(CongoForum)
Les révélations de Wikileaks sur le cobalt congolais. Le compte à rebours du mandat de Kabila vient de démarrer. Tshisekedi revient ce mercredi. Kamerhe sonne le tocsin. Piètre prestation des témoins : de l’espoir pour Bemba ? Monsengwo met en garde. Hommage à Floribert Chebeya. Insécurité à Kinshasa à l’approche des fêtes de nouvel an, … Autant de sujets évoqués par la presse parue ce mardi à Kinshasa.
Cobalt
« Le cobalt congolais sous surveillance américaine », titre à la Une Le Potentiel qui se fait l’écho de nouvelles révélations de Wikileaks, le célèbre site spécialisé dans l’étalage des dossiers secrets de la diplomatie américaine. Ce site, rapporte Le Potentiel, a mis lundi en ligne une liste de sites industriels et infrastructures sensibles à travers le monde que les Etats- Unis veulent protéger d’attaques terroristes. Dans le lot, des mines de cobalt de la RDC représentant près de 36% des réserves mondiales. Kinshasa a-t-il saisi ce message relativement à sa politique étrangère ?
Pour Le Potentiel, les nouvelles révélations de Wikileaks devaient servir de détonateur à une véritable prise de conscience de ceux qui ont les commandes de la RDC. L’absence de politique appropriée, pouvant faire des richesses naturelles de la RDC des atouts économiques et scientifiques générateurs de richesses, est à la base de la prédation dont les conséquences sont l’enrichissement de quelques individus au détriment de la population congolaise.
« Ce qui fait dire au sénateur Mutinga dans son dernier ouvrage « RD Congo, la République des inconscients » que « si, sous d’autres cieux, l’abondance des biens ne nuit pas, l’adage a visiblement du mal à s’adapter au contexte actuel de la République démocratique du Congo où l’abondance de vastes potentialités économiques est plutôt porte-malheur ». « Sinon, poursuit-il, comment comprendre que les 60 millions de Congolais restent si pauvres alors qu’ils sont assis sur un matelas de matières précieuses,… ».
Dépité par tant de contradictions, le sénateur note, en fin de compte, qu’ « il y a visiblement quelque chose qui ne marche pas et la responsabilité incombe, en premier, aux différents hauts fonctionnaires de l’Etat (ministres, parlementaires) qui ont eu la charge de décider des politiques publiques du pays ».
Malgré ce constat qui traduit le désespoir, le sénateur croit en la capacité du Congolais à rebondir pour enfin travailler pour l’essor de son pays, en s’appuyant, comme les autres pays émergents, sur ses ressources naturelles pour fonder les bases de son développement. Les pays émergents tels que le Brésil et l’Afrique du Sud l’ont fait. Pourquoi pas la RDC ? Aussi l’auteur pense-t-il qu’« il n’est pas trop tard pour mieux faire et sortir la RDC de la situation de non-Etat dans laquelle elle patauge piteusement depuis des décennies ».
Les nouvelles révélations de Wikileaks devaient servir de détonateur à une véritable prise de conscience de ceux qui ont les commandes de la RDC. L’absence de politique appropriée, pouvant faire des richesses naturelles de la RDC des atouts économiques et scientifiques générateurs de richesses, est à la base de la prédation dont les conséquences sont l’enrichissement de quelques individus au détriment de la population congolaise. »
Etat de la Nation
« Ça va bouger » affirme Le Climat Tempéré. Joseph Kabila s’adresse ce mercredi 8 décembre à la Nation, à travers le Parlement réuni en Congrès. Par principe le dernier de la série dans le genre, ce discours tant attendu du raïs était prévu initialement pour hier lundi 6 décembre, soit quatre ans jour pour jour après son investiture au terme du scrutin présidentiel de 2006. L’évènement survient donc à une année de la fin de l’actuelle législature, et presqu’à la veille d’une nouvelle campagne électorale qui semble s’annoncer comme plus palpitante encore que la précédente, avec l’entrée en scène des acteurs d’un genre nouveau, que personne ne pouvait attendre, il y a quelques six mois encore.
Sur le site KongoTimes, Jonas E. KOTA résume comme suit ce que l’on attend de ce discours : « Depuis le 5 décembre 2009, la République Démocratique du Congo vient de boucler douze mois plein de vie dans ses différents domaines. Bien des choses se sont produites, et on s’attend à ce que le Chef de l’Etat en fasse, le 8 décembre prochain, une évaluation devant la Nation. Il aura, certainement, à évoquer les actions de consolidation de la paix et la sécurité sur terrain. Il s’agira, cette fois, certainement d’aborder cet angle de consolidation, d’autant plus, d’ailleurs, que la mission onusienne qui, autrefois, se consacrait à l’instauration de la paix, est passée sous mandat de stabilisation du Congo, d’où son appellation de Monusco. Joseph Kabila ne manquera pas, non plus, de faire l’évaluation de sa décision ordonnant la suspension de toutes les activités d’exploitation minière dans les Kivu, activités qui avaient un lien direct avec la perpétuation de l’insécurité dans certaines régions de ces provinces.
Au plan politique, en général, Joseph Kabila est attendu pour faire l’évaluation du programme du cinquantenaire de l’indépendance de la RDC célébré avec faste le 30 juin 2010. Il s’agira d’apprécier le niveau d’évolution de l’état d’esprit général quant aux nouveaux défis qui s’imposent à la Nation en cette période de marche, désormais, vers son centenaire, même si les Congolais ont observé comme un arrêt total des activités qui devaient accompagner le pays jusqu’en ce mois de décembre.
UNE JUSTICE TOUJOURS BOITEUSE
Le volet justice marquera aussi l’attention et l’intérêt des Congolais après le programme de recrutement de nouveaux magistrats pour renforcer les effectifs. Vu sous l’angle des réformes pour l’administration d’une justice juste et la lutte contre l’impunité à travers l’opération « tolérance zéro », les Congolais voudront bien entendre du Chef de l’Etat, non pas seulement l’évaluation des efforts qui auraient été fournis depuis décembre 2009. Non sans raison, puisque, outre la traque des malfrats connus sous l’appellation de « Kuluna », les Congolais n’ont pas vu venir grand’ chose, tandis que certaines interpellations opérées par la justice ne semblent avoir été qu’un feu de paille. Des personnes concernées ont vite recouvré leur liberté. Pire, les actions subséquentes à leur encontre, nouvelles interpellations, audits ou contrôle de gestion, etc., se lisent désormais comme des acharnements, alors qu’en même temps, le pays ne s’est toujours pas mieux porté face à la pérennisation de la corruption à tous les échelons.
Par ailleurs, l’opération de recrutement de nouveaux magistrats a connu des perturbations au moment de leur entrée en fonction. Si certains ont eu du mal à gagner leurs postes d’affectation, d’autres sont entrés au contact choquant des réalités de nos cours et tribunaux où aucune infrastructure n’a été aménagée pour les accueillir. Seuls les anciens magistrats leur ont offert leur hospitalité de promiscuité : pas de chaise ni de table de travail, moins encore de fourniture de bureau. Chacun devait donc prendre le rythme et s’obliger d’acheter soi-même ses papiers, etc., bref un environnement tout indiqué pour décourager ces nouvelles recrues qui n’auraient, alors, que l’alternative des tristes réalités de nos cours et tribunaux pour exercer…
ECONOMIE ET FINANCES : DES EVOLUTIONS NOTABLES, MAIS SANS IMPACT SOCIAL
La situation économique et financière, qui comptera parmi les points à exploiter par Joseph Kabila, sera certainement la plus appréciable pour l’année qui touche à sa fin. Joseph Kabila aura certainement à apprécier à leur juste valeur les grandes réalisations du Gouvernement quant à la stabilisation du cadre macroéconomique et des efforts quant à la compression des dépenses publiques à travers une gestion rigoureuse sur base caisse. C’est cet ensemble d’efforts, en plus des efforts encore en cours pour l’assainissement du climat des affaires, qui a concouru à l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE qui a vu s’effacer plus de 90% de la dette extérieure, avant le doublé du Club de Paris qui a aussi apuré la dette de la RDC, avant de mettre le cap sur le club de Londres.
Si l’on sait que les économies réalisées avec ces annulations de dette vont être versées dans le panier du social (eau, éducation, environnement, etc.), les Congolais attendront du Chef de l’Etat des éclairages quant à la stagnation du traitement des agents et fonctionnaires dont les salaires n’ont toujours pas connu d’évolution notable. Alors, par ailleurs, que le budget de l’Etat ne cesse de grossir en chiffre, de pans entiers des services publics accusent des arriérés de salaires dont personne ne semble se préoccuper d’apporter quelqu’explication. Les Congolais se rappellent, en effet, que c’est Joseph Kabila qui avait décrété 2010 année du social. Mais, ils n’ont encore rien ressenti. Ceci d’autant plus que si, le Chef de l’Etat avait fait cette profession de foi, rien, ou presque, ne s’est produit en terme de programme pour faire effectivement de cette année une année du social. Par contre, 2010 semble s’être caractérisée par de gros efforts sur le front financier et économique.
En cette période où la population s’apprête pour les festivités de fin d’année, ils sont de plus en plus confrontés à la réalité des marchés où les prix flambent déjà. C’est, d’ailleurs, tout au long de cette année que la population vit à ce rythme malgré des mesures arrêtées par le ministère de l’Economie qui, malheureusement, s’avèrent soit inopérantes soit inadéquates. On se souvient, par exemple, de ces mesures arrêtées pour contrôler les prix et ainsi permettre aux Congolais de célébrer aisément le cinquantenaire de l’indépendance de la RDC. Cependant, les rabattements des prix des produits de première nécessité arrêtés sur instigation du ministère de l’économie auront été insignifiants, tandis que les mesures n’ont presque jamais été suivies par les opérateurs économiques. Aujourd’hui encore, les Congolais observent une surchauffe sur le marché des produits de première nécesité sans que le ministère ne réagisse, et préfère ouvrir un front contre la FEC en imposant des pénalités de plus value à certaines sociétés.
En attendant, il faut reconnaître que le comportement du Gouvernement a eu également un effet positif sur l’image de la RDC à l’international où le pays a aussi récolté une série de succès, notamment devant la justice internationale dans des dossiers pour le moins délicats. C’est le cas du dossier de First Quantum qui a esté en justice contre la RDC à la Cour d’arbitrage de Paris où ses prétentions ont été stoppées net. C’est aussi le cas de Tullow Oil qui vient d’être débouté à la haute cour des Iles Vierges Britanniques sur sa propre plainte contre l’association Caprikat – Foxwhelp dans le dossier des deux blocs pétroliers du Graben Albertine en Ituri. C’est, enfin, le cas de ce procès intenté devant la Cour Internationale de Justice contre la RDC par un sujet guinéen suite à sa détention et son expulsion voici quelques années.
CINQ CHANTIERS TOUJOURS EN MARCHE, MAIS…
Enfin, sur le volet de l’exécution des cinq chantiers de la République, Joseph Kabila sera particulièrement à l’aise, d’autant plus qu’il vient d’effectuer une tournée interprovinciale pour en faire une évaluation en vue d’éventuels ajustements, cela après avoir écouté la population, à travers ses notables, à l’occasion de sa tournée. Bien des réalisations ont été enregistrées à travers le pays, particulièrement sur le volet des infrastructures. Les Congolais sont, en effet, témoins des transformations qui s’opèrent en milieux urbains comme à Kinshasa, mais aussi des efforts de construction ou de reconstruction des routes et des ponts. Le Chef de l’Etat en a fait la démonstration en roulant, seul au volant, de Goma à Kisangani et de Mbuji Mayi à Kinshasa.
Les Congolais n’ont, cependant, pas manqué de faire remarquer les difficultés sur certains axes provinciaux et locaux qui enclavent encore bien des contrées et perpétuent la problématique d’évacuation des produits agricoles vers les centres de consommation. Kabila l’a personnellement expérimenté très récemment lorsqu’il s’est trouvé dans l’impossibilité d’atteindre Kabinda centre au départ de Mbuji-Mayi, dans le Kasaï Oriental.
Au centre du pays, la problématique de l’énergie continue de se poser avec acuité à cause du retard dans le lancement des travaux de construction du barrage de Katende. Depuis 2006, Joseph Kabila s’est rendu sur terrain au moins 3 fois. Aujourd’hui, un accord de financement a été passé avec des Indiens, et l’on espère que les travaux vont démarrer dans les meilleurs délais.
Par ailleurs, les Congolais sont vivement préoccupés par la problématique des érosions qui attaquent continuellement leurs cadres de vie et détruisent les espaces arables. Chaque saison de pluie en apporte aux pleurs de ces citoyens qui, d’un jour à l’autre, se retrouvent sans abri, tandis que des infrastructures scolaires et hospitalières, et autres sociales, sont constamment englouties par ces érosions qui prospèrent allègrement sous le regard impuissant des populations.
Elections 2011 : Un arbitrage s’impose
Autre volet, sur lequel Kabila est attendu, le processus électoral pour les scrutins de 2011 semble marquer les pas au niveau de la désignation des membres du Bureau de la CENI qui restera à composer. Cela malgré le fait que la classe politique se montre de plus en plus hostile à l’exécution des opérations électorales par la CEI dont une frange de cette classe politique a déjà rejeté le calendrier. Même si on observe un semblant de relance du déploiement des kits de révision du fichier électoral, la machine n’a pas encore pris sa vitesse de croisière, d’autant plus que les fonds attendus tombent à compte-goutte. Les congolais attendent donc un arbitrage du Chef de l’Etat pour décanter toutes ces situations.
DROITS DE L’HOMME, PREOCCUPATION REELLE
Enfin, l’année 2010 aura été caractérisée par une certaine chaleur sur le front des droits de l’homme avec la mort tragique de Floribert Chebeya et la disparition, jusqu’à ce jour, de son chauffeur, Fidèle Bazana. D’autres activistes ont subi le même sort, notamment à l’Est du pays, sans oublier la situation de la liberté de presse qui s’est trouvée quelque peu contrariée avec des interpellations et arrestations de professionnels des médias. Cette situation a constitué un point de préoccupation jusque sur les places diplomatiques internationales, et les Congolais voudront bien être rassurés par le magistrat suprême quant aux garanties de la libre activité des opérateurs des droits de l’homme et des médias, dans les limites qu’impose la loi, bien entendu. » (Les passages en exergue le sont dans l’original. NdlR)
Elections/Tshisekedi
Le retour de Tshitshi est évoqué par pratiquement tous les journaux, notamment Le Potentiel, l’Observateur et La Prospérité.
D’après Le Climat Tempéré, Etienne Tshisekedi, leader historique de l’Opposition et de son parti l’Union pour la démocratie et le progrès social, UDPS, que tout le monde donnait pour dépassé par l’âge et par sa santé, a donné de la voix et a annoncé qu’il sera cette fois, dans la course à la présidentielle de 2011. Et pour que nul n’en ignore, il a même donné un aperçu de sa vigueur de discours par une longue interview dans le magazine panafricain « Jeune Afrique ». « L’UDPS informe que M. Tshisekedi, président national de l’UDPS, rentre au pays par l’aéroport international de (Kinshasa-) N’Djili le mercredi 8 décembre 2010 à 12h50« , a annoncé le secrétaire national et porte-parole du parti, Bernard Ali Risasi Kasongo, dans un communiqué adressé à l’agence BELGA à Bruxelles. M. Tshisekedi, qui aura 78 ans le 14 décembre, regagne la République démocratique du Congo avant la tenue du premier congrès de son parti, qui se tiendra à Kinshasa du 10 au 14 décembre afin de le consacrer comme candidat de l’UDPS à l’élection présidentielle de novembre 2011. Ce retour, après deux ans de traitement médical et de convalescence en Belgique, se fera par un vol de la compagnie Ethiopian Airlines, de manière à arriver dans la capitale congolaise en journée, plus propice à un accueil par ses partisans que la soirée, quand arrivent à l’aéroport de N’Djili la plupart des vols en provenance d’Europe, commente-t-on.
Il débarque au pays ce mercredi 8 décembre le jour même où le président Kabila s’adresse à la nation devant le Congrès, ce qui augure déjà de la « chaleur » qui va régner dans la capitale demain, entre le cérémonial officiel d’un côté, et la liesse des militants de l’UDPS qui retrouvent enfin leur « Moïse ».
L’UDPS et son leader, sevrés d’élections en 2006, rentrent cette fois par la grande porte et affirment vouloir faire parler la poudre. C’est dire combien ils comptent récupérer tout leur électorat, prêté momentanément à quelques partis et leaders de l’Opposition en 2006. Et puisque les vents semblent
Favorables aux opposants historiques, à l’instar d’Alpha Condé de Guinée, et, bien qu’à un moindre degré, d’Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire, à l’UDPS l’on croit fermement que Tshisekedi sera le futur président de la RDC en 2011.
Tshisekedi, toujours d’après Le Climat Tempéré, veut désormais une alliance de l’opposition. Des sources proches du bureau du président national de l’UDPS ont indiqué hier lundi au Climat Tempéré qu’Etienne Tshisekedi entend militer pour une coalition de toutes les forces de l’opposition de la RD Congo, pour barrer la route à l’Alliance de la majorité présidentielle, AMP, qui ne cache pas son intention de remporter, dès le premier tour, la présidentielle de 2011.
Pour traduire cette volonté en acte, font-elles savoir, le lider maximo envisage conclure une Charte avec toutes les formations politiques et les personnalités qui aspirent à l’alternance au sommet de l’Etat.
Le patriarche de l’opposition congolaise, attendu mercredi à Kinshasa, ouvrira, le vendredi 10 décembre, le premier congrès de son parti.
Cette messe politique est on ne peut plus le moment le mieux indiqué pour l’UDPS, devenue pour le moins un bazar, de se réorganiser en vue de se ranger en ordre utile au round électoral 2011-2013.
Après avoir boycotté les élections de 2006 et, partant, être resté des années durant en marge de la gestion de la res publica, l’UDPS semble résolue à rattraper le retard accumulé dans la récente histoire congolaise, en maximisant ses chances de rafler un nombre important des sièges aux prochaines législatives, pour participer à la conduite des affaires du pays.
A en croire des sources proches de la Commission en charge de l’organisation de ce congrès, toutes les batteries ont été mises en marche pour la réussite de ces assises tant attendues. L’on indique que la campagne de mobilisation financière a obtenu le résultat escompté. Comme pour dire que, dans les milieux influents de l’UDPS, cette messe politique est la bienvenue. Pour colmater toutes les brèches susceptibles de provoquer le naufrage de son parti déchiré en plusieurs tendances en son sein, Etienne Tshisekedi souhaiterait raccommoder ses poulains avec toutes les grandes figures qui continuent à se réclamer de sa famille politique.
Selon certaines indiscrétions, il n’exclut pas de réintégrer les écartés du parti, qui se sont abstenus de braver son autorité. Il est même envisagé, fait-on savoir, le retour au bercail de Belchika dont le péché «mortel» est d’avoir envisagé l’organisation, il y a quelques années, de ce qu’il a qualifié du premier congrès de l’UDPS à sa résidence située au quartier Righini dans la commune de Lemba. Ce, en dépit du rappel à l’ordre des hautes instances de ce parti.
Au côté du grand défi de réorganiser son parti, après un long séjour à l’étranger, Etienne Tshisekedi compte également rassembler toutes les puissances de l’opposition, à l’effet d’éviter la reconduction de l’actuelle majorité à l’issue du round électoral 2011-2013.
Pour y parvenir, l’opposant historique congolais peut miser sur sa stature politique et l’absence au pays de Jean-Pierre Bemba érigé en leader de l’opposition institutionnelle, font remarquer des analystes politiques. Reste à savoir s’il réussira à obtenir le consensus de l’opposition sur un programme commun et la désignation du candidat unique, pour la prochaine présidentielle. En effet, la bataille en ordre dispersé pourrait desservir l’opposition au premier tour de la présidentielle face à une majorité soudée et en extension.
Dans les états majors de partis politiques de l’opposition, l’on salue de deux mains l’arrivée de Tshisekedi qui est de nature, pensent-ils, à raviver leur force et à mobiliser toutes les forces du changement.
Elections/ AMP
« La météo s’est assombrie dans le camp du pouvoir », affirme Le Climat Tempéré.
Depuis l’effacement de la scène politique du leader du MLC Jean-Pierre Bemba, embastillé par la Cour pénale internationale, la plupart des observateurs prédisaient un véritable boulevard électoral à Joseph Kabila pour 2011, avec l’absence sur le terrain de l’opposition, d’un leader capable de lui faire face. L’Opposition elle-même, minée par des querelles de leadership et des conflits internes, semblait à la dérive au point même que l’idée est venue au PPRD, le parti présidentiel, de se défaire de ses alliés et partenaires de 2006, pour goûter seul aux délices d’un pouvoir qu’il estimait désormais à portée de mains en 2011. De nouvelles récentes obligent désormais les proches du chef de l’Etat et les analystes de son parti à réviser leurs calculs et à revoir à la baisse leur enthousiasme. De l’Europe où il passait depuis près d’une année une convalescence paisible, un homme que tout le monde semblait avoir oublié, s’est rappelé brusquement à l’attention de ceux qui l’avaient enterré prématurément.
Pour le camp présidentiel, la météo politique s’est encore assombrie et les sourires triomphants ont commencé à virer aux grimaces, quand un autre joker a sauté sur la scène, avec la sortie annoncée de l’Union nationale pour le Congo (UNC) de l’ex-speaker de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe, par ailleurs transfuge de haute volée du PPRD, qu’il avait eu à mener à la victoire électorale en 2006, en tant que secrétaire général. Comme une ironie du sort, Vital Kamerhe, dont une déclaration politique est attendue ce 15 décembre, arrive sur la scène, au moment où son successeur tant au parti qu’à la tête de la Chambre basse, semble s’emmêler les pieds dans les tapis du Palais du peuple, avec la motion de défiance en préparation contre lui par un groupe de députés, dont la plupart de sa propre famille politique, l’AMP.
Temps difficile donc pour le chef de l’Etat, candidat non encore déclaré à sa propre succession mais dont les actes et faits de certains membres de sa propre famille politique, ne lui facilitent pas la tâche. Dans l’Est, la paix promise ne vient toujours pas à la hauteur des espoirs. Le clergé de Beni-Butembo a clairement donné de la voix tout récemment. Les populations s’impatientent et s’interrogent. Et c’est bien le raïs lui-même qui a dénoncé les réseaux de mafieux qui grappillent les minerais dans le sous sol des Kivu, avec des connexions jusqu’à Kinshasa. Ils sont à la base de cette insécurité qui n’en finit pas de se prolonger. Mais qui donc à Kinshasa, sinon des gens possédant autorité ! Une situation d’autant plus gênante pour le chef que ses nouveaux adversaires eux, ne cachent plus leur intention de ne pas lui faire de cadeaux.
Elections/Vital Kamerhe
« Ça va bouger sur la place politique, même au sein de la société » aurait dit VK au Climat Tempéré. Le président honoraire de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe a lancé un signal fort en direction des acteurs de la majorité et de l’Opposition, dimanche. En réaction au message percutant que le nouveau Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa a livré dans son homélie au Stade des Martyrs à Kinshasa où était rassemblé le ban et l’arrière ban de la classe politique congolaise, Vital Kamerhe n’a pas loupé l’opportunité.
« Nous entrons dans l’année électorale. Et ce n’est un secret pour personne. Ça va bouger sur la place politique, même au sein de la société », a-t-il lancé à la presse, comme hors propos. Le député national a convié les acteurs politiques et l’élite congolaise à saisir l’opportunité de ce message pour se convertir et comprendre le sens profond de s’oublier pour se mettre « au service du peuple de Dieu ».
« Désormais, nous devons mettre l’intérêt général au premier plan de nos préoccupations », a martelé le président honoraire de l’Assemblée nationale. « Désormais » signifie que jusque maintenant, tel n’était pas le cas. C’est un jugement sans appel, venant de quelqu’un qui appartient toujours officiellement à la famille politique du chef de l’Etat. Marquer ainsi contre son camp ! L’AMP est mal en point visiblement. Kamerhe ne s’arrête pas en si bon chemin : « Je crois que ce que le Cardinal a dit aujourd’hui est allé droit au cœur du peuple congolais », a-t-il soutenu, souhaitant que le Cardinal Monsengwo « soit cet arbitre neutre au dessus de la mêlée, puisque des choses sérieuses vont commencer bientôt ». Si Kamerhe entrevoit l’importance d’un arbitre au dessus de la mêlée, il sait sans doute que l’on en aura besoin.
Elections/ Bemba
Le Palmarès s’intéresse au procès J. P. Bemba. « CPI : 13 témoins du Mlc pour charger Bemba », titre ce journal. Le confrère rapporte, en effet, que 13 anciens compagnons du leader du Mouvement de libération du Congo ont pour mission de porter une série de témoignages décisifs contre leur ancien compagnon d’armes. Des indiscrétions signalent un certain Papy Kibonge ainsi que certaines personnalités transfuges du Mlc. Ce sont eux qui comptent le plus sur les 40 témoins que détient le Procureur Moreno O’Campo.
Par ailleurs, d’après Le Climat Tempéré, les cafouillages, les contradictions et les déclarations approximatives des premiers témoins appelés par Moreno pour soutenir son accusation contre Bemba à la CPI ne disent rien qui vaille. Du coup, les partisans du chairman se renforcent dans la conviction que leur leader est innocent et se remettent à rêver de sa libération. D’ici à une année des élections, il y a du temps. Beaucoup de choses peuvent se passer, disent-ils. Imagine-t-on un Bemba débarquant à Kinshasa, libre, pour participer aux élections dans ce pays ? Ça va barder !
Côte d’Ivoire
LE BILLET du Climat Tempéré y est consacré avec ce sous titre : « : La nausée! »
« Les accords de Sun City avaient imposé à la République démocratique du Congo un “ monstre politique” : une transition avec un président et quatre vice-présidents. Du jamais vu dans l’histoire politique des Etats modernes. Et pourtant ! Pourtant, l’élève a réussi son examen de passage avec la cote « grande distinction ».
Les accords de Ouagadougou ont imposé à la Côte d’Ivoire, une « cohabitation » à la française : un président « du pouvoir », en l’occurrence Laurent Gbagbo, et un Premier ministre « de l’opposition », Guillaume Soro. Seulement voilà : au jury privé, l’élève a été « épatent ». Par contre, au jury public, l’élève a été « décevant ».
Après un rappel des événements déjà connus, il ajoute : « Grande colère de l’ONU, de l’Union africaine, de l’Union européenne, du Parti socialiste français, du Fonds monétaire international et surtout des Etats-Unis et de la France qui demandent à Laurent Gbagbo de « reconnaître » sa défaite. Sinon, ça sera bâton ! ». Ainsi, on a d’un côté, un président, Alassane Ouattara, « incontournable et opposable à tous », et de l’autre côté, un président, Laurent Gbagbo, « infréquentable et opposé à tous ». Comment résoudre un tel imbroglio ? Les analystes politiques s’arrachent les cheveux. Les « stratèges » eux, s’activent pour « opérer » ce nouveau-né ivoirien tout à fait excentrique : les frères siamois. Il ne fait aucun doute : il faudra bien en éliminer un. L’Union Africaine a dépêché Thabo Mbeki à Abidjan. Mais la tâche de l’ancien président sud-africain ne sera pas facile. Comment pourra-t-il convaincre Ouattara de renoncer à un pouvoir que le peuple lui a légitimement conféré par les urnes, et alors que la communauté internationale le soutient à bout de bras ?
En organisant cette élection présidentielle, la Communauté internationale voulait « replacer » la Côte d’Ivoire sur le chemin de la réconciliation nationale, de la paix et du développement. Elle y a investi de fortes sommes d’argent. Mais un homme, Laurent Gbagbo, a choisi le défi et la confrontation. Dès lors, les jeux semblent faits. Ou bien on suivra le schéma de la Mauritanie où le colonel Mamadou Tanja a été destitué par l’armée. Ou bien on suivra le schéma congolais où le Maréchal Mobutu a été contraint de quitter le pays face à l’avancée irrésistible d’une rébellion armée.
Les amis et les conseillers de Laurent Gbagbo ont fait une mauvaise analyse politique. La Côte d’Ivoire n’est ni le Zimbabwe ni le Kenya aux mœurs politiques britanniques. Et même là, les présidents Robert Mugabe et Mwai Kibaki n’ont pas encore gagné cette bataille. La Côte d’Ivoire est une ancienne colonie française et se situe dans une région hautement stratégique pour la France et les Etats-Unis.
La communauté internationale veut mettre la Côte d’Ivoire sur la liste des pays où l’alternance démocratique est devenue ou devient une règle et une tradition. Parmi ces pays, on cite le Sénégal, le Mali, le Bénin, les Iles du Cap Vert, le Ghana, le Botswana, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, le Nigeria, le Sao-Tomé et Principe, la Tanzanie et la Zambie. Mais Laurent Gbagbo ne veut rien entendre.
« La fonction de président (chef d’Etat) est tellement éprouvante que toute personne qui l’exerce devrait aspirer à un repos bien mérité à l’issue de sa mission, plutôt que de chercher à s’y accrocher indéfiniment », disait Jerry Rawlings, ancien chef d’Etat ghanéen.
On croyait pourtant révolue l’époque des Jean-Bedel Bokassa et Idi Amine Dada, qui ridiculisaient le continent africain et les peuples noirs ! L’Afrique dispose des élites nécessaires pour assurer la relève du pouvoir politique aujourd’hui dans tous les pays du continent. Il est malheureux de constater que les élites qui y parviennent, se croient en droit de s’y perpétuer, et de refuser tout changement démocratique.
« Vous avez été élus par le peuple et pour le peuple, disait feu Cardinal Joseph-Albert Malula. C’est lui que vous devez servir d’abord. Si vous servez de lui comme ‘un tremplin’ pour arriver (au pouvoir), il vous haïra au lieu de vous aimer ».
La confusion créée en Côte d’ Ivoire par Laurent Gbagbo et son complice Yao N’Dré de la Cour constitutionnelle est une honte pour l’Afrique.
Monsengwo
Nous avons déjà parlé hier du discours tenu le dimanche 5 décembre, quand l’archevêque de Kinshasa, le Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, a dit sa première messe de primat de l’Eglise catholique de la RDC,.Nous n’y eviendrons pas, bien que certains jurnaux, comme le Climat Tempéré (qui ne paraît pas le lundi) en fassent encore état.
L’Avenir note au sujet du message du Cardinal Monsengwo adressé à la classe dirigeante du pays lors de sa première messe cardinalice, que le discours du prélat a plutôt été classé dans le panier des critiques qui nieraient tout progrès en RDC. Mgr Monsengwo qui se serait montré négatif a été préféré à Karel de Gucht, l’homme d’Etat belge. Ce dernier, note le confrère, a reconnu que la RDC a fait des progrès notables notamment dans la réduction de l’inflation.
Chebeya
« Le dossier Chebeya a agité les assises de l’APP au Palais du peuple * Hommage frénétique du ministre de la Justice à ce grand défenseur des droits de l’homme » écrit le Climat Tempéré
Le ministre de la Justice et des Droits humains, Emmanuel Luzolo Bambi Lessa, a tenu à rendre un hommage déférent et frénétique à l’ancien directeur exécutif de La Voix des sans Voix, VSV, Floribert Chebeya, à la faveur d’une table ronde sur la situation générale des droits de l’homme organisée du 27 novembre au 4 décembre dernier dans la salle de conférence du Sénat.
Cette session de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP a été présidée par la députée européenne de la Bulgarie, Marya Nedelcheva, pour le compte de la Commission des affaires politiques ACP-Union européenne, UE.
«Puis-je me permettre de dire à votre auguste assemblée que le gouvernement n’a rien à cacher dans ce dossier sur l’assassinat de F.Chebeya», a-t-il indiqué.
«Floribert Chebeya était et reste en mémoire des Congolais, un de grands défenseurs des droits de l’homme, premièrement. Deuxièmement, Floribert Chebeya ne représentait aucune menace, alors aucune menace pour l’Etat congolais», a dit le ministre de la Justice. Et dans la position du gouvernement, a expliqué Luzolo Bambi, la seule façon de récompenser la mémoire de F. Chebeya, c’est de laisser la justice suivre son cours normal, pour que la vérité puisse éclore. Le ministre de la Justice est d’avis que «l’émotion que l’affaire Chebeya a donnée par rapport aux exigences inquisitoriales et secrètes lors de procédures à un moment, avait gêné. Et ça, c’est sûrement, elle a failli donner l’impression qu’il y avait des choses à cacher».
Il a invité, dans ce contexte, la communauté internationale et tous les amis des droits de l’homme à se joindre aux efforts du gouvernement pour que ce procès puisse avoir la possibilité d’aller jusqu’au bout.
Emmanuel Luzolo Bambi Lessa a également évoqué ce qu’il considère comme un livre d’or sur hommage rendu au défenseur Chebeya. «Nous l’avons fait démocratiquement tout en respectant les règles de tout Etat de droit. Jusque-là, on a accompli le devoir pour le gouvernement», a-t-il dit. Le ministre de la Justice a usé d’un trésor de génie pour convaincre les membres de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE autour de ce dossier concernant le travail noble réalisé par F.Chebeya qui a agité ces assises tenues au Palais du peuple de Kinshasa. L’intervention du ministre de la Justice a été suivie avec une attention soutenue par les membres de la commission des affaires politiques ACP-UE, présents dans la salle du Sénat.
«Nous considérons d’ailleurs que les ONG sont des partenaires à part entière dans le combat quotidien pour la promotion et la protection des droits de l’homme. Il n’y a pas de démocratie sans les défenseurs des droits de l’homme. J’ai toujours dit que si les défenseurs des droits de l’homme n’existaient pas, nous devrions les créer, parce que leur combat est un combat légitime et nécessaire pour les droits de l’homme», a rassuré le ministre de la Justice. Il a accordé 500 personnalités juridiques aux ONGDH dans le cadre de la mise en œuvre de l’entité de liaison, qui est un cadre de concertation entre les défenseurs des droits de l’homme et le gouvernement.
«S’il y a un secteur qui n’a pas reçu l’aide particulière de la communauté internationale tout azimuts, c’est le secteur de la justice», a-t-il fait savoir. En termes de financements budgétaires aujourd’hui, la justice a reçu en 2009 0,6%, en 2010, c’était 1,2%, a relevé le ministre Luzolo craignant que 2011 n’atteigne pas 2% du budget national. Il a, par ailleurs, posé un problème de cas de conscience pour ses compatriotes remis à la Cour pénale internationale. «Si, par souverainisme, la RDC est décidée à récupérer ses compatriotes qui sont dans la CPI, que deviendrait cette juridiction», s’est-il demandé? Le ministre de la Justice a, d’autre part, qualifié d’inopportune la question d’une commission d’enquête indépendante, tant que le corps judiciaire n’en a pas encore exprimé le besoin.
Cette prise de position du ministre Luzolo est battue en brèche par la VSV en tête avec l’appui du Collectif des ONGDH, de l’Union européenne et de la communauté internationale qui continuent à réitérer leur requête d’une commission d’enquête internationale chargée de pousser à la transparence totale ce dossier d’assassinat.
Insécurité
Le Phare constate qu’à l’approche des fêtes de fin d’année 2010, « L’uniforme fait peur la nuit à Kinshasa ». Faux policiers et faux militaires opèrent par groupes de trois à cinq pour terroriser, extorquer et tuer. Le général Oleko, Inspecteur provincial de la police ville de Kinshasa, a annoncé le meurtre d’un séminariste togolais et appelle la population à la vigilance.
Il suggère la création de petites cellules de sécurité comprenant des chefs de quartiers, des chefs de rue, des notables et des cadres de l’armée ou de la police habitant dans certains quartiers de la cité.
© CongoForum, le mardi 7 décembre 2010










7 décembre 2010
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