INTERVIEW à l’Honorable VITAL KAMERHE par MATALANA du Gabon

24 mars 2011

Interview

(mars 2011)

« Face à un pouvoir barbare, ma vie peut être écourtée à tout moment« 

L’ANCIEN PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE CONGOLAIE ET PRESIDENT NATIONAL DE L’UNION POUR LA NATION CONGOLAISE (UNC) VIENT DE SEJOURNER AUX ETATS-UNIS A LA SUITE D’UNE INVITATION DU CENTRE STRATEGIQUE D’ETUDES INTERNATIONALES (CSIS), UNE ORGANISATION BASEE A WASHINTON.

Le 2 février 2011, de passage dans la capitale fédérale américaine, face à ses compatriotes venus nombreux et face à la presse, Vital Kamerhe, dont le rôle dans le processus de paix dans la région des Grands Lacs est reconnu par tous et qui ne cache plus ses ambitions politiques au plus haut niveau, a dévoilé sa vision pour un Congo qu’il veut meilleur. Non sans évoquer ses rapports avec celui dont il fut jadis le directeur de campagne et qu’il considère aujourd’hui comme adversaire politique : Joseph Kabila.

Rencontre exclusive avec un homme de 52 ans qui commença sa carrière politique en 1984.

Matalana : Quel commentaire faites-vous de la récente modification de la Constitution par le Président Joseph Kabila ?

« Nous sommes sidérés de voir que les règles du jeu électoral changent en cours de compétition afin de faire gagner Joseph Kabila »

Vital Kamerhe : Mon commentaire est celui de l’opposition et du peuple congolais. Nous sommes d’abord étonnés, stupéfaits, sidérés de voir que les règles du jeu changent en cours de compétition. Nous sommes en période électorale, avec des opérations préélectorales qui ont commencé dans plus de trois provinces, dont celle de Kinshasa, la capitale. On ne peut pas comprendre que brusquement le Président se lève et dise : « Voilà, arrêtons une minute la compétition et changeons les règles du jeu. Choisissons celles qui m’arrangent, puisqu’il faut absolument que je gagne, y compris par les moyens illégaux. »

Donc il a modifié la Constitution, il a changé le mode de scrutin. Ce mode de scrutin, nous ne l’avions pas choisi au hasard. Notre pays compte plus de 300 partis politiques, notre pays se compose de plus de 450 ethnies. Peut-être que d’autres pays ne comprennent pas la problématique congolaise. Mais notre pays est un pays post-conflit. Nous sortons de la guerre et nous avons mis longtemps depuis Lusaka – d’ailleurs c’est à Victoria Falls, au Zimbabwe, qu’on a commencé le processus de paix en République Démocratique du Congo, le 2 aout 1998, et nous avons signé l’Accord de Lusaka, le 10 juillet 1999, mais ça n’a pas mis fin à la guerre.

Il a fallu attendre encore beaucoup d’années après pour signer l’accord global inclusif entre les congolais grâce à certains fils d’Afrique, dont l’ancien Président du Botswana Ketumile Masire et l’ancien Premier Ministre sénégalais Moustapha Niasse, à qui je rends un vibrant hommage pour le travail qu’il avait fait. Cet accord global inclusif avait pour objectif de stabiliser le Congo, d’amener la cohésion nationale, de poursuivre l’œuvre de la réconciliation nationale. Et la Constitution en est l’une de ses émanations. Donc, quand le Président touche à la Constitution, tout peut capoter à tout moment.

Matalana : Il est probable que les règles du jeu électoral soient elles aussi modifiées. On parle notamment de l’âge des candidats et de la durée de vie des partis politiques appelés à investir les candidats. Que feriez-vous si ces règles étaient effectivement modifiées ?

Vital Kamerhe : En ce qui me concerne, ce n’est pas très compliqué puisque je peux être candidat indépendant. Mais cela ne veut pas dire qu’on doit accepter n’importe quoi. Une loi taillée sur mesure. Le président de la République après avoir modifié la constitution, selon ses desiderata, se rend compte maintenant que si Etienne Tshisekedi et Kamerhe restent encore dans la course, il n’aura aucune chance de gagner. Il lui faut donc une loi qui écarte d’avance Etienne Tshisekedi et Kamerhe. Donc pour Etienne Tshisekedi, c’est très facile.

Pour être président de la République, Joseph Kabila – après avoir bénéficié, en 2006, de l’abaissement de l’âge minimum de 40 à 30 ans pour être éligible – dit bon : « Tout cela ne compte plus, je vais maintenant plafonner l’âge à 70 ans ». C’est immoral. Ce n’est pas bon pour la paix et la sécurité dans notre pays. Surtout pour la poursuite de la démocratie pour laquelle nous avons versé le sang de plus de 7 millions de congolais. Pour évincer Kamerhe, un parti ne peut investir un candidat que si ce parti existe depuis au moins cinq ans !

Matalana : Pour espérer l’emporter contre le président Joseph Kabila, l’opposition devrait-elle éviter d’aller à cette élection en rangs dispersés ? Quelle est la stratégie qui est en train d’être élaborée  et quelle est la touche personnelle que vous comptez y apporter ?

Vital Kamerhe : L’opposition doit d’abord savoir une chose : l’objectif face à un ennemi qui est en débandade, et qui est apparemment pris de panique, est effectivement d’aller en ordre groupé. Nous devons consolider l’unité de l’opposition. Et pour réussir cela, nous, au niveau de l’Union pour la Nation Congolaise, j’ai dit que nous devons partir de la fondation vers la toiture.

La fondation, c’est le socle sur lequel nous allons asseoir cette unité de l’opposition. Et cette fondation, je la vois autour de deux piliers : d’un côté, le programme préélectoral, avec les points communs à l’ensemble de l’opposition et l’ensemble des forces vives qui feront en sorte que, si nous enlevons les obstacles sur le terrain, on aura balisé le chemin des élections transparentes pour lequel celui qui aura le suffrage de la population va réellement gagner.

La base du programme de Vital Kamerhe :

«Assurer le minimum vital à tous les Congolais »

Le deuxième pilier, c’est le programme minimum de gouvernement. Nous devons dire que le minimum que nous voulons pour notre peuple, c’est que ce peuple ne doit plus connaitre l’insécurité, que la paix doit régner sur l’ensemble du territoire national, que nous devons refonder l’Etat congolais avec toutes ses attributions régaliennes, avec une armée républicaine, une police au service de l’ordre public, la sécurité des biens et des personnes, une justice impartiale, une Administration solidement assise et réhabilitée, où l’huissier ou le fonctionnaire retrouve sa place, l’enseignant a un minimum pour vivre. Nous voulons, en outre, une diplomatie agissante et réhabilitée. Ce que nous voulons, c’est de la nourriture, de l’eau, l’électricité, l’habitat, l’éducation et la santé pour tout le monde. En un mot, nous voulons le minimum vital pour le peuple congolais.

Si nous nous mettons d’accord sur ça, nous pouvons passer à la deuxième étape qui est l’élaboration des critères neutres. Nous connaissons l’adversaire politique que nous devons combattre : c’est Joseph Kabila. Il a tels atouts et telles faiblesses. Alors face à lui, nous devons dessiner le portrait d’un candidat qui a autant d’atouts, sinon plus, mais moins de faiblesses pour l’emporter. C’est aussi simple que cela.

C’est donc seulement après avoir rédigé cela que nous pourrons dire qui d’Etienne Tshisekedi, de Kamerhe, de Jean-Pierre Bemba et de tous ceux qui sont en vue, qui de ces gens peut remplir le maximum de critères que nous avons définis pour avoir la chance de l’emporter.

Ça, c’est la première stratégie. La deuxième pourrait aussi consister à dire, voilà le Congo a trois blocs géographiques. Il y a l’Est où trône M. Kamerhe, le Centre où trône Etienne Tshisekedi et puis l’Ouest avec Jean-Pierre Bemba. Peut-être qu’avec un tel triangle, on peut aussi gagner la présidence de la République. Ça, ce sont des matières à réflexion. Et nous allons voir au niveau de la stratégie de l’opposition, quand nous serons ensemble, quelle est la voie qui sera définie. Et quand on aura défini la personne qui doit mener nos troupes vers le combat, nous nous rangerons derrière elle. Voilà, c’est ça la démocratie.

Matalana : A supposer que tous les opposants décident de s’aligner derrière vous, ou le cas échéant que vous soyez candidat indépendant, quel est le programme que vous proposez aux Congolais ?

Vital Kamerhe :   D’abord, j’ai une vision pour le Congo, une vision pour l’Afrique et une vision pour le monde. Quand je parle du Congo, je le compare à un éléphant couché, mais dont les membres ne sont brisés. Il faut seulement lui donner un peu de perfusion avec un leadership responsable, une volonté politique affichée de bien faire. L’éléphant va se relever et entraîner avec lui neuf voisins.

Le Congo, c’est une puissance endormie. Sa position géostratégique lui confère un rôle important dans le destin de l’Afrique et du monde. Le Congo est un pays qui constitue également une chance pour l’humanité. Aujourd’hui, l’humanité est confrontée à la faim – près d’un milliard d’individus n’a pas à manger. En Asie et e Europe, il n’y a plus de terre. Les seules terres qui restent maintenant, c’est en Afrique centrale et en Amérique latine.

Pour l’Afrique centrale, le Congo a lui seul possède 120 millions d’hectares de terres arables. Si on les exploite comme on le fait en Chine ou en Europe, nous produirons pour des milliards d’individus, nous pouvons répondre deux fois aux besoins de l’humanité tout entière. Mais constatez avec moi que nous sommes incapables aujourd’hui de nourrir 5% des 70 millions de congolais. Est-ce une malédiction ? Je dis que non ! C’est de l’irresponsabilité, c’est de la mauvaise foi, c’est de l’égocentrisme des politiciens qui dirigent le Congo actuellement.

L’humanité est également confrontée au problème de changement climatique. Le Congo, c’est la deuxième forêt du monde après le Brésil. Mais pourquoi le Brésil peut tirer profit de sa forêt et pas le Congo ? L’humanité est aussi confrontée à la rareté des eaux douces. Au Congo, nous avons 50% de toutes les eaux d’Afrique. Dans le même temps, on a un taux de desserte de l’eau de 6% sur l’ensemble du territoire national. Dans la capitale, n’en parlons pas. Même chez le président de la République, on coupe l’eau !  C’est anormal. Sommes-nous maudits ? Je dis non. Encore une fois, nous sommes des irresponsables et nous devons corriger ça très vite. Ce sont ces paramètres que nous voulons gérer ?

Le monde est aussi confronté aux problèmes d’énergie. Or le Congo à lui seul est capable d’éclairer l’ensemble de l’Afrique, d’industrialiser l’ensemble de l’Afrique et l’Europe méditerranéenne. Nous sommes le noyau intégrateur dans le cadre du plan du NEPAD (Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique). Mais nous n’arrivons pas à donner à la capitale plus de 10 % de desserte en électricité. Enfin, dernier problème, la montée fulgurante de l’Inde, de la Chine et du Brésil, qui pose problème de la rareté des matières premières. Or le Congo est un scandale géologique.

Tout cela nous emmène à un programme où nous disons : nous pouvons avoir des moyens d’abord de réhabiliter l’état de droit chez nous, c’est-à-dire que l’Etat doit retrouver ses fonctions régaliennes, et nous pouvons assurer un minimum vital à tout le peuple congolais.

Matalana : Vous évoquez la Chine. On sait que vous vous êtes opposé aux contrats chinois en RDC. Quelles étaient les closes qui vous dérangeaient concrètement ?

Vital Kamerhe : il y avait d’abord une double garantie qui était donnée dans ces contrats. Le Congo s’engageait à travers l’entreprise de gisements miniers du Congo de fournir à la Chine une bonne quantité de cuivre en  contrepartie des infrastructures que la Chine allait nous construire. Mais en même temps,  il était dit dans le contrat les Chinois se donnaient le droit de se faire payer par n’importe quelle autre ressource naturelle du Congo. Ça, c’est une façon de vendre le pays sans le dire clairement. Nous étions aussi opposés à une fiscalité particulière qu’on a voulu tailler sur mesure pour les Chinois. La loi est à portée générale et s’il y a une fiscalité, elle doit être la même pour tous les opérateurs économiques de notre pays.

C’est ma position. Je ne suis pas contre les Chinois, mais je suis contre des contrats comme ceux-là. Ça viendrait des Etats-Unis, d’Europe ou de n’importe quel autre pays, en tant que Président de l’Assemblée nationale de l’époque et en tant que député aujourd’hui, en tant qu’opposant, je dirais non !  Je n’ai pas dit non seulement, je n’ai pas fait rejeter les contrats chinois, au bout des discussions qu’on avait eu à l’Assemblée nationale, on les a acceptés assortis de dix recommandations que le gouvernement a préféré ignorer. Mais il a fallu que le Directeur Général du Fonds monétaire international, Dominique Stauss-Kahn, arrive à Kinshasa pour dire au gouvernement exactement ce que le Parlement avait déjà formulé comme recommandations pour que le gouvernement fasse des avenants pour signer les contras chinois. Donc, je ne suis pas contre les contrats chinois, je suis contre la façon dont ils avaient été ficelés.

Matalana : Parlant justement de l’Assemblée nationale, qu’est ce que vous considérez comme faits marquant de votre passage comme président de cette institution ?

Vital Kamerhe : Comme fait marquants, il y a les débats libres où j’ai vu l’opposition effectivement disposer de l’espace d’expression libre et la majorité qui contre-attaquait. C’était des débats dans une démarche qui faisait avancer la cause nationale. J’ai également été marqué par le soutien des députés et l’enthousiasme que suscitaient ces débats. Le peuple suivait et j’étais ravi chaque fois quand on me rencontrait dans la rue pour me dire : « M. le Président, vous êtes sur la bonne voie, avancez. » C’est ce qui fait, je pense humblement sans fausse modestie aujourd’hui, l’adhésion du peuple congolais à ma vision.

Matalana : Quelle est la qualité des rapports que vous entretenez aujourd’hui avec le président Joseph Kabila et quand lui avez-vous parlé pour la dernière fois ?

Vital Kamerhe : J’ai parlé au Président de la République pour la dernière fois au mois de décembre 2010. C’était le 11, pour lui dire, effectivement M. le Président de la République, nous avons été dans le même camp politique jusqu’à présent, je viens vous informer que j’ai créé mon parti politique, je le rendrais public le 14 et ferais partie de l’opposition. J’ai une vison pour le Congo, j’ai une vision pour le Congo, j’ai un programme pour le Congo, je voudrais que nous puissions aller aux  élections dans la loyauté les uns vis-à-vis des autres et que le meilleur l’emporte. Nous sommes des adversaires politiques et pas des ennemis politiques.

Matalana : Est-ce que votre vie est en danger au Congo ou est ce que vous recevez des menaces de quelle que nature que ce soit, d’où que ce soit ou de qui que ce soit ?

Vital Kamerhe : Oui, je crois que ma dernière descente à Goma, dans l’Est du Congo, aux lendemains de ma conférence de presse, quand j’ai été accueilli par des tirs nourris des militaires déguisés en civils, est un accueil qui annonce déjà que la campagne sera douloureuse. Et là où on m’attendait à Kindu, mes militants ont été arrêtés et son toujours en prison jusqu’à présent.

Mais tout  cela ne me fait pas peur, puisque comme vous savez, quad vous faites de la politique il faut déjà faire un testament que vous laissez à votre épouse.

Donc nous prenons l’engagement de lutter pour la nation congolaise jusqu’au martyr s’il le faut. J’intériorise le fait qu’effectivement face à un pouvoir barbare, ma vie peut être écourtée à tout moment. Je ne voudrais pas très vite suivre Lumumba, mais je dis que si on peut mourir pour une cause nationale, pourquoi pas. Donc, quand j’intériorise cela, ça ne me fait pas peur. Le Président le sait très bien puisque je l lui ai dit. Moi je considère que je suis déjà mort. Donc mon combat continue.

Matalana : Beaucoup commencent à vous considérer comme l’homme des Américains. Vous reconnaissez-vous dans ce costume-là ?

Vital Kamerhe : Il y en a qui me considèrent aussi comme l’homme du peuple congolais, il y en a qui me considèrent aussi comme l’homme des puissances régionales en Afrique et finalement je suis un homme du monde, voilà ce que je dirais puisque l’Amérique fait partie du monde.

Matalana : Quelles sont les personnalités ou les institutions que vous avez rencontrées  durant votre séjour à Washington ?

Vital Kamerhe : J’ai  été invité par le Centre stratégique d’études internationales. J’ai été au Département d’Etat et j’y ai vu presque tout le monde. J’y ai parlé et surtout plaidé pour que la prochaine résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui va prolonger le mandat de la Mission des Nations unies en République Démocratique du Congo, chez nous puisse comporter un volet électoral. C’est-à-dire la sécurisation des élections et des résultats pour éviter « l’ivoirisation » de la situation congolaise.

« La Guinée – qui est un peu la République Démocratique du Congo de l’Afrique de l’Ouest – nous a donné une leçon que nous allons intérioriser. »

Nous avons reçu dernièrement une bonne leçon d’un pays africain, la Guinée, où tout le monde était pessimiste. Mais voilà un général, Sékouba Konaté, avec des candidats civilisés – celui qui a perdu, Celou Diallo, et moi je considère que les deux candidats ont gagné puisqu’ils ont privilégié d’abord l’intérêt du peuple guinéen. Voilà ce que nous voulons avoir chez nous. La Guinée nous a donné une leçon que nous allons intérioriser.

Après Dadis Camara, après tout ce qu’on a connu à l’époque de Lansana Conté. Nous regardions la Guinée avec un œil qui faisait peut. La Guinée est un pays riche, c’est peut-être la RDC de l’Afrique de l’Ouest, puisqu’ils ont tous les minerais que nous avons chez nous. Ce pays va pouvoir décoller. C’est le vœu que nous formulons pour ce peuple guinéen qui a tant souffert. Et bonne chance au président qui a gagné et à celui qui a perdu, puisque ça sera le futur président de la Guinée. Je ne suis pas prophète, mais je le pense.-

Propos recueillis par John Lyndon

Texte distribué par:

Mwalimu Kadari M. Mwene-Kabyana, Ph.D.
2311 rue Centre
Montréal (Québec)
Canada

H3K 1J6

Tél. (514) 937-2362
Fax (514) 937-9693

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

Voir tous les articles de kakaluigi

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez vous Poster un commentaire

carrosserieautopro |
ThinkBlog |
Dipersés... fRaNce aMéRIqUe... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | madame dousse
| Les diplomes du club
| blog de jiji22