(CongoForum)
La composition du bureau de la CENI toujours est bloquée par le désaccord qui persiste entre la Majorité et l’Opposition. Au procès Bemba, le défilé des témoins a commencé. Le projet de sauver le lac Tchad grâce à l’eau de l’Ubangi entraînera-t-il une « guerre de l’eau » ? L’interdiction des mines transforme l’Est en Far West. Un journal donne quelques nouvelles du général Munene.
CENI
L’Avenir fait état d’un profond désaccord entre la Majorité et l’Opposition au sujet de la composition du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Il rapporte que la réunion de mardi au Palais du peuple n’a pas réussi à accorder les violons. Les deux parties, dans une sorte de guerre de tranchées, sont restées sur leurs positions. Pour l’Opposition, personnalités indépendantes veut dire toute personne, même politiquement engagée, qui peut rassurer tout le monde. Si tel est le cas, en déduit L’Avenir, il n’y a plus de raisons de poursuivre la discussion dans la mesure où, à travers le rejet de la commission, il est démontré que ces personnalités ne rassurent pas tout le monde.
(Le désaccord est-il entre la Majorité et l’Opposition ? Ou est-il plutôt entre la Chambre - qui a voté pour un projet de CENI neutre quoique désignée par les partis politiques – et les appareils de parti – qui ont au contraire présenté des candidats trop « politiques » ?)
A ce sujet, La Prospérité titre à la Une : « CENI : Boshab face à ses responsabilités ! ».La consoeur de Mont Fleuri constate que plus de trois heures de discussion, mardi 23 novembre 2010, au Palais du peuple, n’ont pas suffi à Boris Mbuku, vice-président de l’Assemblée nationale, d’aplanir les divergences au sein de la Commission technique chargée d’examiner les dossiers des candidats proposés au Bureau de la CENI. Boris Mbuku, qui avait la police du débat, tentait d’harmoniser les vues des membres de la commission technique composée des délégués de la Majorité et ceux de l’Opposition. Ces derniers à cause du désaccord d’approche sur la méthodologie de travail ont déposé deux rapports. La Prospérité note que les uns et les autres ont soit outrepassé leurs pouvoirs soit n’ont rien compris de la mission leur dévolue. Evariste Boshab, qui vient de regagner le pays après un séjour au Vatican pour le sacre du Cardinal Monsengwo, doit prendre ses responsabilités.
(La solution loique et raisonnable – donc, diraient des esprits amers, la solution sui n’a aucun rapport avec la politique congolaise – serait de reconnaître qu’on a fait fausse route et, soit de retourner au projet du Sénat, qui incluait la société civile, soit, au minimum, de rejeter purement et simplement le travail cochonné par les partis, et de leur demander de le refaire. Cela poserait évidemment le problème que les « hautes autorités » de tous les partis s’empresseraient de stigmatiser « l’indiscipline » de leurs parlementaires. Et le plus ennuyé serait sans doute Evariste Boshab, qui a précisément succédé à Kamerhe pour mettre plus de discipline dans les débats ! NdlR)
Bemba
Le Palmarès consacre sa manchette au procès J. P. Bemba, le leader du Mlc qui était face au premier témoin mardi. Ce premier témoin, qui s’est exprimé sous couvert de l’anonymat, a fait le récit de l’arrivée des troupes du Mlc à Bangui au PK 12. Il a indiqué que les Centrafricains considéraient les hommes de Bemba comme de Banyamulenges. Les choses ont commencé à se dégrader dès le lendemain de leur arrivée avec les vols qu’ils commettaient.
Guerre de l’eau ?
Sous le titre : « La guerre de l’eau », Le Phare rapporte qu’au sommet de la CEMAC sur le lac Tchad organisé à Ndjamena du 31 octobre au 1er novembre 2010, où l’on a noté la présence de plusieurs chefs d’Etat de l’Afrique du Centre, de l’Ouest et du Nord, dont Mouammar Kadhafi de Libye, autour de leur homologue Idris Deby, la résolution la plus attendue était celle relative à l’obligation de sauver cette « mer intérieure » par le recours aux eaux de la rivière ou fleuve Oubangui. Présente à cette réunion, la délégation congolaise a marqué sa solidarité avec les Etats et peuples dont le futur s’annonce sous de perspectives très sombre dans l’hypothèse de la « mort » définitive du lac Tchad.
(La semaine du 1er au 7 novembre a été caractérisée par un battage médiatique sans précédent sur les ondes de RFI au sujet de l’assèchement du lac Tchad. Au cours des émissions passées en boucle sur les ondes de cette radio, les différents interlocuteurs ont manifesté leur inquiétude sur le même sujet. On a ainsi appris que le Lac Tchad a perdu, en 50 ans, 90 % de Sa superficie. Mais personne n’a pris la peine de stigmatiser la surexploitation et la mauvaise exploitation des eaux de ce Lac. Car c’est là le fond du problème .
Il est surtout remarquable que la RDC soit demeurée aphone au sujet de la question du lac Tchad. Certes, la RDC n’est pas membre de la CEMAC. Mais cela n’empêche en rien une prise de position en réaction aux demandes pressantes du Tchad relatives au détournement des eaux de l’Ubangi en vue du renflouement du Lac Tchad. Comme d’habitude, des fonds seraient déjà en voie de disponibilisation pour financer ce projet.
Certes, ce ne sont pas les occasions qui ont manqué pour permettre à ce pays de donner de la voix, en vue de faire connaître sa position. C’est plutôt l’absence de vision et de position claires sur ce genre de question qui est source d’inquiétude. La RDC oublie de se préoccuper de ses vtraies richesses, qui sont agricoles et hydrologiques. NdlR)
Far West à l’Est
Le Potentiel consacre son titre principal au Kivu transformé en Far West. En effet, relève-t-il, l’interdiction de toute forme d’exploitation artisanale des mines dans l’Est de la RDC n’a pas produit les effets escomptés. En l’absence de l’autorité de l’Etat, le Kivu est transformé en Far West. L’espoir d’une paix durable est attendu de Lusaka où se réuniront, mi-décembre, les chefs d’Etat signataires du pacte pour la paix, la sécurité et le développement dans la région des Grands lacs. A Kinshasa, signale le Potentel, la société civile a balisé le chemin.
Munene
Rappelons d’abord les rétroactes. Faustin Munene est originaire du Bandundu et serait membre de la parentèle de Pierre Mulele, le révolutionnaire des années 60. Il a beaucoup vécu en Angola durant les « années Mobutu » et rejoint Laurent Kabila quand celui-ci conquiert le pouvoir. Sous LDK, il est général d’aviation et chef d’Etat-major de l’Armée congolaise. Il commence avec Joseph Kabila une « traversée du désert ». Il n’a plus d’autre fonction que d’être Chancelier des Ordres Nationaux. Il est perçu alors soit comme trop « laurentiste » et pas assez « joséphiste », soit comme trop « pro-Angolais ». Ce qu’il y a de certain, c’est que fin septembre, on a voulu l’arrêter, mais qu’il a réussi à prendre la tangente. La raison de cette arrestation (« conspiration ») demeure peu claire.
Comme toujours dans pareil cas, des messages et documents ont circulé, sur « l’internet congolais », qui lui attribuent le commandement d’une « armée populaire », lancent des appels au soulèvement, etc…
Voici que le général invisible fait sa réapparition dans un journal de Kinshasa. « Des sources diplomatiques ont confié hier lundi au Climat Tempéré que le feuilleton «général Munene» est en passe de connaître une fin pacifique. En effet, des pourparlers entre les autorités de Kinshasa et cet officier militaire congolais ont permis aux deux parties de tomber d’accord sur le retour au bercail de l’ex-chancelier des ordres nationaux.
A en croire ces sources, Kinshasa, engagé à éteindre les foyers de tension à l’approche des joutes électorales, a privilégié la piste du dialogue, en vue de persuader le général des Forces armées de la RDC de renoncer aux velléités bellicistes. Parmi les zones d’ombre qui restent à clarifier figurent les garanties sécuritaires en faveur de l’ex-chancelier des ordres nationaux, une fois revenu au pays. Accusé de tentative de déstabilisation des institutions nationales, le général Munene est exilé en Angola depuis septembre dernier à la faveur de la «first lady» d’Angola, avec qui il entretient des relations familiales. Tous deux originaires de la tribu Mbunda, territoire d’ldiofa dans le Bandundu. D’aucuns estiment que les accointances entre le général Munene et son beau-frère Dos Santos, président d’Angola, ne seraient pas étrangères à l’option levée par les autorités congolaises en vue de mettre un terme à cette affaire qui a fait couler beaucoup d’eau sous le pont. Des observateurs les plus avertis laissent entendre que la cabale imputée au général Munene constitue l’une des pressions que Luanda exercées sur Kinshasa, pour le contraindre à accepter le règlement à l’amiable du contentieux pétrolier qui oppose les deux pays. Quoique la Cour internationale de justice s’en est déjà saisie. «Kinshasa n’a pas intérêt à s’encombrer des problèmes mineurs, alors qu’il doit faire face à des dossiers hautement sensibles à même de brouiller ses relations avec ses alliés angolais», ont fait savoir au Climat Tempéré des sources diplomatiques. «C’est ainsi que le gouvernement congolais préfère garder sous la table le problème du refoulement de ses ressortissants d’Angola dans des conditions qui violent le Droit international humanitaire, eu égard au traitement sauvage qui est infligé», ont-elles poursuivi.
De l’avis de ces sources visiblement au fait de l’affaire, la tentative de déstabilisation des institutions nationales dont est accusé le général Munene, répond au souci du positionnement dans l’armée nationale. Ancien chef d’état major des FARDC, l’homme, qui a apporté du sien au combat politique de Laurent Désiré Kabila et qui plus est dans les bonnes grâces du pouvoir angolais, tenait à exprimer son ras-le-bol de rester longtemps au banc de touche après un passage à la chancellerie des ordres nationaux. Des analystes politiques redoutent qu’un traitement de faveur réservé au général Munene ne constitue une jurisprudence fâcheuse dans l’histoire de la troisième République en RDC après que le pays s’est engagé dans la voie de la consolidation de la démocratie et que le président Kabila a décrété la politique de « tolérance zéro ». L’option de la paix au détriment de la justice risque d’ouvrir à terme la boîte de Pandore quand on sait que des politiciens en mal de positionnement sont légion en RDC. Et que leur liste s’allongera sans nul doute au lendemain du round électoral 2011-2013.
© CongoForum, le mercredi 24 novembre 2010










24 novembre 2010
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