27/04/11/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MERCREDI

 (CongoForum)

Il y a essentiellement, à la Une de l’actualité congolaise, trois sujets étroitement liés : troubles des étudiants de l’Université de Kinshasa (Unikin) dossier des véhicules aux professeurs et annulation de la dette de la Rdc par les Etats-Unis. Tout cela, en effet, renvoie à la question perpétuelle : d’où vient l’argent et où va-t-il ? Un sujet qui généralement passionne tout le monde, et pas seulement au Congo !

Unikin

Le Phare titre: « Situation confuse à l’Unikin, violente manifestation contre la majoration des frais d’enrôlement » et Phare rappelle que déjà en janvier 2011, le campus de la colline inspirée a connu des violences suite à l’assassinat de deux étudiants.

(La Colline inspirée est un roman historique de Maurice Barrès publié en 1913. L’Université a été fondée en 1954 comme établissement catholique sous le nom de Lovanium et est située sur une colline : le mont Amba, dans la commune de Lemba. Cela inspira à l’époque un certain nombre de plaisanteries journalistiques sur le thème de « la colline inspirée » pour désigner ce lieu. Elle fut reprise régulièrement dans les années 60, à propos de mouvements de contestation étudiante, devenant alors parfois « la colline mal inspirée ». Le nom lui est resté. NdlR)
Et hier, encore, rapporte Le Phare, l’Université de Kinshasa était de nouveau le théâtre d’une violente manifestation estudiantine. Il précise que la mèche a été allumée par une information livrée samedi par le secrétaire général académique, et attribuée au cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire. « Selon cette circulaire, écrit Le Phare, les frais d’enrôlement à la première session passaient de 5 à 15 USD, tandis que ceux de participation à la 2e session étaient portés de 2 000 francs congolais à 10USD. »
Le journal indique que, mardi matin, les étudiants ont constaté que les entrées de leurs auditoires étaient placées sous haute surveillance de la garde universitaire. Pour passer, chacun d’eux devait présenter la preuve du paiement des frais académiques. Fâchés, ils se sont dirigés vers le bâtiment administratif pour tenter d’obtenir des explications du recteur, le professeur Labana. Et selon le journal de l’avenue Colonel Lukusa, le secrétaire académique qui a tenté de lancer un appel au calme a été accueilli par un jet de pierres, puis, après, c’était une pluie des pierres sur le bâtiment administratif et certains véhicules et autres biens sur le campus. Cela ne s’est pas arrêté là. Alertée, la police est venue pour rétablir l’ordre. Bilan : un blessé par balle, une balle perdue, précise le journal. Il s’agit d’un élément de la garde universitaire qui a été évacué d’urgence vers les Cliniques universitaires pour une intervention chirurgicale. Jusqu’à présent, on est resté sans réponse du mobile de la majoration des frais d’enrôlement, et la situation était confuse sur le campus jusque mardi soir, ajoute Le Phare.

La Prospérité, pour aborder ces mêmes événements, titre : « Encore des troubles à l’Unikin ! ». Parlant  elle aussi d’ « Un mort et de plusieurs blessés », elle indique que des dégâts matériels importants ont été enregistrés. Ce journal souligne : « Tel est le bilan provisoire et non officiel des échauffourées qui ont opposé mardi 26 avril 2011, étudiants et certains éléments de la Police dépêchés sur le Campus ».
Mais La Prospérité se veut encore  plus explicite : « Le Comité de gestion aurait majoré ou encore fixé unilatéralement certains frais et donc, sans concertation préalable avec la communauté estudiantine. Ainsi, les frais d’enrôlement seraient-ils passés de 5.000 FC (Ndrl ± 5 $Us) à 25 $us pour la première et la deuxième session ; la carte d’étudiant de 0$us à 25 $Us ; les frais de dépôt du rapport de stage de 0 $Us à 15 $Us ; dépôt TFC de 50 $us à 100 $Us ; dépôt mémoire de 75 $Us à 150 $Us.
Approchés par La Prospérité, les étudiants affirment avoir tenté, mais en vain, de rencontrer le Recteur afin de renégocier tous ces frais. Selon eux, c’est le refus catégorique du Recteur de les recevoir qui a mis de l’huile au feu. Le Ministre de l’ESU, le Prof. Mashako Mamba qui est descendu sur le lieu pour constater les dégâts, a promis des sévères sanctions à l’endroit des fauteurs des troubles.
 »

(Il est probable qu’il faut cumuler les informations du Phare -droit d’inscription aux examens- avec ceux de la Prospérité - frais académiques en général – pour obtenir un tableau complet du malaise étudiant. Et lorsqu’on voit la proportion dans laquelle les frais augmentent – cela va de la multiplication par 5 à l’apparition pure et simple d’un prix pour des prestations jusque là gratuites, on ne peut que comprendre que les étudiants aient eu un choc ! Choc d’autant plus pénible que l’on est assez proche déjà des examens, et que l’on n’inscrira à ceux-ci que les étudiants en règle de paiements, menaçant donc ceux qui n’auraient pu y faire face de la perte pure et simple d’une année d’études. Cela ressemble furieusement à du chantage.
Devant de telles mesures, on peut difficilement se défendre de l’impression que l’Université ne cherche nullement à se faire rembourser des frais réellement exposés, mais qu’elle a décidé de faire de l’argent à tous prix et qu’elle plume le poulet parce qu’il ne peut se défendre !
A quoi s’ajoute que les familles congolaises attachent une importance très grande à l’éducation et consentent, année après année, des efforts héroïques pour faire face aux frais scolaires. C’est donc un sujet sensible pour tout le monde, largement au-delà des campus universitaires. NdlR)

« Situation confuse à l’Unikin », titre en ce qui le concerne Le Potentiel pour annoncer cette information et s’interroge : Y a-t-il eu mort d’homme le mardi 26 avril 2011 sur le site du campus de Unikin ?
Et ce journal de se montrer prudent. Il écrit notamment : « Des témoignages divergent. Pour l’Inspection provinciale de la Police nationale congolaise, ville de Kinshasa (IPKIN), il n’y a pas eu de perte en vie humaine si ce ne sont que quelques dégâts matériels mineurs. Point de vue défendu par le comité de gestion de l’Unikin. » Mais,  cite Le Potentiel, « des sources indépendantes, dont celles proches de l’Association des professeurs de l’Unikin (APUKIN), font état d’un décès par balles dans les rangs de la garde universitaire ». Bref, conclut-il, la confusion est totale.
Le Potentiel relève enfin : « D’aucuns estiment qu’un cancer aurait atteint les établissements de l’Esu. Selon eux, le gouvernement a intérêt à extirper ce mal avant qu’il n’atteigne la phase de métastase. Les incidents du mardi 26 avril 2011 à l’Unikin devraient interpeller le gouvernement et lui rappeler l’urgence de parer au plus pressé, bien avant que l’irréparable de ne se reproduise. En ce temps de consolidation de l’Etat de droit, la RDC n’a plus besoin d’un nouveau massacre des étudiants sur son sol ».
(La presse a l’habitude de se montrer à la fois prudente et inquiète quand aux morts dans des troubles universitaires. La prudence s’explique par le souvenir des « massacres de L’shi » de1990, nouvelle qui fut reprise par les journaux et fit le tour du monde avant que l’on ne s’avise qu’aucun cadavre n’avait été ramassé nulle part. Mobutu prit alors prétexte de cette « campagne d’intox » pour rompre tout lien avec la coopération étrangère, ce qui aggrava notablement la grande misère du « bidonville académique ». Misère qui, à son tour, explique l’inquiétude. NdlR)

Véhicules

L’Observateur titre : « L’API/Asbl : des véhicules des professeurs d’université, Il ne s’agit pas d’un don ».  et fournit les explications suivantes :
« Réunis au sein d’une Asbl dénommée Association des professeurs de l’IFASIC (API)/Asbl), les professeurs de l’Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication (IFASIC) ont fait une mise au point au sujet d’un lot de 1.400 véhicules qui doivent bénéficier à 1.400 professeurs d’universités congolais.
Dans une déclaration rendue publique ce mardi 26 avril au sein de leur établissement à Gombe, les professeurs de l’Ifasic ont tenu à attirer l’attention de l’opinion tant nationale qu’internationale sur l’origine de ces véhicules.
A en croire cette déclaration, ces véhicules ne représentent pas un quelconque don, mais ils sont le produit d’un contrat signé depuis avril 2010 entre d’un côté, un vendeur concessionnaire, à savoir l’Auto Transport Company (ATC), et de l’autre, le comité exécutif de l’Association des professeurs d’université de Kinshasa (APUKIN) représentant les professeurs de l’Enseignement supérieur (ESU).
Toujours d’après la déclaration lue hier, il ressort dudit contrat que le professeur est acheteur de son véhicule ; que le comité exécutif de l’APÜKIN dresse les listes et distribue les véhicules aux bénéficiaires ; et que quatre ministres du gouvernement participent seulement en qualité de témoins. Il s’agit, a-t-on cité, des ministres de la Fonction publique, du Budget, des Finances et de l’ESU.
En ce qui concerne la distribution de ces véhicules, elle doit se faire sur base des critères aussi bien généraux que spécifiques définis dans la déclaration de l’API.
Parmi ces critères, il convient d’indiquer que ne doit bénéficier du véhicule que le professeur qui figure sur la liste des 1400 professeurs et sur les listings du ministère de l’ESU par établissement.
Signalons par ailleurs que la déclaration des professeurs de l’Ifasic intervient presque au lendemain de l’annonce par le ministre de l’ESU, Léonard Mashako Mamba de l’arrivée d’un premier lot composé de 500 véhicules qui se trouvent déjà au port de Matadi. Il a fait cette annonce le samedi 23 avril au cours d’une séance de travail qu’il a eue avec des représentants de quelques associations des professeurs d’universités.
En effet, la déclaration des professeurs de l’API n’est, ni plus, ni moins qu’une réponse au geste posé par le ministre de l’ESU, considéré, non seulement par les professeurs de l’Ifasic, mais également par les professeurs de l’APUKIN, comme une manière pour lui de s’arroger le droit de distribuer les véhicules ; droit qui, à leurs yeux, revient à la seule APUKIN.
En ce qui concerne par ailleurs ces 1.400 véhicules, le ministre de l’ESU a annoncé qu’ils arriveront en trois vagues : le premier lot de 500 véhicules déjà au port de Matadi, aura comme bénéficiaires, les professeurs de Kinshasa, Bandundu, Bas-Congo et Equateur. Le deuxième lot de 468 véhicules parviendra par Kasumbalesa (Katanga) et Mombasa (Dar-es-Salam, en Tanzanie). Il sera remis aux professeurs des provinces du Katanga, du Kasaï Occidental, du Kasaï oriental, du Maniema, du Nord-Kivu et de la province Orientale.
Tandis que le reste des professeurs de Kinshasa, du Bas-Congo, du Bandundu et de l’Equateur sera servi avec le troisième lot de 432 véhicules
 ».

Le Phare aussi revient sur l’affaire de l’octroi par le gouvernement de véhicules aux professeurs d’université. Il titre : « L’Apukin en désaccord avec Mashako Mamba ».
L’Apukin dénonce ce qu’elle qualifie de « manœuvres amorcées par le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire pour s’arroger le droit d’assurer la distribution des véhicules commandés », peut-on lire dans ce journal. Selon l’Apukin, poursuit Le Phare, le contrat d’achat à crédit de ces véhicules le lie directement au concessionnaire, l’Etat n’étant qu’un témoin.

(On a eu quelque peu, aux premiers bruits qui ont couru au sujet de ces véhicules, l’impression que l’Etat congolais, ou même JKK, s’improvisait garagiste. Il n’y a pratiquement pas de mérite, d’exploit ou de revendication qui ne s’attire le « cadeau » d’une voiture. Même si ce cadeau, comme ici, est fort relatif. Campane électorale oblige. NdlR)

Dette

Au sujet de l’annulation de la dette de la Rdc par son partenaire les Usa, L’Avenir titre : « Retombées de l’atteinte du Point d’achèvement : Les Usa annulent la totalité de la dette de la Rd Congo » Ce journal rappelle : « Comme conséquence de l’atteinte du Point d’achèvement de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (IPPTE), et grâce au quitus du Club de Paris en novembre 2010, les Etats-Unis d’Amérique ont accepté d’annuler la totalité de la dette de la Rd Congo. Cette dette était de l’ordre de 1.823.769.400 dollars Us. Ceci va permettre à la Rd Congo d’allouer les sommes jadis affectées au payement de la dette dans les dépenses pro-pauvres (éducation, santé, agriculture, infrastructures, etc.) ».

Pour sa part Le Potentiel titre : « La RDC obtient plus d’un milliard d’annulation de dette des Etats-Unis ».
Pour ce journal, « Le gouvernement a de quoi se frotter les mains. En effet, la bonne tenue du cadre macro-économique commence à porter des fruits. Après l’attente de dette prévus au point d’achèvement de l’Initiative d’annulation de dette des pays pauvres très endettés (I-PPTE), les créanciers de la RDC sont de plus en plus nombreux à confirmer leur promesse d’effacement ».

(L’achèvement de l’initiative PPTE et l’annulation de la dette ont fait, en leur temps, l’objet de grands bruits de vuvuzela de la part du gouvernement et de la présidence. On a présenté cela comme une sorte de certificat international de crédibilité et de bonne gouvernance.
On sait que les institutions de Bretton-Woods décernent des distinctions pour « bonne gouvernance », « amélioration du climat des affaires » ou « bonne tenue du cadre macro-économique » qui devraient en bonne logique être considérés comme des brevets d’infamie, puisque le sens en est que les gouvernements qui s’en montrent dignes ont docilement accepté le « credo » néolibéral de ces institutions et privilégié au maximum les intérêts de la haute finance internationale en se fichant de leur peuple comme de colin tampon. La bonne gestion , pour elles, consiste à réserver la plus grosse part du gâteau au grand capital, une belle portion à la bourgeoisie prédatrice locale et ç promettre au peuple d’éventuelles mettes, s’il y en a.
2010 déjà devait être en RDC « l’année du social ». On en est à envisager les miettes éventuelles, peut-être, en 2011… Et encore ! Avec toutes ces campagnes électorales à financer…
Or, les gouvernements ne se font pas d’illusions. Les mouvements « à la Tunisienne », poétiquement dits « Révolution du Jasmin » sont avant tout l’expression
  de mécontentements sociaux. Et le social est également un élément important des troubles postélectoraux de Côte d’Ivoire ou du Nigéria. La multiplication des promesses non tenues est par elle-même un facteur explosif. NdlR).

C’est un peu le sens d’un article de L’Observateur intitulé « 1er mai :  » fête  » des travailleurs en RDC ? ». « Ils sont combien, ces  » travailleurs  » congolais qui vont  » fêter leur fête  » le 1er mai prochain ?  Cette redondance expresse est bien à sa place. Loin de nous l’idée de nous lancer dans des diatribes alors que le monde entier va commémorer, le dimanche 1er mai prochain, la fête des travailleurs, cette date nous donne quand même matière à réflexion. Même si le 1er mai a pris un caractère international et festif, du côté congolais, il est toujours revendicatif car les travailleurs congolais continuent toujours à se battre pour l’amélioration de leurs conditions de travail. Une lutte qui ne porte pas toujours ses fruits. »
L’auteur de l’article rappelle ensuite que c’est aux États-Unis, au cours de leur congrès de 1884, que les syndicats américains se donnent deux ans pour imposer à leurs patrons, les vrais patrons, une limitation de la journée de travail à huit heureset de débuter leur action le 1er mai parce que beaucoup d’entreprises américaines entament ce jour-là leur année comptable, et que les contrats ont leur terme ce jour-là.. Le 1er mai 1886, la pression syndicale permet à environ 200 000 travailleurs d’obtenir la journée de huit heures. D’autres travailleurs, environ 340 000 dans tout les USA, dont les patrons n’ont pas accepté cette revendication, entament une grève générale. Le 3 mai, la répression fait trois morts parmi les grévistes de McCormick, à Chicago. Le lendemain a lieu une marche de protestation et dans la soirée, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers. C’est alors qu’une bombe explose devant les forces de l’ordre. Elle fait un mort dans les rangs de la police. Sept autres policiers sont tués dans la bagarre qui s’ensuit. Cinq syndicalistes  » anarchistes  » sont condamnés à mort (Albert Parsons, Adolphe Fischer, Georges Engel, August Spies et Louis Lingg). Trois autres sont condamnés à perpétuité. En 1893, la révision du procès reconnut l’innocence des 8 inculpés ainsi que la machination policière et judiciaire mise en place pour criminaliser et casser le mouvement anarchiste et plus largement le mouvement ouvrier naissant. On lit sur une stèle les dernières paroles d’August Spies :  » Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui ».       
« La toute dernière phrase de notre petite histoire nous intéresse au plus haut niveau quant à voir la manière dont les travailleurs congolais sont traités. Travailleur ici au sens plus large. La situation difficile qu’ils connaissent, teintées de plusieurs années d’arriérés de salaire, pour la plupart, est plus que révoltante. A titre d’exemple, au sein de l’Administration publique, le SMIG de 100 dollars américains publié par une Ordonnance présidentielle, n’a jais connu un début d’exécution. Pour preuve, un directeur touche moins de 100 USD. Il en est de même dans le secteur privé où les mêmes problèmes sont enregistrés. On navigue presque à vue, sans lendemain certain… Les conditions de vie du travailleur congolais sont médiocres. Elles sont plus en deçà de la moyenne. Cela n’inquiète personne. Pour contourner cette extrême pauvreté, le travailleur congolais s’est lancé dans la débrouillardise pour la survie de leurs progénitures.      
A l’approche de cette date du 1er mai, des interrogations fusent de partout, surtout le monde syndical où l’on se demande du message que va apporter le gouvernement. Lui qui est sensé mener sa politique en cette matière à travers le ministère de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale. Que va-t-il encore dire aux travailleurs, si ce n’est que décréter une journée « fériée et payée » sur toute l’étendue du territoire national. Dans un pays où il n’existe aucune politique salariale cohérente, si ce n’est que sur papier, quelles explications le premier employeur qui est l’Etat congolais va donner aux travailleurs dont il est sensé assurer la survie ? Lui qui semble démissionner de ses responsabilités. 
Le 1er mai, c’est dans trois jours. N’anticipons pas. Attendons voir.
 »

Divers

La Tempête des Tropiques annonce «  60 Congolais refoulés d’Europe ».Un charter qui va ramener ces Congolais est donc attendu à l’aéroport international de N’djili ce jour, sauf imprévu, ajoute prudemment le journal, qui indique que, par rapport à cette situation, on a enregistré une vague de protestations, hier, à Bruxelles, au sein de la diaspora congolaise, contre ce charter de la honte et contre la discrimination appliquée par les pays occidentaux contre les ressortissants des pays du Tiers monde.

Forum des As  et Le Potentiel évoquent le dénouement de l’affaire Ndambu, le gouverneur de la province de Bandundu. « Evincé, puis réhabilité par la Cour suprême de justice, cas Ndambu, une humiliation pour les députés provinciaux ». Pour ce journal, en effet, si l’arrêt de la haute cour réhabilitant le gouverneur déchu est juridiquement inattaquable, il pose néanmoins un sérieux problème politique.
Richard Ndambu est ainsi rétabli dans ses fonctions de gouverneur de province, après sa déchéance prononcée le 11 mars dernier, au travers une motion de défiance votée par 43 députés provinciaux sur les 75 députés qui composent cette institution provinciale.
Pour rappel, le gouverneur a été accusé par l’assemblée provinciale de détournement de deniers publics, et de mal gouvernance. Et la Cour d’appel de Bandundu avait approuvé sa déchéance.
Interrogé à chaud, Richard Ndambu a indiqué que l’action de l’assemblée provinciale a été basée sur des irréalités. Heureux tout de même de cette décision, le gouverneur appelle tous les habitants de sa juridiction à l’unité : « Tout ce qui a été raconté était des manipulations. Nous considérons une nouvelle page de notre histoire.C’est pour dire que nous n’avons présentement qu’un seul devoir, celui de construire la province du Bandundu. J’appelle donc à l’unité d’action, tous les leaders politiques et d’opinion de la province. Mettons-nous ensemble pour terminer ce mandat dans la paix et la reconstruction pour le bonheur de notre peuple, qui sort gagnant de cette affaire ».

L’avocat conseil du gouverneur déchu a développé trois moyens pour justifier l’inconstitutionnalité de la déchéance de son client.
Selon lui, son client a été démis de ses fonctions de gouverneur par une motion de défiance qui vise un seul membre du gouvernement en lieu et place d’une motion de censure qui vise la chute de tout le gouvernement.
Deuxième entorse d’après cet avocat, le règlement d’ordre intérieur de l’assemblée provinciale de Bandundu n’a jamais été transmis à la Cour suprême de justice pour validation depuis 4 ans.
Conséquence : cette assemblée provinciale fonctionne dans l’illégalité. Illégalité qui frappe aussi les mesures qu’elle prend. L’avocat conseil de Richard Ndambu a aussi relevé qu’il fallait signifier, 48 heures avant, à l’autorité provinciale de se présenter devant l’organe délibérant de Bandundu pour se défendre. Ce qui n’a pas été fait, d’après lui.
Toutes ces irrégularités réunies rendent, donc, selon la défense du gouverneur démis, sa destitution inconstitutionnelle.

De son côté, l’assemblée provinciale de Bandundu a reconnu le retard enregistré dans la transmission de son règlement intérieur à la Cour suprême de justice, tout en continuant à soutenir, que le gouverneur répondait de ses actions devant la même assemblée, malgré cette irrégularité.

© CongoForum, le mercredi 27 avril 2011

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

Voir tous les articles de kakaluigi

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez vous Poster un commentaire

carrosserieautopro |
ThinkBlog |
Dipersés... fRaNce aMéRIqUe... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | madame dousse
| Les diplomes du club
| blog de jiji22