REGARD INDEPENDANT: publié par l’ONG ACMEJ, Plaine de la Ruzizi / SUD-KIVU / RD CONGO

15 décembre 2010

Actualités

 EDITORIAL. PAS DE PAIX POUR LES POPULATIONS DU SUD-KIVU

Décembre 2010

Des opérations qui n’ont pas atteint l’objectif déclaré

Depuis mi juillet 2009 jusqu’aujourd’hui, presque 16 mois d’opérations militaires se sont écoulés dans l’Est de la RD Congo: mais aucun avantage n’est perçu par la population. Au contraire, elle expérimente un accroissement de criminalité. La Constitution de la RD Congo de 2006, à son article 187 déclare : « Les forces armées comprennent la force aérienne, la force navale et leurs services d’appui ; elles ont une mission de protection des personnes et de leurs biens. La police nationale est chargée de la sécurité publique, de la sécurité des personnes et de leurs biens ». Malheureusement, la pratique ou l’exécution de ces textes n’est pas observée : tout est presque théorique en RD Congo.

Notre plus grand désir serait de voir les militaires d’Amani Leo terminer avec succès leur mission. Nous les populations de l’Est nous souviendrions d’eux dans les années à venir comme de grands bienfaiteurs, nous expliquerions à la génération qui vient comment ils ont ramené la paix dans une situation épineuse et désastreuse. Malheureusement, la réalité est tout autre.

La population a l’impression que le pays est divisé en deux grands blocs. A l’Ouest, les forces régulières assujetties aux institutions démocratiques, et à l’Est des factions (groupes armés nationaux et étrangers non contrôlés par le gouvernement) et, en plus, les militaires de l’opération Amani Leo qui ne collaborent pas entre eux-mêmes et demeurent subdivisés en des groupes (ex-CNDP4, Maï-maï et forces gouvernementales).

Face aux défis que vit l’Est, la population de l’Ouest a tendance à dire : « C’est l’affaire de la population del’Est, avec ses frères burundais et rwandais, elle sait ce qui les départage ». Les populations de l’Est se lamentent : « Avec nos frères de l’Ouest, nous ne sommes plus sur la même longueur d’onde, ils semblent complices de ces gens qui nous malmènent ».

Une force militaire étonnante

La situation sécuritaire à l’Est de la RDCONGO, particulièrement dans les hauts plateaux de Lemera /Plaine de la Ruzizi et dans le territoire de Mwenga, au lieu de s’améliorer, se complique. Les éléments des groupes armés étrangers FNL et FDLR, en connivence avec des groupes armés nationaux, seraient en train de faire la formation militaire dans la forêt de KANGOVA à MUHUZI, dans le territoire de Mwenga.

Un deuxième site d’entrainement se trouverait à KAMOMBO / FIZI. Cet endroit est toujours l’axe stratégique des éléments de FRF, d’où ils mènent des attaques contre les militaires de l’opération AMANI LEO dans la zone KAMOMBO, en vue de récupérer cette localité, comme ils ont déjà récupéré KANGOVA.

Depuis octobre et novembre 2010, on a remarqué des mouvements de certains Maï-maï de FIZI vers Kangova pour participer à cette formation militaire. Chose étonnante : bien qu’au Sud-Kivu les opérations militaires gouvernementales contre les combattants FDLR aient débuté en mi-juillet 2009, jusqu’à présent les combattants hutus rwandais FDLR disposent d’un équipement militaire consistant. La population se demande : Comment se ravitaillent-ils en minutions ? Qui sont leurs ravitailleurs ? Voilà des questions sensibles auxquelles le gouvernement de la RD Congo devrait chercher à répondre, avant de continuer sa lutte contre les combattants FDLR .

Incapacité de la MONUSCO

Dans les territoires de NORD-KIVU et SUD-KIVU affectés par les opérations militaires contre les combattants FDLR, la protection de la population civile n’est pas suffisamment assurée par la MONUSCO5, jadis Monuc. Si on se souvient de l’histoire, aux années 1960, à la sécession de deux provinces du Congo (le Katanga et le Sud-Kasaï), le premier ministre du Congo, monsieur LUMUMBA accepta la venue de Casques bleus au Congo. Quand le gouvernement central avait déjà perdu ces deux provinces minières, les troupes de l’ONU censées intervenir pour mettre fin à la sécession n’agissaient pas, tandis que Lumumba était prisonnier de MOBUTU. Ce même phénomène est en train de s’observer à l’Est  de la RD Congo, suite à l’option levée par certaines grandes personnalités de balkaniser l’ancien Kivu.

Appel à la Communauté internationale

Amani Leo ne peut pas s’éterniser. Le gouvernement congolais a du mal à reconnaître son incapacité de démanteler la présence des combattants FDLR sur le sol congolais. La Communauté internationale doit prendre la relève, en choisissant une autre route pour que finalement apparaisse la paix dans les pays des Grands lacs, particulièrement en RD Congo. Chacun de ces acteurs semble informé, mais l’avouer c’est très difficile.

1 Hutu rwandais armés se trouvant à l’est de la RD Congo, normalement depuis 1994.

2 Combattants congolais qui étaient nés comme force de résistance à l’occupation étrangère de l’Est de la RD Congo. Plusieurs parmi eux ont rejoint par après les FARDC.

3 Force Républicaine Fédéraliste, des Congolais Banyamulenge.

4 Le CNDP est le groupe armé qui représente les intérêts du régime rwandais en RD Congo et qui au début était conduit par Laurent Nkunda ; en 2009 le CNDP a été hâtivement intégré à l’armée nationale (FARDC) qui auparavant le combattait.

 

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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