REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI 06/12/10

6 décembre 2010

Aujourd'hui dans la presse

 (CongoForum)

Le sujet principal –et de loin – dans la presse parue ce lundi à Kinshasa a trait au message du Cardinal Monsengwo aux dirigeants congolais à l’occasion de la célébration de sa première messe cardinalice. D’autres commentaires concernent Tshisekedi et la Côte d’Ivoire.


Monsengwo
« Monsengwo interpelle le pouvoir de Kinshasa », à l’occasion de la célébration de sa messe comme Cardinal, affiche à la Une LE POTENTIEL. « Le pouvoir qui ne s’occupe pas du bien commun est un pouvoir sans objet ». C’est de cette manière que le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya a interpellé la classe politique congolaise, en général, particulièrement le pouvoir de Kinshasa.  Cela au vu des affres des bruits des bottes qui se poursuivent dans l’Est de la République mais aussi de la pauvreté qui frappe des franges importantes de la population. Extrait : « Dans son homélie, Laurent Monsengwo Pasinya s’est focalisé sur l’unité, la paix, la vérité, la justice et la réconciliation de tous. Son message a été étayé par des versets puisés du livre d’Esaïe (chapitre 11, 1-10), de l’épître de Saint Paul aux Romains (chapitre 8, 31-39) et de l’Evangile de Saint Mathieu (chapitre 13, 3-12).
Coïncidant avec le 2ème dimanche de l’Avent, l’Evangile de Saint Mathieu invite les chrétiens à se convertir. Surtout en ce moment où l’Eglise catholique romaine se prépare à accueillir Jésus, sauveur de l’humanité.
D’entrée de jeu, l’officiant a remercié le Seigneur pour tout ce qu’il a fait pour lui: « Cet événement, le peuple congolais l’a perçu comme un don de Dieu obtenu, grâce à ses prières ». Le nouveau cardinal a évoqué le pèlerinage effectué dernièrement par les Congolais à Rome et la présence d’une foule nombreuse venue assister à la messe. A ce sujet, il a rendu hommage au chef de l’Etat Joseph Kabila, pour sa présence à la célébration eucharistique du jour.
Nouveau cardinal de la RDC, Laurent Monsengwo Pasinya a exprimé sa reconnaissance au Pape Benoît XVI pour le choix porté sur sa modeste personne. Il a rappelé la recommandation du Saint Père aux nouveaux cardinaux, à savoir « être les témoins du Christ jusqu’à l’effusion du sang. Méditez et contemplez l’icône de Jésus qui est venu pour servir son peuple et non pour se servir ».
Paraphrasant le Pape Benoît XVI, l’ancien archevêque de Kinshasa a déclaré : « Le pouvoir n’a de sens que si l’on a le souci des autres, des pauvres et des laissés pour compte ». Ici, le « berger » s’est montré proche et compatissant à tout ce que vit dans sa chair le peuple congolais. Aussi l’a-t-il invité à travailler pour la paix, l’unité, la vérité, la justice et la réconciliation des filles et fils de la RDC. Il a dit avoir reçu du Saint Père la mission « d’édifier le Royaume de Dieu sans limite de vie et de vérité ; un Royaume de justice, d’amour et de paix ».
L’Eglise catholique romaine se souvient de la béatification par le Pape Jean-Paul II, le 15 août 1985, de la bienheureuse Marie-Clémentine Anuarite Nengapeta, comme « modèle d’amour, de fidélité, de pureté, de courage, de foi et d’espérance ». Celle-ci a été assassinée, le 1er décembre 1964, lors de la rébellion menée par Pierre Mulele, dans l’actuelle Province Orientale.
A ce sujet, le nouveau cardinal de la RDC a indiqué que le Pape Benoît XVI invite les dirigeants à se soucier de leur peuple. Selon lui, l’autorité doit être au service du bien commun. Il a insisté : « Le pouvoir qui ne s’occupe pas du bien commun est un pouvoir sans objet ».
Comme on peut le voir, le prélat interpelle la classe politique congolaise. Toutefois, son appel vise particulièrement le pouvoir de Kinshasa lequel devrait prendre ses responsabilités, notamment mettre fin à la guerre au Congo en général, et dans l’Est du pays en particulier. Le souci est de voir ceux qui font la guerre déposer leurs armes, en vue de faire la paix dans la justice d’abord et ensuite dans la réconciliation.
Laurent Monsengwo s’est montré préoccupé par la paupérisation du peuple alors que le pays dispose de tous les atouts pour le rendre heureux et prospère. Il a fait allusion au pillage des ressources naturelles de la RDC et à la signature de nombreux contrats et accords dont la population ne sent toujours pas les effets bénéfiques dans son vécu quotidien. »

Sous le titre : « Monsengwo tacle les politiciens criminels », Le Phare rapporte que le nouveau cardinal n’est pas allé par le dos de la cuillère pour entamer sa tâche. « L’autorité dans toutes les communautés est le service. Le pouvoir et l’autorité n’ont de sens que si l’on a des soucis pour les autres, pour les laissés pour compte, pour les pauvres », a déclaré le cardinal. Il a poursuivi en déclarant que le Pape invitait tous ceux qui sont investis de l’autorité dans notre pays à servir le peuple. « L’autorité ou le pouvoir qui ne s’occupe que de ses propres intérêts au détriment du bien commun est un pouvoir sans objet », a martelé l’archevêque de Kinshasa qui a invité les autorités à apprendre à servir le peuple ; tuer pour s’enrichir, c’est criminel.       

Le Palmarès souligne que sur un ton au goût de soufre, Monsengwo a lancé : « un pouvoir qui ne s’occupe pas en premier lieu du bien commun, mais de ses propres intérêts, est sans objet ». C’est dans ce contexte que le nouveau cardinal a invité tous les dirigeant congolais à avoir le souci du bien être collectif. Le Palamarès note que l’Archevêque de Kinshasa a refusé de flatter les décideurs nationaux. Ceux-ci n’ont qu’à bien se tenir, car le nouveau cardinal refuse de souscrire à la complicité du silence.

AfricaNews, qui titre : « Pertinent signal du Cardinal Monsengwo », note que c’est véritablement un discours sur l’état de la Nation que Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, nouveau cardinal de Kinshasa a prononcé dimanche 5 décembre à l’occasion de sa première messe cardinalice au stade des Martyrs de Kinshasa. Même s’il n’a pas abordé tous les points habituellement à l’ordre du jour de ce type de discours, le cardinal, toujours égal à lui-même, a encore fait mouche. On le connaissait pour la pertinence de ses propos, mais également pour la justesse de ses analyses. Il n’a pas dérogé à la règle dimanche devant des milliers de chrétiens, un demi milliers des prêtres et le Président de la République lui-même, réunis dans l’antre de Lingwala.Via son propre discours sur l’état de la Nation, Monsengwo a annoncé les couleurs de ce que sera son mandat à la tête de l’Eglise, à quelques heures de la sortie de Kabila devant le congrès et du retour à Kinshasa, après trois ans de séjour médical à l’étranger, du leader de l’Udps, Etienne Tshisekedi, le plus sérieux adversaire du Président de la République à l’élection de 2011.    

(Aucun journal ne semble s’être posé la question : Appartient-il à un dignitaire ecclésiastique, fût-il Cardinal et donc peut-être futur pape, de faire un « Message sur l’Etat de la Nation », dans un état laïc ?     
On pourrait certes penser que, dans un pays où les autorités se distinguent par un profond silence qui n’est agrémenté que des dithyrambes de la « campagne électorale qui ne dit pas son nom », Monsengwo a usé de son droit de citoyen en faisant un discours politique. C’est vrai. Mais alors il fallait ne faire que cela et ne pas seriner le vieilles berceuses de « l’opium du peuple, comme cet appel à « déposer leurs armes, en vue de faire la paix dans la justice d’abord et ensuite dans la réconciliation ». Où cela mène-t-il ? A une conférence de Goma 2 suivie sans doute d’un Umoja wetu bis, et d’un amani leo 3bis ? Autrement dit, à la continuation du jeu de massacre.
Si Monsengwo veut parler en citoyen et en politique, il en a le droit. Mais alors, il faut qu’il laisse au placard les « tendez l’autre joue ». NdlR)

 Tshisekedi

A propos, justement du leader de l’UDPS, Etienne Tshisekedi, La Prospérité, qui lui consacre sa manchette annonce que cette fois-ci, c’est confirmé. Après plusieurs contacts noués dans les hautes sphères occidentales, E. Tshisekedi pose afin ses pieds à Kinshasa, ce mercredi 8 décembre 2010.  

Côte d’Ivoire        

L’Avenir sort des frontières de la République démocratique du Congo. « Gbagbo, jusqu’où ira-t-il ? », titre à la Une ce journal.Selon le confrère, Thabo Mbeki, l’ancien président sud-africain désigné médiateur par l’Union africaine dans la crise ivoirienne, a une mission impossible et inutile. La communauté internationale pense à tort que les pressions passives pourront avoir raison de la détermination de Gbagbo. Ni le schéma, kenyan, ni le schéma malgache, ni le schéma zimbabwéen, rien n’est applicable en Côte-d’Ivoire.

Un nouveau jeu, en tous cas, fait fureur sur l’Internet congolais : commenter les élections ivoiriennes.

Le commentaire de politique étrangère, à lire entre les lignes pour y commenter en réalité la politique congolaise est un jeu qui se pratique depuis longtemps en RDC, notamment dans les journaux. C’est d’ailleurs un type de « paravent » qui n’est pas utilisé seulement au Congo.

D’autre part, la nature des problèmes en cause – en particulier le parallèle entre « l’ivoirité » et la « congolité »-, la succession des événements, des ressemblances entre les personnages et les rôles qu’on leur prête, entre certaines séries d’événements inspirent, à propos de Gbagbo et Ouattara, des prises de position qui, souvent, commentent davantage ce qui s’est passé en 2006 à Kinshasa, ou ce que l’on y prévoit dans un futur proche, que ce qui s’est passé à Abidjan en 2010.

Cela conduit parfois à des appréciations qui sont surprenantes et qui, si elles ne suggèrent pas grand chose quant à une possible sortie de la crise ivoirienne, en disent long sur la manière dont fonctionnent l’esprit, et, plus encore, les sentiments de leurs auteurs. Car il est manifeste que ce sont souvent les sentiments qui l’emportent.

Il est un sentiment largement répandu parmi les Congolais, que les élections de 2005/2006 ont été truquées, qu’elles n’ont pas eu le résultat qu’elles auraient dû avoir, que la victoire de Joseph Kabila a été concoctée clandestinement par de louches manœuvres en des officines bien cachées, puis proclamée par la CEI et la Cour Suprême. En bonne logique, cela devrait leur inspirer de la sympathie pour Ouattara, vainqueur dans les urnes, mais rejeté par des tripatouillages de Palais.

Mais à cela s’oppose que Gbagbo a une image de « très vieil opposant » (comme Tshisekedi) et de « véritable fils du pays » (comme Bemba), un « nationaliste authentique » (comme Mobutu ?) alors que Ouattara est « d’une nationalité douteuse » (comme Kabila) et un « ami des occidentaux » (ce qui devrait être une qualité, si l’on en juge par le nombre de candidats congolais qui brandissent leur carnet d’adresse et se veulent une « stature internationale » , mais est néanmoins perçu négativement). L’ONU (en l’occurrence l’Onuci, mais on n’a guère de peine à deviner qu’on pense « Monuc/Monusco) est souvent vue au Congo comme prenant systématiquement le « mauvais » parti, ce qui encore une fois nuit à Ouattara.

Cela mène parfois à des incohérences.

© CngoForum, le lundi 6 décembre 2010

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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