REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI 14/12/10

14 décembre 2010

Aujourd'hui dans la presse

  (CongoForum)

Si vous êtes passionné de politique congolaise, procurez-vous les journaux parus aujourd’hui à Kinshasa, vous en aurez pour votre argent ! Les sujets abordés par la presse tournent tous autour des manœuvres en cours au sein de la classe politique. Certains s’attardent encore à décortiquer le discours- bilan du chef de l’Etat devant le Congrès. La plupart évoque Vital Kamerhe, Tshisekedi et les adhésions à l’AMP. Parmi celles-ci, celle, annoncée pourtant ce week-end, du CNDP, ne soulève pas encore la vague de réactions auxquelles on pouvait s’attendre. Autre nouvelle récente et encore peu commentée : Nzanga Mobutu a changé son fusil d’épaule et sera candidat à la présidence.

« Grandes manœuvres politiques »

Le Potentiel s’intéresse aux grandes manœuvres politiques observées au sein de la classe politique congolaise et tente d’en brosser un tableau d’ensemble. En effet, sous le titre : « 2011 : la carte électorale se dessine », il note que les lignes se tracent à la main au sein de la classe politique de la RDC. Les accointances ne sont plus de simples flirts, mais des idylles qui annoncent des fiançailles voire des mariages.   
Retour en triomphe de Tshisekedi et tenue du congrès de l’Udps. Adhésions à la pelle au sein de l’AMP. Sortie annoncée du parti de Vital Kamerhe… Autant de marques et de couleurs de la nouvelle carte électorale en filigrane. « Comme on le voit, la carte électorale de 2011 est en train de se dessiner. Réalisme ou opportunisme, des paramètres en présence démontrent que les manœuvres en cours ne sont pas le fait du hasard. Avant les joutes, chaque acteur choisit subtilement, mais résolument, ses partenaires pour la bataille électorale ; il tient à se positionner aux côtés de celui ou de ceux qu’il estime être des favoris du souverain primaire. Cela aux fins d’accéder et appliquer un programme commun de gouvernement. Un « programme de l’alternance», de l’avis d’un ténor de l’opposition présent à la cérémonie d’ouverture du congrès de l’UDPS.        
Cependant, un os. C’est que, au moment où les mouvements deviennent de plus en plus saccadés sur l’arène politique, le bureau de la commission électorale nationale indépendante(CENI), tarde toujours à se mettre en place.
 »

Le Potentiel est le seul journa qui, à propos de ces « grandes manœuvres », consacre un paragraphe (de consolation ?) à Jean-Pierre Bemba : « Quant à Jean-Pierre Bemba en détention à la Haye, il serait jusqu’à nouvel ordre le candidat à la présidentielle de 2011 du MLC. Ses proches continuent à y croire. Il n’est pas exclu que le MLC tisse des alliances avec d’autres forces en présence dans le but de capitaliser les chances de l’opposition. Peut-être pourrait-on remettre en selle l’Union pour la nation comme en 2006 ou l’élargir. Selon un analyste politique de Kinshasa, il s’agirait là d’«une position de négociation» Il estime qu’il serait difficile pour le leader du MLC de gagner les élections, tout en étant en pleine procédure devant à la CPI. »

Discours JK  

Le Phare soutient qu’après son discours- bilan du 8 décembre à la Nation, Joseph Kabila a laissé, dans l’opinion, la double image de Président de la République en exercice et du candidat à sa propre succession.En effet, tout en soulignant la positivité des résultats atteints en 4 ans aux plans de la sécurité, de l’unité nationale, de la justice, de la diplomatie, de l’économie, des infrastructures et du social, il a reconnu des ratés dans les secteurs tels que ceux de l’emploi, de l’amélioration du climat des affaires, de la desserte en eau et électricité, de la lute contre le Vih/Sida, des voies de communication, du contrôle et de la mise en valeur des ressources minières et pétrolières, de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, du logement, de la parité homme-femme, etc.

La Référence+ affirme, à la lumière du discours du chef de l’Etat, J. Kabila, sur l’état de la Nation, que les Forces armées de la RDC (Fardc) ont été honorées. Le commandant suprême des Fardc et de la Police Nationale Congolaise (PNC) a reconnu les efforts fournis par les forces loyalistes pour recouvrer l’intégrité du territoire national, en dépit de quelques foyers de tension à éteindre. Sur 145 territoires qui composent la RDC, 5 seulement connaissent des perturbations et font l’objet des opérations militaires. Autre motif de fierté, le commandement de la force de la FOMAC en République centrafricaine (RCA) a été confié à un officier supérieur congolais, le général Nabiolwa.

Le Potentiel a recouru à une entourloupette qui lui est familière pour consacrer au discours d’autosatisfaction de Kabila une superficie de papier et d’encre suffisante pour ne pas le « passer sous silence » sans toutefois être compté au nombre des « léche bottes » (en « congolais de gazette » : thuriféraires stipendiés ou vuvuzélateurs). On ouvre les colonnes du journal à un partisan déclaré de celui dont il faut parler. En l’occurrence, il s’agit de Louis Koyagialo Secrétaire exécutif a.i. de l’AMP qui déclare : « Le président Joseph Kabila a été honnête dans son discours sur l’état de la Nation ». Ben, tiens !

Vital Kamerhe

L’Observateur voit lui aussi de « Grandes manœuvres politiques », mais, comme le montre son sous-titre, il s’agit du seul « Vital Kamerhe – PPRD : la rupture » Commentaire : « Vital Kamerhe a décidé de franchir le Rubicon. Ce mardi 14 décembre 2010, il va animer une matinée politique pour révéler à l’opinion tant nationale qu’internationale ses futures intentions. C’est ce qui ressort d’un message rendu public par la direction politique de l’Union pour la nation congolaise (UNC), parti politique agréé par l’arrêté ministériel n°111 du 19 juin 2010 signé par M. Wilson Omanga, président d’une sous commission chargée de la communication et médias.       
Le fait que cette formation politique ait confié la charge d’animer sa toute première matinée politique officielle à l’ancien speaker de l’Assemblée nationale indique clairement que c’est à Vital Kamerhe que sont confiées les rênes du pouvoir de l’UNC. Ce que certains tabloïds de Kinshasa ont annoncé depuis quelques mois en termes non précis se concrétisent aujourd’hui. L’élu de Bukavu a opté pour la rupture avec le PPRD, ce parti qu’il a hissé au niveau où il se trouve actuellement c’est-à-dire le plus grand parti en terme d’élus…      
La question que d’aucuns se posent aujourd’hui est celle de savoir ce que VK va annoncer au peuple congolais. Il est acquis qu’il va confirmer son appartenance à l’UNC, un parti dont son nom n’est pas repris sur la liste des signataire de l’acte constitutif. A ce propos, les informations à notre possession renseignent que ce sont ses lieutenants connus notamment les députés Bitakwira, Claudel Lubaya et Bertrand Ewanga qui se sont affichés au grand jour comme fondateurs de ce parti. Le nom de Kamerhe sur la liste des fondateurs aurait sans doute compliqué l’équation.         
L’opinion s’attend aussi à ce que l’élu de Bukavu révèle ses futures ambitions. Sera-t-il candidat président de la République ? Il sera peut-être tôt pour lui de le dire avant la tenue du congrès de son parti. Mais est-il qu’après avoir assumé les fonctions de président de l’Assemblée nationale, il ne peut être logiquement tenté que par les hautes charges au sommet de l’Etat.      
Fera-t-il cavalier seul ou s’alliera-t-il à un camp ? A l’opposition ou à l’AMP ? Nous serons tous fixés à l’issue de la matinée de mardi 14 décembre. »

« Vital Kamerhe solde ses comptes” n’est pas le titre d’un polar tropical, mais le titre d’un article du Climat Tempéré.

C’est ce mardi 13 décembre que Vital Kamerhe se jette à l’eau. L’ex-speaker de la Chambre basse, hier enfant terrible du kabilisme, a décidé de rompre les ponts avec ses amis d’hier et de se bâtir son propre avenir, avec la première sortie de son mouvement politique, l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), dont l’existence n’était plus qu’un secret de polichinelle depuis bientôt six mois. Un communiqué de l’UNC publié le week-end confirmait : « la Direction Politique de l’Union pour la Nation Congolaise, UNC en sigle, parti politique agréé par l’arrêté ministériel n°111 du 19 juin 2010, annonce à l’opinion tant nationale qu’internationale qu’elle organise sa première matinée politique ce mardi 14 décembre 2010 à 10 heures au GB sur l’avenue de l’OUA, en face du complexe Belle vue. L’orateur du jour sera l’Honorable Vital Kamerhe, président Honoraire de l’Assemblée Nationale. Cordiale bienvenue à tous. »

Depuis son éviction de la présidence l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe avait laissé nourrir toutes sortes de spéculations sur son avenir ; une longue retraite à l’étranger, séjours médiatisés dans certaines capitales comme Washington, Ottawa et Rome, puis retour sur les bancs de l’Assemblée nationale lors de la rentrée. Du PPRD, qu’il a conduit à la victoire aux élections de 2006, il ne disait plus rien. Les instances dirigeantes de celui-ci ne savaient plus par quel bout prendre ce « dissident » au mutisme assourdissant. L’exclure? C’était en faire un martyr. Le contraindre à la démission ? Sous quel prétexte ? Sans compter qu’un tel personnage était capable de tout.

Parce que le nouveau gourou de l’UNC, qui aurait derrière lui, selon certaines indiscrétions, une vingtaine de députés nationaux, a une revanche à prendre. Traité de tous les noms, vilipendés et trainé dans la boue, Kamerhe avait été attaqué jusque dans sa vie privée.

Ce mardi, c’est un homme blessé qui se présente à la tête de l’UNC, son instrument de reconquête politique. Il pourrait faire mal à ses ex-amis, pour les combats politiques qui s’annoncent dans les semaines et mois à venir. Un homme d’autant plus dangereux qu’il est conscient que ses amis d’hier ont voulu l’enterrer vivant, pour s’approprier seuls un pouvoir qu’ils avaient pourtant conquis ensemble.

Avant de se lancer, l’ex-speaker de l’Assemblée nationale, aura eu tout le temps de prendre le pouls de la scène politique, et de nouer des contacts avec les acteurs qui comptent. On l’a vu à la Haye, devisant avec Jean-Pierre Bemba. On a remarqué sa présence chez Ne Muanda Nsemi, membre de l’USA, il a salué le de Tshisekedi. Au sein de l’hémicycle, il prend son fauteuil non dans le camp de l’AMP mais parmi les opposants. Des contacts jusque-là purement formels, mais qui présagent, une sorte d’entente cordiale contre le pouvoir en place, qui tarde à ouvrir les yeux sur les nuages sombres qui s’accumulent.

Le défi de Kamerhe aujourd’hui est de se trouver une identité propre. Va-t-il rompre vraiment avec Kabila ? Saura-t-il ne pas se faire suspecter d’être une taupe deKabila ? Sera-t-il un rival de Joseph au poste de président de la République. Kamerhe a eu le temps de peser et soupeser le pour et le contre, de consulter et d’analyser. L’heure de la vérité a sonné aujourd’hui.

Parions que, ce mardi, Kamerhe et son UNC, feront le plein de tout ce que Kinshasa compte comme opposants et déçus du PPRD et alliés.

Commentant la sortie de l’UNC, l’hebdomadaire 7 sur 7 (ne pasconfondre avec la publication belge du même nom ! NdlR)  écrit : Le décor de cette grande messe ainsi plantée il reste à spéculer sur le contenu du message. Que va dire ou annoncer Vital Kamerhe au cours de cette rencontre ? Sa candidature à la magistrature suprême? Le programme de la sortie officielle de son parti ? Sa lecture du bilan de la mandature finissante de Joseph Kabila ? Son analyse de la situation sécuritaire préoccupante à l’est du pays dont il est originaire ? Il s’agira, probablement, de tout cela.        
Cité avec le président Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi comme les trois présidentiables sérieux de 2011, Vital Kamerhe sait qu’il doit aller vite avec son nouveau parti cour se placer à la même ligne que ces deux concurrents pour la course à la prochaine présidentielle. On peut donc penser qu’il mettra à profit cette matinée politique pour répondre aux préoccupations des électeurs sur son intention de briguer le fauteuil présidentiel    .
Une chose est aussi certaine. Après plusieurs mois de silence qu’il s’est imposé après sa brouille avec le président Joseph Kabila, l’enfant terrible du Sud-Kivu va enfin reprendre son droit à la parole. II va s’en servir comme il sait le faire, dans toutes les quatre langues du pays. Longtemps privés des compétiteurs de poigne en face de I’AMP, les congolais, désormais, seront bien servis dans le débat politique avec le retour sur la scène du leader de l’UDPS, Etienne Tshisekedi et celui de l’UNC, Vital Kamerhe
. »

Mobutu

L’agence APA  annonce : « Un fils de feu Mobutu candidat à la présidentielle de 2011en RD Congo ». La Coordination de l’UDEMO a annoncé lundi, la candidature a la présidentielle de son président national, Joseph François Mobutu NZanga, fils de feu le maréchal Mobutu Sese Seko. S’exprimant lors de la cérémonie d’installation des structures de base de l’UDEMO en prévision des élections présidentielles et législatives de 2011, le président de la coordination provinciale de l’UDEMO a saisi cette opportunité pour sensibiliser les militants de son parti à s’inscrire massivement sur les listes électorale et de préparer la victoire de leur leader a la présidentielle. Mobutu NZanga est le troisième challenger du président  Kabila, dans la course a la magistrature suprême de la RDC, après les candidatures déclarées de Vital Kamerhe ancien secrétaire général du PPRD et celle de Etienne Tshisekedi de l’UDPS.

(Cela représente un virage à 180° pour l’Udemo qui, il y a encore quelques mois, envisageait plutôt de « mettre le paquet » sur les législatives. Il est vrai que, dans la situation particulière de la RDC, où l’on ne s’écartera sans doute pas en 2011 de la déplorable habitude d’organiser simultanément les législatives et le premier tour de la présidentielle, une candidature présidentielle est une bonne « locomotive » même simplement en vue d’un joli résultat aux législatives, car la tendance spontanée des électeurs sera bien sûr d’émettre le même vote aux deux élections. Le « panachage » demande une approche plus élaborée de la politique, que l’on n’est pas sûr de trouver chez les gens simples.  Or, les meilleures chances de l’Udemo –même s’il affecte en grande pompe de se donner une stature « nationale » – seront de profiter d’une déroute prévisible du MLC pour essayer de lui « piquer » sa clientèle de base : les paysans de l’Equateur qui cherchent avant tout un leader « de chez eux » pour défendre leurs intérêts. NdlR)

UDPS

LE BILLET du Climat Tempéré est intitulé « Guérilla politique ! » et traite de deux événements majeurs (Mais ne  serait-ce pas « deux non-événements » qu’il faudrait dire ? NdlR) : le discours du président de la République devant le Congrès et le retour de Tshisekedi, ou plus exactement du fait de savoir lequel de ces événements mérite d’être appelé « majeur ». « Tout avait été mis en œuvre dans le camp au pouvoir pour que la présentation, mercredi passé, du discours sur l’état de la Nation draine vers le Palais du peuple une foule immense de partisans de l’Alliance pour la Majorité présidentielle pour amoindrir le succès du retour de Tshitshi afin que l’alliance présidentielle garde l’initiative des événements ». On raconte que le PPRD avait loué des centaines de mototaxis et leur a offert du carburant gratuit, pour que, drapés de la bannière du PPRD, ils se mobilisent tous vers le Palais du peuple, là où devait se dérouler le seul et unique événement de la journée. Les « maseba » auraient juste fait un petit tour au Palais du peuple pour y jeter la bannière du PPRD et ensuite prendre la route de l’aéroport.  Quelle foule impressionnante De là à penser qu’un mouvement de foule dicté par la curiosité et la compassion pourrait se confondre avec une marque d’adhésion à un homme… , il faut se garder de conclusions trop hâtives. « Il serait hasardeux, pour tous ceux qui veulent écrire les nouvelles pages de l’histoire congolaise à travers les prochaines échéances électorales, de se satisfaire de ce genre d’analyse, en se bouchant les oreilles aux cris qui traversaient l’immense foule, sur tout le passage du cortège : «  Tshisekedi président ! Wuta okende, tokufa nzala ». Il semble bien qu’il y ait un phénomène Tshisekedi qui soit de retour. Même s’il est difficile encore d’en dire la profondeur et l’impact. » D’après L.Mantha, ce serait une erreur, de la part de la Majorité actuelle, de laisser JK s’engager d’emblée directement dans a compétiton avec Tshisekedi.

« Mais pour éviter au Raïs de monter lui-même sur le ring, il faudrait opposer au panache de Tshitshi un substitut de poids qui sache donner et recevoir les coups. Qui est-ce ?  Je cherche ! » 

La Prospérité, qui a aussi repéré une journée à deux événements, fait remarquer que deux événements politiques se disputent la vedette ce mardi 14 décembre 2010. D’un côté, la clôture du premier congrès de l’Udps et de l’autre la matinée politique, la première pour l’UNC de Vital Kamerhe. Les deux événements, note la consoeur, vont tracer une nouvelle voie tant pour le leader de l’Udps, M. Tshisekedi, que pour Vital Kamerhe. A l’Udps, les résolutions et recommandations sont fortement attendues par la base.

Selon L’Avenir, le congrès de l’Udps est une copie conforme du parti- Etat. Le confrère relève qu’au lieu d’être désigné par le Congrès, Tshisekedi s’est autoproclamé candidat à la Présidence de la République ne laissant aucune marge de manœuvre au Congrès.
Aucune possibilité de discussion sur la personne qui pourrait, pour telle ou telle autre raison, mieux défendre les couleurs du parti à l’élection présidentielle. « Dans ce congrès donc, Tshisekedi va parler et on va l’écouter. Soit, il aura parlé et on va engager la discussion dans le sens de son vouloir. Un Congrès à la manière de celui du parti-Etat. Quelques faits sont là pour le démontrer. Bien entendu, dans un pays où les partis politiques n’ont pour cadre de référence en matière de Congrès que le parti-Etat, personne ne se gêne qu’avant même l’ouverture du Congrès, Tshisekedi se déclare candidat à la présidence de la République. Sous d’autres cieux, on se laisse désigner par le parti réuni en congrès ou on affronte les primaires. Bref, il y a ouverture. Dans le cas de l’Udps, on ne voit personne élever la voix pour dire que pour telle ou telle autre raison, tel autre cadre du parti serait mieux placé à la candidature pour la présidence de la République. Quitte à en discuter et à la rigueur de passer au vote. Quiconque proposerait cela serait dans la position de Tshisekedi et les 13 parlementaires qui avaient réclamé une tendance au sein du Mpr. Ce serait de l’apostasie. Voilà qui fait dire que la différence est mince avec le parti-Etat.   
En plus de sa candidature qu’il avait déclaré en Europe et qu’il a répété dès son arrivée à Kinshasa, Etienne Tshisekedi a annoncé les couleurs en prenant des décisions qui ne laissent aucune marge de manœuvre aux congressistes. Il a décrété l’amnistie en faveur des dissidents. Bien plus, ils les renvoie tous à la base, à leurs cellules. Ce qui, en termes clairs, signifie pour eux, un statut de nouvelle recrue. Lorsqu’on a affaire à des gens qui ont occupé des responsabilités au sommet du parti et compte tenu des habitudes chez les politiciens congolais, cette décision de Tshisekedi est une confirmation de la décision d’exclusion. Le Congrès n’y pourra rien. Moralité, c’est une réconciliation de façade.         
… A propos des exclusions, on constate qu’à l’Udps, c’est une tradition. Généralement, les motifs d’exclusion n’ont rien d’idéologique. Il suffit d’être en désharmonie avec Tshisekedi pour, soit s’auto-exclure soit être exclu, quel que soit le rôle qu’on a joué dans ce parti politique. En effet, comme sous le parti-Etat, seul la personne du président-fondateur compte. Ses vœux font office de lois. C’est ainsi qu’est parti Marcel Lihau. Dans un mouvement de colère, le professeur Marcel Lihau avait accusé l’Udps d’être « une coterie tribale ». Bien entendu, à l’époque, personne ne pouvait penser que Lihau avait fait une analyse libre. On l’avait accusé d’être au service du diable, entendez, Mobutu. Car, dans la logique udpsienne, personne ne peut contredire Tshisekedi, le critiquer, s’il n’est pas payé pour le faire. C’est ainsi également qu’est parti Fréderic Kibassa Maliba plus d’une fois soupçonné de lorgner sur le poste de Premier ministre considéré comme un droit divin pour le « lider maximo ». Dans la foulée, on peut signaler le départ tragique de Roger Gisanga, de Vincent Mbwankiem et tant d’autres. Belchika, Mukendi, Matanda et autres, ne sont donc pas les derniers. Que telles pratiques ne soient pas en bonne position dans les discussions au Congrès, c’est la preuve que le Congrès de l’Udps ne s’attaque pas aux vrais problèmes qui peuvent sceller une réconciliation sincère au sein du parti.        
A propos de la candidature à la présidence de la République, c’est pour la énième fois, depuis la mort de Mobutu que Etienne Tshisekedi brigue la présidence de la République. Il le reconnaît lui-même en déclarant au magazine Jeune Afrique que cette fois il ira jusqu’au bout. Les observateurs avertis constatent que Tshisekedi a beau être présenté comme l’opposant le plus irréductible à Mobutu, mais du vivant de ce dernier, il n’avait jamais cherché à prendre sa place. Etienne Tshisekedi se battait plus, pendant toute la longue transition, pour le poste de Premier ministre. Lorsque Mobutu disparait, il se sent la vocation de président de la République. Alors que le Dialogue inter congolais s’ouvrait à Sun City, Tshisekedi présentait sa candidature avant même que les règles du jeu aient été définies. On ne dit pas que c’est le cas maintenant. Mais qu’il n’ait pas attendu la désignation par le Congrès, est une preuve qu’il n’a aucun respect pour ces assises qui, aux yeux de beaucoup d’observateurs, ne sont qu’une formalité, une façon de légitimé un certain fait accompli sous les apparences démocratiques. En outre, Tshisekedi oublie que nous sommes en démocratie. Se déclarer candidat à la présidence de la République n’est plus un défi lancé à qui que ce soit. C’est un droit. Mais tel qu’il insiste sur sa candidature, c’est comme si le leader de l’Udps voulait faire peur. A qui ? … Alors que l’Udps est loin d’avoir bien lavé le linge sal en famille, on assiste à l’agitation de certains politiciens, de vrais saprophytes politiques qui vivent aux dépens des autres. C’est à peine s’ils n’organisent pas un culte en l’honneur du sphinx de Limete. Ils ont oublié et très vite JP Bemba. Hier, ils s’étaient servis de l’effet Bemba pour se faire un espace politique. Ils n’ont pas été d’un grand secours au leader du Mlc. Ils sont prêts à changer les alliances afin de bénéficier de l’effet Tshisekedi. L’histoire se répètera-t-elle ? Pour l’Udps, du moment où on a une mémoire pour se souvenir, l’expérience de l’Usor, Usor et alliés, est encore fraiche en mémoire. La différence cette fois, c’est qu’on ne crée plus des alliances sur base de discours ou de popularité pontentielle, il faut être en même d’apporter un apport qui se résumerait en termes financiers et en celui d’élus.
Voilà encore une question que le Congrès de l’Udps ne devra pas éluder sous quelque prétexte que ce soit. La question essentielle que tout observateur autre que fanatique doit se poser, c’est celle de savoir si l’Udps est capable de faire élire Tshisekedi. Seul ou en coalition ? Avec qui ? JB Mpiana dirait non sans raison : « Il n’y a rien, c’est l’homme qui a peur ».  
(Il faut toutefois saluer dans ce tableau tracé par L’Avenir, et dont on peut difficilement dire qu’il est un portrait flatté, une heureuse image littéraire. Pour évoquer le regroupement assez hétéroclite de politiciens autour de Tshisekedi, il parle de « saprophytes ». La botanique étant, comme disait l’autre, «  l’art d’insulter les fleurs en grec et en latin », les saprophytes sont au règne animal ce que les charognards sont au règne animal : des plantes qui poussent sur d’autres plantes surtout malade, vieilles ou mortes, et se nourrissent de leur substance. Le mot offre de plus une intéressante homophonie avec « ça profite ». NdlR)

Le Climat Tempéré, à propos de l’UDPS, titre: « La refondation du parti au bout du congrès ».

C’est en principe ce mardi que le premier congrès de l’UDPS va livrer le secret de ses délibérations. L’on attend voir si le parti de Tshisekedi s’est réellement mis en ordre de bataille et donné les moyens de prétendre jouer les premiers rôles aux prochaines élections générales de la RD Congo. A l’ouverture de ce congrès , Tshisekedi a lancé un message confirmant ses ambitions pour la conquête du pouvoir. Il a insisté sur l’unité de son parti et de l’opposition. Plus de 5000 personnes ont répondu à l’appel de l’UDPS, qui, dit-on déjà,  a endossé sa candidature la présidentielle. Il ne s’affichera pas seul et a invité toutes les forces politiques du changement à se joindre à son parti politique afin de relever cet éternel défi du contraste entre un Congo potentiellement très riche et un peuple parmi les plus pauvres. L’UDPS décrète une amnistie générale et demande à tous les dissidents de regagner le bercail en commençant leur chemin de repentance à partir de la base. Etienne Tshisekedi opte pour la réconciliation. Toutefois, il a promis de sanctionner tous ceux qui ne suivront pas la ligne du parti ainsi que les mauvais gestionnaires des finances du parti. Ce congrès a élaboré de nouvelles règles de conduite en revisitant ses statuts, règlement intérieur et projet de société,

Des sources proches de la commission d’organisation du congrès ont confié au Climat Tempéré que tout sera mis en œuvre pour favoriser la réconciliation promue par Etienne Tshisekdi. Outre le vote d’une résolution, certaines personnalités jusque là rangées en marge de l’UDPS pourraient participer à la gestion de cette formation politique. La nomination des nouveaux animateurs des organes de l’UDPS interviendra dans les dix jours qui suivent la clôture du congrès, font-elles savoir. Contacté par le Climat Tempéré, Me Mukendi wa Mulumba, frappé d’exclusion, a salué cette décision qui est de nature, pense-t-il, à favoriser l’unité au sein du parti. Reste à savoir si la base facilitera aux cadres du parti déclarés il y a peu personae non gratae de réintégrer cette formation politique et d’y émerger. Tshisekedi entreverrait une rencontre entre les animateurs de l’aile Mutanda et celle de Belchika.

L’ouverture offerte par l’UDPS à d’autres formations politiques a été favorablement perçue par quelques personnalités invitées à cette rencontre. Vital Kamerhe a livré son avis dans ce sens: «J’ai entendu beaucoup de discours dans ce pays. Moi-même, j’en ai fait beaucoup. Il est temps que nous puissions présenter notre vision pour un Congo prospère et stable». Ne Mwanda: «Il y a des gens qui pensent que l’opposition était totalement désorganisée et incapable de s’entendre. Maintenant que Tshisekedi a lancé ce message, nous allons le répercuter et nous allons demander à d’autres de se mettre autour d’une table pour voir ce qui est possible de faire ensemble». Le président du RCD-Goma,  Azarias Ruberwa, a affirmé que le vœu exprimé par Etienne Tshisekedi allait être examiné dans les «états-majors» politiques.

L’on précise que, malgré l’esprit de rassemblement affiché, des frictions demeurent entre quelques principaux animateurs de l’UDPS. Deux groupes continuent à se regarder en chiens de faïence, ceux d’Alexis Mutanda, le secrétaire général et de François-Xavier Beltchika de la tendance dite de Righini. Rien n’indiquait jusqu’hier que l’on cheminait vers une réconciliation sincère et pleine. Si le congrès échoue à réconcilier véritablement les frères ennemis, l’UDPS risque de sortir de ces assises plus divisée que jamais et donc plus mal qu’elle n’y est entrée. Serait-elle alors plus forte pour engager les batailles électorales qui s’annoncent ?  

CNDP

(Plusieurs partis politiques ont rejoint l’AMP ces derniers jours. Des dinosaures de l’histoire politique congolaise défilent à la queue leu tels Jonas Mukamba et Joseph Singa Udjuu. Le premier est un ancien patron de la Miba pendant de longues années sous la deuxième République, et plusieurs fois ambassadeur du Zaïre auprès de grandes capitales du monde. Le second est un ancien 1er Commissaire d’Etat, président du Conseil judiciaire et plusieurs fois ministre.       
Bahati Lukuebo a régularisé son adhésion au regard de sa nouvelle étoffe de chef de parti politique. En fait, l’homme a troqué sa casquette de président de la Société civile du Congo (SOCICO) de même que celle de GPI (Groupe parlementaire des indépendants) contre celle de président de l’AFDC (Alliance des forces démocratiques du Congo). Mbusa Nyamuisi a été lui aussi obligé d’actualiser l’appartenance du RCD-KML à l’AMP, question de lever tout équivoque. La liste est loin d’être exhaustive d’autant plus que d’autres adhésions à la plate-forme présidentielle seraient  attendues. 
Et l’on a vraiment l’impresion par moment d’assister au mariage de la carpe et du lapin, comme avec la présence de Ruberwa à l’UDPS. Mais le camp présidentiel a trouvé le moyen de faire encore mieux ! NdlR)

La majorité présidentielle en République démocratique du Congo, l’AMP, s’est enrichie d’une nouvelle recrue. En effet, malgré tout ce qu’a écrit le Groupe d’experts des Nations Unies, le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) s’est officiellement allié au président Joseph Kabila, l’adhésion à l’AMP ayant été signée par le pasteur Jean-Marie Runiga, chargé des relations extérieures de l’ancienne rébellion du Nord-Kivu de Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda. En contrepartie, un bon nombre d’éléments du CNDP seront promis dans la direction des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).

« S’agit-il d’un mariage contre nature ?  demande RFI.  Jean-marie Runiga, chargé des relations extérieures du CNDP, et coordonateur du bureau de liaison de ce parti à Kinshasa est allé au siège de l’AMP (Majorité présidentielle) pour signer l’acte d’adhésion. Il explique les raisons de cette union :« Hier nous étions des belligérants, on se battait, se lacérait. C’est donc un signe de réconciliation mais aussi un message fort pour montrer aux Congolais qu’il n’y a pas un agenda caché, et que nous voulons cheminer ensemble pour consolider la paix et rebâtir le pays. » Le CNDP affirmait également que le pouvoir de Kinshasa va bientôt reconnaître les grades des membres de son ancienne branche armée qui ont intégré des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Pour Afrikarabia : « A un an des élections présidentielles en République démocratique du Congo (RDC), voici le nouveau coup de poker politique de Joseph Kabila. : le ralliement de l’ex rébellion du CNDP à sa plateforme électoral, l’AMP. Un calcul électoral que dénonce le RDPC, »

Première à avoir réagi, la Direction du RDPC (Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo – basé Paris) a réagi par un communiqué disant notamment : « À travers cette adhésion, ayant surtout à l’esprit les événements en cours en Côte d’Ivoire, le président Kabila vient d’une part de s’assurer de la mainmise sur tous les bureaux de vote situés dans les territoires actuellement non accessibles aux FARDC mais contrôlés par le CNDP. D’autre part, il espère compter sur les affidés de ce parti militaro-politique en cas de contestation des résultats des élections. En conséquence, le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) exige la présence des assesseurs de chaque candidat et des observateurs de la communauté internationale à l’élection présidentielle dans tous les bureaux de vote. Dans la même optique, l’AMP étant majoritaire dans la CENI et le Conseil constitutionnel étant composé des affidés du président Kabila, il est impératif qu’un Haut Représentant des Nations Unies pour les élections soit nommé en vue d’un droit de regard, en conformité avec les dispositions légales, dans le processus électoral en République Démocratique du Congo. Enfin, il est nécessaire de déployer, au moment du scrutin, les éléments de la monusco dans les territoires qui sont sous le contrôle des éléments du CNDP ».

© CongoForum, le mardi 14 décembre 2010

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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