31/01/11/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI

31 janvier 2011

Aujourd'hui dans la presse

 (CongoForum)

Les journaux d’aujourd’hui comportent un très copieux volet « élections ». Antoine Gizenga a, en effet, donné ses instructions pour 2011 au PALU dans un discours dit « de Nouvel An ». Le Potentiel fait le lien entre candidatures à la présidentielle et balkanisation du Congo. Les reste d’actualité est politico-judiciare avec la levée de la suspension par le Premier ministre de la mesure révoquant le Pca et l’Adg de la Sonal et la réincarcération du député national Mukonkole au Cprk,

Elections/PALU

L’ex-Premier ministre s’est prononcé au cours d’une cérémonie d’échange des vœux de membres du Palu. La fidélité du Palu à l’endroit de Joseph Kabila, annonce Digitalcongo. Et Forum des As titre à la Une « Pour consolider la gouvernance des nationalistes, Elections : Le Palu maintient l’axe Gizenga-Kabila » 
Or, ce saute aux yeux lorsqu’on lit le texte de Gizenga, c’est l’absence de tout nom de personne (y compris, d’ailleurs, les noms des ministres PALU).  « Chers Camarades, Responsables des Organes de Base du Parti de la Région Urbaine de Kinshasa Avant tout, je voudrais, au nom de toute la Direction politique de notre Parti, vous exprimer les vœux les meilleurs de santé, de bonheur et de succès pour cette année 2011 qui vient de commencer. Ces voeux vous sont exprimés pour vous et vos familles, pour les membres des Organes du Parti que vous dirigez ainsi que pour tous les Responsables des Organes de Base du Parti à travers tout le Territoire National, car vous les représentez aussi dans le cadre de cette rencontre. L’année 2011, dont je viens de parler, est une année très particulière pour le Peuple congolais et le Congo notre pays. En effet, c’est une année électorale. Après les élections démocratiques de 2006, le Peuple souverain devra, cette fois-ci encore, se choisir, librement et en toute transparence, ses dirigeants pour les cinq prochaines années.
Point n’est besoin de vous expliquer la lutte que le Parti Lumumbiste Unifié « PALU », en particulier, et les Nationalistes Progressistes, en général, ont menée avec d’innombrables et immenses sacrifices pour qu’il en soit ainsi. En revendiquant en permanence la tenue des élections libres, démocratiques et transparentes, nous n’avions pas d’abord en tête nos ambitions personnelles et les positions de prestige à occuper.
Nous pensions surtout et avant tout aux droits inaliénables de souverain primaire pour le Peuple congolais, libéré du joug du colonialisme et menacé par le néo-colonialisme et ses valets locaux. Ces derniers n’avaient pas trouvé mieux que d’imposer à ce Peuple fier un régime de dictature, fait de terreur, de violations massives de droits de l’homme, de vol, de corruption et d’appauvrissement dramatique et continuelle de la population. Et le Peuple congolais, l’Afrique et les amis étrangers, venus investir et travailler au Congo, ont tous perdu en termes de richesse à créer et à posséder, de prospérité à générer et de contribution significative au progrès de l’Humanité. En ayant à l’esprit ce contexte historique, les élections prochaines exigent un sens profond que les militants du PALU doivent leur donner et. aussi une attitude conséquente qu’ils doivent adopter.
Quel sens profond le PALU doit-il donner à ces élections ?
Nous disons que ces élections doivent marquer un pas de plus dans le sens du progrès politique pour la Nation congolaise.
Comme en 2006, elles doivent permettre au PALU :
1°) de contribuer encore davantage à l’éloignement du risque de fracture du pays 2°) d’améliorer
la stabilité politique, économique et sociale de la Nation ; 3°) de consolider le bloc nationaliste dans son rôle dirigeant du pays afin que celui-ci dispose d’une vision et d’un projet révolutionnaire et très dynamique pour la construction et la reconstruction du pays et ; 4°) de renforcer la conscience politique du Peuple souverain dans la prise en mains de son propre destin.
Le PALU participera donc très activement à ce processus, avant, pendant et après les élections. Ainsi, j’annonce que :
1°) au mois de février, la distribution des fiches d’identification des militants du PALU sur toute l’étendue du territoire national sera entreprise 2°) dès le mois de mars, l’enregistrement et la sélection des candidats du Parti vont commencer afin de nous permettre d’être prêts avec les listes de ces candidats au début du mois de mai.
Quel comportement doivent alors adopter les militants du PALU face à ces échéances ?
1°) Les militants du PALU doivent devenir encore plus unis et plus disciplinés. Car on ne va pas à la victoire dans des combats pareils sans une forte cohésion interne et sans discipline ;
2°) Les militants du PALU doivent être prêts à des sacrifices pour l’intérêt du Peuple et du Pays. Déjà avec la législature passée, le PALU a su prendre le risque de taire son amour-propre, son radicalisme et son orgueil pour contribuer au maintien de l’unité du pays et à la promotion de la tolérance, de la paix et de la stabilité politique dans notre Pays. Malgré tout, le PALU, ensemble avec d’autres Nationalistes, a su tenir une plateforme politique de travail et de gestion du pays. Le PALU va pousser tout cet élan à se poursuivre et à s’amplifier pour que les Nationalistes continuent à conduire ce pays et lui insufflent une âme politique progressiste.
3°) les militants du PALU doivent être déterminés à aller à la conquête du pouvoir d’Etat de manière démocratique et avec les moyens provenant essentiellement d’eux mêmes. Tout cela pour, avant tout, se mettre au service du Peuple. Il faut aller confirmer au Peuple congolais que, malgré des accusations non prouvées formulées parfois contre l’un ou l’autre cadre du PALU, le PALU demeure le parti des masses et le parti de la Gauche congolaise tel qu’il l’a connu. Le PALU reste fermement proche des préoccupations légitimes de la population. Son idéologie est toujours le socialisme démocratique dont les bases essentielles du projet politique qui en découle sont le travail productif de tous, le bien-être de tous, la bonne justice distributive, l’État de droit et l’Union de l’Afrique.
4°) les militants du PALU doivent, enfin, se garder de suivre un autre guide que la Direction de leur parti. En effet, ils doivent absolument éviter de se laisser conduire par des rumeurs et des intoxications, ramassées en dehors du Parti, au lieu d’écouter les directives et les orientations indiquées par la Direction attitrée du Parti. Il faut savoir que la lutte n’a pas encore pris fin. Les ennemis du Peuple congolais et du PALU sont encore très nombreux et aux aguets
. »

Selon Forum des As, le Palu, avec d’autres nationalistes, a su tenir une plateforme politique de travail et de gestion du pays (…) et va pousser tout cet élan à se poursuivre et à s’amplifier pour que les nationalistes continuent à conduire ce pays, a déclaré le secrétaire général du principal parti lumumbiste. Conscient des enjeux centraux de l’année que vont être les prochaines élections, le « vieux lion du Kwilu », entendez : Antoine Gizenga a, d’ores et déjà, mis ses troupes en ordre de bataille, en leur édictant la ligne de conduite à suivre. Et à l’occasion, il a annoncé la poursuite et même l’amplification de son alliance avec le Chef de l’Etat.
(Il faut bien admettre que ne pas parler des individus et mettre en avant le Parti et uniquement le Parti est un poncif du style littéraire en usage dans les organisations communistes ou socialistes où Gizenga a fait son écolage. Il ne faut donc pas surestimer le sens de cet anonymat, même si cela contraste fort avec le style en usage dans l’AMP qui pratique au contraire un culte de la personnalité débridé à l’endroit de JKK. Toutefois, il faut bien constater aussi que, dès la formation de son premier gouvernement, Gizenga a expliqué la participation du PALU par la volonté d’entrer dans une coalition dont l’axe serait le nationalisme – ce mot étant entendu dans le sens qu’il avait en 1960. Si donc il y a une ligne à laquelle le PALU se veut fidèle, c’est le nationalisme, mais cela n’implique nullement que la seule coalition « nationaliste » possible soit l’actuelle majorité. Autrement dit, le discours de Gizenga veut dire que le PALU défendra, bien sûr, son bilan gouvernemental, mais n’exclut ni l’alternance, ni la cohabitation. NdlR)

Elections/Balkanisation

 A intervalles plus u moins réguliers, Le Potentiel met à la Une un article rappelant qu’une menace de « balkanisation » pèse sur le Congo. « Présidentielle 2011 : Un outsider pour faire imploser la Rdc », qui paraît aujourd’hui, en fait partie.
A l’en croire, les vrais enjeux politiques en RDC se peaufinent à l’étranger. Dans le cas d’espèce – l’élection présidentielle 2011 – les tireurs de ficelles ont choisi la politique du chat. Ils laissent tout le monde manifester ses ambitions alors qu’en réalité ils préparent un outsider jusque là insoupçonné. Le joker aurait pour mission de déjouer tous les calculs et pronostics politiques en présence. Objectif : faire imploser la RDC et jouer la carte de la balkanisation.
(La seule référence claire de l’article est une sorte d’imitation congolaise de la Côte d’Ivoire. Pour le reste on baigne moins dans le flou artistique que dans un épais brouillard d’imprécision et tout cela ne semble reposer en rien sur des choses aussi vulgaires que des faits précis ou des personnes identifiables. A moins, bien sûr – un journal, après tout, est une affaire commerciale- qu’il s’agisse d’un premier article destiné à appâter le lecteur, les choses sérieuses étant réservées pour plus tard. NdlR). Jugez plutôt « La vague de la révision constitutionnelle passée, toute la classe politique congolaise est revenue à l’essentiel, à savoir la poursuite sans ambages du processus électoral. Tous ont convenu de faire de 2011 l’année de l’élection présidentielle, malgré le retard constaté dans la mise en place du bureau de la CENI (Commission électorale nationale indépendante) et la promulgation de la nouvelle loi électorale.
En attendant, des ambitions au poste de président de la République n’ont pas tardé à se manifester, même si c’est encore de manière informelle. Des noms des candidats à la magistrature suprême pour le prochain mandat circulent déjà aussi bien du côté de la Majorité au pouvoir que celui de l’Opposition. Ceux-ci vont de gros calibres aux 9 mm ou menus fretins ; des plus connus aux illustres inconnus.
Point n’est pas besoin de les citer, la campagne électorale n’ayant pas été lancée de manière officielle.
Ce qui est intéressant, c’est ce que révèlent des sources très au fait de ce qui se trame sur la RDC – et à l’insu des Congolais eux-mêmes, du moins la majorité silencieuse.
Selon ces sources, l’empressement à annoncer ses couleurs dans le chef de certains candidats n’est pas gratuit. Ceux-ci constitueraient de simples pions que l’on pousse. Ils joueraient le jeu à cœur joie sans soupçonner sur quelles motivations reposerait le soutien moral et financier dont ils bénéficient.
En réalité, la véritable partie se jouerait ailleurs et avec des cartes non encore abattues. De leur laboratoire haut perché au-dessus de la RDC, les tireurs de ficelles suscitent des ambitions à foison de manière à entraîner la clase politique congolaise de même que l’opinion nationale dans la voie de la distraction. Pendant ce temps, ils préparent en toute quiétude leur coup fourré. C’est ce que d’aucuns appellent la technique du chat. Une feinte à gauche alors que le saut sur la proie s’effectue à droite.
Dans le cas d’espèce, les fossoyeurs de la RDC ont préparé une situation politique quasi à l’ivoirienne. Leur candidat à l’élection présidentielle se présentera en dernière minute en outsider. Il est connu de l’électorat congolais pour avoir exercé de hautes fonctions durant tous les régimes qui se sont succédé à Kinshasa. Pour l’instant, il garde son silence et attend le moment venu pour brouiller toutes les cartes politiques mises en jeu.
Il semble qu’il n’en serait pas à son premier coup. Et qu’en cette matière, il joue avec brio. Ainsi, à l’annonce de sa candidature, des contestations se lèveront de partout. Il sera, comme en Côte d’Ivoire la source des tensions politiques préélectorales et postélectorales. Une guerre civile pourrait s’en suivre, prédisent des milieux spécialisés.
CREER LE CHAOS
L’objectif poursuivi est de paralyser le pays et le maintenir dans un état perpétuel d’instabilité. En ce moment-là, ceux qui ont toujours soutenu que le Congo, dans ses dimensions actuelles et avec les institutions en place, ne serait pas gouvernable vont s’en servir comme alibi pour relancer la mise en marche de leur plan de balkanisation.
Ce plan macabre a jusque là fait flop du fait de la cohésion nationale au niveau de la population congolaise. Celle-ci, qui n’est plus dupe du tout, n’a jamais cautionné que son territoire soit galvaudé ni aliéné quel qu’en soit le prix.
Malgré cette résistance interne, ceux qui, en dehors de la RDC, tiennent au démantèlement de la RDC n’ont pas désarmé. Le mode opératoire pour atteindre cet objectif passerait, selon certaines indiscrétions, par la voie de la prochaine présidentielle. Tout est fait pour créer le chaos et justifier, en fin de compte, l’urgence de balkaniser le grand territoire qui forme la République démocratique du Congo dans ses frontières de 1885. »

Comme la diaspora est très nettement visée par ce texte fuligineux il ne faut as s’étonner qu’il ait fait aussitôt l’objet d’une énergique réponse de l’abbé Mbelu, qui se trouve ainsi attaquer le journal dont il est… un des collaborateurs occasionnels. (Balkanisation de la presse ? NdlR) « Dans sa Une de ce jour, le journal Le Potentiel nous apprend que l’extérieur va créer un outsider aux élections de 2011 à la dernière minute. Et que c’est par lui que pourrait passer le projet de créer le chaos aboutissant à la balkanisation de notre pays. Ce journal soutient qu’elle détient cette information des sources bien informées. Cela étant, le même journal publie des textes indiquant que le danger de créer un chaos pourrait aussi venir de l’intérieur. Le rédacteur de la Une ne semble pas avoir été très attentif à cet autre danger.
Comprendre La Une du journal Le Potentiel de ce matin (31 janvier 2011) nous a exigé de la lire trois ou quatre fois et de prendre en compte les enjeux géopolitiques et géostratégiques dont notre pays est le théâtre.  Pourtant, ce texte revient sur des secrets de polichinelle. Il nous rappelle que  «les vrais enjeux politiques en RDC se peaufinent à l’étranger », qu’un chaos va être créé et que « l’objectif poursuivi est de paralyser le pays et le maintenir dans un état perpétuel d’instabilité. En ce moment-là, ceux qui ont toujours soutenu que le Congo, dans ses dimensions actuelles et avec les institutions en place, ne serait pas gouvernable vont s’en servir comme alibi pour relancer la mise en marche de leur plan de balkanisation.»  Ce texte nous rappelle encore que « ce plan macabre a jusque là fait flop du fait de la cohésion nationale au niveau de la population congolaise. Celle-ci, qui n’est plus dupe du tout, n’a jamais cautionné que son territoire soit galvaudé ni aliéné quel qu’en soit le prix.  Malgré cette résistance interne, ceux qui, en dehors de la RDC, tiennent au démantèlement de la RDC n’ont pas désarmé. »  Ce texte rappelle aussi que « ce qui est intéressant, c’est ce que révèlent des sources très au fait de ce qui se trame sur la RDC- et à l’insu des Congolais eux-mêmes, du moins de la majorité silencieuse. »
Cette « Une » peut être lue de plusieurs manières. Certains lecteurs peuvent y voir un appel lancé aux Congolais(es), toutes tendances confondues, à s’apitoyer sur le sort des institutions actuelles et leurs animateurs dans la mesure où ils seraient l’objet d’un complot ourdi de l’extérieur. L’extérieur servirait de bouc émissaire empêchant une évaluation froide et saine de ces institutions et de leurs animateurs au bout d’une législature de bientôt cinq ans (ou même dix). Ce texte serait un appel à créer une cohésion autour de ces institutions et leurs animateurs pour faire échec aux comploteurs extérieurs.
Dieu merci ! Dans le même numéro du Journal Le Potentiel, l’un des animateurs de ces institutions, Kiakwama kia Kiziki, dresse un tableau sombre de cette législature et avoue, dans une interview accordée à Marcel Lutete, qu’il faut une alternance. Evaluant « les fameux cinq chantiers » de la République et les effets de la politique de « la tolérance zéro », Kiakwama dit : « Ces 5 chantiers ne sont pas un programme de gouvernement. Au mieux une aspiration de changement à apporter dans 5 secteurs importants. Encore fallait-il nous dire comment la coalition majoritaire allait y parvenir. L’absence de programme politique à l’entre deux tours des élections de 2006 a empêché ce régime de véritablement changer notre pays et sa gouvernance. Dès lors chaque acteur s’est dit : « pour le temps où je suis là, autant me mettre un maximum dans les poches » ? Je n’évoque même pas cette tolérance zéro où les principaux cadres et gestionnaires du pays peuvent tout se permettre en étant certains d’être confirmés à leur poste ! S’agissant des 5 chantiers nous entendons dire aujourd’hui : on a fait une partie, ça montre notre bonne foi, nous devons continuer. Steve Mbikayi, aujourd’hui dans l’opposition, l’a très bien dit. Si votre enfant obtient 30% à la fin de l’année, il a comme ils disent «fait quelque chose ». Cela ne veut pas dire qu’il a réussi. »  Il serait malin de cacher cet échec en évoquant « un complot extérieur ».
Le texte de La Une du journal Le Potentiel soutient qu’il y a eu une résistance interne vis-à-vis du plan de balkanisation de notre pays. Cette résistance a été portée par nos populations que ce texte qualifie de « majorité silencieuse ». Comment ont-elles été payées par le pouvoir en place ? Ont-elles été organisées de façon qu’elles soient au courant de ce qui se tramerait ? Le processus électoral de 2005 a évité les élections locales qui auraient pu, si les pyromanes- sapeurs pompiers à la tête du pays l’avaient voulu, responsabiliser nos populations à la base. L’expérience politique acquise ces dernières années montre que les peuples qui résistent contre les diktats des tireurs de ficelles extérieurs sont ceux dont les responsables politiques travaillent à rendre leur pouvoir populaire. A assurer les droits économiques, sociaux et culturels de leurs populations. Bref, à travailler avec elles pour que la liberté, la dignité, la justice sociale soient les choses les mieux partagées.
Dans l’interview  susmentionnée, avant de poser sa question à Kiakwama pour qu’il évalue « les cinq chantiers », Marcel Lutete fait le constat ci-après : « 
Pour beaucoup, les conditions de vie de la population se sont aggravées. Pendant que la faim et la misère sont devenues le lot quotidien de la majeure partie de la population, le vol, la prédation, le détournement des deniers publics et la corruption se sont imposés dans le pays comme mode de gestion. » Voilà comment nos populations résistant contre la balkanisation du pays ont été payés : leurs conditions de vie se sont aggravées. L’année 2010 décrétée année du social n’a pas pu résoudre leurs problèmes de faim et de misère. Voilà comment les tenants du pouvoir actuel ont ouvert un front intérieur qui risque de prendre de court « les fameux comploteurs extérieurs ».
Le texte de La Une du journal Le Potentiel pourrait aussi être lu comme une tentative de passer outre la formation d’un front intérieur contre ceux qui ont fait du vol, de la prédation, du détournement des deniers publics et de la corruption leur mode de gouvernement.
Aussi, cette Une ne pose-t-elle pas la question de l’origine politique de ceux contre qui un complot extérieur serait en train d’être tramé : Ils sont le produit de ceux qui ont gracieusement financé la mascarade électorale de 2005 après le soutien dont certains d’entre eux ont bénéficié dans la guerre d’agression contre notre pays en 1996. N’est-ce pas logique que les politiciens fabriqués de l’extérieur soient destitués par leurs créateurs ? N’est-ce pas de cette façon-là que fonctionne le marionnetisme ?  Quand le journal Le Potentiel fait allusion à un futur chaos, il fait comme si celui provoqué par la guerre d’agression de 1996 auxquels certains ex-seigneurs de guerre présents dans les institutions actuelles était jugulé !
Souvent, nous évoquons les contrats signés avec la Chine et la vente de l’uranium à l’Iran pour justifier ce complot. Mais Hugo Chavez a signé des contrats avec la Chine et coopère avec l’Iran, observateur de l’organisation de coopération du Shanghai. Hugo Chavez En 2002, un coup d’Etat perpétré de l’extérieur n’a pas empêché à son peuple d’exiger qu’il retourne aux affaires. Son secret : une éducation et une formation continue de son peuple, une justice sociale tant soit peu équitable, un dialogue permanent avec son peuple, une démocratie participative et responsabilisante  incluant la commune (ou partant de la commune), une organisation régulière des élections à plusieurs échelons de la société, un usage pragmatique du multilatéralisme, etc.
Organiser une révision constitutionnelle accordant des pouvoirs illimités au chef de l’Etat, créer un réseau de prédation dépendant en tout et pour tout de l’extérieur, maintenir le peuple dans la pauvreté et la misère, confisquer les droits et les libertés fondamentales et après se plaindre du complot de ceux à qui on a promis de servir les intérêts, c’est un jeu malsain. Dès que l’on décide de jouer au nègre de service, on finit toujours par en payer le prix. Tôt ou tard ! Cela étant, personne ne peut nier, de bonne foi, la propension « de petites mains » du capital à se débarrasser de tous ceux et de toutes celles qui n’obéissent pas à un certain moment à leurs diktats et à récolter des dividendes là où elles sèment le chaos. Le sachant pour avoir vu le sort réservé à Mobutu et aux autres « amis africains de l’Occident », les gouvernants Congolais auraient dû éviter de s’engager sur les voies qui ne mènent nulle part. Hugo Chavez, Evo Morales, Rafael Correa et les autres dirigeants latino-américains, partisans de la révolution populaire, l’ont compris et ils agissent en conséquence. Ils ont su promouvoir et protéger la souveraineté de leurs peuples en en faisant majoritairement les acteurs de leur devenir collectif ; sur les traces de Simon Bolivar. Sera-t-il possible que l’alternance dont parle Kiakwama kia Kiziki permette à notre pays de rompre avec le chaos dans lequel il est davantage plongé  depuis 1996 ? Sera-t-elle le fruit d’un consensus congolais ou celui des élections (encore une fois) financées par « les faiseurs des rois » ?  Si une remise en question sérieuse de l’ordre issu de Sun City n’est pas faite, si toutes les conséquences ne sont pas tirées par les forces de changement de notre pays à partir d’une relecture intelligente de plusieurs rapports des experts de l’ONU (dont celui du HCDH du mois d’octobre 2010), l’alternance après 2011 risque d’être un vain mot. Construire une alternance digne de ce nom sur l’amnésie, en mettant entre parenthèse notre mémoire collective, risque d’être un rêve illusoire. 
»

Divers

« Procédure violée à la Société nationale de loterie (Sonal) : Mabunda broyée dans l’affaire Sonal », annonce AfricaNews. Une décision du Premier ministre casse la mesure de la ministre du Portefeuille, révoquant le PCA Claude Mashala et l’Adg Willy Makiashi. Motif : non respect de la procédure en la matière. Une véritable douche froide, conclut le confrère.

Le Pahre annonce l’arrestation du député national Mukonkole et sa condamnation à dix mois de servitude pénale. Ce dernier qui se trouve déjà à la prison de Makala est poursuivi pour « flagrance de recel et association de malfaiteur ». Deux prévenus vendeurs des véhicules volés au précité, s’en sont tirés chacun avec 7 ans de servitude pénale principale.

« Flambée des prix : la FEC plaide pour l’exonération des taxes jusqu’à décembre 2011 », écrit Le Potentiel. La Fédération des entreprises du Congo (FEC), plaide pour l’exonération jusqu’en décembre 2011 de la perception des droits d’entrée et de l’impôt sur le chiffre d’affaires des produits alimentaires de grande consommation et des intrants agricoles. Le présent plaidoyer fait partie d’une série de propositions de mesures arrêtées par le patronat congolais qui, depuis le dernier trimestre de l’année écoulée, a observé une hausse des prix des denrées alimentaires en RDC. Ce, tant en ce qui concerne les produits importés que locaux.
Lors d’une cérémonie d’échange de vœux organisée à l’attention des opérateurs économiques et à la nation, le président national de la FEC, Albert Yuma, a analysé la situation socioéconomique du pays en 2010. Dans l’ensemble, il s’est félicité du fait que de nombreux records ont été battus sur le plan économique.

© CongoForum, le lundi 31 janvier 2011

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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