(CongoForum)
Les sujet dominants d’actualité exploité par la presse parue ce lundi à Kinshasa sont le J. P. Bemba qui s’ouvre ce lundi 22 novembre à la CPI, la campagne électorale (qui n’avoue toujours pas son nom) et la CENI, vue sous l’angle d’une improbable neutralité.
Bemba
« Bemba face aux juges ! », affiche à la Une La Prospérité. En effet, c’est ce lundi 22 novembre à 14 heure de La Haye, que s’ouvre, enfin, le procès JP Bemba à la Cour pénale internationale (CPI). Selon un communiqué de cette instance judiciaire, ce procès sera précédé d’une conférence de presse que va tenir à 11 heures le Greffier de la Cour, Silvana Arbira. Au cours de cette rencontre avec la presse, le Procureur de la Cour, les Conseils de la Défense et les représentants légaux des victimes seront présents et pourront faire des courtes déclarations. La FIDH se réjouit du début de ce procès. L’UN, la plate-forme politique qui avait soutenu la candidature de Bemba à l’élection présidentielle de 2006 note qu’il est surprenant et moralement inadmissible que les personnes qui ont sollicité l’intervention des troupes de J.P Bemba et sous l’encadrement desquelles ces dernières se trouvaient, continuent à se promener librement. (L’UN a en l’occurrence mis le doigt sur la principale faiblesse de l’accusation : comment juger Bemba seul alors qu’il a été un élément d’une chaîne dont les autres maillons sont absents ? Cela relève d’aileurs d’une faiblesse de la CPI : l’impossibilité de juger par contumace. NdlR)
Le Phare estime que « La jurisprudence est favorable à Jean-Pierre Bemba ». Le quotidien de l’avenue Lukusa souligne que le procès de JP Bemba, qui s’ouvre ce matin à La Haye, s’annonce comme une rude bataille juridique entre l’accusation et la défense. Alors que le Procureur de la CPI, Moreno Ocampo, ainsi que les différentes chambres ayant déjà rendu des jugements relatifs à la forme et à la procédure s’accrochent à la responsabilité pénale individuelle de l’accusé dans les événements de Bangui, les avocats de Bemba, apprend-on, n’auraient pas encore utilisé certaines flèches enfouies dans leur carquois. On laisse entendre qu’ils comptent se saisir d’un cas de jurisprudence archiconnu, car découlant du verdict du Tribunal Pénal International pour la Yougoslavie, en vue de réclamer l’acquittement pur et simple de leur client. (Il s’agit de l’acquittement du Président des serbes du Kosovo, sur la considération qu’il a eu des responsabilités politiques, mais n’était pas le détenteur de l’autorité militaire, laquelle appartenait à Milosevic, le chef de l’état serbe. On en revient donc au problème de la responsabilité de la répartition des responsabilités au sein d’un groupe, dont un seul membre est présent. D’autre part, dans le cas du TPIY, il a constamment flotté sur la procédure un fort remugle de règlement de comptes politique : il fallait que la procédure aboutît à renforcer la légitimité du Kosovo et clouât au pilori l’infâme Milosevic, bouc émissaire désigné. NdlR)
Campagne électorale
« Tshisekedi : sortie ratée ». C’est le titre de L’Avenir, qui indique le président national de l’Udps a fait sa première sortie médiatique sur France 24. Selon ce journal, cette prestation médiatique est ignorée superbement de Congolais qui ne suivent pas cette chaîne. (Tant qu’à faire, il aurait aussi pu préciser que fort peu de Congolais ont la télévision… En dehors de Kinshasa et, dans une moindre mesure, des autres villes importantes, le média dominant au Congo, c’est la radio. Ceci dit, comme le pouvoir abuse très impudemment de la situation pour diffuser des « informations » toutes imprégnées de pure propagande – style « c’est Joseph qui a tout fait » – et empêche l’opposition de répliquer sous prétexte qu’ « on n’est pas encore en campagne électorale », on voit mal ce que Tshitshi ou n’importe que autre pourrait faire d’autre que de parler sur des médias périphériques ou prendre la parole à ‘étranger, comme Ngefa discourant devant le Parlement du Ghana, ce qui lui a valu une assez belle couverture de presse… dans la langue de Shakespeare, assez généralement inconnue des marchandes de beignets de Bandalungwa. NdlR)
Pour être objectif, l’on doit mentionner aussi que l’enflure des commentaires kabilistes n’a d’égal que l’ampleur éléphantesque des exagérations qui sévissent sur « l’internet congolais » (majoritairement d’opposition) qui abuse de titres du genre «Kinshasa a tremblé » à chaque fois que leur candidat favori fait une déclaration.
« Le Chef de l’Etat effectue depuis dimanche une nouvelle visite à Mbuji-Mayi au Kasaï Oriental pour poursuivre le contrôle de la situation qui prévaut dans ce troisième pool (sic) économique du pays confrontée à la crise de la société Miba son poumon vital » annonce Le Potentiel. Force est donc de constater que JK met le plus grand soin à se montrer et à faire campagne sur les terres traditionnelles de l’UDPS .
CENI
Sous le titre « CENI : exigence de la neutralité », Le Potentiel rapporte que les sept membres devant siéger au bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) étant connus, la voie est ouverte à de grandes tractations entre la Majorité et l’Opposition pour la distribution des rôles au sein du pouvoir organisateur de prochaines élections. A la crédibilité et la compétence vient se greffer l’exigence de la neutralité pour des scrutins transparents et apaisés. Le Potentiel souligne qu’il « est attendu de la personne qui va diriger le bureau de la CENI, un profil qui mette tout le monde d’accord. Elle doit maîtriser les mécanismes et systèmes électoraux de même qu’elle doit justifier d’une probité morale éprouvée ».
Derrière ces belles affirmations de principe, il y a bien sûr la question des quatre candidatures qui posent officiellemnt problème au vu des dispositions de la loi sur la Ceni ; Mathieu Mpita du Palu, Carole Kabanga (Cd), Laurent Ndaye (Odr) et Jacques Ndjoli (Mlc). Mais l’allusion faite à « la personne qui va diriger » amène à se poser la question du « cinquième des quatre » (ne vous étonnez pas, ce sont des mathématiques congolaises), c’est à dire de Daniel Ngoy Mulunda, possible, sinon probable futur président de la CENI. Passons sur sa parenté avec JK, car on peut être frères et néanmoins ennemis, mais la qualité de membre fondateur d’un parti n’est tout de même pas une preuve de neutralité !
Le Potentiel écrit « il importe d’établir la différence entre la délégation et la désignation. La délégation a le désavantage de restreindre la liberté d’actions des membres choisis pour siéger au bureau de la CENI ; elle les condamne à n’agir que sur ordre des parrains ou mandants. Par contre, la désignation suppose la rupture, dans le chef du candidat présenté, du cordon ombilical. Il s’agit de couper tout lien de subordination avec le parrain. N’est-ce pas en s’inspirant de cette réalité que l’article 10 de la loi créant la CENI a opté pour la terminologie « désignation » en lieu et place de « délégation » ? Ainsi, la réussite du processus électoral qui entame sa dernière ligne droite dès 2011 dépend en grande partie du comportement de sept (7) membres appelés à siéger au bureau de la CENI. Aux termes de cette même loi, rien ne présage d’un possible enlisement de la CENI dans une logique conflictuelle, pour autant que, dans les faits, les membres du bureau de la CENI – au départ personnalités indépendantes – ont été désignés sur la base de « leur compétence, intégrité morale, probité et honnêteté intellectuelle ». Ces qualités font d’eux des gens capables de se surpasser pour n’agir qu’en faveur de la République ». Des mots !
Le prescrit légal est une chose. Mais on se précipite vers la déconvenue si l’on s’imagine qu’il est capable de faire que des hommes ne soient plus des hommes, échappent soudain à la nature humaine parce que la loi le leur demande. Faire de la politique, au sens noble du terme, militer, c’est avoir de fortes convictions. Elles font partie intégrante de la personne au même titre que ses yeux ou ses pieds. Il est tout simplement impossible de croire qu’il pourra les laisser au vestiaire, comme un parapluie ou un chapeau, même si la loi le lui prescrit et même s’il s’y efforce lui-même sincèrement. Penser le contraire, c’est supposer que, si une loi l’affirmait, nous serions capables de respirer sous l’eau !
(Donc, la loi congolaise a fait fausse route, et elle l’a fait dès l’origine, quand la Chambre s’est braquée contre le Sénat à propos de la Société civile. Mais on a pu s’accrocher un instant à l’idée que la loi, très sévère quant à la moralité et à la neutralité, imposerait de réintroduire par la fenêtre la SC que l’onavait expulsé ar la porte. Cette SC est en effet le seul endroit où l’on puisse trouver des gens ayant à la fois de l’intérêt et des connaissances en politique, sans avoir d’attachement partisan. Malheureusement, les politiciens congolais l’ont trouvée « politisée ». C’était, pour une bonne part, l’effet d’une confusion. La SC est un contre-pouvoir, ce qui contribue à l’équilibre de l’ensemble. On en a déduit qu’elle était « contre le pouvoir » donc oppositionnelle, voire anarchisante. Dommage ! NdlR)
Le Palmarès, quant à lui, est très fier d’avoir prédit que les « quatre » feraient probléme et l’annonce sur un ton vaticinant digne de Nostradamus.
« En avance sur l’actualité dans un mélange de prophétisme et de vision lointaine, le Palmarès avait annoncé que 4 candidatures de la Ceni posaient problème. Nous étions tellement en avance sur le temps et seul a sortit du lot médiatique congolais que beaucoup ont essayé de nous tourner en dérision. Ne comprenant sans doute rien à notre sens d’orientation politique affichant une avance incontestable.
Aujourd’hui, les événements administrent un véritable camouflet à nos détracteurs. En effet, la Commission chargée d’examiner en préliminaire les différentes candidatures au bureau de la Ceni, vient de rejeter 3 sur les 4 candidatures stigmatisées par votre quotidien dans son édition n° 4948 du 12 novembre 2010. Des indiscrétions ayant filtré du Palais du peuple, on apprend que les 3 candidatures recalées l’ont été pour les raisons soulignées par le Palmarès dans son édition sus évoquée.
Ainsi, le MLC Jacques Ndjoli, le Palu Mathieu Mpita et l’ODR Ndaye n’ont pas réussi à passer à travers les mailles trop serrées de l’indépendance requise à tous les candidats. Exactement comme avait prévenu votre quotidien. Pour ce coup, le Palmarès a administré la preuve de son envergure. C’est un grand, mieux un géant qui a la capacité de dominer les événements et d’indiquer à l’opinion publique le sens que prend le vent à chaque tournant politique.
Comment dès lors comprendre que dans la Médiamétrie congolaise des plaisantins se permettent de reléguer notre groupe de presse en arrière-plan? Quant on ment de manière éhontée, il reste toujours un fond hideux que rien ne parvient plus à masquer. Les champions du sondage à la petite semaine restent tout ébaubis de voir que le palmarès précède l’histoire. Quel plat serviront-ils désormais à l’opinion publique? A condition de se repentir sincèrement, ils verront le rouleau compresseur de la réalité disposer d’eux et mettre le holà à leur charlatanisme ».
A coté de la campagne qui ne dit pas son nom, il y aussi la pub déguisée en éditorial !
© ongoForum, le 22/11/2010










22 novembre 2010
Aujourd'hui dans la presse