(CongoForum)
Le cortège du ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), Mashako Mamba été la cible, samedi 7 mai à Rutshuru, d’une attaque lancée par les rebelles rwandais des FDLR. Les journaux parus, ce lundi 9 mai, à Kinshasa commentent sur cette attaque. L’actualité du jour, c’est aussi , le rejet par l’opposition politique congolaise du calendrier publié par la Commission nationale électorale indépendante (Ceni), Enfin, les victoires de TP Mazembe et Dcmp à la coupe de la Caf constituent en quelque sorte les sujets les de consolation…
FDLR
Le Potentiel titre: «Mashako Mamba échappe à la mort à Rutshuru: les FDLR frappent au cœur du gouvernement» Le quotidien indique que le gouvernement a feint d’ignorer le problème en gardant le silence sur toutes les attaques armées attribuées aux éléments des FDLR. Il vient d’avoir la preuve que celles-ci demeurent une menace permanente pour la partie Est de la RDC. Ces éléments des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) conservent toujours leur capacité de nuisance, malgré toutes les opérations menées conjointement avec le Rwanda pour les neutraliser. Depuis un temps, il ne se passe pas un jour sans que les FDLR ne se signalent dans une attaque armée, souligne ce journal.
Hier, c’était les territoires de Masisi et de Kiwanja au Nord-Kivu qui en ont été victime. Aujourd’hui, c’est au cœur du système, c’est-à-dire le gouvernement, que les FDLR ont orienté leur dernière attaque sur la route de Rutshuru. (Curieuse formulation qui revient à reconnaître que ce genre de faits est monnaie courante, mais ne retient l’attention que lorsqu’un ministre est en cause.NdlR)
Un membre du gouvernement, en l’occurrence le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), Léonard Mashako Mamba, s’en est échappé. Mais, son garde du corps et le chauffeur ont péri lors de cette attaque. « Où sont donc passées toutes les opérations aux multiples vocables menées tambour battant dans la partie orientale de la RDC pour venir à bout de ce qui paraît désormais comme une pieuvre ? », demande Le Potentiel.
La Référence Plus, parle également de ce «drame à Rutshuru au Nord-Kivu: le cortège de Mashako Mamba mitraillé par les FDLR». D’après les informations de ce journal, le chauffeur et les gardes du corps du ministre ont été tués sur le champ et le ministre lui-même torturé, dépouillé et ensuite relâché par ses bourreaux. Cette attaque a eu lieu le samedi 7 mai, alors que le ministre se rendait à Rutshuru, son fief électoral pour se faire enrôler, rapporte le quotidien.
(Encore une fois, on ne peut que constater que la présence d’un Ministre suffit pour que la presse de Kinshasa veuille bien admettre ce que la société civile de l’Est affirme depuis longtemps sans guère d’échos : les opérations conjointes RDC/Rwanda ont été un coup d’épée dans l’eau et n’auraient de toute façon jamais pu avoir de résultat sérieux, puisque, pour « nettoyer » la frontière Est, il faudrait disposer de 500.000 hommes convenablement équipés, encadrés et entraînés, ce qui n’est certainement pas le portrait des FARDC ! Pourquoi donc, dans l’intervalle, continue-t-on à répandre la légende de la « paix en progrès à l’Est » ? NdlR)
Elections
Quelques informations concernent le démarrage de l’enrôlement à Kinshasa.
La Tempête de Tropiques signale qu’à l’UDPS, le coordonnateur principal de la campagne électorale de ce parti, Alexis Mutanda, appelle la base de Kinshasa à s’enrôler massivement. C’était au cours d’une matinée politique qui l’a conduit à Menkao, à Pema, à Tumi et à Mbankana dans la commune de Maluku.
L’Observateur rapporte les propos du vice-président de la Ceni, Jacques Ndjoli, selon lesquels dix sept communes sur les vingt quatre que compte la ville de Kinshasa ont bel et bien commencé la révision du fichier électoral.
Mais la nouvelle importante, c’est bien sûr la réaction négative de l’opposition au calendrier de la CENI.
«Calendrier électoral rejeté, les nouvelles exigences de l’opposition à la Ceni ! », s’exclame à la Une La Prospérité. Ce journal rapporte ainsi un communiqué de l’opposition politique, publié le 6 mai, dans lequel l’opposition rejette la responsabilité d’un éventuel échec du processus électoral sur le président de la Ceni, Daniel Ngoy Mulunda, et l’actuel Gouvernement, si jamais ses exigences ne sont pas rencontrées, dans les meilleurs délais. Dans leur revendication, les signataires reviennent sur l’article 73 de la Constitution qui stipule sur les 90 jours, ainsi que la date du 6 décembre pour la prestation de serment du Président de la République élu, ne sont pas respectés. En dépit de l’auréole reçue, après la publication du calendrier électoral, fin avril dernier, le Pasteur Daniel Ngoy Mulunda, Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) se trouve aujourd’hui dans l’œil du cyclone, écrit ce journal. En effet, l’Opposition politique, dans une déclaration du 6 mai 2011, poursuit-elle, l’accuse, lui et l’actuel Gouvernement, d’être à la base de tout éventuel échec du processus, si jamais ses exigences ne sont pas rencontrées, dans les meilleurs délais.
Ils sont sérieux, tous les signataires de cette déclaration de l’Opposition, avec en tête, Gilbert Kiakwama Kia Kiziki, Ingele Ifoto, Kalele Ka-Bila Matthieu, Anzuluni, Jean-Lucien Busa, Bomanza, …, lorsqu’ils disent que le calendrier est inconstitutionnel.
« L’article 73 de la Constitution qui stipule sur les 90 jours, ainsi que la date du 6 décembre pour la prestation de serment du Président de la République élu, ne sont pas respectés », insistent-ils. L’Opposition, toutes tendances confondues, enfonce d’ailleurs le clou, en demandant que la sécurisation des acteurs politiques avant, pendant et après les élections, soit assurée par la communauté internationale, plus spécialement par les Nations Unies.
La Prospérité se pose alors la question de savoir si la CENI va se plier aux exigences de l’Opposition et à quel prix ? Et, si rien de tel n’arrive, qu’adviendra-t-il ? A moins que l’Opposition se dédise de son engagement irrévocable de participer aux élections. Sinon, elle risque d’aller vers le boycott qui, dans les pires des hypothèses, est à déconseiller.
(On évoque là ce qu’on appelle « le syndrome de Bujumbura » : l’abstention de toute l’opposition. Cela paraît assez peu probable en RDC où l’opposition est très polymorphe. Mais on peut y voir une résurgence de l’attitude qu’elle tend souvent à adopter : la victimisation appuyée sur la critique du déroulement du processus électoral. NdlR)
L’Avenir dit que « l’opposition conspire et la Ceni prend la vitesse de croisière ».
Depuis que la Ceni a publié le calendrier électoral, l’opposition est restée curieusement silencieuse, note-t-il. C’est la preuve du manque de raisons plausibles pour s’ériger en obstacle à l’application du calendrier électoral tel que publié par la Ceni, constate le journal.
Car, ajoute-t-il, au lieu de considérer les efforts fournis par la Ceni, l’opposition est à la recherche de la petite bête. Faute de raisons valables pour remettre en cause le calendrier électoral, l’opposition cherche une raison politicienne. La réunion de la semaine passée doit avoir accouché d’une souris.
(La CENI et l’Opposition sont, les uns comme les autres, dans une position difficile.
La CENI a hérité d’une situation qu’elle n’a pas créée, et n’a pas obtenu les moyens qu’il aurait fallu pour achever le travail d’actualisation des listes électorales suffisamment vite pour que les élections rentrent dans le prescrit constitutionnel tel qu’il est compris par l’opposition (vote en septembre, prestation de serment le 6 décembre, dernier délai). La rédaction maladroite et imprécise de la Constitution lui a permis de s’en tirer par des arguments sophistiques : la distinction entre « convoquer » des élections et les tenir et les « formalités ».
L’Opposition a été prise de court par la révision constitutionnelle réduisant la présidentielle a un seul tour, alors qu’elle était dans l’euphorie de découvrir que ses chances de l’emporter dans l’élection à deux tours étaient relativement bonnes. La révision de la Constitution, et les projets de révision de la loi électorale relèvent clairement d’un manque de « fair play » de la Majorité qui cange les règles du jeu peu avant de commencer la partie. On pourrait même dire « en cours de partie, si l’on tient compte de ce que la « pas campagne, mais… » était déjà lancée. C’était un « tour de cochon », mais un tour de cochon légal. Il ne lui restait, pour exprimer ses frustrations, qu’à se réfugier dans la critique de l’illégalité du calendrier.
Ironie du sort ! Si l’on avait conservé l’élection à deux tours, et donc épargné à l’Opposition de gérer ses divisions tout en conservant de bonnes chances de l’emporter, Ngoy Mulunda aurait probablement rencontré plus de compréhension auprès de l’Opposition pour ce qui est de l’acceptation d’un retard qui n’est tout de même, pas bien considérable. Mais, dans cette même hypothèse, la RDC aurait sans doute trouvé une oreille plus attentive auprès des bailleurs de fonds et le Pasteur aurait pu, peut-être, disposer d’un peu plus de moyens pour accélérer l’enrôlement et rester dans les limites exigées par les « fanatiques de la Saint Nicolas » ! NdlR)
Football
Le Palmarès renvoie ses lecteurs aux différents stades africains, qui ont vibré hier sous le rythme des matches retour des 8ème de finale de la compétition africaine interclubs de la Caf pour titrer : « Coupes africaines des clubs : Mazembe et Dcmp passent, Lupopo trépasse !».
© CongoForum, le lundi 9 mai 2011










9 mai 2011
Actualités