Des militaires angolais signalés dans plusieurs localités du Bas-Congo

4 mai 2011

Actualités

Des sources concordantes, dont la société civile locale font d’état de la présence sur le territoire congolais, des troupes angolaises, dans le territoire de Tshela, à plus de 200 kilomètres à l’ouest de Matadi, et dans d’autres secteurs du Bas-Congo. Les militaires angolais  seraient à la recherche des rebelles du Front de libération de l’enclave de Cabinda (Flec).Des coups de feu ont été entendus, précisément mardi 3 mai, à Mbata Yema, à Tshela.

Selon la société civile de ce territoire, il s’agissait bien des  militaires angolais qui auraient eu des accrochages avec des éléments du Flec.

Deux soldats angolais seraient morts lors de ces accrochages.

Le ministre provincial de l’Intérieur, Félicien Mbedi, a affirmé avoir été informé de la situation.

Il dit attendre un rapport détaillé de la part  de l’administrateur du territoire.

Selon d’autres sources, des militaires de l’armée régulière angolaise sont signalés aussi  à Mbata-Yema, groupement Kikamba, situé à une vingtaine de kilomètres de la cité de Tshela.

Des renforts de cette armée seraient même attendus sur le sol congolais, notamment au village Kimbemba Mbenza, pour renforcer les troupes déjà présentes.

Cette situation aurait causé un déplacement des populations congolaises locales qui seraient allées trouver refuge dans des villages éloignés.

Du coté du village Nkamuna,  dans le territoire de Songololo, à environ 60 kilomètres à l’est de Matadi, la population locale a signalé également la présence des militaires angolais lourdement armés.

Ils seraient à l’intérieur de la RDC, à plus de 20 kilomètres au-delà de la borne frontalière nº17, qui sépare les deux pays.

Dans cette même contrée du Bas-Congo, la population ne vaque plus librement à ses occupations champêtres à cause de la présence étrangère, soulignent ces sources.

Ce n’est pas la première fois que des incursions des soldats angolais sont signalées dans la province congolaise du Bas-Congo, notamment en territoire de Tshela.

En octobre et novembre 2010, les habitants des villages de Mbata Yema, Kata, Kangu, Mbemba, Kikamba, Katamvu, Kikolokolo, Falanga et Nganda Sundi, notamment, avaient dû, soit fuir leurs milieux respectifs, soit déserter leurs champs, à cause des incursions de l’armée angolaise, rappelle-t-on.

Les militaires angolais venaient faire des patrouilles du côté congolais, et affirmaient venir rechercher les combattants du Flec.

Et à chaque fois, c’est la société civile locale qui tirait la sonnette d’alarme en direction des autorités provinciales et nationales de la RDC. Copyright Radio Okapi

1/3 http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/05/03/mort-de-ben-laden-1-3-la-traque_1516089_3216.html

2/3 http://www.lemonde.fr/mort-de-ben-laden/article/2011/05/03/mort-de-ben-laden-2-3-l-assaut_1516349_1515627.html#ens_id=1515452

http://www.youtube.com/watch?v=WQeAAHgncM0&feature=player_embedded

CONGO, WOLFSBURG : DIEUMERCI M’BOKANI TOUCHE LE FOND !

04/05/2011 – 10 h 26 - 15

L’attaquant congolais Dieumerci M’Bokani continue sa descente aux enfers. Exclu à vie de sa sélection, il est également interdit d’entraînement à Wolfsburg, où il est seulement prêté par Monaco !

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On l’avait laissé sur une exclusion temporaire de la sélection congolaise et un temps de jeu très faible à Wolfsburg. Pour Dieumerci M’Bokani, il était difficile de faire pire et on était en droit d’attendre une réaction de la part de l’attaquant prêté par l’AS Monaco. Malheureusement, la situation s’aggrave pour le buteur âgé de 25 ans.

En effet, on apprenait hier que la fédération avait décidé de l’exclure à vie pour son comportement non professionnel. M’Bokani ne portera donc plus jamais le maillot de la sélection nationale congolaise. Et aujourd’hui dans Bild, son entraîneur à Wolfsburg, Felix Magath, a mis fin à ses espoirs de rester en Bundesliga. « Son prêt se termine en fin de saison. Il ne restera pas avec nous, nous ne lèverons pas l’option d’achat », a expliqué Magath.

Pire, M’Bokani n’aura même plus le droit de s’entraîner avec le club allemand jusqu’à la fin de la saison ! « Cela n’a plus aucun sens. Il n’a plus le droit de s’entraîner, il a raté trop de séances auparavant », a lancé Magath. Alors qu’il reste deux journées de championnat en Allemagne, Dieumerci M’Bokani peut déjà préparer ses valises et réserver son billet d’avion pour Monaco. À la lueur de la deuxième partie de saison réalisée par le Congolais, il serait étonnant de voir le club de la Principauté chercher à le relancer. Qui aura alors envie de recruter l’ancienne star du Standard de Liège ?

/ » height= »11″ width= »13″ />Aurélien Léger-Moëc

04 mai 2011

Faire une prépa: cela en vaut-il encore la peine?

 

Aujourd’hui pour entrer dans une grande école, vaut-il mieux bachoter comme un fou pendant deux ans en prépas (56 heures de travail par semaine en moyenne!) ou prendre un peu plus son temps dans des filières moins chronophages (39 heures de travail en IUT, 32 à l’université selon l’étude annuelle de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE )? Après tout, les élèves issus de licences, de DUT ou de BTS sont accueillis à bras ouverts dans des grandes écoles de commerce et d’ingénieurs en mal de candidats et y réussissent aussi bien que les élèves de prépas. 

A l’ESC Grenoble – où les admissions parallèles représentent 40% des effectifs –, on constate même que le major de promo est une année sur deux issu de cette filière. Et des exemples comme celui-là il y en a des dizaines. Il n’y en fait guère que dans les «très grandes», les Polytechnique, HEC, Centrale ou Normale Sup qui se refusent aux bac+2 tout en admettant largement des élèves de licences et de masters. Sans parler d’écoles postbac, comme les Insa pour les ingénieurs ou l’Ieseg pour les écoles de commerce, qui se classent aujourd’hui très près des meilleures écoles post-prépas en termes d’insertion professionnelle.

 

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Dessin : Gérard Mathieu

Un début de désaffection?

Tout cela est un peu frustrant pour un élève de prépa qui a bossé deux ou trois ans comme un fou et se retrouve en concurrence avec d’autres qui ont eu des années disons plus cool. Le nombre d’élèves ayant mis les prépas en tête de leurs choix sur admission-postbac a d’ailleurs baissé de 5% en 2010 par rapport à 2009. La baisse est particulièrement importante dans les prépas économique et commerciale (-8,9%), moins pour les prépas scientifiques (-4,3%). Seules les prépas littéraires progressent avec +2,3%.

Même si, en définitive, la baisse d’effectifs a été finalement quasi nulle (0,5% soit 400 inscrits), ce chiffre n’en est pas moins significatif après des années de croissance qui ont vu les effectifs augmenter de plus de 10000 élèves (+13,8%) en dix ans. Quant aux candidatures aux concours des écoles de commerce post prépas, elles sont en baisse de 1,77% cette année pour le concours de la BCE et stables pour Ecricome.

Pourquoi faire une prépa?

Le sujet des prépas revient constamment dans les entretiens que j’ai réalisés et que vous pouvez lire en intégralité – si vous êtes abonné – sur lemonde.fr en cliquant sur le nom des personnes interrogées :

Pascal Morand, le directeur général d’ESCP Europe, l’une des toutes meilleures écoles de commerce, recrute autant d’élèves issus de prépas que d’autres formations. Il m’expliquait: «Les prépas sont un moyen privilégie de travailler intensément sur des matières distinctes en un temps limité. Et aujourd’hui c’est comme cela qu’il faut travailler dans les entreprises. Même si les prépas ne sont pas pour autant le seul moyen d’y parvenir.» Un melting pot porteur !

Hervé Biausser, directeur de Centrale Paris, préfère recruter très majoritairement des élèves de prépas qui y ont «acquis une grande puissance de travail, la capacité à résoudre les problèmes et une habilité conceptuelle».

- Et Joël Vallat, proviseur du lycée Louis-Le-Grand à Paris d’insister: «A Normale Sup Lettres Paris, Louis-Le-Grand a 30 % des reçus, le lycée Henri IV un autre 30 % et tous les autres lycées de France se partagent les 40 % restants. A l’Ecole Polytechnique (X), sur 400 places environ, nos élèves en occupent 110 ou 120 les bonnes années, 85 les moins bonnes, en moyenne un quart. Et quant aux littéraires, s’il y a peu de places dans les écoles normales supérieures, ils seront les plus à même d’intégrer les meilleurs cursus universitaires et réussir l’agrégation s ‘ils veulent devenir professeurs. Cela vaut la peine de s’imposer des privations pendant quelques années.»

Travaille-t-on trop en prépa?

Justement le débat se centre aussi régulièrement sur l’investissement intensif que les prépas demandent à leurs élèves. « Si les prépas développent un haut niveau de compétence intellectuelle, elles présentent aussi des défauts », me disait l’un des plus farouches adversaires des prépas, Richard Descoings, l’emblématique patron de Sciences Po Paris, en les listant ainsi: «Le premier étant de faire porter la réussite de toute une vie sur la réussite entre 17 et 20 ans. Je pense qu’à cet âge le mieux à faire n’est pas forcément de travailler 18 heures par jour et sept jours sur sept. Le tout avec le stress de savoir si on passera en deuxième année et ensuite si on aura Polytechnique, les Mines ou HEC. Est-ce un idéal éducatif? C’est sûrement un idéal professionnel mais éducatif?»

Joël Vallat veut lui «casser cette image de bagne. Nos élèves travaillent beaucoup, beaucoup plus qu’en terminale, mais ils font aussi de la musique – nous avons même un orchestre -, ou jouent des pièces de théâtre qu’ils ont même parfois écrit. Et ils travaillent ensemble. Leurs concurrents ce sont les élèves des autres prépas, pas leurs camarades avec lesquels ils savent avoir tout intérêt à s’entraider. Ici on peut voir des élèves ensemble dans une classe le soir pour préparer un devoir sur table le lendemain. Il y a une forte émulation, pas de concurrence. Résultat : nos anciens élèves nous disent garder de meilleurs souvenirs de leur prépa que de la grande école qu’ils ont intégrée ensuite.»


Commentaires

  1. La prépa est une période très formatrice intellectuellement. On apprend à apprendre vite et bien, à raisonner et à résister au stress.
    L’enseignement y est de qualité et le suivi est exceptionnel

    “Polytechnique, HEC, Centrale ou Normale Sup qui se refusent aux bac+2 tout en admettant largement des élèves de licences et de masters.”

    Il y a 10 places sur 400 à l’X pour les universitaires, qui ne sont en général pas toutes pourvues, car le niveau des candidats est jugé trop faible. Largement?

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  2. Si on veut être bon un jour ou l’autre il faut travailler. Ceux qui ne l’ont pas fait en prépa le feront plus tard. C’est tout.
    Ps: ne pas négliger aussi le nombre important de recruteurs qui préfèrent les candidats issus de prépas, à diplôme égal…j’en ai fait les frais (dans le bon sens -) )

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  3. Bien sûr que la prépa vaut encore la peine : la France restant un pays de castes, tout comme l’Ingénieur sera presque toujours mieux considéré que le titulaire d’un master, l’Ingénieur passé par la prépa sera souvent mieux considéré que ses collègues.

    Ce genre de biais idiot me semble en recul, mais ce recul est très lent dans les grandes entreprises, dont la culture évolue à la vitesse de la tectonique des plaques, puisqu’elles entretiennent les biais de ce genre en recrutant toujours les mêmes profils.

    Au-delà de ça, la prépa pour moi (en province) n’a pas du tout été l’enfer que dénoncent certains, au contraire :
    - dans la continuité du lycée ça reste très scolaire, on n’a pas trop à se poser de questions
    - on se concentre sur quelques matières choisies, ce qui est très agréable à mon goût (chacun les siens)
    - il y avait dans ma prépa une excellente ambiance, sans aucun sentiment de concurrence entre élèves
    - en deux ans, je ne me suis privé ni de jeux vidéo ni d’informatique, sauf 2 semaines intenses avant les écrits

    Dans le choix prépa vs. autre chose, il faudrait idéalement évaluer ses propres capacités (difficile, heureusement que mon prof de maths au lycée m’a incité à y aller), définir ses objectifs (encore faut-il avoir entendu parler des prépas et écoles)… Pas évident ! Je crois qu’il faut aussi, voire surtout suivre son goût : c’est encore le meilleur moyen de rester motivé tout du long de ses études et de sa carrière !

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  4. Tout est dans le titre: “cela en vaut-il la PEINE?”
    Quand on regarde ses études et son travail avec “peine” on ne peut pas attendre grand chose de la vie et du monde du travail.
    A force de ne plus accepter le moindre effort on devient des larves…
    Il serait plus judicieux de calquer les programmes des facs et leur encadrement sur ceux de prépas que de faire l’inverse, sinon on tire le système vers le bas…

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  5. Pour remettre la “baisse” des inscriptions en prépa dans son contexte, la pyramide des âges en France en 2010 :http://www.ined.fr/fr/pop_chiffres/france/structure_population/pyramide_ages/
    On voit clairement un net creux aux alentours des 17 ans, l’âge où l’on s’inscrit en prépa majoritairement. La chute du nombre d’inscrit n’est donc sans doute pas réellement significative, sauf pour les -8,9% des prépas commerciales.

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  6. Vous cherchez la polémique avec ce genre de titre ;-) .

    De ma propre expérience, j’ai moi même fait une bonne prépa suivi d’une école de management. Et je me suis aussi posé cette question quand en 2eme année sont arrivé des AST (admis sur titre) venant de différentes filières, certains étant devenu de très bon camarades.
    Ils m’ont tous dit que la question “pourquoi n’avez vous pas fait de prépa ?” sortait à chaque entretien, la question en soit n’est pas un problème, mais cela semble tout de même être mal perçu.

    Autre point à prendre en compte, une fois diplômé chacun est en concurrence avec les autres diplômés de son école et d’ailleurs. Et généralement, quant on est diplômé, on n’a pas un CV très long, Diplôme + 1 stage. Donc le recrutement se fera sur des petits points marginaux pour départager les candidats. Et dans cette situation, il vaut mieux avoir “prépa” sur son CV.

    My 2 cents

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  7. La prépa est une très bonne opportunité, on y apprend de bonnes méthodes de travail qui nous aident ensuite lorsque l’on entre à la fac. Cela en vaut évidemment la peine, la question ne se pose pas. Faire quelques sacrifices pendant deux ans peut paraître difficile pour certains mais quand on en voit les effets! Contrairement à ce qui est dit, le niveau des élèves de prépa n’est pas comparable à ceux des universités car nous avons des conditions de travail optimales que n’ont pas les autres (moins d’élèves, des professeurs plus disponibles). Ce n’est pas une étape obligatoire mais c’est une chance à saisir si on en a l’opportunité!

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  8. Etant ancien élève de prépa, je me sens un petit peu obligé de répondre.

    Mon but en rentrant en prépa était d’intégrer une grande école d’ingénieur. Il faut savoir que les écoles dont parle cet article, qui recrutent une bonne proportion d’élèves d’autres filières (bac +2/+3) sont les écoles qui sont TRES facilement accessibles après 2 (ou 3) années de prépas. Les écoles les plus “prestigieuses” ne recrutent que très peu d’élèves venant des filières autres que prépa, et les élèves qui y rentrent de cette manière ont plutôt du mal à suivre (j’ai un exemple dans mes amis).

    Beaucoup de solutions s’offrent aux futurs étudiants, mais la prépa reste le meilleur moyen d’accéder au “grandes écoles” et reste un passage très enrichissant pour sa construction personnelle. Donc pour répondre au sujet de l’article, OUI une prépa vaut la peine. Mais il faut effectivement pas s’attendre à deux années de détente ;)

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  9. @Paul
    “Et généralement, quant on est diplômé, on n’a pas un CV très long, Diplôme + 1 stage. Donc le recrutement se fera sur des petits points marginaux pour départager les candidats. Et dans cette situation, il vaut mieux avoir “prépa” sur son CV.”

    C’est ce que j’ai mis pour moi juste plus haut. Ca a été mon cas.

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  10. C’est vrai qu’on peut ressentir une certaine frustration, notamment lorsqu’on voit que les élèves d’IUT ou de BTS ont en général déjà abordé toutes les notions vues en première année d’Ecole de Commerce et que les prépas découvrent la compta, la finance, etc. Alors pour nous consoler on nous dit que nous avons comme atout notre capacité de travail et nos capacités de synthèse et d’analyse.Soit.

    Cela dit j’ai assez bien vécu ma prépa, il s’agissait d’une prépa HEC mais dans un lycée militaire donc il y avait un fort esprit d’entraide et de cohésion. Ce sont deux année que je ne regrette pas, et durant lesquelles j’ai beaucoup appris. Bien plus qu’en Ecole de Commerce. Pour ma part, j’ai apprécié en particulier l’année à l’étranger, les stages et la spécialisation mais j’ai été très déçue par les matières enseignées en tronc commun et par l’esprit général des Ecoles de Commerce. Je trouve que certaines écoles font beaucoup de cinéma pour rien. Après bien sûr, je pense que chacun vit l’expérience à sa manière.

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  11. En voila une question bien franco-française. Car il ne faut pas se leurrer cette distinction prépa ou non (comme la différence Université/Grandes Ecoles d’ailleurs)est quelque chose qui n’a de véritable importance qu’au sein de l’Hexagone.

    Dans un monde du travail de plus en plus global, et ce que l’on apprécie cette idée ou non c’est inévitable, l’on se rend vite compte que au delà des petites frontières de la France la question ne se pose même pas. Alors oui il y a certaines écoles mieux cotées au niveau international (mais encore là c’est discutable) mais au fond moi même et mes collègues recruteurs nous regardons assez peu le parcours pré diplôme mais beaucoup plus le sujet du mémoire ou les expériences du candidat.

    Et malheureusement pour la France elle s’enferme dans sa manière de faire les choses, sans regarder le monde tourner, sans vision à long terme, persuadée qu’elle est de pouvoir imprimer sa vision au monde. C’est péché par orgueil et les conséquences se font déjà bien sentir. L’on peut mettre en avant le fait de favoriser des études appliquées au détriment des fondamentales ce qui fait que l’on fait sortir de nos écoles des gens extrêmement formé mais a la valeur ajoutée pour la société (entendu dans le sens social et non entreprise) dans laquelle ils évoluent relativement faible.

    La France, malheureusement, aujourd’hui forme des exécutants (parfois très bien payés mais est ce là une finalité ?) et non plus de véritables innovateurs.

    A titre personnel que le regrette.

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  12. Oui, il faut faire une classe prépa ! Autrefois, il y a bien longtemps, à l’Université, on faisait ses humanités. Aujourd’hui, on se proclame apte à étudier la psychologie ou la musicologie en abordant ces disciplines sans aucune formation intellectuelle généraliste préalable en histoire, lettres, philosophie. Les universités décernent alors des diplômes au rabais à des étudiants dont le niveau et l’inculture ont consterné les enseignants toute l’année. Comment voulez-vous aborder la musicologie, la psychologie, l’histoire sans avoir de connaissances généralistes et des compétences en langues, lettres, philo ? Les 26 semaines annuelles de cours à la fac sont largement insuffisantes.

    Pour cette raison, il faut faire une prépa !

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  13. Tout à fait d’accord avec ce qui a été dit plus haut, j’ai fait une bonne prépa littéraire, sans trop m’investir. Ca n’a pas été drôle tous les jours mais j’en ai de bons souvenirs.
    Pour moi, ça m’a permis d’éviter les deux premières années de Fac, où le manque d’encadrement ne m’aurait, je pense, pas convenu. Mais j’ai pu aussi acquérir une bonne culture générale, et une bonne force d’abattage pour le boulot.
    Aujourd’hui je suis à bac + 7, et je suis toujours étonnée de voir que, quand je passe des entretiens, on me dit encore “ah vous avez fait une prépa?”.. Même des années après, c’est un vrai plus.

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  14. De quoi parlez-vous ??

    La prépa en France ce n’est pas que les prépas école de commerce. Il y a plusieurs univers, plusieurs contextes et plusieurs enjeux.
    D’ailleurs quitte à remettre en cause la prépa, mieux vaut aller faire un tour du côté des prépas littéraire.
    Pour ma part j’ai fait prépa HEC (commerce). Je ne suis absolument pas défenseur de l’élite ni des grandes traditions. La prépa c’était au début un accident, un hasard.

    Dans l’article comme toujours les seuls points soulevés sont :
    - Les débouchées de carrières
    - La difficulté de la prépa et perte de la vie sociale

    C’est intéressant mais ce n’est pas le plus important ! La prépa c’est aussi et surtout une expérience humaine. On vie un huis clos pendant deux ans et on apprend à vivre intensément avec nos camarades. La prépa c’est aussi une école de la pensée : on apprend à penser de manière autonome à remettre en cause, à questionner nos savoirs. La prépa c’est aussi l’école de excellence : c’est extrêmement stimulant pour le cerveau et la curiosité de toujours chercher à aller au fond des choses, à 18 ans après s’être ennuyé au lycée, c’est très riche et enfin il y a la culture générale qui y est abondante.

    Le fait de se mélanger avec d’autre filière n’est donc pas grave, au contraire c’est un plus. Cela ne retire en rien les avantages de la prépa sur le plan personnel même si en effet c’est parfois douloureux et pénible sur le moment.

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  15. Comme certains l’ont déjà évoqué, un sentiment de frustration peut être ressenti lors de notre arrivée en école de commerce.

    Cependant le choix de la prépa n’est absolument pas à regretter car la capacité de travail acquise et la concentration et l’implication que nous pouvons fournir n’ont pas d’équivalent en admission parallèle.

    Les apprentissages ne sont pas les mêmes entre les deux filières, dans l’un on apprendra des méthodes de travail et de réflexion, on développera sa culture au sens large ; dans l’autre on pratiquera davantage (études de marché, stages etc).

    Le mieux serait une formation hybride qui lie les deux.
    En effet, une école de commerce post-prépa s’effectue en 3 (courtes) années avec quasiment la moitié du temps dédiée aux stages et à l’expérience internationale. Il est évident que le temps manque pour tout aborder en profondeur, sans compter les enjeux économiques qui évoluent et le monde de l’entreprise également. Il serait certainement judicieux d’aborder les fondamentaux (tels que la comptabilité, le marketing etc) directement après le BAC, pour aborder des sujets plus stratégiques dès l’entrée en Ecole.
    Les futurs managers seraient alors plus préparés aux changements constants rencontrés dans les entreprises etc…

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  16. On peut aussi se poser la question inverse. Quitte à vouloir aller dans des grandes écoles à quoi bon ne pas faire de prépa? Travailler moins? Si c’est là l’unique envie qui vous anime à 17ans et bien vous n’avez pas fini d’en chi**…

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  17. Travaillant moi-même à l’international, je rejoins tout à fait l’avis de Havelock.

    C’est d’entrepreneurs et d’innovateurs dont la France à le plus besoin actuellement, ils crééent des emplois, parfois pour les bêtes de travail sus-citées.

    Malheureusement les personnes formées dans ces grandes écoles françaises sont rarement, d’après mon expérience, ces innovateurs, ces créateurs, et ont une tendance à être, en plus, difficile à adapter dans un environnement professionel international compétitif.

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  18. Comme je n’ai pas beaucoup lu de point de vue de personnes qui ne sont pas issues des classes préparatoires, je me permets à ce titre un petit commentaire. Si la charge de travail est effectivement supérieure sur les 2 premières années de prépa comparées à celles de 2 premières années d’université, pour l’avoir vécu, elles sont loin d’être 2 années tranquilles … Il y a une forte sélection en université. Je me souviens du discours d’accueil en première année où nous nous sommes vu asséner directement que dans les 6 mois un tiers des effectifs n’aurait déjà plus les moyens de passer en deuxième année. Pour “réussir” à l’université il faut développer ou disposer de qualités essentielles dans le monde du travail comme la capacité à s’organiser seul et aller chercher par soit même des informations. Sauf pour les très grandes écoles (Normale Sup, X, …) qui visent l’excellence, je comprends tout à fait que les écoles de commerce ou d’ingénieurs laissent entrer en admission parallèle des personnes issues d’autres formations que les classes préparatoires. Enfin, hormis certaines entreprises que je qualifierai de sectaire en matière de recrutement (où le réseau des écoles d’ingénieurs a de l’influence par exemple), si effectivement dans les premières années, les recruteurs sont attentifs à la formation, passer 10 ans d’expérience avoir ou pas fait une classe préparatoire est un détail… (sur une vie professionnelle qui doit en compter 42 au final…). Au final je suis très heureux d’avoir pu faire mes études à l’université et prépa ou pas cela ne fait aucune différence aujourd’hui dans mon activité professionnelle (où je côtoie des personnes ayant été en prépa et d’autres pas …)

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  19. Ancienne élève de prépa littéraire également, je me permets d’apporter mon point de vue. A mon avis, il ne faut pas idéaliser ce système : il est possible de se retrouver dans une promo où l’on ne se sent pas à l’aise, et où nos concurrents sont, en plus de ceux des autres villes, les élèves que nous côtoyons quotidiennement.
    Et POURTANT : ce sont deux années difficiles certes, mais deux années d’ouverture culturelle. Pour cette seule raison, je ne les regrette pas.
    Il me semble ensuite que tout le monde n’est pas fait pour ce genre de classes et cela n’a absolument aucun rapport avec quelque capacité intellectuelle. Je pense que c’est davantage une question d’”environnement”, de ressentis, de sensation d’entraide et d’accompagnement de la part d’autrui (professeurs, amis).
    Pour terminer, je corrobore l’idée que ces deux petites lignes qui apparaissent sur le CV ont un impact sur les candidatures que l’on peut envoyer par la suite dans le monde professionnel.
    Alors, oui, je pense que cela en vaut la peine. Mais il est nécessaire, encore une fois, d’avoir cet “environnement” autour de soi, afin de se sentir soutenu.

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  20. Se poser la question de l’utilité d’une prépa est une aberration!

    1) Il s’agit d’une période très stimulante intellectuellement, on apprend une quantité impressionnante d’informations en peu de temps, on apprend a structurer notre pensée, à développer une logique, et beaucoup de culture générale (je ne me suis jamais sentie aussi intelligent qu’en sortant de prépa).

    2) Quelles que soient les baisses d’effectifs, la prépa reste de loin le meilleur moyen d’entrer dans une école prestigieuse et d’atteindre un haut poste plus tard. HEUREUSEMENT qu’il ne s’agit pas du seul moyen et que les personnes ayant fait la fac y arrivent aussi. C’est simplement plus rare et si vous allez chercher les témoignages de ces personnes vous découvrirez certainement qu’ils sont conscient que s’ils avaient fait une prépa ils auraient pu avoir une meilleure école.
    De plus, bien que des écoles comme HEC, ESSEC et ESCP prennent des étudiants issus de master à la recherche d’une spécialisation, sachez que l’accès à cette spécialisation coute très cher (à peu près le même prix que payent les étudiants issus de prépas pour 4 ans alors que cela ne dure qu’un an !) et que seuls les “meilleurs” y arrivent. Enfin, sur un CV, avoir fait un “Master” à l’ESSEC ca n’est pas la même chose que d’avoir fait le programme prépa, et les recruteurs font encore la différence.

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  21. On en parle que très peut une autre solution existe , les prèpa ATS en un ans après un DUT ou un BTS!

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  22. Je vais me faire l’avocate des non-prépa.
    Au lycée, on m’a proposé de faire une prépa (proposer ma candidature est plus correcte évidemment), proposition que j’ai gentiment décliné par un courtois “je préfère faire une formation diplômante que de passer 2 ou 3 années de bachotage intensif, pour une réussite incertaine.”

    Je ne le regrette pas le moins du monde! J’étais faite pour l’université.
    Maintenant se targuer que la prépa permet d’apprendre rapidement, d’avoir un esprit de synthèse, de raisonner vite et bien etc… c’est véritablement mal connaitre l’enseignement universitaire. L’autonomie qu’offre le travail universitaire est véritablement un plus.

    Quant à la mention “passage par une prépa” sur le CV, elle ne pèse pas plus lourd que les jobs d’été. Seuls les différents stages sont appréciés par les recruteurs post-diplôme.

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  23. Déjà, je pense que le choix fait pour sa 1ère post bac dépend de la personne.
    Certaines ont besoin de s’éloigner du monde lycéen (car les prépas restent intégrées à ce monde et sont conçues peu ou prou sur le même fonctionnement), d’autres n’ont pas envie de se retrouver dans le monde universitaire (j’inclus les STS dedans) et préfèrent rester dans une organisation qu’elles maîtrisent et qu’elles connaissent.

    Ensuite, les milieux universitaires permettent à des gens de se prendre en charge et d’être indépendants. C’est aussi une force. Les universités sont aussi un milieu très enrichissant où le travail personnel est tout aussi si ce n’est plus important.

    Enfin, je pourrais être (mais je vais être provocant) pour la surpression des classes préparatoires et que tout le monde aillent user ses culottes sur les bancs de l’université. D’autant qu’à l’heure actuelle, les formations universitaires ne sont pas plus mauvaises que les prépas. A la limite, je me demande si il n’est pas préférable d’avoir une licence puis d’intégrer une école à bac+2 (donc de reculer d’une année).

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  24. @illyrical
    “Quant à la mention “passage par une prépa” sur le CV, elle ne pèse pas plus lourd que les jobs d’été. Seuls les différents stages sont appréciés par les recruteurs post-diplôme”

    Objectivement faux, dans un contexte de travail en grande entreprise en France. Pour le premier poste en France, on vous jugera sur votre diplôme, pas vos stages, il faut vraiment que les gens comprennent ça… C’est idiot, mais comme ça. Vous ne verrez pas les mêmes offres d’emplois selon quelle école vous avez faites, etc et vous n’aurez pas la même évolution.

    Ensuite, dans un autre pays, une entreprise plus petite ou votre propre entreprise, c’est différent.

      |  | 

  25. Et moi je vous affirme le contraire!
    A diplôme équivalent, le plus important reste l’engagement du diplôme donc de ces différents stages.
    Et je vous l’affirme car je l’ai vécu, dans un sens comme dans l’autre. Même face à un ancien prépa, mon cv était bien mieux apprécié que le sien.

      |  | 

  26. Et voila le debat recommence…
    le choix des feignasses qui filoutent ou celui des bosseurs formatés?
    Pour au final un diplome a plus de 20k euros valable seulement en FRANCE..

    Je recommande pour ceux qui ne visent pas le top 3: un an serieux en prepa , admi parallelle en fac et AST ensuite pour rentrer en ecole de co , cela revient à demander à un eleve de TS de passer son brevet des colleges )

      |  | 

  27. Je n’ai pas fait de prépa, bien qu’on me l’ai conseillée, car je pensais qu’à 18 ans j’avais bien d’autres envies que de travailler 16h par jour. J’ai fait une licence à l’université, qui m’a permis de faire des stages en entreprise, et un échange universitaire de 6 mois à l’étranger. j’ai ensuite intégré une école de commerce grâce aux concours passerelles, et ai finit major de promo. Aucun regret donc de ne pas avoir fait la fameuse prépa. D’ailleurs mes camarades qui l’avaient fait avais certes une méthode de travail très poussée, mais un grand manque d’ouverture d’esprit et était complétement perdus dès qu’il fallait sortir des sentiers battus, beaucoup ont surtout eu du mal en stage, où la rigueur de l’analyse ne suffisait pas.

      |  | 

  28. @Paul
    “Et généralement, quant on est diplômé, on n’a pas un CV très long, Diplôme + 1 stage. Donc le recrutement se fera sur des petits points marginaux pour départager les candidats. Et dans cette situation, il vaut mieux avoir “prépa” sur son CV.”
    Ba justement, avec ma licence en université j’avais déjà 2 stages à mon actif avant d’intégrer l’école de commerce (où j’ai réalisé 2 autres stages). Contrairement à mes camarades de prépa qui n’en avait pas fait.

    http://telechargement.rfi.fr.edgesuite.net/rfi/francais/audio/magazines/r135/debat_du_jour_20110425_1710.mp3

    http://telechargement.rfi.fr.edgesuite.net/rfi/francais/audio/magazines/r135/debat_du_jour_20110426_1710.mp3http://dai.ly/mefQqOhttp://telechargement.rfi.fr.edgesuite.net/rfi/francais/audio/modules/actu/201104/AFRIQUE_PLUS_23-04-11_Marchand_d_air.mp3Voici les erreurs fatales qui ont perdu Laurent Gbagbo

Des militaires angolais signalés dans plusieurs localités du Bas-Congo dans Actualités votegbagbo-c860f

 

(Slate Afrique – 04/05/11)

Politicien madré redouté par tous ses adversaires, le « boulanger » Laurent Gbagbo a fini par se faire rouler. Retour sur les huit erreurs qui ont provoqué sa chute.

Bluffé en 2000 par la façon dont Laurent Gbagbo lui avait soufflé le pouvoir à la suite d’une élection présidentielle tumultueuse, le général putschiste Robert Gueï l’avait surnommé le « boulanger » qui « roule tout le monde dans la farine ». A juste titre d’ailleurs. Pendant les dix années qu’il a passées à la tête de son pays, alors qu’il n’avait été élu que pour un mandat de cinq ans, Laurent Gbagbo a toujours réussi à retourner en sa faveur les situations à priori les plus défavorables. Un exemple parmi tant d’autres : en janvier 2003, le président français Jacques Chirac croit lui avoir « tordu le bras » en lui faisant signer les accords de Marcoussis censés mettre fin à la grave crise née de l’invasion du Nord et d’une grande partie du Centre de la Côte d’Ivoire par les rebelles emmenés par Guillaume Soro. Accords que l’opposant historique à Félix Houphouët-Boigny, le premier Président de la Côte d’Ivoire, s’évertue à détricoter méthodiquement dès son retour à Abidjan. Avec un argument qui fait mouche.

La France, qui à l’en croire ne l’aurait jamais accepté parce qu’il est un vrai nationaliste, lui a forcé la main. Sa réputation d’homme politique madré quasiment invulnérable lui collait tellement à la peau que peu d’observateurs le voyaient perdre l’élection présidentielle de novembre 2010. Si après un deuxième mandat « cadeau », comme disaient les Ivoiriens, Laurent Gbagbo s’est enfin décidé à accepter la tenue du scrutin, c’est qu’il était sûr de le gagner, murmurait-on sous cape y compris dans de nombreux milieux autorisés. Il faut dire que l’ancien chef de l’Etat ivoirien était tellement convaincu lui-même de son succès que son slogan de campagne était sans ambiguïté : « On gagne ou on gagne. » En clair pour lui, une défaite n’était même pas envisageable. Une certitude frisant l’arrogance qui lui a fait commettre une série d’erreurs qui lui ont été fatales.

Croire aux sondages sur mesure

La toute première erreur a été de faire aveuglément confiance à des sondages sujets à caution qui lui ont été concoctés sur mesure pour des raisons obscures par la Sofres et Euro RSCG. Tous le donnaient à coup sûr gagnant dans tous les cas de figure, parfois même dès le premier tour. Et lui de déclarer sourire aux lèvres à qui voulait l’entendre : « Ils ne peuvent pas tous se tromper. » Sans jamais se demander avec quel échantillon représentatif de la population ivoirienne ces sociétés françaises ont-elles pu effectuer de telles enquêtes d’opinion dans un pays coupé en deux.

Sous-estimer l’adversaire

Les résultats du premier tour auraient pu semer ne serait-ce que le début d’un doute dans son esprit. Avec un peu plus de 38% des suffrages, il était arrivé en tête devant Alassane Ouattara, qui avait totalisé un peu plus de 32%. Or Laurent Gbagbo croyait dur comme fer qu’il serait élu dès le premier tour, mais il digère vite cette petite contrariété. D’autant que, dans son esprit, le président du Rassemblement des républicains (RDR), Alassane Ouattara, est l’adversaire rêvé. Un brillant technocrate certes, mais un « piètre politique » dont il ne ferait qu’une bouchée. Et ce fut sa deuxième erreur.

Contre toute attente, l’ex-directeur adjoint du Fonds monétaire international (FMI), connu pour être un homme policé, réservé, plutôt introverti et presque trop gentil, fend l’armure et fait une excellente campagne. Au cours de laquelle, totalement métamorphosé, il se lâche. Au point de chanter et de danser en bras de chemise juché sur une estrade au cours d’un meeting dans un quartier populaire d’Abidjan. Comme si sa longue traversée du désert l’avait endurci et bonifié.

Compter sur les Baoulés

Troisième erreur de Laurent Gbagbo : il est persuadé que les Baoulés, ethnie du sud dont est issu l’ancien président Henri Konan Bédié, n’obéiront pas aux consignes de vote de ce dernier, qui a appelé à voter massivement au second tour pour Ouattara le nordiste. Tout au long de sa campagne, le chef de l’Etat sortant ne s’est d’ailleurs pas gêné pour leur rafraîchir la mémoire. Leur rappelant les jours pas si lointains où Ouattara et Bédié s’entredéchiraient. En pure perte. Les Baoulés apportent en grande partie leurs suffrages à l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara.

Nier la détermination de l’Onuci

Le fondateur du Front populaire ivoirien (FPI), va commettre sa quatrième faute en sous estimant la détermination de Choi Young-jin, le représentant du secrétaire général des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), à faire respecter les résultats des urnes tels que proclamés par la Commission électorale indépendante (CEI). Malgré toutes les tentatives d’intimidation et de déstabilisation dont il est l’objet, le diplomate sud-coréen ne lâche rien. Une détermination partagée par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Qui, sous la houlette de son président en exercice, le chef de l’Etat du Nigeria Goodluck Jonathan, apporte d’emblée son soutien au patron de l’Onuci. Un soutien que l’organisation régionale assortit d’une menace de faire partir le chef de l’Etat sortant par les armes au cas où il persisterait à refuser de quitter le pouvoir.

Compter sur les autres chefs d’Etat

Cinquième erreur de Laurent Gbagbo : son secret espoir de voir les chefs d’Etat de l’Afrique de l’Ouest se diviser au fil des jours et des semaines fait long feu. Ne lui reste plus qu’à miser sur ses « amis » d’Afrique australe, Jacob Zuma, président de l’Afrique du Sud, et José Eduardo dos Santos de l’Angola, pour sauver son pouvoir lors d’un sommet extraordinaire de l’Union africaine. Non sans un certain succès. Puisque ces derniers finissent par dissuader la Cédéao de le déloger par la force. Mais comme l’avait si bien dit Charles de Gaulle, les Etats n’ont pas d’amis, mais des intérêts. Et il ne fallait pas être grand clerc pour deviner que l’Angola et l’Afrique du Sud ne sacrifieraient pas longtemps leurs ambitions et leurs intérêts sur le plan international pour les beaux yeux d’un homme désormais mis au banc de la communauté internationale.

Qui pouvait d’ailleurs douter un seul instant que Luanda prendrait indéfiniment le risque d’hypothéquer ses relations privilégiées avec les Etats-Unis qui, par la voix du président Barack Obama, ont très vite reconnu Alassane Ouattara comme le président élu de la Côte d’Ivoire ? Dans la même veine, on voyait mal Pretoria, qui ambitionne d’obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, saborder ses chances d’y parvenir en soutenant mordicus un mauvais perdant désormais dans le collimateur de la grande institution internationale.

Ce ne fut donc pas une surprise de voir Jacob Zuma et Dos Santos lâcher leur « ami » en rase campagne et reconnaître à leur tour la victoire d’Alassane Ouattara. Les initiés auront dû remarquer que c’est à la suite de son voyage officiel en mars en France, au cours duquel il a rencontré son homologue Nicolas Sarkozy, que le successeur de Thabo Mbeki a viré sa cuti.

Laurent Gbagbo aurait donc dû comprendre que le vent avait définitivement tourné et saisir la dernière occasion que lui offraient ses pairs africains de sortir honorablement de la situation inextricable dans laquelle il s’était mis tout seul. La mission conduite par le panel de quatre d’entre eux, chargée de trouver une « solution définitive et contraignante » à la crise postélectorale ivoirienne, est cette dernière bouée de sauvetage. Mission qui confirme la victoire d’Alassane Ouattara.

Rester quand même, massacrer et ne pas craindre la Licorne

Enfermé dans sa tour d’ivoire, Laurent Gbagbo commet sa sixième erreur en s’arc-boutant au pouvoir. Pire, en autorisant le 3 mars son armée à tuer à l’arme lourde sept femmes lors d’une manifestation pro-Ouattara dans le quartier d’Abobo à Abidjan. Et en faisant massacrer par ses troupes le 17 mars entre 25 et 30 civils, selon l’Onuci toujours à Abobo. Il a fait l’erreur de trop. La septième. Sans doute a-t-il pris pour argent comptant, et c’est sa huitième et dernière bévue, la déclaration faite trois mois plus tôt par Nicolas Sarkozy qui avait estimé que « l’ancienne puissance n’est pas la mieux placée » pour intervenir en Côte d’Ivoire.

Et pour une fois, c’est le « boulanger » qui se fait rouler dans la farine par le chef de l’Etat français. Qui fait déposer en compagnie du Nigeria une résolution au Conseil de sécurité : la fameuse résolution 1975 adoptée à l’unanimité le 30 mars et qui autorise l’Onuci et la Force Licorne à neutraliser toutes les armes lourdes utilisées contre les civils par les Forces pro-Gbagbo. La suite, on la connaît. L’Onuci et la Force Licorne pilonnent la présidence de la République où se terraient depuis plusieurs jours Laurent Gbagbo et son épouse Simone entourés du carré de leurs derniers fidèles. Un déluge de feu qui ouvre la voie aux Forces républicaines d’Alassane Ouattara, qui pénètrent dans la résidence présidentielle et arrêtent tout ce beau monde le 11 avril.

Valentin Hodonou

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S

http://www.topcongo.info/fm/index.php?option=com_content&view=category&id=2&Itemid=1

. Après la publication, samedi, par Mediapart d’une large partie des propos de la réunion du 8 novembre, Laurent Blanc a rédigé un communiqué d’excuses et François Blaquart a été suspendu huit jours par le ministère de la Jeunesse et des Sports et par la Fédération française (FFF). | LP / Matthieu de Martignac

| LP / Matthieu de Martignac« >ZoomAu lendemain des aveux de Mohammed Belkacemi, qui a reconnu être l’auteur de l’enregistrementde la réunion de travail de la Fédération française du 8 novembre 2010, dont les propos ont étéreproduits par le site Mediapart samedi dernier, une nouvelle étape a été franchie mercredi matin sur les dessous de cette affaire.

Mohammed Belkacemi, conseiller technique national en charge du football dans les quartiers, n’en n’était pas à sa première tentative. « Il avait déjà enregistré des débats, et il n’était pas le seul à faire ça, en raison des nombreux propos tendancieux tenus lors de ces réunions », confie l’un de ses proches.

Surtout, selon nos informations, Mohammed Belkacemi ne serait pas la personne qui a transmis l’enregistrement à Mediapart. Le 9 novembre, au lendemain de la réunion, il l’aurait en effet, en présence de témoins, remis à André Prévosto, directeur général adjoint de la FFF en charge du football amateur. Mohamed Belkacemi doit s’exprimer cet après-midi, en accord avec son avocat, sur les antennes de Canal+.

Il reste désormais à savoir ce qu’il est advenu du document depuis cette date du 9 novembre et qui avait intérêt à le rendre public à un mois des élections pour la présidence de la Fédération (le 18 juin).Le Parisien http://www.africa1.com/IMG/mp3/le_grand_debat_-_29_04_11_pad.mp3


La binationalité pour les nuls

4 mai 2011   Commentaires

Selon les principaux incriminés, au bout du compte, l’affaire ne serait que le résultat d’un gros malentendu. Désireux d’évoquer le problème des binationaux, les DTN et autres sélectionneurs nationaux n’auraient été finalement, peut-être, qu’un peu maladroits dans la formulation de leurs inquiétudes pour l’avenir de l’équipe de France. Et évidemment, il n’existe aucune mauvaise intention ni la moindre trace de racisme dans tout ce pataquès que l’on doit exclusivement à la mauvaise foi des médias. Pourtant, à bien y regarder, le mal s’avère plus profond et la FFF paie ses choix et ses faiblesses politiques depuis 2006. Petit cours d’histoire.

Voici donc l’argument choc de la défense de la FFF et des principaux concernés alors que débutent les auditions des deux commissions d’enquête (de la FFF et du ministère) : où se situe le scandale d’évoquer le problème des binationaux ? Chantal Jouanno semble même leur en donner acte en affirmant dans 20minutes que « historiquement, la question des binationaux date des années 30. ça ne date pas d’hier ». De Zemmour à Laurent Blanc, de Fernand Duchaussoy à Pierre Ménès, tous se retranchent derrière cette ultime ligne Maginot de l’offenseur offensé et de la lutte contre le politiquement correct. Seul petit hic, en quoi y avait-il le moindre souci au départ ? Et quitte à invoquer l’histoire et notre « culture », comme l’a suggéré fugacement Laurent blanc lors de cette fameuse réunion du 8 novembre 2010, autant réviser un peu ses fondamentaux.

« La double nationalité existe depuis toujours, mais la France a longtemps été le seul pays, avec le Royaume Uni, à l’accepter, à ne pas considérer qu’il s’agissait d’un problème ». Patrick Weil, auteur d’ « Être Français, les quatre Piliers de la nationalité » (éditions de l’Aube), rappelle en préalable cet héritage républicain aujourd’hui un peu passé en pertes et profits à la FFF, qui oublie de la sorte que le foot est aussi dans la République . « Et pourtant, poursuit-il, c’était après la première guerre mondiale, et la réintégration de l’Alsace-Moselle dans le territoire national. Certains Allemands installés dans la région voulaient devenir Français tout en gardant aussi leur nationalité d’origine. Cela s’est passé sans difficulté aucune, malgré les quatre années de guerre. La France avait suffisamment confiance en elle-même pour dire que du moment qu’elle attribuait sa nationalité, peu importait ce que l’on conservait comme attache ailleurs. Certes, avec la multiplication des état indépendants du fait de la décolonisation a amplifié les cas de binationalité. Mais c’est surtout l’égalité homme/femme qui a rendu le phénomène inéluctable : avant la femme perdait sa nationalité lorsqu’elle épousait un homme d’une autre nationalité ; maintenant elle la conserve et peut donc la transmettre à ses enfants comme son mari. Une remise en question est impossible. Le phénomène existe désormais dans le monde entier. Ce sont les autres Etats qui ont fini par adopter la posture française, en en faisant un atout. Dans l’Hexagone, nous vivons plutôt une régression ».

«  Blanc en avait un peu parlé au mois d’octobre, prolonge Yvan Gastaut, historien spécialiste des relations entre sport et immigration, la préfiguration de ce qu’il avancera ensuite. Il avait déploré un manque à gagner avec les binationaux. Le véritable casse-tête, c’est que les règlements du foot sont rédigé de telle manière que la binationalité ne puisse s’exprimer. Et même après, le binational doit réitérer constamment et symboliquement ce choix, comme Zidane sommé au moment de France-Algérie de s’afficher à « 100 % français » . La question de la binationalité révèle quelque chose que le foot ne peut mettre jeu, la possibilité de vivre avec plusieurs appartenances ». Et Patrick Weil de conclure que lors du discours de Grenoble, Nicolas Sarkozy avait parlé de «  français d’origine étrangère. Quand le président de la république s’autorise à distinguer des catégories de français, et à les hiérarchiser, pourquoi la FFF se l’interdirait ? » .

L’apparition inopinée de la question des binationaux ne résulterait donc pas simplement, quoi qu’en disent les « accusés », d’une préoccupation conjoncturelle devant une fuite précoce des talents et renverrait à une vieille obsession du foot français amplifiée par le contexte brumeux de ces derniers temps, dont l’idée de quota ne serait que l’ultime traduction pratique. «  Les quotas ont toujours existé dans le foot français,rappelle Pascal Blanchard , spécialiste de l’histoire coloniale. En Algérie coloniale, des quotas de joueurs arabes dans les équipes pieds noirs avaient été établis ». «  On a tendance à l’oublier, rajoute Yvan Gastaut, mais les clubs français avaient instauré à partir des années 50 des quotas d’étrangers dans les effectifs et France Football pouvait titrer tranquillement « Arrêtez l’invasion ». Ce qui choque toutefois c’est de voir cette logique suspicieuse appliquée à des personnes sensées être des citoyens français à part entière, du moins aux yeux de la loi et de la constitution. Partant de là, l’enjeu des binationaux ainsi posé, se distingue-t-il alors vraiment d’une vision « racialiste » » ?

« En effet, le débat a basculé dans l’ethno-racial, est convaincu Patrick Blanchard. Mais c’est quelque chose qui traverse la fédération depuis au moins 4 ou 5 ans. Aujourd’hui ils continuent de répondre à une problématique qui relève de l’ordre du social (les milieux populaires et les minorités discriminées vont pousser leur enfants dans une carrière footballistique perçue comme une des rares trajectoires possibles d’ascension sociale, alors que les classes moyennes ou supérieurs projettent d’autres aspirations sur l’avenir de leur progéniture, ndrl). Un réalité qui s’explique par 80 ans d’histoire , dont les dirigeants de la FFF ignorent tout et font tout pour ignorer les tenants et les aboutissants. Ils n’ont jamais su mettre en valeur, notamment auprès des jeunes, ces 5 générations d’histoire partagée en bleu. Car la France fut, il est vrai, la première nation européenne à intégrer un noir dans sa sélection nationale, à accorder un capitanat à un africain et à un antillais, à aligner, dès 1980, une formation majoritairement composée de noirs…. Au contraire, la fédération nous a systématiquement mis des bâtons dans les roues quand nous travaillions sur le sujet ou sur des expositions décrivant la place des immigrés chez les bleus. La seule structure impliquée dans le foot qui ne nous a pas soutenus, ce fut la FFF, au point de ne même pas signaler ces travaux et productions sur leur site. Sans oublier le rôle de Franck Tapiro (ancien conseiller de Nicolas Sarkozy en 2007, ndlr) qui insistait sur le besoin de gommer toute aspérité, toute diversité, toute profondeur historique de l’identité des bleus. Nous basculons dans l’imaginaire. Certains continuent de penser que notre pays ne peut être représenté par une équipe uniquement constituée de noirs, fussent-ils des français comme les autres. Cela fait 15 ans que Le Pen a mis la question sur le tapis. Ils n’ont pas intégré simplement que l’on pouvait être noir et français ».

Le débat sur la binationalité a donc servi de catharsis. Il va provoquer sûrement des dégâts plus durables que l’on ne le pense . «  Le paradoxe, illustre Patrick Weil, c’est qu’après Knysna, deux interprétations dominantes ont émergé. Soit tout découlait des tensions « raciales » voire « religieuses » entre les joueurs, soit la cause principale reposait sur la mauvaise gestion de Raymond Domenech. Or Laurent Blanc avait démontré, en reprenant quasiment les mêmes joueurs, le véritable blocage résultait d’abord d’un management déficient. Or dans ses propos, le nouveau sélectionneur semble malheureusement donner l’impression de valider la première explication. Voilà un terrible paradoxe destructeur ». Pendant ce temps-là, le nom de la taupe présumée est sortie. Il s’agit de Mohammed Belkacemi, responsable du foot dans les quartiers. Comme quoi, les quotas existaient déjà à la DTN finalement !

Nicolas Kssis-Martov

A voir aussi :

    · La taupe de la FFF démasquée

    · Le Roy : « J’aurais aimé devenir DTN »

    · Et comme ça, c’est mieux ?

    · FFF : l’enquête commence

    · Au pays des bisounours olympiques

    · Retour sur l’affaire Mediapart

http://telechargement.rfi.fr.edgesuite.net/rfi/francais/audio/magazines/r136/grand_reportage_20110504_1210.mp3

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Christian Parenti

Christian Parenti, a Nation contributing editor and visiting scholar at the CUNY Graduate Center, is the author of The…

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@thenation 5 hours 1 min

In this VideoNation report produced by Laura Hanna, Christian Parenti looks at the roots of Congo’s environmental crisis.

At the heart of central Africa’s great rainforests lies Kisangani, a small city in the Democratic Republic of Congo (DRC) some 1,300 miles from the mouth of the Congo River. The town began as a Belgian trading post, Stanleyville, and was Conrad’s model for Kurtz’s inner station in Heart of Darkness. No roads connect Kisangani to the rest of the world; over the past two decades they have all collapsed and been retaken by the jungle. Even river navigation is blocked beyond here, as a massive course of falls stretches for sixty miles upstream.

If the vast and isolated forests of the Congo Basin–the second-largest tropical woodlands on the planet–had a capital, it would be this sleepy city of crumbling colonial-era Art Deco buildings and empty boulevards. Down by the river women sell caterpillars to eat, but no one buys them. The sky is low and gray, but it never seems to rain. In the government buildings, yellow-eyed malarial old men sit in empty offices next to moldering stacks of handwritten files. There are no computers, electricity or, in many offices, even glass in the dark wooden window frames.

In a strange twist, this general dilapidation–the result of Congo’s traumatic history–has inadvertently preserved Congo’s massive tropical forests. First, Mobutu Sese Seko’s thirty-two-year kleptocracy destroyed what infrastructure the Belgians had built. Then years of civil war and invasion by Uganda and Rwanda took an estimated 4 million lives, through violence and the attendant ravages of disease. All this chaos warded off the great timber interests. As a result the Congo Basin’s massive forests–most of which lie within the DRC–are the world’s healthiest and most intact.

An estimated 40 million people depend on these woodlands, surviving on traditional livelihoods. At a global level, Congo’s forests act as the planet’s second lung, counterpart to the rapidly dwindling Amazon. They are a huge « carbon sink, » trapping carbon that could otherwise become carbon dioxide, the main cause of global warming. The Congo Basin holds roughly 8 percent of the world’s forest-based carbon. These jungles also affect rainfall across the North Atlantic. In other words, these distant forests are crucial to the future of climate stability, a bulwark against runaway climate change.

But the isolation of the DRC’s woodlands is ending. Since 2003 a massive United Nations mission has helped create relative stability, though several vicious and overlapping wars continue to gnaw at the country’s eastern regions. Now most of the DRC is safe for logging. Over the past four years timber firms have set upon the forest in search of high-priced hardwoods. They control about one-quarter of Congo’s forests, an area the size of California.

Blessed by the World Bank as catalysts of development, the companies operate largely unsupervised because the DRC lacks a functioning system of forest control. The government has written a new forestry code that requires companies to invest in local development and follow a supposedly sustainable, twenty-five-year cycle of rotational logging. But many companies ignore these stipulations; some have used intimidation and bribery; others log in blatantly illegal ways with no regard for the long-term damage they are causing.

And now the massive mahogany, afromosia, teak and wenge trees of Congo are making their way downriver, past the lower falls and over the sea to re-emerge as parquet flooring and lawn furniture in the homes of French, Italian and Chinese yuppies.

If these woodlands are deforested, the carbon they trap will be released into the atmosphere. Environmentalists say that if deforestation continues unabated, by 2050 the DRC could release as much carbon dioxide as Britain has in the past sixty years. On the ground, this would likely mean desertification, mass migration, hunger, banditry and war.

But an effort is afoot to halt Congo’s plunder. « This is a make or break period, » says Filip Verbelen, a forest campaigner with Greenpeace. « Logging is not helping the DRC’s economy, and it is destroying the environment. The damage has to be contained now before it is too late. »

Among the major timber firms in the DRC is an American company called Safbois, owned by a secretive family firm called the Blattner Group. The Blattners’ other Congo-based businesses include construction, road building, telecommunications, aviation, trucking, port services and agriculture. The managing director, Daniel Blattner, splits his time between a Philadelphia suburb and the DRC, where his family has run businesses since just after independence.

The Blattners have operated in Congo for forty-six years. They purchased some of their best assets after the despotic Mobutu seized them from their Belgian owners. Environmentalists charge that Safbois is logging in violation of local agreements and national laws and with no regard for the well-being of people or the environment.

To investigate all this, I set out to visit Safbois’s main timber concession, a 667,000-acre expanse of public land the firm gets to log. It lies near the town of Isangi, where the Lomami River meets the Congo. It is an area of tremendous biodiversity, home to 32,000 people, mostly subsistence farmers.

The first leg of the trip is a flight to Kisangani. I am carrying five forms of official documentation, yet the authorities insist I need more. The underpaid civil servants here toy officiously with the components of a defunct colonial police state, not for the sake of law and order but to demand survival-level bribes. When the authorization is finally ready, it is handwritten on old brown paper, but stamped and signed. On the verso is a typed document concerning veterinary medicine. It reads: « Congo Belge, District de Stanleyville, Secrétariat… 7 février 1957. »

To reach the Safbois concession, a local guide and I ride motorcycles west from Kisangani along the Congo on trails that only twenty years earlier had been blacktop roads. The bridges are mostly washed away or blown up, so we cross each tributary by loading our motorcycles into dugout canoes. A continual string of villages unfolds, each composed of thatched-roof mud huts. At times the path is filled with a sweet floral fragrance and clouded with white and purple butterflies. Forests give way to patches of grassland, then clumps of bamboo and then more forest.

After a day of riding, a modern multistory brick building emerges from the wall of jungle greenery: we have arrived at the Institut Facultaire des Sciences Agronomiques de Yangambi. Built in the late 1960s with Belgian aid, the old forestry university at Yangambi is now closed; only a skeleton crew maintains the buildings. But the university still houses a huge biological archive: stuffed birds, pressed leaves, wood samples, 150,000 species in all. There’s a dusty old lab, abandoned offices and, according to the watchman, « a cave where King Leopold liked to hide. » But the Belgian King Leopold, who owned Congo as a personal fiefdom between 1885 and 1909, never actually set foot in Congo. The university starts to feel like a Surrealist’s jungle amusement park, or a monument designed to mock Congo’s pathetic lack of a real forest policy. It is the embodiment of everything that should be, but is not.

The next day we cross the Congo and ride deep into the Safbois concession to Baluolambila village. Along a flat stretch of road we stop to talk with a village chief. « This company came here just to cut trees, and from the beginning it has been nothing but lies, lies, lies, » says the chief, Frédéric Makofi, as several men gathered around nod their approval. Chief Makofi wants clinics and schools and building materials and transportation. He says much of this was promised but not delivered.

The new Congolese forest code requires that logging companies draw up social responsibility contracts with the communities in their concessions–essentially the law asks the firms to set up company towns. Greenpeace, among others, has attacked this corporate-centered model because it undermines the state’s responsibility to create a functioning system of social services. But in the Isangi concession, people say the Blattners won’t even create a company town. They claim Safbois used intimidation to force through an agreement and then failed to deliver the promised schools and clinics.

« According to Section 89 of the forestry code, the company must build schools and clinics while they cut the trees. But they are only cutting, » says Chief Makofi. He says the company gave the people some gifts and started construction on one school. « At first the people were happy that the company had arrived because they thought logging would equal development. » But, Makofi says, it hasn’t.

« We don’t have any norms or restrictions to impose on the company. This is our first time dealing with anything like this. There are places that are sacred and the company has gone in to those places and cut trees there. Those trees they are cutting were helping us, » explains Chief Makofi. « We want development in exchange. » Like many people, Makofi thinks that a well-managed forestry policy could ensure that trees are replanted and allowed to grow while still providing enough timber and income to help raise the standard of living here–balancing environmental protection and development.

His complaints are echoed throughout the Safbois concession. In another village, a mile or two away, we meet a farmer named François Likungo. « There is nothing for our benefit, » says Likungo. « And the forest has changed–all the animals have gone. We used to catch antelope and porcupine and possums in snares. But now the animals flee the noise of the machines. Before Safbois came we ate meat five times a month. But now it is just vegetables and cassava. »

Two women standing nearby explain that childbirth is risky because the closest clinic has no medicine. School and medicine cost money, but this is an almost cashless society. Among the mob of kids clustered around are several with ringworm sores on their scalps and faces.

We ride farther in and soon the jungle opens onto huge smoldering clearings. Here another Blattner company, Busira Lomami, is clearing land for palm oil groves. It’s a dramatic example of the chain of exploitation created by logging: first come the roads, and the companies take a few hardwoods; then on those roads come poachers, settlers and agricultural companies, and the deforestation starts to pick up speed.

At the Safbois compound–a cluster of trailers and mud huts surrounded by a stockade wall–I meet Kanzi, the company’s chief engineer. Several months ago, when a Safbois official tried to sink a boat full of activists, a Greenpeace researcher and an Italian journalist were on board and filmed the event. The company came off looking thuggish, so now Safbois is on its best behavior. Kanzi stiffly but politely explains the situation from the company’s point of view.

He says that there have been big misunderstandings. The company stopped building the one school after conflicts emerged between villages. The company is waiting for agreement from all the people in the concession before beginning to build schools and clinics in earnest. And he says that far from being exploiters, the company is harassed by environmentalists, who force it to tiptoe around the elephants, okapi and other exotic forest-dwelling animals.

According to Kanzi, tax collectors besiege the company. He offers a rather unimpressive example. « We had to pay $10 just to bring in 20,000 liters of gasoline here at our port. That is very expensive. » He says, « The local people are happy to see us. But their friends and brothers, who have gone off to be educated, the intellectuals, they come back and excite the people to do bad things. They stir up trouble. » When I ask how much they have logged, Kanzi snaps that it is none of my business.

After our interview I tour the logging camp with another foreman. A stoned police officer with a pet monkey on his shoulder wanders around, and in the distance one can hear chain saws. A harsh sun breaks through the clouds. The foreman explains that the workers are all from distant parts of the country. At the Safbois camp they and their families live in dirt-floored huts. The foreman tells me (and my little video camera) that the Blattners have not paid the eighty or so loggers here since April–five months ago.

To understand the local government’s strange relationship of dependence on Safbois, I interview Crispin Kakwaka, the Administrateur de Territoire, at his office back in Isangi. Kakwaka describes the local government’s appalling lack of resources. « We have nothing for forest control, » he says. « The company gave us a few motorcycles for transportation, that is all. But we can’t even inspect the amount of timber the company is sending downriver. We have to rely on whatever statistics they supply. »

Coordinating opposition to Safbois is a small NGO called CAPDH. It survives on little grants, mostly from the Belgian government and UN civic education contracts it received during recent elections. Not quite a social movement or a social service organization, CAPDH is a network of about two dozen local intellectuals–part-time teachers, clerks, literate river pilots. Most, though not all, are men, and many of them studied for a few years at the provincial university in Kisangani.

« They [the police and provincial officials] forced the chiefs to sign the social agreement, » says Delphin Ningo Likula, CAPDH’s leader. « They surrounded the meeting and sent police after the chiefs who would not come to the meeting. » Another CAPDH activist, Emmanuel Bofia, tells me, « The company hides logs in the forest, so the true amount they are cutting is not known. They cut trees in graveyards, trees in village meeting areas. They take the caterpillar trees. They are even cutting in the nature preserves deep in the jungle. »

How does Safbois respond to these charges? Reached on his cellphone in Philadelphia, owner Daniel Blattner is irate. He denies that his firm is running amok in Isangi and explains away the villagers’ frustration as follows: « We have a twenty-five-year concession, and we are building infrastructure as we go. We cannot–it is impossible–to build it all at once! We gave out plenty of support–over sixty bicycles, farming implements. They want 450 kilometers of road. By the time we leave, they’ll have 1,000! »

About ten days after I left the Safbois concession, villagers, angry about broken promises and environmental damage, marched on the Safbois compound, pelting it with rocks. Police were called in and fired their guns into the air. Two protesters were reported injured. Days later, a survey party from a different timber firm was attacked near Isangi. The situation in the forest is tense. But to understand the forces driving these events, one must venture beyond the realm of villages, loggers, rough-edged timber camp managers and even comfortable Philadelphia-based capitalists like Daniel Blattner.

The real power behind the throne in Congo is the World Bank. It is the single largest lender to this hugely indebted government–$4 billion so far. In 2002 the government of Joseph Kabila signed a moratorium on new timber contracts. But the edict was contradicted by other new laws. Now the Bank is funding a complicated, painfully slow process of timber contract review. The government of the DRC will determine the legality and environmental impact of all 156 industrial timber concessions; tax cheats and despoilers will (in theory) have their contracts revoked. But so far the process is badly behind schedule. Meanwhile, the logging goes on.

In Kinshasa, I meet Kankonde Mukadi, the Bank’s forest specialist. Why doesn’t the Bank move forcefully to save Congo’s forests? His response is high-minded flimflam: « This is a sovereign country. We can only make recommendations based on research. »

Environmentalists laugh at this. Lionel Diss of Rainforest Foundation, Norway, was in Congo on a research trip and summed up the Bank’s power thus: « If the Bank cut off funds to the DRC government and started imposing green criteria on new loans, and two or three of the most powerful embassies placed phone calls of concern to ministers, and European governments were ready with forest-conservation subsidies, things could be very different. »

But in Congo, the Bank’s hypocrisy knows no bounds: Despite its stated concern for the rule of law and sustainable forestry, its International Finance Corporation (IFC) is directly invested in some of the worst Congolese logging.

In mid-August the environment minister in Bandundu province impounded two barges of timber belonging to Olam, a $5 billion-a-year Singapore-based transnational corporation that the DRC accused of lying about the amount of timber it shipped, underpaying its taxes and using special « individual concessions » intended for small Congolese operators. The local government forced Olam to pay $34,000 in back taxes, plus some fines. Then in late August, Olam–still under pressure for what DRC officials say were numerous forms of environmentally destructive fraud–abruptly relinquished its two main timber concessions.

The World Bank, it turns out, had invested $15 million in Olam stock and in August still owned $11 million worth. IFC’s spokesperson, Corrie Shanahan, was remarkably unfazed by the scandal. « Olam is a client of ours in several countries. We consider them to be a responsible company, » said Shanahan. Asked if the DRC’s legal actions against Olam were not grounds to reconsider the IFC’s investment, Shanahan said, « We believe that Olam has good intentions, and I can’t comment on the opinions of the DRC government. »

To follow up on all these matters, I meet the DRC’s minister of environment, Didace Pembe Bokiaga, in his mahogany-lined office. Behind his desk is a mounted water buffalo head and rising from the floor, two massive ivory elephant tusks. It’s not the greenest image, but Pembe says the right things. « President Kabila is working very hard to root out corruption…. We have already recuperated 18 million hectares [of forest] for the state. » This last is true, but most of it was land deemed unworthy of logging by timber firms.

« If these are the lungs of the planet, then the donor countries should subsidize us not to log most of it. But we need employment and we will have a sustainable forestry, » says Pembe.

My faith in the minister is later shaken when an important timber executive tells how Pembe doubled the « area tax » on logging concessions, only to offer to undo the increase for a contribution of $300,000. The minister denies this charge.

Whatever the truth in this instance, Congo is still a kleptocracy; its massive civil service preys on every productive aspect of the economy. Transparency International rates it as one of the eight most corrupt nations on earth.

Corruption is a common complaint from the companies operating in the DRC, which also excoriate the government for its incompetence. The former general director of Safbois, Françoise Van de Ven, is secretary general of the DRC’s main timber syndicate, the Fédération des Industriels du Bois. In her taut Flemish-accented English, she tells the familiar story of an industry under siege.

« This country is totally broken down. So we have to do everything. We build our own roads, run our own port facilities. You can’t even get the normal large ships in the port at Matadi because the government has left it in ruins, undredged, no proper cranes. Everything is on the companies. And it is very expensive. At least 20 percent of operating costs goes to taxes. And what do we get? Nothing. And if we build the schools, which we do, will the government send teachers? » She pauses to take a drag on her cigarette and sip her latte.

Congo’s culture of corruption extends even to many village chiefs. In one notorious case, a logging company called Safo provided cement, tin roofing, machetes, nets and other basic wares as part of its social contract. The materials went to village chiefs, but instead of hauling the goods to their communities, a merchant offered the chiefs cash for the supplies and resold the goods in nearby towns. Infuriated, the villagers blockaded roads, made threats of black magic against officials and clashed with police; several activists were detained, and one was beaten to death by cops.

The most cogent critic I met in Congo was Arthur Kepel.Born in Kinshasa, he was recruited into Mobutu’s secret police, was later the chief of intelligence for the UN mission here and is now with the International Crisis Group. His summation of the Congolese political class–a group he knows well–is painfully blunt: « They worship money. You should ask them, What are they doing for Congo? You can’t blame it all on the Belgians. What are these Congolese doing for their country now? » Not that Kepel spares the Belgians. « They owe a moral debt to this country. They plundered it. »

When I ask him about the international community, he again counters with a question. « What international community? Do the Americans and French coordinate against corruption here? Or does each ambassador try to get the best position for their own national interest, build relations that help the companies from their country get better deals? What do you think? »

Are there any politicians in Parliament who are genuinely trying to protect the environment and create development? Kepel pauses, scrolls through his phone, gives me a number. « But I warn you. He doesn’t shake hands. »

The next day I meet the man in question, Ne Muanda Nsemi, Member of Parliament and spiritual leader of a sect called Bund dia Kongo. Last May 134 of his followers were massacred by Kabila’s troops as they protested against dirty dealing in local elections. Nsemi wears yellow and white vestments and receives me at his simple compound in a hillside neighborhood of Kinshasa. He explains that around a distant star circles a planet called Kongo and that the inhabitants of the old Bakongo kingdom, which once ruled parts of western Congo, were descended from extraterrestrials and Ethiopians. The whole story involves a tsunami, sunken continents, migration from Australia and many other surprising details.

I wonder if this is Kepel’s idea of a joke. Then I get in a question about forest policy. Suddenly the millenarian discourse gives way to nuts-and-bolts politics. « The international community should pay for conferences that can be broadcast to educate people about the value of the forest and about the law. In Parliament we need to cooperate across party lines. » He says the DRC needs sustainable forest industries, scientific management of the resources and subsidies from industrialized economies to preserve the forest for the sake of climate stability. « This planet is getting warmer–everyone needs these forests. »

The main Congolese environmental organization working to save the forests is a small NGO called OCEAN, which serves as the link between international outfits like Greenpeace and local community groups in the concessions. This nascent green movement is calling for an immediate halt to illegal logging, by which they mean most logging in the DRC. But they also say that the DRC needs to develop the rule of law if a logging moratorium is to work–a long-term project, to say the least.

If the forests are to be saved, there will have to be north-to-south subsidies–call them conservation concessions or climate reparations. Paying the DRC not to log is hardly without problems, such as the boundless corruption of local officialdom–but even despite this, subsidies could help to keep chain saws and bulldozers out of the forests.

The communities desperately trying to leverage funds from logging firms will need something else in order to survive. And if massive subsidies are good enough for the tidy gingerbread farmsteads of Germany, the pretty backdrops of France and for US agribusiness, then surely the richest economies can spend to save the wilds of Congo, upon which we all depend. If Congo is deforested, the impact will be grim–and global.

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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