises en Angola que l’ONU hausse le ton. La représentante spéciale de l’ONU chargée des violences sexuelles, Margot Wallström, insiste pour qu’une enquête soit ouverte par Kinshasa et Luanda. Une mission inter agences de l’ONU est déjà à pied d’œuvre pour apporter un soutien aux victimes. Mais, là où le bât blesse, c’est quand l’organisation planétaire n’a pas le courage de dénoncer clairement les criminels. Pourtant, le rapport de la Monusco incrimine très clairement l’armée angolaise.
(Si l’on tient compte du fait que la Monusco aussi, c’est l’ONU, on comprend mal où l’on trouve ce « manque de courage » de l’ONU ! NdlR)
Jeune Afrique publie une Interview du Gouverneur du Nord-Kivu. Julien Paluku revient sur la situation dans la province qu’il administre depuis 2007, d’une manière qui ne concorde pas vraiment avec les vues généralement critiques ou sceptiques de Kinshasa à propos de l’ONU. Jugez plutôt :
« Jeuneafrique.com : Quelle est la situation sécuritaire au Nord-Kivu ?
Julien Paluku : Par rapport à 2008, la situation est plutôt bonne. Mais il y a des rumeurs qui circulent au sujet du mécontentement des anciens du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Il n’y a cependant pas d’indices de reprise des hostilités. Avant leur intégration les hommes du CNDP étaient déjà divisés entre les proches de Laurent Nkunda et ceux de Bosco Ntaganda.
Sur le terrain, même sous l’uniforme des Forces armées de la RDC (FARDC), la fissure persiste. Il y a des problèmes avec ceux qui sont dans la ligne Nkunda, c’est le cas du major Patient qui a fait défection récemment [le major Patient Akilimani, commandant du 3e bataillon de la 122e brigade d’infanterie FARDC, a déserté avec vingt-deux de ses éléments dans la nuit du mardi 26 octobre à Alimbongo, à 55 kilomètres au sud de Lubero-Centre, NDLR].
Dans ce contexte, est-ce que la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (Monusco) assure la principale de ses missions : protéger les civils ?
Elle a fait un énorme travail ici. Nous avons connu des périodes de graves tensions et la Monuc a sauvé la situation. Mais il ne faut pas oublier que notre province est aussi grande que le Rwanda et le Burundi réunis. Il est impossible aux Casques bleus, surtout avec les problèmes d’infrastructures routières, d’être présents partout. Les rebelles donnent du fil à retordre à la Monusco malgré toute sa bonne volonté. Je l’ai déjà dit : je suis favorable à une augmentation des effectifs de la Monusco ici dans le Nord-Kivu.
Il y a aussi un autre obstacle majeur, c’est la langue. Même s’il y a des traducteurs, les messages passent mal. Pour améliorer les contacts avec la population, il faudrait au moins des bataillons francophones. Même si nos paysans ne parlent pas tous le français, ce serait déjà mieux.
On a également parlé de trafics de minerais auxquels les Indiens, notamment, se livreraient.
Si cela est vrai, ce ne sont que des cas isolés. Ce ne sont pas des trafics organisés au niveau des bataillons mais par quelques individus qui ont leurs faiblesses. Il y a des enquêtes à chaque fois que l’on entend des rumeurs de ce genre. Et les responsables sont sanctionnés.
On a attribué les deux dernières attaques contre des bases de la Monusco, celle de Rwindi récemment et celle de Kirumba, en août, à une affaire liée à des trafics entre Casques bleus et miliciens Maï-Maï. Avez-vous des informations plus précises ?
Il y a eu des rumeurs dans ce sens, oui. Mais aucune enquête pour le moment n’a pu le prouver.
Des témoignages font état de la présence de soldats rwandais au Nord-Kivu. Êtes-vous au courant ?
J’ai toujours été clair sur ce point. Ils sont venus à notre invitation en 2008. Mais aujourd’hui je ne vois pas ce qui justifierait leur présence ici. Les combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FLDR, rebelles hutus d’origine rwandaise) ont été chassés du Rutshuru et du Masisi, ils sont en train d’être chassés du Walikale. Rien ne justifie la présence de soldats rwandais ici.
Comment interprétez-vous la demande, par le président Kabila, d’un retrait de la Monusco ?
Il ne faut pas mal interpréter cette demande. Le président est favorable à un retrait progressif et planifié de la Monusco. Il ne s’agit pas de se retirer maintenant des zones de fortes tensions comme le Nord-Kivu. Non ce serait plutôt un retrait des forces dans l’Ouest, là où la paix est assurée, pour redéployer des forces ici par exemple. »
Provinces
« L’Ituri veut sa province avant les prochaines élections », titre La Référence+ qui fait état d’une lettre ouverte des députés provinciaux de l’Ituri à Joseph Kabila. Les députés de cette partie de la RDC n’entendent pas cédé sur ce qu’ils considèrent comme un droit et un acquis constitutionnel. Six mois après leur déclaration exigeant l’érection de l’Ituri en province, les députés provinciaux originaires de l’Ituri reviennent à la charge.
Ils relancent la question de la mise en œuvre de la nouvelle province de l’Ituri. Ils sollicitent l’implication personnelle du chef de l’Etat dans le processus d’installation de la province de l’Ituri.
« Découpage territorial : Les députés provinciaux de l’Ituri reviennent à la charge » annonce Le Climat Tempéré.
Dans une lettre ouverte, datée 25 octobre, les députés provinciaux de l’Ituri reviennent sur les correspondances, qu’ils ont adressées au président de la RDC Congo au sujet de l’installation de la province de l’Ituri. Parallèlement à cette démarche, les députés provinciaux de l’Ituri ont pris l’initiative de contacter le chef de l’Etat pour quelques précisions à cet effet. Mais, aucune procédure n’a abouti depuis 2007. Au contraire, à la suite de leur déclaration politique du 29 avril 2010 exigeant l’érection de l’Ituri en province en mai 2010, les députés provinciaux de l’Ituri ont été soupçonnés, par une certaine opinion, d’afficher des ambitions autonomistes. Déjà, certains d’entre eux étaient décidés de ne plus siéger à l’Assemblée provinciale de Kisangani.
C’est ainsi qu’ils se sont réunis au chef-lieu de la Province Orientale du 15 au 25 octobre 2010. Ils précisent qu’ils traduisent la volonté de la population de l’Ituri au regard des potentialités de cette entité: «Nous sommes conscients des interprétations et réactions à sens divers suscitées par la déclaration politique, jusqu’à nous prêter l’intention de rébellion ou de sécession ! Il ne reste pas moins que cette déclaration était et est la traduction de la volonté de la population de l’Ituri désabusée par les constats amers de la situation politique, administrative sécuritaire, économique et socioculturelle, résultant d’une cause fondamentale, la mauvaise gouvernance avec ses corollaires: l’ignorance des réalités locales, des renseignements tronqués sur I’lturi, la non maîtrise de la sécurité intérieure et extérieure, les compromissions dans le traitement des problèmes, la résurgence des antivaleurs tant déplorées et maintes fois dénoncées… Ainsi s’est cristallisée une prise de conscience unanime que toutes les tentatives de la gestion de l’Ituri dans le centralisme et une administration banale produisent des effets indésirables».
Du 15 au 17 septembre 2010, le président de la République, Joseph Kabila, a séjourné à Bunia où il s’est entretenu avec les notabilités locales sur cette question fondamentale pour les Ituriens. Mais, ces derniers n’ont pas pu transmettre au chef de l’Etat leurs préoccupations sur la nécessité de créer une «province de l’Ituri». Mais, voilà, après ce raté, les députés provinciaux de l’Ituri reprennent leurs revendications: «Lors de votre récente tournée de visite, à l’étape de Bunia du 15 au 17 septembre 2010, vous vous êtes adressé à la notabilité locale à la date inoubliable du 16 septembre 2010. Vous avez relevé deux préalables juridiques: le projet de loi sur la délimitation des provinces pour éviter les conflits interprovinciaux et le projet de loi sur la programmation des provinces. En outre, vous avez invité à la bonne préparation dans l’ordre et dans la discipline pour éviter les écueils de 1960-1964. En fait , si votre adresse offrait l’occasion d’échanger ou de relancer le débat, nous aurions le loisir de constater que les projets de loi susvisés ne peuvent que jouer en faveur de notre entité pour deux raisons : d’abord la délimitation de provinces ne pose aucun problème en Province Orientale sans conflit de limites des districts et que, même s’il en existait, la résolution dudit conflit reviendrait aux Assemblées provinciales issues de la grande Assemblée actuelle dans le cadre de la coopération interprovinciale. Ensuite la programmation objective prendrait en compte l’enquête de la Banque mondiale dont le rapport a ciblé l’Ituri comme entité viable». Et comme le respect de la constitution n’a pas été observé pour le découpage territorial, les députés provinciaux de l’Ituri attendent du chef de l’Etat la réalisation de ce projet avant les échéances électorales prochaines.
Elections
La Référence+ annonce du nouveau dans l’affaire de la candidature Puela. Régissant à l’annonce de la candidature de Fabrice Puela à la présidentielle de 2011, Yves Kisombe qui n’entend pas voir son « frère » se perdre dans cette aventure périlleuse, pour sa jeune carrière politique, le supplie de revenir à la raison et de continuer son combat politique, comme par le passé, en soutenant le chef de l’Etat et les institutions de la République. « Se déclarer candidat, alors que l’AMP a levé l’option de la candidature unique en faveur de son Autorité Morale, constitue une faute politique et éthique », estime Yves Kisombe.
LE BILLET du Climat Tempéré a des allures de fable avec son titre « Le pangolin et la fourmi ». Le sujet : « Le ton monte entre le MLC de Jean Pierre Bemba et le PPRD de Joseph Kabila. »
Le week-end de la Toussaint, à l’occasion des douze ans du parti, le secrétaire général du MLC a eu des propos peu amènes sur la gouvernance actuelle de la RDC. Dans un discours-réquisitoire, entrecoupé des ovations d’une impressionnante foule de partisans venus à la fête, François Mwamba a descendu en flammes le pouvoir Kabila. Tout y est passé : « un conglomérat de politiciens venus de nulle part », la corruption généralisée, la 182ème place au classement du Doing business, ces retombées de l’atteinte du point d’achèvement qui se font attendre, l’indice de développement humain qui place la RDC à la queue du classement mondial, avec une situation socio-économique qui n’a jamais été aussi dégradée, une population vivant avec moins d’un dollar par jour… Et puis encore, l’échec du gouvernement à former une armée républicaine garante de la sécurité du territoire et de ses habitants, « l’insécurité qui continue à frapper l’ensemble du pays, les violations des droits humains, les exécutions extrajudiciaires comme celles de Chebeya et de Tungulu, la détérioration des conditions sociales, « en dépit des promesses mirifiques des cinq chantiers devenus un simple slogan politique ». Mais aussi, ce leurre de l’amélioration du climat des affaires se traduisant par la multiplication des procès intentés contre la RDC devant des juridictions internationales… François Mwamba s’est aussi attardé à dénoncer un calendrier électoral qui cache mal la volonté de « proclamer la victoire de Joseph Kabila dès le premier tour » et, dans l’hypothèse d’un second tour, qui institue de fait une transition politique au delà du 6 décembre 2011, le terme constitutionnel du mandat de l’actuel président.
Face à ce qu’elles ont appelé « des fadaises du MLC», les fédérations du PPRD/Kinshasa ont fait une réplique musclée. « Nous ne tolèrerons plus que ce genre de mensonges soit servi à notre peuple», indiquent mercredi des délégués des quatre fédérations du PPRD/Kinshasa. Voilà donc le PPRD qui bande les muscles. Il entonne le ‘‘de profundis’’ sur les ambitions de Jean Pierre Bemba à qui l’on souhaite « qu’il ait droit à un procès équitable», bien que «nous aurions voulu qu’il soit encore là pour nous affronter en 2011 ». Mais le PPRD bombe le torse : « comme il n’y avait pas match en 2006, il n’y en aura pas en 2011, avec ou sans JP Bemba». Mais le PPRD est ulcéré qu’il ait été dit que « M’Zee est sorti de nulle part », ce qui est une incongruité dans le chef de ce « MLC sorti du ventre du Mpr Parti-Etat, avec tout ce qu’il y a de sinistre dans ce régime» ! Au PPRD, l’on ne comprend pas le lien établi entre le calendrier et l’élection de Joseph Kabila. «Avant même que la Ceni qui organisera les élections de 2011 ne soit mise en place, le MLC crie déjà à la fraude» ! Pour le PPRD, le MLC est un chien qui aboie non pour faire peur, mais sous la peur. S’agissant de la gouvernance, il est contradictoire, observe le PPRD, de dire aujourd’hui que l’on a atteint le point d’achèvement et de parler de la mauvaise gouvernance. L’un et l’autre s’excluent. Quant à l’amélioration dans le social des Congolais avec l’actuel gouvernement, l’on estime qu’ «Il faut être aveugle pour ne pas constater comme tout le monde que Kinshasa de 2004 n’est plus celui d’aujourd’hui, que le taux de change s’est nettement stabilisé, que l’inflation a été contenue et que la liberté d’opinion est garantie à tout le monde… C’est cela la réalité des cinq chantiers que le MLC a du mal à cacher à la population». S’insurgeant contre la politisation des affaires Armand Tungulu et Floribert Chebeya, le PPRD dit n’avoir pas de leçon à recevoir de gens qui sont comptables « des cas comme celui de l’officier de police brûlé le 27 juillet 2006 devant l’Eglise Armée de l’Eternel, ou du colonel tué avec deux enfants de son voisin sur l’Avenue de la Justice à la Gombe, ou encore de la dame violée dans les locaux de la Haute autorité de Médias… par les mêmes fourmis dont on exalte les prouesses». Parlant précisément des fourmis, le PPRD dit : «Les fourmis… reviennent. On leur souhaite beaucoup de plaisir. Plus rien ne sera comme avant parce que, face aux fourmis, le PPRD se comportera en pangolin». Le PPRD déclare ainsi prendre acte que le MLC entretient une milice composée de ses fourmis. A cette réplique du PPRD a suivi une contre-réplique du MLC qui revient à la charge en ironisant sur la symbolique du « pangolin »(le PPRD) , animal paresseux et peu intuitif, face à la fourmi( le totem du MLC), travailleuse, organisée et solidaire… etc., etc. C’est clair, quand le langage politique l’emprunte au bestiaire, la bêtise n’est pas loin. Parler de pangolin et de fourmis nous renvoie dans la violence tous azimuts. Le pangolin a une technique imparable pour faire la chasse aux fourmis. Il fait le mort en déployant sa langue démesurée. Les fourmis viennent s’y agripper en grappes par centaines. Le pangolin n’a alors qu’à rentrer sa langue et à engloutir sa prise. Au cours de ce jeu où l’on s’amuse à se faire peur l’on a même parlé d’insecticide. Insecte, vermine… Cela ne vous rappelle rien ! Je connais un juge belge du nom de Damien Vandermeersch que ceci aurait pu intéresser.
Le PPRD dit inscrire sa réaction dans la ligne d’une option prise le 09 janvier 2010, celle de répondre «coup pour coup» ! Le MLC rappelle d’ailleurs qu’aux élections passées, il ne faisait pas bon à Kinshasa être étiqueté PPRD. L’on se rappelle le jeu de massacres auquel donna lieu la campagne électorale en 2006. Or, prévient le PPRD, « il ne faut pas confondre campagne et propagande politique. La campagne vient. Elle n’est pas encore là, mais elle sera là». Eh bien, si le ton en est déjà là, on se le demande, qu’en sera-t-il lorsque viendra la campagne ? Alors, il faut arrêter. Il ne faut pas jouer avec le feu. Il ne faut pas jouer sur les instincts. Ne faisons pas comme si l’on avait oublié qu’il y a eu dans cette ville des affrontements à l’arme lourde, avec à la clé des centaines de morts, civils, militaires et policiers ! Les dérapages commencent toujours ainsi, dans un jeu d’attaques et contre-attaques, qui après se corse, s’envenime, dégénère, explose. Voudrait-on encore faire revenir ici l’EUFOR pour sécuriser les élections? La RDC est un pays fragile. Halte à la bêtise !
D’après Le Climat Tempéré « LePPRD s’installe dans les régies financières »
Le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie, PPRD, vient d’investir la Direction Générale des Recettes Administratives, Domaniales et de Participations, DGRAD. La semaine dernière, cet important service générateur des recettes de l’Etat s’est doté d’une section de ce parti. Selon des agents de la DGRAD contactés par Le Climat Tempéré, l’installation du PPRD au sein de cette régie s’explique par une intention: soutenir les «Cinq chantiers de la République» dans le cadre de la mobilisation et de la maximisation des recettes. Un fonctionnaire, indigné par cette politisation de ce service public tient un discours contraire: «Les fonctionnaires de la DGRAD sont normalement apolitiques. Les agents, qui ont accepté d’animer le PPRD dans cette régie ont été discrètement contactés moyennant promesse de promotion, nomination… ».
De plus, des observateurs déplorent cette pratique du monolithisme, qui imposait ses structures au sein des entreprises publiques, non pour des raisons de production, mais plus pour des motifs sécuritaires. Des Congolais se rappellent certainement de la JMPR Ouvrière, dont le fonctionnement émargeait au budget de l’Etat. L’on se souvient également des missions de cette branche, dont les animateurs étaient devenus des correspondants des services de sécurité. Avec toutes les conséquences dévastatrices connues. Des agents de la DGRAD, qui n’adhèrent pas au PPRD, perçoivent le danger de cette initiative du parti du président de la République: «Qu’adviendra-t-il si tous les partis politiques se décident à organiser leurs représentations au sein des mêmes services de l’Etat ?».
Il est certain que les principaux adversaires du PPRD ne rateront aucune occasion pour recruter des partisans parmi les fonctionnaires de l’Etat et monter des noyaux, qui fonctionneront même dans la clandestinité, rassure un agent: «Vous pouvez imaginer où nous allons. Dans tous les services publics de l’Etat, il existe des syndicats, qui défendent les intérêts des travailleurs et veillent au bon fonctionnement de ces branches de l’Etat. Mais, que viennent faire les partis politiques dans nos régies ? Nous sommes au courant. En prévision des prochaines élections, le PPRD tient à reprendre la ville de Kinshasa des mains de l’opposition. C’est dans cet objectif qu’il a lancé un slogan: «Pas une parcelle sans PPRD». Voilà, il vient de commencer par les régies financières et les entreprises publiques». Après la DGRAD, la «puissante» machine PPRD s’est imposée à la Direction Générale des Impôts, DGI. Il est évident, cette méthode accroît le malaise face à la grave violation des règles qui guident l’administration publique.
(Qu’un parti ait des « cellules d’entreprise » est une pratique courante. Que les partis cherchent à accroître et à renforcer leur emprise à la veille d’une élection est tout naturel et fort compréhensible. Toutefois, dans la situation actuelle de la RDC, cela ne peut que susciter des questions, parce que la plupart des pratiques frauduleuses comprises sous le terme très général de « corruption » ont leur source dans des relations de « copinage », engendrant par exemple des nominations ou des promotions de faveur plutôt que de compétence, de protection menant à l’impunité tant des fonctionnaires que des administrés, etc… C’est d’autant plus vrai à la DGRAD et à la DGI qu’elles voient passer l’essentiel des rentrées de l’Etat, provenant tant des entreprises que des particuliers et sont donc idéalement placées pour faire des « cadeaux de propagande » à des personnes influentes. On ne peut pas ne pas remarquer d’autre part que JK s’est déjà octroyé les contrôle des dépenses et que, avec des Directions qui seraient entièrement aux mains de son parti, il aurait pratiquement celui des rentrées, ce qui ressemble méchamment à une mainmise personnelle sur les finances de l’Etat. Et il ne faut pas oublier que l’une des constantes de la « propagande à la congolaise » est de présenter comme « dons personnels » des dépenses en réalité faites aux frais du Trésor public. NdlR)
© CongoForum, le mardi 9 novembre 2010










9 novembre 2010
Aujourd'hui dans la presse