27/12/10/ Revue de la presse congolaise de ce lundi

27 décembre 2010

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)

Sdans les derniers jours d’une année, il est de tradition de présenter des « bilans » de l’année écoulée, et de braquer une lunette d’astrologue sur le futur pour émettre des prévisions. Les échéances électorales de 2011 en Rdc intéressent au plus haut point les Nostradamus des journaux de Kinshasa. Outre ce sujet, il y a également le message de l’Archevêque de Kinshasa, le Cardinal Monsenwgo, adressé aux fidèles catholiques à l’occasion de la fête de la Nativité.

Elections

« Elections 2011 Joseph Kabila va composer avec qui ? ».  Pour L’Avenir qui pose cette question, «le départ de Kamerhe est une chance et non une catastrophe. Tshisekedi-Kamerhe sont de loin des schémas catastrophiques pour Joseph Kabila même si on doit en tenir compte ».       
« L’approche des élections se caractérise par un discours démagogique. Une peur-panique de la part des partisans de la politique de « ôte-toi de là que je m’y mette ». Pour faire peur, des théories sont échafaudées. Ces théories sont présentées comme des schémas catastrophiques pour le clan politique du Chef de l’Etat. Il s’avère qu’aucun de ces schémas n’est effectivement catastrophique.        
Le premier schéma, c’est le retour d’ Etienne Tshisekedi. Cette analyse ne repose sur aucun élément objectif. Elle semble par contre se baser sur une réputation finie l’Udps, dont le plus grand handicap est d’être constitué plus de sympathisants que de militants. Les sympathisants ont la caractéristique d’être mouvants. Ils suivent la mode. On les a retrouvés en 2006 derrière JP Bemba. Ils peuvent retrouver Tshisekedi en l’absence de JP Bemba ou rejoindre Kamerhe. L’autre schéma mis sur le tapis, c’est celui de la défection de Vital Kamerhe. Dans certains milieux ont fausse l’analyse en croyant que l’Amp et le Pprd seraient surpris par le départ de Vital Kamerhe. Il y a une contradiction lorsque les mêmes analystes estiment que Joseph Kabila aurait commis un péché mortel en écartant Kamerhe.        
« Il n’y a donc aucune raison qui pourrait pousser Joseph Kabila à ne pas se représenter comme on le déclare dans certains milieux. Une chose est vraie, les empoignades seront sérieuses. Ce sera à l’honneur de la jeune démocratie congolaise. On estime dans certains milieux que le fait pour Joseph Kabila d’avoir un bilan à défendre, serait un handicap. C’est aussi une analyse tirée par les cheveux. Le bilan peut également être un atout majeur. Il revient donc au clan politique de bien s’organiser. Cela suppose qu’il faudra éviter la cacophonie de 2006 ».      
L’Amp est née en catastrophe. Ce désordre a influé sur les résultats obtenus par Joseph Kabila. C’est la raison du deuxième tour alors que la victoire au premier tour était à portée. En 2011, une bonne organisation permettra de minimiser tous les schémas catastrophiques. Une bonne organisation veut dire qu’il faudra tout prendre au sérieux, ne pas minimiser les adversaires. Mais surtout il faudra éviter toutes ces personnes qui viennent comme des vautours autours de l’argent de la campagne sans rien apporter concrètement.
(Ce passage pourrait être d’un grand intérêt, si l’on tient compte de ce que L’Avenir, « Moniteur officieux du joséphisme » est la meilleure source pour savoir ce qui se dit ou se pense dans les cercles les plus proches d’un Président qui ne brille pas par sa loquacité. Il y a toute apparence que, dans cet entourage, on pratique l’art de dire au Chef ce qu’il a envie d’entendre. En l’occurrence qu’en 2006 il aurait dû passer au premier tour, mais que sa campagne avait été mal organisée. Selon toute apparence, JKK doit faire une « fixette » sur cette victoire au premier tour, qui est un exploit extrêmement difficile à réaliser. Même De Gaulle, pour qui la Constitution actuellement en usage en RDC avait été faite sur mesure, n’y est arrivé qu’une fois. Et ce n’est pas insulter JKK que de constater qu’il n’a pas vraiment la stature de De Gaulle. On est donc en train de l’aider à se persuader qu’il aurait pu réussir cet exploit en 2006, mais qu’il a été victime d’un mauvais organisateur de campagne. Celui-ci n’était autre que Vital Kamerhe. Et nul n’ignore que c’est lui qui a apporté les scores massifs de l’Est qui ont assuré la victoire de JKK.       
En fait, le côté vasouillard et improvisé de la campagne AMP de 2006 est attribuable à Joseph lui-même qui a longuement hésité entre une candidature « indépendante » soutenue par un conglomérat politiquement informe comme l’AMP – qui visait à ratisser aussi large que possible pour lui assurer personnellement la présidence – ou une candidature étiquetée PPRD, qui le liait à un parti. C‘est au fond le même choix qu’il doit faire actuellement, entre les deux objectifs proclamés à Kisangani « JKK au premier tour » et « Majorité absolue », autrement dit entre son désir personnel de « garder sa place » et le désir de ses « rhinocéros » d’occuper seuls le pouvoir. Ce qui est fort inquiétant dans tout ceci, c’est qu’il est probable que la vue faussée des choses, où l’échec partiel de s’être trouvé avec un 2d tour en 2006 est « la faute à Kamerhe » est aussi ce dont on veut persuader le « Rais ». Quand les « amis d’un dirigeant préfèrent lui dire ce qu’il a envie d’entendre plutôt que lui tenir un langage dur, critique mais salutaire, on court à la catastrophe. NdlR)  
Ensuite, L’Avenir glisse vers la coalition gouvernementale, donc vers les législatives. « Le candidat Joseph Kabila devra évaluer la coalition actuelle et mettre en place les mécanismes de sa reconduction… Si avant les élections de 2011, les différents partenaires politiques ne se sentent pas engagés pour un futur commun, on s’attendra à un choc qui mettra le puzzle en morceaux. Hier, le Palu a rallié Joseph Kabila au deuxième tour au regard du score réalisé par Antoine Gizenga à la présidentielle. Les deux parties vont-elles se dire au revoir à la fin de la législature en attendant un éventuel deuxième tour pour se retrouver ? Cela supposerait que le Palu se représente à tous les niveaux, jusqu’à la présidence de la République. Il battra campagne contre qui et sur quel thème ? Voilà ce que nous pouvons appeler schéma catastrophe que l’on peut éviter avec une réflexion avant les élections. 
L’autre schéma catastrophique pourra être l’attentisme du côté de l’Amp et alliés.  Accaparés par les tâches de la gestion de l’Etat, l’Amp et alliés courent le risque de se voir distancés dans l’opinion où le discours démagogique, mensonger et manipulateur gagne du terrain. Le retour de l’Udps sur la scène rapporte le discours de 1990 pour se situer en face d’un régime qu’on veut assimiler à celui de Mobutu. »
Or, d’après L’Avenir, JKK a «Un bilan qui se défend », à savoir les « Cinq chantiers ». Ce plan est à son tour en grande partie tributaire de la coopération chinoise. Cette coopération est à son tour liée aux contrats gagnant-gagnant signés entre le gouvernement congolais et les entreprises chinoises. Tout le monde est d’avis que sans ces contrats, le gouvernement congolais n’aurait pas réalisé le tiers de ce qui est fait actuellementEn plus de l’aide au développement, la Chine a signé avec la Rdc un contrat mines contre infrastructures. Les entreprises chinoises ont obtenu une mine qui n’est même pas encore en exploitation. (Suit un catalogue de réalisations effectuées, en cours ou en projet). Conclusion : « Si on avait attendu les mécanismes de la coopération traditionnelle, si les entreprises publiques chinoises ( CREC et Sinohydro) attendaient de l’argent comptant et si EXIM Bank ne s’étaient pas proposée de financer ces entreprises, on ne voit pas ce que la Rdc allait faire avec son maigre budget. C’est ici qu’il faut saluer l’imagination du gouvernement congolais. Sinon, comme le disait la consœur de « Le Soir », Colette Braeckman, pour ne pas la citer, Kabila allait voir ce qu’il allait voir. Le bilan de cette législature est largement positif même si beaucoup de choses restent à faire ».

Le Potentiel, au sujet des prochaines échéances électorales titre : «Elections 2011 : L’Opposition milite pour une nouvelle transition ». Y aura-t-il élections  en 2011 dans les limites prévues par la Constitution ? Cette question anodine pour certains, vaut son pesant d’or au  regard de l’enlisement dans lequel se trouve plongé le processus électoral. Plus d’un mois après la désignation des sept personnalités indépendantes, la mise ne place du bureau de la Commission électoral nationale indépendante va de report en report, souligne Le Potentiel. Ce journal rapporte que « D’ores et déjà, des analystes imaginent des scénarii au cas où, à trois mois de la fin du mandat du Chef de l’Etat l’on se trouverait dans l’impossibilité d’organiser l’élection présidentielle ». En dehors de cette querelle de la composition du bureau de la Ceni, où l’opposition, avance ce journal, a envoyé des personnalités non indépendantes, ce qui bloque la mise du bureau de cette institution chargée d’organiser les élections en République démocratique du Congo. L’incertitude plane, estime Le Potentiel. « L’hypothèse la plus probable, en pareilles circonstances, serait l’ouverture de concertations internes au sein de la classe politique pour sortir du vide juridique créé. Le risque est d’aller d’impasse en impasse, la classe politique congolaise étant habituée à s’éterniser pour la question de partage « équilibre et équitable » du pouvoir.     
Ce qui pourrait déboucher sur une nouvelle et longue transition qui prendrait, une nouvelle fois le peuple en otage, bloquant le fonctionnement normal du pays. En vertu de la formule consacrée en 2002 à Sun City (Afrique du Sud) : « Personne n’ayant gagné…».
A-t-on besoin de pareil gâchis après une dizaine années d’apprentissage démocratique ? L’effort national de reconstruction s’en ressentirait. Il est plus qu’urgent de libérer la machine électorale pour donner une fois de plus l’occasion au peuple congolais d’élire librement et de manière démocratique ses prochains dirigeants.        
Par ailleurs, la querelle autour de la mise en place du bureau de la CENI cache mal un autre problème fondamental : la question du fichier électoral que l’Opposition relèvera le moment venu pour bien bloquer la machine. Car au bout du parcours, la manœuvre vise à mettre en place, faute d’avoir organisé les élections dans les délais, un gouvernement d’union nationale, ce qui donnerait à ces acteurs la possibilité de se présenter à un scrutin à venir à chances égales.         
Le seul moyen d’éviter que le pays ne retombe dans ce piège est d’organiser les élections à temps. Une mobilisation pour sauver le processus électoral s’impose. Malheureusement, tout se passe comme si, dans la classe politique, tous redouteraient les élections. Personne ne semble assuré d’être à l’endroit rêvé au terme des élections de 2011. Ainsi, de part et d’autre, on multiplie des exceptions pour retarder davantage la mise en place du bureau de la CENI.
En fin de compte, le président de la République devrait tout faire pour conduire la nation congolaise aux élections dans les délais constitutionnels pour éviter de tomber dans ce piège tendu par l’Opposition.     
De quoi dire qu’il tramerait un complot contre le peuple congolais ; un complot qu’il faudrait à tout prix déjouer avant qu’il ne soit trop tard.
 »
      
(La « crise de la CENI » pourrait aboutir à une catastrophe, c’est un fait. Mais elle n’est pas plus attribuable à l’Opposition qu’à la Majorité. ‘est la classe politique dans son ensemble qui s’obstine à désigner une CENI politisée alors qu’elle est censée désigner des personnalités neutres. La seule solution raisonnable serait d’en revenir au projet du Sénat, incluant la société civile, suggestion faite par le député Bahati Lukwebo, qu’on a envoyé se faire cuire un œuf. Que, dans ce but et pour « sauver la face » , il puisse être bon de réunir tous les partis autour d’une table à ce sujet, c’est possible. Mais cela n’aurait rien d’une « nouvelle transition ». NdlR)

Discours de Monsengwo   

L’agence catholique D.I.A. annonce « Le Cardinal Monsengwo appelle à un sursaut national ». (Ce qui résume un problème de fond : dans le cadre de ses fnctions, le prélat peut appeler à un sursaut chrétien. S’il compte faire, comme il en a le droit, acte de citoyen, il n’a pas à le faire dans son église, mais au dehors, comme tout autre citoyen. NdlR)
D.I.A poursuit : « 
A l’occasion de la célébration de la fête de Noël, le Cardinal Laurent Monsengwo appelle la communauté congolaise à un sursaut national « si nous ne voulons pas que le pays sombre dans l’intolérance extrême, qui de plus en plus se manifeste dans les relations des uns et des autres ». Il l’a averti dans son homélie lue dans toutes les paroisses de l’archidiocèse de Kinshasa à la messe de Noël. L’archevêque de Kinshasa, constate « plutôt qu’une culture de la paix, c’est une culture de la guerre et de la violence qui est en vigueur dans notre pays. Toutes les dispositions sont prises et mises en place pour perpétuer la guerre, étant donné que celle-ci est favorisée par des intérêts partisans. Plutôt qu’une culture de la vérité, c’est une culture du mensonge qui se cache sous les stratégies des uns et des autres, nationaux comme expatriés. Le peuple n’est plus dupe. Plutôt qu’une culture de la justice, c’est une culture de l’injustice et de la corruption. Plutôt qu’une culture de l’amour, c’est une culture de la haine et de la division. Plutôt qu’une culture de la vie, c’est une culture de la mort et de l’insécurité qui se développe ».    
Et d’avertir, « si l’on n’y prend garde, la mort sera banalisée dans notre pays ». C’est la raison pour laquelle le cardinal Laurent Monsengwo invite ses compatriotes à s’employer pour instaurer une paix durable et non passagère ; une paix fondée sur la vérité et l’amour de même que sur la justice. Dans ce contexte  le prélat invite les chrétiens à imiter la foi, la générosité et la spontanéité des bergers afin de devenir les messagers de la paix de Noël. Ci-dessous, l’intégralité de cette homélie.

 Homélie du Cardinal L. MONSENGWO PASINYA

 « La gloire du Seigneur les enveloppa de lumière / Et ils furent saisis d’une grande crainte » (Lc 2,9)

 Chers frères et sœurs,

 1. A Noël, Dieu fait irruption dans l’histoire humaine. Non pas qu’il n’y ait pas été présent, lui le Maître du temps et de l’histoire. Mais lui, l’Eternel qui existe avant l’histoire et échappe aux avatars de celle-ci, s’incarne : « Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous » (Jn 1,14). Il prend chair de notre chair, il se soumet à l’histoire des hommes, il en fait partie tout en la dépassant. Par cette immersion dans l’histoire des hommes, il sanctifie celle-ci et la transforme, en lui donnant une destinée divine, celle que l’homme avait lui-même aux origines. Il restaure la situation originelle de l’homme.
2. Ce grand mystère de l’Incarnation devant lequel l’homme est pris de stupeur (cf. Lc 2, 9) et de vertige, ne pouvait être connu de l’homme, c’est Dieu lui-même, qui par ses messagers célestes, s’est chargé de nous l’annoncer. « Je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur » (Lc 2, 10-11). La bonne nouvelle, c’est la naissance du Christ Sauveur. Cet aujourd’hui du salut de Dieu et cette bonne nouvelle sont cause d’une grande joie. Car, l’homme que le péché avait perdu est sauvé. Désormais la grâce a vaincu le mal. Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé (Rm 5, 20).
     
3. S’il est vrai que dans l’annonce de l’Ange se trouvent déjà inclus tous les éléments de l’incarnation d’un Dieu, néanmoins la naissance d’un sauveur pour le peuple pourrait à la rigueur se limiter à la naissance d’un sauveur purement humain, comme le furent Samson ou les autres juges. Mais les termes employés dans ce récit tels que « la gloire du Seigneur »,« gloire à Dieu au plus haut des cieux », « paix sur terre aux hommes qu’il aime », « Christ Seigneur », ajoutés à ceux de l’annonciation (Lc 1, 35) et de la visitation (Lc 1, 44), laissent entendre que le Messie né à Bethléem appartient à la sphère de la divinité.
4. L’ange donne les signes auxquels les bergers reconnaîtront cet Enfant-Dieu : « un enfant nouveau-né, emmailloté et couché dans une mangeoire ». Signes de faiblesse, de pauvreté, de vulnérabilité. Non seulement le Verbe incarné se fait homme dans des conditions de pauvreté extrême, mais les premières personnes auxquelles il se manifeste sont des pauvres, des hommes sans considération dans le monde, des bergers qui veillent à la belle étoile sur leurs troupeaux. Tels sont les représentants attitrés de l’humanité qui recueillent de la bouche de l’Ange l’annonce de Noël, la Bonne Nouvelle de la paix promise à toute l’humanité. C’est à eux que l’Enfant-Dieu se révèle, comme il le dira plus loin : « Je te bénis, Père, d’avoir caché ces choses aux sages et aux intelligents et de les avoir révélées aux tout-petits » (Mt 11, 25). Ainsi, ce sont les pauvres qui sont les dépositaires des mystères du Royaume. Le Seigneur veut que nous devenions comme eux, car il a pour eux un amour préférentiel, même si c’est à toute l’humanité que s’adressent ses vœux de paix et son salut.      
 5. La venue du Christ, Verbe de Dieu, s’accompagne de lumière : il est « la vraie lumière, qui, en venant dans le monde, illumine tout homme » (Jn 1,9). Il est la lumière, parce qu’en lui il n’y a pas de ténèbres du péché (1Jn 1, 5) ; il est la lumière parce qu’il peut ainsi éclairer la route de l’humanité ; il est la lumière parce qu’il est la Vérité : la Vérité sur Dieu, la Vérité sur l’homme : il peut ainsi éclairer les intelligences qui deviennent capables de connaître sans erreurs les mystères de Dieu et de la foi.
6. Aussi la venue du Christ est-elle accompagnée de paix, puisque les cœurs et les intelligences ne sont plus obnubilés par les erreurs du vice et les ténèbres du péché. Cette paix est l’accomplissement des promesses messianiques.          
7. Les bergers ont eu un signe pour reconnaître le Sauveur. Et sans tarder, ils se sont mis en route vers Bethléem. Le Seigneur récompensera leur foi et leur générosité : ils trouveront l’Enfant, sa mère et Joseph. Bien plus, ils se feront les messagers de la Bonne nouvelle de Noël : naissance du Christ Sauveur, gloire à Dieu et paix aux hommes qu’il aime (Lc 2, 17). Nous aussi, imitons la foi, la générosité et la spontanéité des bergers et faisons-nous les messagers de la paix de Noël.   
8. La paix annoncée par les Anges dans leur premier concert, la paix dont les bergers sont les premiers témoins, la paix qui est les premiers souhait et vœux de Dieu à l’homme, cette paix est propre au Christ au point qu’elle est liée à la venue et au départ du Christ. Il nous l’a laissée comme héritage et comme don : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » (Jn 14, 27).         
9. En souhaitant la paix à l’humanité que Dieu aime (Noël) et en nous la léguant à son départ de ce monde comme fruit de son œuvre rédemptrice (Pâques), Dieu veut que l’humanité s’emploie à instaurer une culture de la paix dans les relations entre les peuples du monde, c’est-à-dire une paix durable et non pas passagère. Une telle paix doit être fondée sur la vérité et l’amour de même que sur la justice : Amour et vérité se rencontrent, paix et justice s’embrassent (Ps 85, 11), dit le psalmiste.
10. L’humanité réconciliée avec Dieu par le Christ doit devenir une communauté de personnes réconciliées véritablement et bannissant la guerre, le conflit, la violence, le terrorisme et tuant dans les cœurs des humains la haine qui sépare les peuples. Il est illusoire d’aspirer à la paix profonde sans la justice, la vérité et l’amour.
11. Plutôt qu’une culture de la paix, c’est une culture de la guerre et de la violence qui est en vigueur dans notre pays. Toutes les dispositions sont prises et mises en place pour perpétuer la guerre, étant donné que celle-ci est favorisée par des intérêts partisans. Plutôt qu’une culture de la vérité, c’est une culture du mensonge qui se cache sous les stratégies des uns et des autres, nationaux comme expatriés. Le peuple n’est plus dupe. Plutôt qu’une culture de la justice, c’est une culture de l’injustice et de la corruption. Plutôt qu’une culture de l’amour, c’est une culture de la haine et de la division. Plutôt qu’une culture de la vie, c’est une culture de la mort et de l’insécurité qui se développe. Si l’on n’y prend garde, la mort sera banalisée dans notre pays. Nous invitons tous (tes) à un sursaut national, si nous ne voulons pas que le pays sombre dans l’intolérance extrême, qui de plus en plus se manifeste dans les relations des uns et des autres.   
12. Allons tous à Bethléem auprès du divin Enfant puiser dans ce foyer d’amour, l’esprit d’amour, le sens de l’oubli de soi, le sens de la réconciliation, le sens de la vie, la vérité sur l’homme et la vérité sur Dieu.      
13. « Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi, fils de la terre ? Qui donc est Dieu, si démuni, si grand, si vulnérable ? Qui donc est Dieu, s’il faut pour le trouver un cœur de pauvre ? Qui donc est Dieu, que nul ne peut aimer s’il n’aime l’homme ? » Hymne à Laudes, Samedi I). Et toi, fils de la terre, où est-ce que tu te situes dans tout ce mystère de l’Emmanuel ?   
Je souhaite à chacun et chacune une joyeuse fête de Noël et une heureuse année nouvelle, bénie par le Seigneur et comblée de paix.        
Je vous bénis de tout cœur.

Le Palmarès titre : « Le Cardinal Monsengwo met en garde la classe politique congolaise dans son homélie de Noël. Comme toujours, écrit ce journal, le Cardinal Monsengwo n’a cessé de convier la communauté tout entière à faire de la paix, un idéal de vie, où que l’on soit. Il a ajouté que les chrétiens catholiques et le peuple congolais dans son ensemble doivent faire montre de la culture de la paix fondée sur la vérité, l’amour et la justice. Pour l’Archevêque de Kinshasa, une paix durable et non pas passagère, a pour fondements la vérité, l’amour et la justice. »      

La Prospérité pour sa part titre:«Noël : Monsengwo dénonce ». Son Eminence le Cardinal a frappé fort dans son homélie, commente ce journal. La paix, héritage et don du Christ a été au centre de son message adressé aux Congolais et aux expatriés. Pour lui, cependant, il est illusoire d’aspirer à la paix profonde sans la justice, la vérité et l’amour. Plutôt qu’une culture de la paix, constate-t-il, note La Prospérité, c’est une culture de la violence qui est en vigueur. Bien plus, renchérit t-il, note ce confrère, « toutes les dispositions sont mises en place pour perpétuer la guerre, étant donné que celle –ci est favorisée par les intérêts partisans. Plutôt qu’une culture de la justice, c’est une culture de l’injustice et de la corruption. »
    

« Voici les 9 fléaux qui caractérisent la Rdc ». Dans l’article ainsi intitulé, Le Phare note : « encore un message fort du Cardinal Monsengwo ». Il commente: «La topographie que le Cardinal dresse de la République démocratique du Congo fait penser à un cirque, où les gouvernants font semblant d’être au service de valeurs alors qu’ils se trouvent engagées dans la culture de la guerre, du mensonge, de l’injustice, de la corruption, de la haine, de la division, de la mort et de l’insécurité ».

(C’est intentionnellement que nous avons publié ci-avant l’intégralité du texte de Monsengwo, ce qui permet de comparer ce qu’il a dit (le §11 du texte) avec les titres flamboyants de la presse (y compris chez D.I.A de qui on aurait attendu plus de nuances), qui ne snt guère justifiés ar un texte vague et moralisateur. NdlR)

Toujours au sujet de la fête de la nativité, « Quatre personnes foudroyées en plein culte de Noël », annonce Le Palmarès. La foudre, indique ce journal dans l’article qui porte ce titre, a tué 4 personnes au quartier Nkoko, dans la commune de Ngaza à Kananga au Kasaï-Occidental d’après des témoins. Ces derniers précisent que ces victimes ont été foudroyées alors qu’elles étaient en  plein culte de Noël dans une église pentecôtiste. (On court moins de risques chez les Catholiques : en général, leurs églises ont des paratonnerres. NdlR)

© CongoForum, le lundi 27 décembre 2010

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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