(Le Potentiel 07/01/2011)
Les entreprises minières de la province du Katanga ont l’obligation de passer par un contrôle préalable avant toute exportation des services du Commissariat général à l’énergie atomique pour détecter toute substance radioactive contenue dans leurs minerais. Ce dispositif fait, entre autres, partie des engagements inscrits dans l’accord signé le 21 décembre 2010 entre la RDC et les Etats-Unis dans le cadre de la lutte contre le trafic illicite d’uranium et des substances radioactives.
Désormais les entreprises minières de la province du Katanga doivent se soumettre à un contrôle préalable du Commissariat général à l’énergie atomique (CGEA) avant toute exportation des minerais. Ainsi, outre le contrôle traditionnel entrepris par l’Office congolais de contrôle, les entreprises minières du Katanga ont l’obligation de passer par les services du CGEA aux fins de détecter des substances radioactives contenues dans leurs exportations. Ce travail est effectué par l’antenne du CGEA, ouverte depuis quelques mois à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Katanga.
Ce nouveau dispositif fait partie, renseignent les sources proches du ministère de la Recherche scientifique, de l’accord signé récemment entre la République démocratique du Congo et les Etats-Unis dans le cadre de la lutte contre le trafic illicite d’uranium et des substances radioactives. Ce protocole d’accord a été signé après plusieurs mois de négociations entre les deux parties, prenant en compte la situation actuelle du programme de lutte contre la contrebande nucléaire et le trafic illicite des matières nucléaires et radioactives ainsi que les installations nucléaires de la RDC.
Au CGEA, la mise en œuvre de ce nouveau – bien que suscitant des remous dans les milieux de certains services de l’Etat et des opérateurs miniers – est une preuve de la détermination du Gouvernement à adhérer aux engagements faits devant les instances de l’Agence internationale de l’énergie atomique.
En ce qui concerne le choix stratégique du Katanga, au ministère de la Recherche scientifique, on le justifie par la présence avérée des gisements d’uranium dans cette province – s’appuyant sur l’existence de la mine désaffectée de Shinkolobwe – et la structure minéralogique des minerais extraits dans le sous-sol du Katanga. En effet, la plupart des minerais extraits au Katanga sont associés à d’autres, notent les experts du secteur. Ainsi, exportés en état des produits semi-finis (c’est le cas du cuivre et du cobalt), des traces des substances radioactives peuvent donc se retrouver dans ces minerais. D’où, l’implication du CGEA, en aval au moment de l’exportation, pour en assurer la traçabilité de peur que les substances radioactives extraites après un minutieux raffinage ne tombent entre des mains impropres, notamment des groupes terroristes.
De la même manière que le CGEA tente de mettre de l’ordre dans la filière uranifère en RDC, contrairement aux informations diffusées mi-décembre 2010 par le journal espagnol El Pais, et relayées dans la presse congolaise, il y a aucune situation alarmante au niveau de la fiabilité et de la viabilité des installations et du programme nucléaire congolais. Dans les milieux du Centre régional d’études nucléaires de Kinshasa (CREN-K), service technique du CGEA, l’on ne s’est pas ému des informations publiées dans la presse espagnole dans la mesure où, se défend-on, ces informations sont le soubassement d’un rapport publié en juillet 2006 par une représentation diplomatique étrangère basée à Kinshasa. Depuis 2006, poursuit-on, bien des choses ont changé.
En effet, confirment des sources internes du CREN-K, les installations nucléaires du Centre sont bien sécurisées et les détecteurs de mouvement et alarmes anti-intrusions sont bel et bine installés à tous les endroits critiques du site. Les populations de Kinshasa et des environs peuvent se tranquilliser, rassurent ces sources.
S’agissant du problème de la clôture du site du CREN-K, des informations recueillis auprès du Centre confirment que le gouvernement congolais a déjà débloqué et payé la première tranche du devis sur la lutte anti-érosive et l’érection de la clôture autour du CREN-K. Cette première tranche a servi à la construction du collecteur en vue de lutter contre les érosions éventuelles et la sécurisation physique du site.
D’ores et déjà des essences végétales à croissance rapide sont implantées sur le site pour stabiliser le sol. Quant à la deuxième tranche, notent les mêmes sources, elle est déjà programmée par le gouvernement et sera sans doute débloquée incessamment en vue de construire la clôture et de parachever la stabilisation du collecteur.
Plus de peur donc sur la sécurisation du site qui abrite le CREN-K au dans l’enceinte de l’Université de Kinshasa.
Par Faustin Kuediasala
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7 janvier 2011
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