29/01/11/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE SAMEDI

29 janvier 2011

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)

En ce qui concerne le sujet qui sera encore longtemps en vedette, à savoir les élections, les  nouvelles les plus sensationnelles viennent d’Internet. Il s’agit d’une rumeur (info ou intox ?) faisant état d’un retrait de JKK et d’incident dans le « Grand Nord » kivutien qui sont interprétés comme une tentative « à la tunisienne » pour mettre fin au régime.

Les journaux parus ce week-end à Kinshasa axent leur manchette sur des sujets économiques et politiques, notamment la dépréciation de la monnaie congolaise par rapport au roi dollar, la visite du Premier ministre dans les aéroports et ports de Kinshasa, les manœuvres de l’Opposition auprès de la Monusco.

Elections

La République révèle les secrets de la rencontre Opposition-Monusco. Selon ce journal, François Mwamba, secrétaire général du Mlc n’a pas trouvé mieux que de solliciter à la Monusco, lorsqu’ils étaient reçus à la mission onusienne, au lendemain de l’adoption de la révision constitutionnelle, des moyens en faveur de l’opposition afin de permettre à cette dernière de mener une mission d’explication à travers le monde. La Monusco, affirme La République, a réservé à cette demande une fin de non recevoir.

(C’est là si l’on veut, une information purement anecdotique. Elle attire toutefois l’attention sur des carences du milieu politique congolais. Les partis sont des machines électorales qui n’assument pas les tâches qui devraient être les leurs, dans le domaine de la formation et de l’éducation permanente de leurs militants. D’autre part, aucune mesure n’a été prévue par le Législateur pour gommer les différences de moyens matériels existant entre les organisations politiques « riches » et « pauvres ». De ce fait, il existe un énorme fossé entre la Majorité qui dispose des moyens de l’état, et l’Opposition qui n’y a pas accès. NdlR)

Sur l’Internet congolais, circule un message qui « fait des vagues ». En voici la teneur. « Des rumeurs de l’entourage du raïs font état de l’intention de Joseph Kabila de ne pas se représenter à la présidentielle prévue en octobre prochain.
Le président est très marqué des événements qui se passent en Tunisie et Egypte et craint la contagion en RDCongo car il est bien conscient d’être le président le plus haï dans sa capitale politique que ses 9 voisins présidents.
« J’ai l’intention de jeter l’éponge à la fin de ce mandat, confie-t-il à ses proches ». Je suis conscient que la majorité des Congolais ne veut pas de moi à cause du manque des résultats de la mise en place depuis les élections de 2006. si je pense à Ben Ali, franchement, ces gens qui prétendent aujourd’hui m’aimer, ils vont me lâcher et se retourner en premier contre mes proches et moi-même.
Je dois partir avant que le pire m’arrive. C’était une erreur grave de modifier la Constitution à quelques mois des élections et cette situation risque de tout perturber cette précaire accalmie sur l’ensemble du territoire national.
Si je suis garantie de ne pas être inquiété et poursuivi avec mes proches comme c’est le cas actuellement contre Ben Ali, je dois partir à la fin de l’année.
Et mon ami Bongo vient de commettre une erreur grave de dissoudre le parti de son principal opposant M.Mba car cela risque d’allumer le feu au Gabon et dans la sous-région.
Nous suivons avec attention la suite des événements à Libreville. Le contrôle de la situation serait bénéfique pour Ali Bongo mais aussi pour toute la sous-région
 ».

(Cette information est accueillie en général par des commentaires dont la teneur peut se ramener à « Et ta sœur ? ». Elle est cependant caractéristique d’une tendance qui sévit en Afrique, et qui est de spéculer sur une généralisation, à l’échelle continentale, des événements politiques. Nous avons relevé, à propos des élections ivoiriennes, combien les réactions congolaises – mais c’est vrai aussi pour le reste de l’Afrique – relevaient plus d’une identification des personnages du drame ivoirien avec des acteurs locaux que d’un véritable commentaire des faits. La Tunisie fait aujourd’hui l’objet d’un fantasme du même ordre, et celui-ci titille d’autant plus l’imaginaire des Congolais que la révision constitutionnelle congolaise est perçue comme une manœuvre de JKK pour se maintenir. Ceux qui souhaitent son départ ont dès lors tendance à apprécier les méthodes autres que les élections pour se débarrasser d’un « indésirable ». NdlR)

Or, hier au soir, Beni-Lubero Online a publié une « Correspondance particulière de FURU et de Katwa/ Butembo » sous le titre « L’armée réprime le début d’une révolution à la Tunisienne à Butembo ». En voici le texte :

La ville de Butembo est en ébullition depuis hier Jeudi 27 janvier dans la soirée jusqu’à l’heure présente. L’armée et la police répriment les Jeunes de Butembo qui ont usé de leur droit constitutionnel pour récolter des signatures de tous les congolais n’approuvant pas la révision constitutionnelle concoctée à Kinshasa sans une consultation préalable du peuple congolais.
Le succès de cette opération menée notamment par des jeunes patriotes de quartiers FURU et KATWA dérange Kinshasa qui a ordonné, selon le Commandant Fardc de la ville de Butembo, la suppression de ce mouvement jugé d’insurrectionnel.
Les jeunes qui n’ont fait que récolter les signatures ne comprennent pas pourquoi leur droit à la libre expression est traité d’insurrection. D’où le bras de fer avec le régime de Joseph Kabila qu’ils qualifient de dictature. Comme les jeunes de Tunisie, les parlementaires de Butembo demandent, si l’on en croit les chansons scandées cette nuit, la démission du gouvernement et le départ de Joseph Kabila.
Pour la petite histoire de cette révolution en gestation, la semaine dernière la police était descendue en masse au quartier FURU pour arracher le calicot annonçant la récolte des signatures et stigmatisant les manœuvres dictatoriales de l’AMP. Le lendemain, les jeunes ont remis le même calicot et l’opération de la récolte des signatures s’est poursuivie avec plus d’engouement. L’attaque de l’armée avait sans le vouloir fait la pub de l’opération. Sur les listes des signatures on trouve des noms des congolais de Beni, Mangina, etc., qui s’arrêtent au parlement de FURU pour signer la pétition contre la révision constitutionnelle et exprimer leur désaveu vis-à-vis de l’AMP ! L’histoire se répète à Butembo. Plus on réprime un mouvement, plus on lui permet de s’enraciner et d’attirer plus d’adeptes. C’est ainsi que d’autres quartiers de la ville se sont constitués aussi en autodéfense dans la foulée de l’attaque de FURU. En l’espace de deux semaines, trois bandits dont deux en tenue policière ont été arrêtés par les jeunes de la ville. Deux de ces bandits ont été lapidés à mort. Au lieu que l’armée et la police qui n’arrivent pas à arrêter un seul bandit prêtent main forte à cette jeunesse, on assiste à la chasse à l’homme pour faire taire cette jeunesse décidée de se prendre en charge. En effet, le pouvoir voit l’auto-prise en charge de la jeunesse de Butembo comme un défi, raison pour laquelle il a choisi la force au lieu du droit. Pour les Jeunes Patriotes, le pouvoir est du côté des bandits, des tueurs qui restent impunis. La jeunesse qui arrête les bandits est quant à elle réprimée par le pouvoir.
Plusieurs politiciens du Nord-Kivu soupçonnés d’être derrière la pétition contre la révision constitutionnelle ont été entendus sur PV à Goma et à Butembo. Mais les Jeunes Patriotes de Butembo persistent et signent qu’ils agissent d’eux-mêmes car ils sont déçus par les politiciens qui ont pactisé avec l’ennemi et qui se taisent pendant que cet ennemi massacre les jeunes de Butembo. L’an 2010 était la plus meurtrière avec plus de 50 Jeunes assassinés dans la seule ville de Butembo. Le bras de fer avec le régime de Kinshasa est donc né de cette insécurité entretenue dans la ville de Butembo.
Au lieu de répondre aux doléances de cette jeunesse frustrée dont le patriotisme n’est plus à démontrer, le régime de Kinshasa qui négocie souvent avec les milices rwandaises a choisi le fusil et le gaz lacrymogène pour en finir avec cette libre expression de la jeunesse de Butembo, notamment à FURU et à KATWA où les jeunes ont construit eux-mêmes leurs lieux de rencontre qu’ils appellent « hémicycles ». Hier Jeudi 27 janvier 2011 vers 17h00 ces deux hémicycles ont été rasé par l’armée et la police à l’issue d’une réunion extraordinaire de ce qu’on appelle par euphémisme « conseil de securité de la ville » tenue à la Commune Mususa. Aussitôt les militaires et les policiers partis, les jeunes de KATWA et de FURU ont reconstruit leurs hémicycles au cours de la nuit grâce à la solidarité de la population locale qui voit leur salut dans l’action de ces Jeunes Patriotes. En effet depuis bientôt trois ans, le bandit, le militaire, et le policier sont logés à la même enseigne dans la ville de Butembo. 

Tout le bataillon Fardc de Rughenda accompagné des policiers est descendu pour brûler l’hémicycle de FURU. La réaction des patriotes de FURU ne s’était pas fait attendre. Aux militaires qui faisaient parler leurs armes, les jeunes ont opposé un jet des pierres. Le crépitement des balles devenu monnaie courante dans ce coin du pays n’a pas été suffisant pour effrayer les Jeunes Patriotes. Les pare-brises des véhicules de l’armée ont été touchés. Le PC de la Police de Roulage de Biasa, le bureau du péage route de Kangote, le commissariat de la Police du Parking de la victoire ont été brulé. La Nationale Numéro 1 était barricadée avec des pneus à feu, des arbres, etc. au point que la route Butembo-Beni était fermée à la circulation dans les deux sens.
Plus tard dans la nuit, les militaires sont revenus sur le lieu du crime. En effet, les habitants de tous les quartiers environnants FURU ont veillé toute la nuit. En effet, selon des fuites de la réunion du conseil de securité, il était prévu une descente nocturne pour arrêter les leaders de deux Parlements FURU et KATWA. En signe de solidarité avec les Jeunes Patriotes, tous les voisins de ces deux quartiers symboles de la résistance bubolaise ont veillé toute la nuit. Les bubolais n’ont pas oublié le carnage nocturne de Kalemire de 1998.
Effectivement les militaires sont revenus à FURU vers minuit. Les jeunes les attendaient avec des pierres. Après un bras de fer de deux heures, les militaires ont quitté le lieu de l’hémicycle pour se replier près de l’hôtel SEMULIKI.
Durant toute la nuit, les jeunes ont chanté autour du feu des chansons stigmatisant la dictature de Joseph Kabila : « kifo cha kabila hakina bei kubwa mbele ya ba congomani…. », kabila zoba, tala makambo osali na furu ( La mort de Kabila n’a pas de grand prix aux yeux des congolais… Kabila voit ce que tu as fait à FURU)
Ce matin du 28/01/2011 vers 6h00 du matin, les militaires sont encore revenus avec force à FURU sous le commandement du Colonel DONAT du CNDP pour fouiller les maisons. Les résidences des parents des leaders du parlement ont été saccagées. Cette fois-ci c’était pour torturer tous les jeunes garçons et filles dans leurs parcelles. Plusieurs filles et mamans ont été violées. Les blessés se comptent par centaines. 
A la suite de cette descente des centaines des militaires et des policiers, le quartier FURU s’est vidé de sa population qui craignait un carnage. Vers 10h, seuls les militaires sillonnaient le quartier de FURU déserté de sa population après une nuit de veille et de résistance.
Vers 10h30, le nombre des personnes arrêtées à FURU dépassait déjà 50. Parmi ceux qui sont aux arrêts, on peut citer :

-         Mr Timothée, gérant d’une alimentation de Furu, arrêté dans son alimentation,
-         Mr Joseph KAKULE MANDELA,

-         Mr Kasereka KISOKOLI,

-         Aliery KASIVIREHI (blessé par balle) 

-          MBUMBA MUmbere

-          Mumbere Maliro

-          KASNY

-         JARJY MUMBERE

-         Emery

A Katwa plus de 20 personnes aussi été enlevées par un autre groupe de militaires revenus ce matin pour brulé le nouveau parlement construit dans la nuit.

 - Mwigha

- Yonasani

- Katya

-  Kihimba

 Les leaders de deux parlements qui connaissent bien les tactiques de l’armée et de la police de Butembo n’ont pas été arrêtés et seraient en un lieu sûr dans la ville de Butembo.
Pour réprimer cette jeunesse qui se bat pour un état de droit et la liberté d’expression en RDC, l’armée vient d’installer un camp militaire à FURU au lieu de l’Hémicycle pour mater ce qu’elle appelle insurrection. La suite de cette présence militaire à FURU n’est pas connue ! Les observateurs quant à eux se demandent si la révolution tant voulue en RDC peut partir de Butembo ! 

Ce matin vers 6 heures, BLO confirmait que « En dépit de la répression, les Jeunes de Butembo de FURU ne désarment pas. » 

Monnaie

La panique est générale sur le marché des changes où la monnaie nationale, le franc congolais, se négocie sur le marché parallèle entre 935 et 940 Fc pour un dollar américain, rapporte Le Potentiel. En effet, le Franc congolais, monnaie nationale de la RDC, traverse une zone de très fortes turbulences. Ventre mou de l’économie congolaise, c’est encore dans les finances publiques que se trouve la racine du mal. L’importante masse de francs congolais injectée depuis peu sur le marché des changes a finalement eu raison de l’équilibre fragile du cadre macro- économique à fin 2010. Le Gouvernement doit s’expliquer. En attendant, à la Banque Centrale du Congo, le Comité de politique monétaire a revu vendredi ses objectifs.
L’économie congolaise se trouve de plain-pied dans une zone inflationniste. Une situation qui n’augure pas de lendemains meilleurs dans l’exécution du programme PEG 2 conclu difficilement en décembre 2009 avec le FMI.

Muzito

« Muzito à l’assaut des anarchistes dans les ports et aéroports », titre La Référence+, qui. signale que le Premier ministre vient de sonner le glas aux tracasseries et taxes pléthoriques dans les postes frontaliers de Kinshasa. C’est la leçon à tirer de la tournée d’inspection qu’il a effectuée jeudi 27 janvier 2011 dans ces lieux d’entrée et de sortie de la capitale congolaise.
Du Beach Ngobila à l’Aéroport International de Ndjili en passant par Ndolo Libongo et Baramoto, la visite a fait la fête non seulement des voyageurs et touristes mais aussi de nombreux commerçants et débrouillards de la capitale qui cherchent leur survie dans ces lieux miroirs du pays.

© CongoForum, le samedi 29 janvier 2011

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

Voir tous les articles de kakaluigi

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez vous Poster un commentaire

carrosserieautopro |
ThinkBlog |
Dipersés... fRaNce aMéRIqUe... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | madame dousse
| Les diplomes du club
| blog de jiji22