(CongForum)
Ouverture à Kinshasa par le Président J. Kabila de la 20ème session parlementaire paritaire ACP-UE, embargo sur les armes, Parlement, Justice, Elections, Espionnage organisé par les USA, Retour de Monsengwo, Diplomatie sont les grands sujets au menu de la presse congolaise d’aujourd’hui.
Assemblée parlementaire ACP-UE
Le Potentiel qui, consacre sa manchette à l’Assemblée parlementaire ACP-UE, titre : « J. Kabila appelle à un partenariat de paix ». Le président de la République Joseph Kabila a plaidé, en effet, pour un partenariat ACP–UE au bénéfice de la paix, du progrès social et du développement durable. Il a invité les parlementaires réunis à Kinshasa dans le cadre de la 20ème session de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE à faire le point des problèmes en matière de droits de l’Homme, de la démocratie et de l’amélioration des conditions de vie dans leurs pays respectifs. Cela avant de dévoiler un pan du nouveau paysage qu’offre la RDC après de longues années d’instabilité, de guerre et de destruction.
L’Avenir titre : « J. Kabila rassure : « Face au Tsunami, la Rdc, comme le roseau, se plie sans se rompre » ». Le chef de l’Etat congolais J. Kabila a ouvert jeudi la 20ème session de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE. Les travaux qui ont commencé le 27 novembre dernier par les experts se poursuivront pour se clôturer samedi 4 novembre 2010. Dans son allocution, le président de la République a fait savoir que la RDC a traversé une zone de tempête au cours de laquelle comme le roseau, elle s’est courbée sans se rompre. Pour le Premier des Congolais, il est temps maintenant pour la RDC de s’adonner à sa renaissance.
L’Observateur souligne que le chef de l’Etat a invité les parlementaires de l’ACP-UE à prendre des décisions courageuses et responsables. Le confrère rapporte que lors de cette importante session, on a noté la présence de David Matongo et Louis Michel, tous deux coprésident de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP/UE. Dans le discours qu’il a prononcé J. Kabila a attiré l’attention des parlementaires sur le fait qu’ils portent sur leurs dos, une grande responsabilité. C’est à eux que revient la lourde tâche de légiférer et de sanctionner les gouvernants.
Le Climat Tempéré titre ; Ouverture de la 20ème Session APP/ACP-UE : Kinshasa, capitale parlementaire mondial »
La 20ème session de l’Assemblée parlementaire paritaire, ACP-Union européenne, UE, a démarré jeudi au Palais du peuple. Plus de 450 députés du monde entier prennent part aux assises Afrique Caraïbes et pacifiques, ACP-UE dont les travaux ont été ouverts hier jeudi par le président Joseph Kabila. Le chef de l’Etat congolais a exhorté les parlementaires de l’espace ACP-UE à faire le point des progrès en matière des droits de l’homme, de démocratie, d’amélioration de la gestion publique et des conditions de vie au niveau de leurs Etats et leurs religions respectifs. Il a reconnu, dans une intervention faite à la tribune de la salle du banquet le pouvoir des députés d’investir et de sanctionner les gouvernements. Il a évoqué la révision de l’Accord de Cotonou qui a permis à l’APP d’apporter sa contribution aux efforts du partenariat ACP-UE « toujours plus pertinents et plus efficaces ».
La question des Accords de partenariat économique ‘‘APE’’, vont figurer au grand débat, compte tenu du fait que la logique et le contenu de ces accords visent en finalité le développement durable pour le bénéfice précieux de l’humanité, ou de la facilité des échanges.
Le chef de l’Etat a affirmé que « la reconstruction est une priorité » à l’échelle nationale. « Aucun effort ne sera aménagé tant que chaque Congolais, où qu’il se trouve, quelles que soient son origine, sa religion ou ses opinions politiques, ne jouira pleinement de ses droits », a-t-il soutenu. Il a notamment salué les sacrifices consentis par le peuple congolais qui « a réussi à stabiliser le cadre macro-économique, à relancer la croissance et engager un courant d’institutions publiques structurant sans précédent ».
Il a fait état de la croissance économique ayant été en moyenne de +6%, après qu’elle ait été négative pendant plusieurs années, alors que l’inflation est passée de 4 à 1 chiffre. Le chef de l’Etat congolais a également noté plusieurs indicateurs du développement humain, qui ont connu une sensible amélioration avec la réhabilitation de plusieurs kilomètres de routes, voire la construction de celles-ci au cours de ces dernières années. Malgré plusieurs défis à affronter avec une certaine confiance, Joseph Kabila a préconisé devant les parlementaires ACP-UE un chantier de réflexions qu’il a présenté comme étant « les repères de la nouvelle société congolaise ». Ces réflexions portent sur le respect de la vie et de la dignité humaine, la démocratie, l’Etat de droit et la gestion transparente.
La démocratie garantit l’équilibre des pouvoirs, selon Louis-Michel
« Nous sommes ici entre parlementaires, pour débattre entre nous et avec nos exécutifs sans craindre les questions et les critiques qui sont, la plupart du temps, constructives », a soutenu le co-président de l’ACP-UE, Louis Michel. La démocratie, qui va au-delà des élections, « est garantie par l’équilibre entre les pouvoirs et cet équilibre est assuré par le contrôle mutuel des différents pouvoirs », a-t-il dit. Louis Michel a appelé la RD Congo à poursuivre les efforts « pour améliorer encore et toujours les droits humains ». « La démocratie, la bonne gouvernance (politique et économique) ainsi que la protection des droits de l’homme sont essentielles au développement », a affirmé l’ancien ministre belge des Affaires étrangères, soulignant que « parler de toutes ces questions ne doit pas être un tabou ». Louis Michel a également plaidé pour la liberté des médias qui est essentielle pour lutter contre la corruption « dans la mesure où elle favorise la transparence ».
« Une information libre et professionnelle est toujours préférable à la rumeur qui se substitue souvent à la presse, lorsque celle-ci est muselée », a-t-il fait observer. Le co-président de l’APP/ACP, David Matongo a invité les pays du groupe ACP à faciliter les Accords de partenariat économique, avant d’insister sur les implications de Lisbonne sur les Accords ACP-UE.
« Nous aimerions à la fin de l’Accord de Cotonou que ce partenariat se poursuivre. Le groupe ACP doit être assuré en ce qui concerne le financement du 10ème FED », a-t-il indiqué.
« Il faut penser à ces décaissements lents à ce 10ème FED. Il faut penser à des étapes critiques pour réaliser les OMD », a-t-il fait savoir. L’APP attend la réunion de Séoul pour évaluer le mécanisme d’efficacité de l’aide, a-t-il confié, avant de demander à la communauté de développement international de faire en sorte que ce programme soit mené à bonne fin.
« Il faut une preuve remarquable qui doit partir du processus de démocratisation dans les pays ACP », a relevé M. Matongo.
Le co-président de l’APP/AC est convaincu que « les finalités économiques doivent être élargies à l’amélioration des conditions de vie et au respect des droits de l’homme ». Il a par ailleurs plaidé pour la tolérance zéro à l’égard de la guerre, de la xénophobie.
« Nous devons constituer des richesses, des innovations. Il faut partager les prospérités. Nous devons tirer le meilleur parti de l’Etat pour faciliter le développement », a-t-il ajouté. La problématique des droits de la personne humaine a été également abordée par le président de l’Assemblée nationale, Evariste Boshab dans son discours prononcé devant la tribune. « En ce qui concerne le respect de la dignité de la personne humaine et la valorisation du rôle de la femme dans le processus de développement, il est heureux de constater que bien des efforts ont été amorcés pour notre Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE dans le sens du renforcement des engagements pris en cette matière par les pays membres », a-t-il précisé. Il a invité les parlementaires présents à « puiser dans ce continent une nouvelle impulsion nécessaire au renforcement de la solidarité entre les Assemblées parlementaires du monde, autour deux …… volonté, celle de renforcer davantage ses multiples initiations de manière à entrer en parfaite harmonie avec les Objectifs du millénaire pour le développement ».
Embargo sur les armes
Le Phare rapporte au sujet de l’embargo sur les armes que l’ONU s’interroge sur les réseaux criminels au sein des Forces armées de la RDC. Il rappelle que le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé, le lundi 29 novembre, de prolonger jusqu’au 30 novembre 2011, l’embargo sur les armes décrété depuis 2008 contre la RDC. Une précision de taille a été livrée à cette même occasion, à savoir que cette sanction s’applique exclusivement aux « groupes armés » et « entités » dont les activités sont jugées illégales. Cela veut dire, en clair, que le gouvernement légal de la République a la latitude d’acheter des armes dans le cadre de la défense du territoire national et de la sécurisation des personnes ainsi que leurs biens.
Le confrère rapporte que les experts de l’Onu, qui s’appuient sur plusieurs rapports d’enquêtes menées sur le terrain, affirment que l’étonnante puissance de feu dont disposent des miliciens congolais et étrangers qui écument la partie Nord et Est du pays ne peut trouver sa réponse que dans leur connexion avec les réseaux criminels et mafieux opérant au sein de l’armée régulière.
Parlement
« Pourquoi en veut-on à Boshab ? » demande le Climat Tempéré.
Le député national Gustave Omba Bindi Mono vient d’initier une motion de défiance contre le président de l’Assemblée nationale Evariste Boshab. L’élu de Maniema reproche au speaker de la Chambre basse du Parlement d’avoir escamoté les conclusions du débat général sur le rapport d’exécution de la loi des finances pour l’exercice 2009. La dynamique aurait voulu que l’on sanctionne politiquement le gouvernement, mis en cause pour malversations financières et détournement avérés, en attendant la mise en branle de la procédure judiciaire. Selon ce député du courant rénovateur de l’AMP, son attitude visant à bloquer cet élan général a entamé la crédibilité du président de l’Assemblée nationale et, partant, terni l’image de la représentation nationale qui a la responsabilité constitutionnelle de contrôler l’exécutif.
Selon des sources parlementaires, la motion Omba, dont la validité requiert au moins cinquante signatures, a déjà franchi le cap de la trentaine. Si cette motion venait à passer, elle constituerait une menace à la stabilité politique d’Evariste Boshab. Au cours de la plénière du 26 novembre consacrée à l’examen dudit rapport, les députés nationaux, toutes tendances confondues, avaient l’air déterminé de ne pas louper, cette fois-ci, l’occasion de sanctionner politiquement les personnalités pointés du doigt dans ce rapport. Question de se faire une bonne conscience à la veille des élections législatives, font remarquer des analystes politiques.
Si les députés nationaux peuvent se targuer d’avoir enregistré un score impressionnant en matière législative, ils sont très loin de satisfaire aux attentes de la population en ce qui concerne le contrôle du gouvernement, encore moins des établissements, entreprises et services publics dont bon nombre sont saignés à blanc par des mandataires peu scrupuleux. Cela, au détriment des populations, en général, et des fonctionnaires de l’Etat, en particulier, réduits pour la plupart à se contenter de la portion congrue alors qu’ils réalisent des performances dont la preuve est la révision à la hausse du chiffre d’affaires de certaines établissements ou entreprises publics.
Après avoir privilégié la solidarité politicienne au détriment de la lutte contre l’impunité, en dépit de la politique de la tolérance zéro décrétée par le chef de l’Etat, d’aucuns se demandent si les députés de la majorité sont disposés à lâcher Evariste Boshab, du reste secrétaire général du premier parti de l’AMP. Eu égard au nombre de ses élus à la Chambre basse. Quand on sait que la majorité a coutume à résoudre des équations politiques à plusieurs degrés à Kingakati, d’aucuns doutent de l’effet politique que cette motion pourrait porter sur le speaker de l’Assemblée nationale. A moins que les députés nationaux fassent preuve de la real politik, en tenant compte des attentes des populations qui s’impatientent de voir des « kuluna en cravates » pris dans la nasse de la justice.
Justice
Le Climat Tempéré voit « L’indépendance du pouvoir judiciaire mise en cause »
26 novembre 2010: le chef de l’Etat a pris deux ordonnances portant mise à la retraite et nomination du premier président de la Cour Suprême de Justice, CSJ. Un impair est relevé par l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme, ASADHO, qui a publié un communiqué à ce sujet: «Ces ordonnances reprennent dans leur préambule « le Conseil Supérieur de la Magistrature entendu », alors que cet organe, chargé de la gestion du pouvoir Judiciaire (proposition de nomination et des révocations…), ne s’est pas réuni depuis plus d’une année. L’ASADHO dénonce la violation des articles 82 et 152 de la Constitution de la RDC. Elle considère que ces ordonnances confortent la mise sous la tutelle de l’institution ’’Président de la République’’ du Pouvoir Judiciaire et paralysent davantage son fonctionnement d’autant plus qu’elles n’ont pas tenu compte des critères objectifs d’ancienneté, de compétence et de moralité, sur lesquels le Conseil Supérieur de la Magistrature aurait pu fonder sa proposition de nomination».
L’ASADHO dénonce l’implication de l’exécutif dans le fonctionnement du pouvoir judiciaire et «recommande au président de la République : de respecter les dispositions des articles 82 et 152 de la Constitution de rapporter les ordonnances décriées. Et au Président du Conseil Supérieur de la Magistrature : de convoquer l’assemblée générale du Conseil Supérieur de la Magistrature afin de statuer sur la régularité de toutes les nominations, promotions, révocations et mise en retraite des magistrats intervenues depuis 2008 jusqu’à ce jour; d’attaquer les ordonnances irrégulières en inconstitutionnalité».
Cette confusion, créée au sein de la magistrature, déstabilise l’appareil judiciaire d’autant qu’avant la signature des ordonnances présidentielles, les décisions d’organisation judiciaires du 15 novembre, initiées par l’ancien premier Président de la CSJ, provoquent des remous au niveau des syndicats des magistrats. Quelques énormités sont dénoncées par le Syndicat de la Magistrature du Congo, SYMCO. Des magistrats, anciens du siège, sont permutés avec des grades inférieurs et se retrouvent sous les ordres d’homes qui ne jouissent pas de la même ancienneté que le premier groupe. En ce moment, le CSJ n’aligne plus que dix magistrats.
Elections
Les mésaventures de la Côte d’Ivoire ne pouvaient pas manquer d’intéresser, d’interpeler et d’inspirer les journalistes congolais. En effet, il y a dans la situation ivoirienne de multiples analogies avec ce que l’on connaît au Congo, et encore plus avec ce qu’on pourrait y redouter pour 2011 ou 2012. Une commission électorale accusée d’être politiquement partiale, une Cour constitutionnelle dont la servilité est certaine, un Président qui ne VEUT pas avoir perdu les élections (ici, les allusions se font infiniment légères, mais quand on vous dit « suives mon regard », le le regard est TRES appuyé), une situation « post-conflit » qui semble plutôt une « situation de conflit dont on n’en finit pas de sortir » qui justifie ( ?) une présence lourde de l’ONU et de la « communauté internationale » et qui est en parie liée à des « personnes à la nationalité incertaine ». Les points communs sautent aux yeux. I n’est donc pas étonnant que Le Climat Tempéré y consacre son BILLET sous le titre : « Indépendant dans la fonction »
Les péripéties de la publication des résultats de la présidentielle en Côte d’ivoire ont donné lieu à une scène surréaliste dont la presse mondiale a largement fait écho. Mardi 30 novembre, en fin de journée, au siège de la CEI ivoirienne, des représentants du président sortant Laurent Gbagbo, eux-mêmes membres de la commission électorale, ont empêché physiquement l’annonce des résultats partiels du second tour de la présidentielle de dimanche.
Alors que le porte-parole de la Commission électorale indépendante, Bamba Yacouba, s’apprêtait à communiquer à la presse quelques résultats partiels concernant trois régions, deux commissaires de la CEI l’ont interrompu, en lui arrachant des mains les feuilles de résultats, avant de les déchirer. « Ces résultats sont faux, ils ne sont pas valides, ils n’ont pas été consolidés ! », ont affirmé les deux hommes, dénonçant un « hold-up électoral » devant de très nombreux journalistes, au siège de la CEI à Abidjan. Après cet incident, les deux représentants de la majorité présidentielle ont quitté la salle. Pour sa part, Bamba Yacouba assurera par la suite que les résultats qu’il avait tenté en vain d’annoncer étaient « bel et bien consolidés par le comité central de la CEI », avant de s’éclipser sous bonne escorte de gendarmes. Il n’en fallait pas plus pour porter à son comble une tension qui déjà régnait sur la Côte d’Ivoire, le camp de l’autre finaliste, l’opposant Alassane Ouattara, accusant du coup le chef de l’Etat de vouloir « confisquer le pouvoir ».
Ce que le monde entier a retenu c’est que l’incident a été causé par des membres mêmes de la Commission électorale. Il s’agit de membres « proches » d’un des candidats. Du coup l’on retombe dans le débat en cours chez nous au sujet de la composition de la CENI. Voilà ce qu’il en coûte justement, dit-on, de positionner à la Commission électorale des personnes estampillées de tel ou tel camp. Vous voyez pourquoi il est important que l’on ait des personnes indépendantes à la CEI ? Oui, sans doute !
Mais, dans le débat qui se déroule en ce moment à l’Assemblée nationale, il faut rappeler que les députés se sont piégés eux-mêmes. Lors de la discussion de la loi sur la CENI, et contre l’avis du Sénat, l’Assemblée est passée en force en considérant qu’il n’y a en réalité plus lieu de parler d’une Société civile dans ce pays. Qu’il existe des sociétés civiles, inféodées aux camps politiques, de sorte que chaque camp a sa société civile de service. Il a été soutenu qu’une certaine société civile se comporte d’ailleurs non pas en contre pouvoir (pour modérer, équilibrer le pouvoir) mais en anti-pouvoir (pour lutter contre le pouvoir en place). C’est cette conviction qui a poussé à mettre la Société civile hors jeu dans la composition de la CENI. Dès lors, au moment d’entériner les choix des membres de la CENI tels que faits par les camps politiques, conformément à la loi, les mêmes députés sont mal avisés aujourd’hui à renier cette option là. L’on ne peut pas dire une chose et son contraire. On ne peut pas avoir nié l’indépendance des membres de la Société civile et prétendre y recourir encore pour trouver des indépendants. Et de toutes manières, il est trop tard pour revenir à cette discussion là. Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes. La loi a été votée, jugée en conformité par la Cour suprême, et promulguée par le chef de l’Etat. Les discussions qui se déroulent aujourd’hui à l’Assemblée relèvent d’une inconséquence. Cette loi là ne fait pas place à la Société civile. Pessima lex, sed lex.
Et puis encore, au-delà, l’incident de la CEI ivoirienne révèle la réalité vraie des choses. Il est vain de chercher à inventer la roue. Dans ces commissions qui s’affublent de l’épithète ou du statut d’indépendant, l’on retrouve bien des personnes « proches » de tel ou tel camp politique. « Proche » est en réalité un doux euphémisme qui veut tout simplement dire « appartenant » à tel ou tel camp. On l’a déjà souligné : C’est de la même manière par exemple qu’au sein du « bien indépendant » Conseil supérieur de l’audiovisuel français, se retrouvent des politiciens connus, membres de parti politique. Ce n’est pas sa composition qui détermine ou remet en cause ou non l’indépendance de la structure, mais sa façon de travailler. La Commission électorale est indépendante lorsqu’elle ne fonctionne pas comme un appendice d’une autre institution dont elle reçoit et applique les directives. Dans la loi congolaise, cet entendement est explicitement exprimé, puisqu’il est dit que « les membres de la CENI n’y représentent pas les intérêts des groupes qui les ont désignés. Ils sont, en effet, choisis en raison de leurs valeurs intrinsèques pour participer aux missions de la Commission afin de garantir la régularité des élections et du référendum. Ainsi, les modalités de désignation impliquant, naturellement, les forces politiques en présence, ne sauraient affecter l’indépendance et la neutralité des membres de la Commission. Celles-ci sont au demeurant confortées par le statut qui leur est accordé ». Aux termes de la loi, l’indépendance des membres de la CENI s’établit par rapport non à la personne mais à la fonction. Pour l’exercer, il doit démissionner des autres fonctions incompatibles (art. 18). Tout ça est tout de même suffisamment clair. C’est leur statut qui conforte l’indépendance des membres.
La Prospérité signale que 506 bureaux de vote ont été supprimés au Kivu. Il annonce que la CEI est en panne d’argent, indique qu’en 2005, il y avait 792 centres d’inscription. La consoeur craint que cette suppression ne puisse avoir des effets sur le taux de participation aux élections à venir. Le coordonnateur du bureau provincial de la CEI Nord-Kivu, M. Kasereka Ngalyavusa, a indiqué que ses nouvelles dispositions ont été prises suite aux contraintes financières qui se posent au niveau national.
(Les contraintes financières ont bon dos ! Supprimer les ¾ des bureaux de vote, c’est rendre les formalités d’inscription et le vote lui-même plus difficile et donc accroître le nombre d’abstentions. L’on a fait de grands efforts en 2005/2006 parce que l’on tenait beaucoup au vote des kivutiens, prévoyant qu’ils voteraient Kabila. On ne désire plus tant leur vote pour 2011, parce que l’on prévoit un vote-sanction de la part des « déçus du joséphisme ». NdlR)
Espionnage
Le Palmarès signale que Washington largue des espions à Kinshasa en prévision de la présidentielle de 2011. Les agents américains sur le terrain ont l’obligation d’obtenir des renseignements allant jusqu’à l’ADN et au scanner iris des leaders politiques congolais. Sans compter les empreintes digitales, la fiche de santé, les comptes bancaires et les cartes de crédit. Ceci, selon le confrère, démontre que Kinshasa et les Grands Lacs sont complètement minés de l’intérieur.
Il y a toute apparence que l’article « style James Bond » que vient de publier ce journal remonte à un des télégrammes diplomatiques publiés par WikiLeaks dimanche 28 novembre. Il détaille les demandes de renseignements confidentiels faites par l’administration américaine à ses diplomates de la région des Grands Lacs. Washington a réclamé, par exemple, des recueils biométriques (ADN, scanner des yeux…) concernant les dirigeants de la région, ainsi que des informations très détaillées sur les armées et groupes rebelles de la région.
La liste des informations sensibles réclamées par Washington à propos du Burundi, de la République démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda paraît infinie. Dans un document de 10 pages, publié par WikiLeaks dimanche, l’administration américaine a détaillé, en avril 2009, tous les renseignements sensibles dont elle estimait avoir besoin sur la région. Le document est classé « secret d’État » et « noforn », ce qui signifie No Foreigners (non transmissible à des étrangers). Selon la diplomatie américaine, les deux enjeux clés qui se distinguent sont les « ressources minières » et « les séquelles du génocide ». Ces sujets sans doute n’en font qu’un : « rafler les minerais sous prétexte du génocide allégué ».
En application de la directive National Humint Collection (« Humint » pour « Human Intelligence », renseignement humain), émise par le secrétariat d’État américain dirigé par Hillary Clinton, une foule d’informations est demandée aux agents américains sur le terrain. « Les rapports biographiques informels par e-mail et autres moyens sont vitaux pour les efforts de collecte de la communauté [du renseignement] », explique le texte en introduction pour motiver ses troupes.
Jusqu’à l’ADN des dirigeants
Il est demandé aux agents de recueillir toutes les informations possibles sur les « personnes liées à l’Afrique des Grands Lacs. (…) Numéros de téléphone, de portable [...], répertoires de téléphones [sur CD-Rom ou format électronique si possible] et de comptes e-mail, [...] numéros de cartes de crédit, numéros de cartes de fidélité des compagnies aériennes, agendas de travail, et autres informations biographiques utiles. »
Dans la section consacrée aux leaders politiques, les demandes vont encore plus loin. Les agents sont priés, de s’informer sur « l’état de santé, les opinions à propos des États-Unis, [...] l’appartenance ethnique [tribale et/ou clanique] » des personnages clés ou émergents dans la « politique, l’armée, les renseignements, l’opposition et les leaders ethniques, religieux et économiques »
Certaines instructions plus corsées laissent amplement place à l’imagination. « Les données devraient inclure [...] les empreintes digitales, images faciales, ADN et scanner de l’iris » de ces personnes. Et on se demande quelles techniques étaient employées pour recueillir ces informations, notamment ADN et scanner de l’iris, à l’insu des intéressés.
Le Rwanda au centre des préoccupations
Le télégramme réclame en outre des informations sur les relations entre les États de la région, « en particulier » entre « Kigali et Kinshasa, et Kampala et Kinshasa ».
Le Rwanda est particulièrement présent dans le document. Kigali est remercié pour ses réponses aux services américains (le texte renvoie sur ce point à un autre télégramme non encore dévoilé par WikiLeaks). Mais Washington veut aussi obtenir des informations sur la participation aux « violations des droits de l’homme », telles que des « assassinats extrajudiciaires » du Front patriotique rwandais (FPR, le parti du président Paul Kagamé), ainsi que des forces « paramilitaires » locales, de la « police » ou encore « de civils tutsis contre des Hutus ».
La diplomatie américaine veut aussi en savoir plus sur les divisions à l’intérieur du « cercle restreint autour du président Kagamé ». Particulièrement concentré sur les données ethniques, le secrétariat d’État veut savoir quel rôle elles jouent sur la « prise de décision », dans les « armées », les groupes terroristes, ou encore les réfugiés… Il veut aussi obtenir des informations d’une extrême précision sur les forces armées, « les détails des installations militaires comme les bases aériennes et les camps de soldats, les équipements militaires, dont le nombre, le statut opérationnel, et leurs activités d’acquisition/rénovation ».
Ennemis et rivaux
Dans le domaine militaire, les agents sont priés de fournir des détails sur les relations des pays de la région avec d’autres pays étrangers, « en particulier la Chine, la Libye, le Soudan, la Corée du Nord, l’Iran, la Russie, l’Ukraine, la Biélorussie et les autres ex-pays du bloc soviétique ».Cette préoccupation face à ses rivaux ou ennemis dans la région transparaît à d’autres niveaux. On s’intéresse ainsi aux « détails du commerce, de l’aide et des investissements » de Pékin, en particulier dans le secteur des mines. Mais aussi à ses aides concernant la mise en place de systèmes de télécommunications ou encore à la perception qu’en ont les gouvernements de la région. Les activités de la France ou encore de l’Iran dans la région sont aussi étudiées de près.
Washington cherche aussi à savoir dans quelle mesure les divisions « ethnique, tribale, religieuse et régionale pourraient attirer les groupes terroristes régionaux » et quelles sont les opinions des gouvernements à leur égard.
Dans le secteur des mines, « le diamant, le cuivre, le cobalt et l’uranium », dont on veut connaître « le nombre, les emplacements, les statistiques de productions et les revenus générées », sont sous surveillance.
Plus étonnant, les Américains veulent connaître les sentiments des gouvernements de la région envers la « nourriture génétiquement modifiée et la propagation de récoltes génétiquement modifiées. » L’économie d’un pays n’est jamais totalement détachée de ses objectifs en matière de renseignement…
Kinshasa accueille en fanfare le Cardinal Monsengwo
Des milliers d’habitants de Kinshasa ont réservé un «accueil chaleureux et délirant» (selon les propres termes de l’archevêque de Kinshasa) au cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, qui est rentré dans la capitale congolaise le mercredi 1er décembre. De l’aéroport de N’Djili, où il a été salué par des membres du clergé et des personnalités politiques sous la conduite du gouverneur André Kimbuta, l’archevêque de Kinshasa est passé par les principales artères de la ville de Kinshasa. Et le long de son passage, de nombreux Kinois accouraient pour ovationner le nouveau cardinal. C’est ainsi que son cortège a pris l’itinéraire : boulevard Lumumba-Fikin-Kianza-Université-Victoire-Kasa-Vubu-Kintambo-Magasin-boulevard du 30 juin-24 novembre-Cathédrale Notre Dame du Congo. C’est sur ce site terminal que l’explosion de joie a atteint son paroxysme. La joie illuminait les visages, alors que des policiers rendaient les honneurs au Cardinal Laurent Monsengwo, sous une fine pluie.
Dans la cathédrale Notre dame du Congo, pleine à craquer, l’archevêque de Kinshasa s’est recueilli face au tabernacle avant de s’incliner devant les tombes de ses prédécesseurs, les Cardinaux Joseph Albert Malula et Frédéric Etsou Bamungwabi. Cette cérémonie paraliturgique d’accueil a été marquée par des prières et des chants religieux sous la direction de Mgr Edouard Kisonga, évêque auxiliaire de Kinshasa. Trois messages ont été lus respectivement par l’abbé Yves Koko, recteur de la cathédrale Notre Dame, l’abbé Bobo, président de l’assemblée des prêtres de l’archidiocèse de Kinshasa, M. André Kimbuta Yango, gouverneur de la ville de Kinshasa. L’essentiel de ces adresses a été centré sur les mots de bienvenue, les félicitations, la mise en exergue des mérites et des grandes qualités du nouveau cardinal, qui a effectué un parcours fort remarquable dans sa vie religieuse avant d’atteindre le sommet qu’est la dignité cardinalice.
Réagissant à ces mots de sympathie, le Cardinal Laurent Monsengwo a brièvement exprimé sa gratitude à l’assistance, en livrant le sens de son nouveau rôle: «Ma mission est de conseiller le Saint-Père et de l’assister dans sa charge pour l’unité et la communion de l’Eglise (…). Cette mission dans notre pays se traduit simplement par ces mots «servir le peuple»(…) Le servir à l’exemple du Christ, le servir à l’exemple des apôtres et toujours servir». Pour le Cardinal Laurent Monsengwo, ce service devra se ressentir auprès des couches les plus défavorisées: «Nous devons montrer notre solidarité en particulier à ceux qui souffrent, aux laissés-pour-compte. L’Eglise fait en sorte que la bonne nouvelle leur parvienne et qu’elle soit bonne pour eux aussi». L’archevêque de Kinshasa promet de travailler pour l’unité du peuple réconcilié: «Nous voulons nous y employer avec vous pour que cette unité, cette justice, cette paix reviennent dans notre pays». Dimanche 5 décembre, le Cardinal Laurent Monsengwo dira une grand’messe au Stade des Martyrs à Kinshasa. Et son message est attendu par différentes couches de la population.
Diplomatie
AfricaNews affirme que Kinshasa ne payant pas le loyer, « L’Ambassade RD-congolaise déguerpie à Prague ». Las d’attendre l’apurement des arriérés accumulés par la mission diplomatique de la RD-Congo à Prague, Vladislav Skalacky, propriétaire de l’immeuble de Sonkenicka 34, à Prague 1, a tout foutu en l’air et mis les effets dehors. Désormais l’ambassade est dans la rue.
© CongoForum, le vendredi 3 décembre 2010










3 décembre 2010
Aujourd'hui dans la presse