par Alain Ngubu Matiki. – Porte-parole de CCD/M.
Au vu de la dégradation accentuée du pays à tous les niveaux, l’une des questions que l’on se pose est celle de savoir quel est l’avenir du Congo? Il est évident que le présent détermine le futur. Et la situation présente du Congo ne préfigure en rien ce qui puisse être à tendance d’amélioration en un quelconque aspect de la vie de sa population. Mais paradoxalement nous osons déclarer profondément, avec conviction que son avenir est bien prometteur. Nos raisons se fondent sur l’alternative de changement des régimes que nous voulons voir s’opérer en urgence, compte tenu de la gravité de l’heure. En effet, un régime en l’occurrence d’occupation du Congo par le Rwanda n’a pas mission de développer tant soit peu un domaine donné si non détruire le peu qu’il a rencontré alors que le régime de souveraineté composé d’acteurs patriotes fait toute la différence.
Si jamais dans la pensée de chaque Congolaise et Congolais s’installait le négationnisme ou mieux si au moins chacun se familiarise avec le pessimisme de voir son pays se redresser de ses calamités quotidiennes, alors nous perdons le sens existentiel de notre nation. Cette confession négative de notre avenir tomberait en désaccord avec nos souffrances et nos lamentations. Elle pousse des compatriotes à ne plus jamais croire au bonheur de ce pays ni de ses habitants et ils finissent par agir conséquemment, c’est-à-dire de manière proche de la trahison pour semble t-il se servir au lieu de servir. C’est pourquoi nous nous conscientisons de tourner la tête vers une pensée toujours positive en dépit des moments douloureux actuels ; Comme qui dirait c’est après des douleurs d’enfantement que jaillît le cri de l’enfant qui apporte la joie dans les familles !
La RDC, avec toutes ses données humaines, écologiques et géologiques est malheureusement au bas de l’échelle dans le classement mondial du progrès humain: La RDC classée 168ème sur 169 (Indice de développement humain 2010 du PNUD); 164ème sur 178 dans le classement Transparency International (TI), quatorzième pays très corrompu, capitale mondiale du viol et de l’inceste, en voie de passer pour le centre mondial du terrorisme, de distribution de la drogue vers l’Occident … bref une recrudescence des valeurs et du niveau de vie ajoutée à cela une flagellation des mœurs jamais observée depuis la nuit des temps. La conquête d’argent facile ou du pouvoir pour un show pousse des indigents à commettre ce dont le pays vit tristement.
Deux causes majeures justifient, si nous ne prenons garde, le péril de la Nation, à savoir : Nous avons oublié nos Ancêtres et nous avons fait dos au Créateur. Plusieurs facteurs sont à l’origine du rejet de notre histoire dont les conséquences pèsent lourdement sur la balance de ce déficit. L’occupation a quant à elle accéléré le processus d’égarement de notre population auprès du Créateur tel nos Ancêtres le glorifiaient. L’installation et l’instauration de tous les symboles de divinité étrangers sur le territoire congolais ont connu une ampleur exponentielle sous l’occupation du pays par le régime actuel. Le non-payement planifié a poussé les familles à déserter leur rôle au profit des certaines religions qui s’occupent entièrement des de leurs enfants : en minerval, en nourriture et surtout en formation spirituelle dangereuse pour le future de la nation, sans que l’on y prête attention soutenue. Bien avant, d’autres églises identifiables nous ont poussé à rejeter toute notion de tradition et de coutumes pour un modernisme improductif. Le rôle de nos Ancêtres a totalement disparu dans notre vécu quotidien. La voie était donc ouverte pour que nous perdions toute référence. Voilà pourquoi aujourd’hui, nous subissons passivement, comme des cellules humaines sans anti-corps (moyens de défense appropriés), des attaques que nous aurions pu repousser sans trop d’efforts.
Tout est spirituel avant d’être matériel, dit-on. La force spirituelle congolaise a été amoindrie si pas annihilée par le travail rusé de certaines églises, gouvernants et des injonctions reçues des états étrangers. Déjà à l’article premier de la constitution nationale se trouvent une épine cérébrale, une épine dorsale et une autre sous les pieds qui nous convient à nous coucher définitivement. Que veut bien dire réellement, dans cet article, que le Congo est un état laïc et que sa langue nationale soit le français au mépris des langues de nos Ancêtres ? Tout au moins la langue administrative que nous pourrions adopter soit celle qui se parle le plus au monde! La laïcité est quant à elle promue quand bien même la majorité de notre population est croyante à l’Etre suprême! Non seulement ça parait drôle mais aussi utopique et révoltant. La plupart de dirigeants congolais vénèrent ce qui étaient inconnus à nos Ancêtres et c’est auprès d’eux qu’ils rendent des comptes. Pas étonnant que nos populations ne représentent plus rien du tout à leurs égards. Nous devrions y penser et ne pas surtout nous gêner de nous proclamer comme tel un peuple qui croit au Créateur Nzambi-a-Mpungu de manière irréfutable dans notre Constitution. C’est à quoi les constitutionalistes et les linguistes devront se baser sur ce qui demain portera sur nos langues dans l’enseignement de nos générations futures pour effacer toutes ces traces de colonialisme et d’esclavagisme. C’est à ce prix de prise de Conscience que se repose le changement de notre mentalité pour penser à une autocritique de notre spiritualité, inexorablement la source de toute notre force vitale et de confesser la prospérité du Congo. Dès que l’élite consciente ainsi renouvelée conduira le pays dans cette direction, l’avenir du Congo est bien prometteur.
L’obstacle cependant demeure notre orgueil de ne pas surmonter les lacunes de ce que nous avons toujours exercé, même sans en comprendre pleinement les motivations réelles sous jacentes qui ont été à la base : la colonisation. Dans le cadre de ce renouvellement de notre spiritualité, comme les faisaient nos Ancêtres, il y a lieu de référer la place importante de la sagesse bantoue et des cérémonies ancestrales de grande portée pour le bénéfice de la communauté. Comme nous en témoigne un récit où la paix et la communion des membres d’un village étaient établi après une longue crise de confiance qui a régnée au milieu d’eux ! Il n’a fallu que les chefs coutumiers qui au demeurant avaient abandonné toute expression coutumière de revenir sur ces pratiques (en tâtonnant) pour apaiser les différends insurmontables qui prévalaient au village sans secours extérieur. Imaginons ce que ça aurait pu faire si la police se saisissait du dossier ? Dans le cas de Dongo encore fraîche dans nos mémoires, nous savons ce que la force de l’ordre (entendez force de désordre) crée lorsqu’elle est envoyée avec ordre de mission par les occupants de notre pays. Ici au moins, le pire avait donc été évité de justice, Dieu merci. Pourquoi n’essayerions-nous donc pas d’utiliser l’expérience positive des autres ne serait-ce que par curiosité ou par la méthode expérimentale d’« essai et erreur » ?
Quand beaucoup découvre tard que le Congo n’est pas gouverné, ni géré ou que le bilan du gouvernement actuel est désastreux, ce qui n’est pas impertinent de le dire par rapport aux esprits qui nient la réalité (mieux vaut tard que jamais), les Patriotes qui luttent déjà, eux, ne doivent pas tomber sous la tentation qui les (mal)conduiraient à la conclusion selon laquelle l’avenir de notre cher Congo est en péril. Au contraire, sa situation présente catastrophique est pour nous une motivation supplémentaire d’un dépassement de soi à travailler pour son redressement. Ceci nous impulserait à tout mettre en œuvre pour bouter tous les criminels de la nation hors état de nuire. Il n’y a pas mieux que la voie de la justice pour atteindre cet objectif ultime car du coup nous les ferions réparer des dommages causés à la nation et au peuple.
Que nous soyons encouragés de reconnaître nos Ancêtres, d’être en communion avec nos Mannes puis revenir au Créateur, le servir et l’adorer à la manière de ceux-là (nos Ancêtres), pour le salut de notre population qui a tant meurtri. C’est la voie de sortie à nos crises infernales et, assurément si nous nous y appliquons, nous dirons, tous ensemble, que l’avenir du Congo est bien prometteur !
Alain Ngubu Matiki.
Porte-parole de CCD/M.










22 novembre 2010
Au fil des jours